Archive for September 3rd, 2016

Plusieurs milliers de membres de la communauté chinoise ont manifesté dimanche à Paris pour réclamer “la sécurité pour tous” et dénoncer le “racisme anti-asiatique”, après l’agression mortelle d’un des leurs en août, à Aubervilliers.

Ils ont défilé aux cris de “sécurité, sécurité”, dans une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge. Plusieurs milliers de membres de la communauté chinoise de France, quasiment tous vêtus d’un t-shirt blanc frappé du slogan “sécurité pour tous”, ont manifesté, dimanche 4 septembre à Paris, entre la place de la République et celle de la Bastille.

Quelques #photos#manifestation contre les violences #chinoispic.twitter.com/hpKYb1tvWX

— Sam Smith (@SamSmithJRI) 4 septembre 2016

Ils ont réclamé “la sécurité pour tous” et ont dénoncé le “racisme anti-asiatique”, après l’agression mortelle d’un des leurs, un père de famille de 49 ans, en banlieue parisienne.

Zang Chaolin, un couturier de 49 ans, est décédé après avoir été agressé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) par trois jeunes, incarcérés mercredi, qui en avaient après le sac de son ami.

Place de la République, une gigantesque banderole montrait une photo de ce père de famille, surmontée d’une tache de sang et d’une question : “Zang Chaolin, mort pour rien. Qui sera le prochain ?”

“Préjugés racistes”

“Il était venu en France chercher une vie meilleure, la liberté, l’égalité, la fraternité, il a trouvé la violence et l’insécurité. Ces voyous ont détruit notre confiance en la France : faisons entendre notre voix, notre Marseillaise”, a lancé en chinois à la tribune un porte-parole de l’association des Chinois résidents en France.

Parmi la foule figuraient de nombreux élus dont Bruno Julliard, Premier adjoint à la maire de Paris, Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, ou encore la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse (Les Républicains).

Dénonçant les “préjugés racistes” selon lesquels “les Chinois seraient plus riches”, la présidente de la région a promis des “preuves d’amour” à cette communauté.

Elle a notamment évoqué plus de vidéoprotection, et une convention État-Région qui sera annoncée la semaine prochaine avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

“Insécurité grandissante”

Le collectif “Sécurité pour tous” avait déjà rassemblé plusieurs milliers de personnes en 2010 et 2011 dans le quartier parisien de Belleville pour protester contre la violence dont la communauté chinoise était la cible. La mobilisation, déclenchée par une agression lors d’un banquet de mariage, avait été marquée par des échauffourées.

Suna Chen et son compagnon, Le Xu, tous deux âgés de 38 ans, se sont déplacés dimanche pour dire “aux politiciens” leur “colère”. Arrivé en France voilà trente ans, le couple évoque “une insécurité grandissante depuis quelques années”.

“Dans la communauté asiatique, on est ciblés car on est des proies faciles : on a des petites carrures et puis on est discrets, on ne porte souvent pas plainte, alors il n’y a pas de retombées”, analyse Le Xu.

“Sécurité pour tous” dénonce le climat de peur et d’insécurité qui règne à Aubervilliers et met en cause les “autorités” qui “ont préféré fermer les yeux sur cette délinquance grandissante” parce que les “Asiatiques constituent la cible principale de ces agresseurs”.

Les plaintes pour vols avec violence visant la communauté chinoise, bien implantée dans la commune populaire d’Aubervilliers, première plateforme d’import-export de textile d’Europe, ont triplé en un an, passant de 35 à 105.

Avec AFP

Première publication : 04/09/2016

Dans une interview au Journal du Dimanche, l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron, qui a démissionné pour se consacrer à son mouvement En Marche!, a détaillé sa vision de la France et reproché à Hollande sa frilosité politique.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Emmanuel Macron a reproché à François Hollande d’avoir fait “beaucoup de choses à moitié” pendant son quinquennat. Le ministre démissionnaire a aussi regretté de ne pas avoir pu engager une deuxième étape de réformes économiques.

Durant le quinquennat, “je n’ai pas arrêté d’essayer, de proposer, de pousser mais si l’on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié !”, a estimé Emmanuel Macron.

>> À voir sur France 24 : “Macron : traître ou audacieux ?”

“Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape des réformes économiques comme je le proposais avec la loi Noé. Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un dissensus sur la déchéance [de nationalité des auteurs d’acte de terrorisme, auquel François Hollande a renoncé après l’avoir envisagée]”, a-t-il ajouté.

Le choix de partir “de manière apaisée”

“J’aurais souhaité qu’on aille plus loin sur la politique européenne”, a poursuivi l’ancien ministre en soulignant qu’il a exprimé ses désaccords “de manière apaisée, dès le début” et que le chef de l’État connaissait ses convictions. “J’ai fait le choix de partir sans artifice et de manière apaisée”.

Le problème ce n’est pas que les Français n’ont plus confiance ds la politique, c’est que les politiques ne font plus confiance aux Français

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 4, 2016

Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1 – Les Echos – iTélé, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger s’est “interrogé” sur les critiques émises par l’ex-ministre à l’encontre du gouvernement. “Je pense que tout n’a pas été fait mais je vais vous dire une chose, je suis frappé que d’anciens ministres, et M. Macron n’est pas le seul, passent leur temps à critiquer ce qui s’est passé au moment où ils avaient une partie des manettes”, a-t-il dit.

Emmanuel Macron, qui a démissionné pour se consacrer à son mouvement En Marche !, continue de laisser planer le doute sur ses intentions présidentielles, se contentant de réaffirmer son souhait de voir gagner “les idées progressistes”.

“Je ne sais pas ce que fera le président de la République”

À la question de savoir s’il a démissionné après avoir demandé au chef de l’État s’il serait candidat à sa propre succession, Macron a botté en touche : “Je ne sais pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix n’est pas fait.”

Emmanuel Macron a indiqué que son objectif était de “transformer notre pays”. “Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l’accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France”, a-t-il déclaré.

L’ancien ministre s’en prend plus particulièrement à Nicolas Sarkozy, en qui il voit “clairement l’un des hérauts du conservatisme. “Sa vision de l’identité française est une forme de rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, le cynisme, l’irresponsabilité dans sa politique européenne. Il dit défendre la laïcité au nom de l’unité du pays mais ce qu’il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes : c’est incohérent.”

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, 74 % des Français jugent qu’Emmanuel Macron a eu raison de quitter Bercy et 45 % d’entre eux souhaitent qu’il se présente à l’élection présidentielle, alors qu’ils étaient 40 % en juin.

Avec AFP

Voir l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron

Première publication : 04/09/2016