Archive for September 1st, 2016

Le Cran réclame l’exclusion de François Fillon des Républicains, après sa sortie sur la colonisation dimanche dernier. L’ancien Premier ministre avait assimilé cette période de l’histoire de France à un “partage de la culture”.

Le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) veut des sanctions. L’association réclame l’exclusion de François Fillon de son parti Les Républicains, après ses propos sur la colonisation française, tenus à l’occasion d’un discours prononcé dimanche 28 août dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, devant plus de 1 500 personnes.

“Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord”, avait déclaré l’ancien Premier ministre et candidat à la primaire de droite et du centre au sujet de la colonisation et de l’enseignement de l’histoire.

Le Cran “ne peut que condamner ces propos révisionnistes et odieux (…) Non, il ne s’agissait pas d’un ‘partage de culture’”, a indiqué l’instance par communiqué de presse vendredi 2 septembre, rappelant “l’esclavage des Africains déportés en Amérique”, ou encore “les massacres et le travail forcé, qui tua à la tâche des millions d’Africains”.

“Apologie de crime contre l’humanité”

L’organisation a également rappelé “les 400 000 morts, au bas mot, lors de la colonisation de l’Algérie, les 90 000 morts lors de la ‘pacification’ malgache en 1947, les 70 000 morts de la guerre du Cameroun”.

L’association réclame l’exclusion de François Fillon de son parti, et a demandé à être entendue par Laurent Wauquiez, président des Républicains, “pour obtenir qu’une sanction exemplaire” soit prononcée contre celui qu’elle juge “coupable d’apologie de crime contre l’humanité”.

Première publication : 02/09/2016

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé jeudi que le gouvernement allait “poursuivre avec la plus grande détermination” le démantèlement de la jungle de Calais dont la population a atteint près de 10 000 personnes, selon les ONG.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé jeudi 1er septembre que le gouvernement allait “poursuivre avec la plus grande détermination” le démantèlement “par étapes” du camp de migrants installé à Calais depuis le printemps 2015.

“Nous avons déjà procédé au démantèlement de la zone sud au début du mois de mars dernier, et nous avons déjà commencé celui de la zone nord […]”, a déclaré Bernard Cazeneuve dans un entretien à Nord Littoral, qui devait être mis en ligne par le quotidien, à la veille d’une nouvelle visite sur place du ministre. Le but : désengorger la jungle et replacer ses habitants dans les différentes structures mises en place, comme les centres d’accueil et d’orientation (CAO), ou les centres d’accueil pour les demandeurs d’asiles (CADA). Près de 2 000 nouvelles places en CAO et 6 000 places en CADA vont être créées, selon la Place Beauvau d’ici à la fin de l’année.

>> À lire sur France 24 : “Calais : la justice autorise l’expulsion des migrants de la zone sud de la “jungle” ”

Depuis leur ouverture en octobre dernier, 5 528 migrants en provenance de Calais ont déjà été accueillis dans les 161 CAO disséminés dans toute la France, précise le ministre.

Le ministre de l’Intérieur affirme que les pouvoirs publics ont “déjà commencé [le démantèlement] de la zone nord, par un référé pour fermer les lieux de vente illégaux installés sur la Lande”. “Ce processus a été freiné par une décision de justice et j’ai saisi le Conseil d’État à ce sujet”, ajoute-t-il. Le tribunal administratif de Lille avait mis son veto à cette demande.

>> À lire sur France 24 : “Calais : les restaurants ‘illégaux’ de la ‘jungle’ dans le viseur de l’État”

Selon un syndicat de police et différentes associations, la population a explosé dans la jungle calaisienne pour atteindre le triste record de 10 000 personnes. Un chiffre que Bernard Cazeneuve dément. “Il y a aujourd’hui, non pas 10 000, mais 6 900 migrants présents dans la zone nord de la Lande de Calais. C’est un chiffre suffisamment important pour qu’il soit inutile d’en rajouter”, déclare-t-il.

D’autre part, en plus des 1 900 policiers et gendarmes présents sur Calais, un record, le ministre annonce un renfort de près de 200 hommes : “54 policiers de la police aux frontières et deux unités de forces mobiles supplémentaires soit 140 CRS, affectés en priorité à la rocade et sur l’A16, ce qui permettra de redéployer les effectifs des BAC pour la sécurité des riverains de la rocade et du centre-ville”. Ces effectifs supplémentaires permettront “de renforcer la lutte contre ces assauts de camions sur la rocade”, précise-t-il.

Bernard Cazeneuve a aussi annoncé que le président François Hollande se rendrait “fin septembre” dans la cité portuaire et “s’adressera[it] à cette occasion à tous les Calaisiens”.

>> À revoir le webdocumentaire : “La boue au ventre: ces migrants pris au piège à Grande-Synthe”

Avec AFP

Première publication : 02/09/2016