Archive for September 5th, 2016

Brice Hortefeux, député européen, conseiller politique Les Républicains et ancien ministre de l’Intérieur, est l’invité de Mardi politique. Il revient sur l’affaire Bygmalion, la polémique du burkini et la primaire de la droite et du centre.

Brice Hortefeux, député européen, conseiller politique Les Républicains et ancien ministre de l’Intérieur, du Travail et de l’Immigration, est l’invité de Roselyne Febvre (France 24) et Véronique Rigolet (RFI). Ce proche de Nicolas Sarkozy revient sur la primaire de la droite et du centre, mais également sur l’affaire Bygmalion, le procès Cahuzac, les questions d’immigration ou encore sur la polémique autour du burkini en France.

Première publication : 06/09/2016

La maire de Paris a dévoilé mardi les plans du camp humanitaire qui ouvrira ses portes mi-octobre dans le nord de la capitale. Le centre, d’une capacité de 400 personnes, accueillera les hommes isolés pour une durée de “5 à 10 jours”.

Paris doit faire face à une “responsabilité humanitaire”, a martelé mardi 6 septembre Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris. Devant un parterre de journalistes réunis à l’Hôtel de Ville, l’édile a rappelé à plusieurs reprises le devoir de “responsabilité” et de “solidarité” de la capitale française face à la crise migratoire. Un discours engagé en guise de prélude avant de dévoiler les plans du futur camp humanitaire qui ouvrira ses portes mi-octobre dans le nord de Paris.

La création d’un immense centre d’accueil, le premier en Europe à voir le jour en “zone urbaine dense”, inquiète de nombreux élus et de Parisiens. “Ce centre est une première et il correspond à nos valeurs”, a-t-elle déclaré, assurant agir “avec lucidité, sans et naïveté aucune”. Alors comment va-t-il fonctionner ? Qui va-t-il recevoir ? Durant combien de temps ? France 24 fait le point.

1) Le camp de La Chapelle : un sas de transition

Le camp de réfugiés de la Porte de la Chapelle, installé boulevard Ney, n’est pas destiné à se pérenniser. Situé dans l’ancienne gare Dubois, il fera plutôt office de sas de transition et sera géré par l’association Emmaüs Solidarité.

Pourquoi construire un tel centre ? Premièrement, “parce que les campements sauvages [à Paris] sont insalubres et inacceptables”, a expliqué Anne Hidalgo. Depuis juin 2015, plus d’une vingtaine d’évacuations et de “mises à l’abri” de migrants dans des structures d’accueil, des gymnases ou des chambres d’hôtels, ont eu lieu à Paris.

Brun Morel, pdt d’Emmaüs Solidarité, sur le rôle de son association : “Accueillir toute personne, quelle que soit son histoire, son origine”

— SylvainMouillard (@SMouillard) 6 septembre 2016

Ensuite, poursuit la maire de Paris, “parce qu’il fallait inventer de nouveaux dispositifs face à la saturation des centres d’hébergements actuels [centres d’accueil et d’orientation (CAO), centres accueil pour les demandeurs d’asile (Cada)]”.

>> À lire aussi sur France 24 : “Hausse spectaculaire du nombre de migrants installés dans la jungle de Calais, selon la préfecture”

Les migrants qui passeront les portes du camp doivent, en théorie, ne rester que “5 à 10 jours” maximum sur place. Ils seront ensuite redirigés vers différentes structures “sur tout le territoire national”, a précisé de son côté Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement, présente aux côtés d’Anne Hidalgo. L’État a d’ailleurs promis d’ouvrir de nouvelles places d’accueil en CAO et Cada pour désengorger Paris.

2) Un camp pour les “hommes isolés”

Le camp de La Chapelle est divisé en deux pôles : à l’entrée, une immense “bulle” de 1 000 m2 dominera le paysage. C’est là que les équipes accueilleront “tous les migrants” quels que soient leur sexe et leur situation familiale pour évaluer leur situation.

Une “bulle” centrale dans le camp au nord de Paris. Elle accueillera “toutes les personnes migrantes” pic.twitter.com/PjW5MnI7pf

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 6 septembre 2016

Cette “bulle”, appelée “pôle d’accueil”, sera ouverte de 8 h à 20 h. Elle aura pour rôle de répartir les arrivants après un examen médical au “pôle santé”. Médecins du Monde et le Samu social seront présents pour épauler Emmaüs dans le suivi médical et sanitaire des lieux. Les femmes et les enfants qui se présenteront Porte de la Chapelle seront dirigés vers un autre camp, situé à Ivry (en proche banlieue de Paris) qui devrait ouvrir ses portes avant la fin de l’année et qui aura une capacité de 350 places.

Les hommes, qui ne voyagent pas en famille, pourront accéder à l’espace derrière la “bulle” où sera construite une immense halle, le “pôle hébergement”. Ce pôle aura une capacité de 400 places. “Il y a aura 100 chambres de 4 personnes et huit blocs sanitaires” a expliqué Julien Beller, l’architecte du camp.

“Le camp ne sera pas un lieu de contrôle policier”, a également assuré le président d’Emmaüs, Bruno Morel.

3) Le coût du camp humanitaire

La construction du centre parisien coûtera 6,5 millions d’euros et sera financée à 80 % par la Ville (5,2 millions d’euros) et 20 % par l’État. La Ville de Paris prendra aussi à sa charge 50 % du coût de fonctionnement de la “bulle”, le pôle d’accueil, soit 1,2 million d’euros par an.

“Le reste des dépenses sera couvert par l’État, qui prendra aussi en charge l’intégralité du coût du pôle hébergement”, peut-on lire dans le communiqué de presse de la Ville de Paris. Au total l’État consacrera “au moins 15 millions d’euros en année pleine” au projet, selon Emmanuelle Cosse.

4) Un camp “pour se poser et se reposer”

L’architecture du camp de La Chapelle a été longuement pensée pour être à la fois fonctionnelle et agréable. “Nous n’avons pas voulu mettre en place des tentes en ligne comme dans un gymnase”, a expliqué Julien Beller. “Nous voulions permettre aux résidents de se poser et de se reposer”. Ainsi, contrairement au camp de Grande-Synthe, plutôt sommaire, les architectes ont réfléchi à l’esthétique du lieu.

>> À revoir sur France 24 : “Webdocumentaire : ‘La boue au ventre : ces migrants pris au piège à Grande-Synthe'”

Camp de Paris : “nous voulons permettre aux résidents de se poser et de se reposer” (Julien Beller, archi) pic.twitter.com/OzguMKci9W

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 6 septembre 2016

“Nous avons pris en compte le confort thermique et acoustique du lieu”, a-t-il précisé. Des espaces de détentes, des réfectoires, des bancs, des tables, un terrain de foot devraient voir le jour. Les espaces de nuitées seront subdivisés en huit îlots, avec des chambres en bois, chacune disposant de lits, d’une armoire et d’une prise électrique pour brancher les portables.

Les élus ont également insisté sur le rôle des riverains. “Il y a de la place pour tout le monde”, a assuré Aurélie El Hassak Marzorati, la directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarités, qui a incité les Parisiens à distribuer des vêtements, “créer du lien”… Seule condition : il faudra recevoir l’aval d’Emmaüs. La responsable espère aussi récupérer des vêtements ou des “kits hygiène”, auprès des particuliers mais aussi des entreprises.

La responsable d’Emmaüs en appelle à la solidarité des riverains et bénévoles : “Il faut faire vivre ce lieu. J’ai besoin des Parisiens.”

— SylvainMouillard (@SMouillard) 6 septembre 2016

Première publication : 06/09/2016

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé mardi l’ouverture à la mi-octobre d’un centre d’accueil de migrants, dans le nord de Paris. Il disposera de 400 places. Un deuxième centre, à Ivry, devrait voir le jour, “avant la fin de l’année”.

“Ce centre est une première en Europe et il correspond à nos valeurs”, s’est félicité mardi 6 septembre la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors de la conférence de presse au cours de laquelle elle a annoncé l’ouverture, “autour de la mi-octobre”, d’un centre d’accueil humanitaire pour migrants près de la porte de la Chapelle.

Ce site parisien, qui devrait être rejoint “d’ici la fin de l’année” par un second à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), sera installé “dans une ancienne friche SNCF” et réservé aux hommes seuls qui pourront y être hébergés pour une période “de cinq à 10 jours”.

Camp de Paris : “100 chambres de 4 personnes, 8 blocs sanitaires” (architecte du camp, Julien Beller) pic.twitter.com/AfKkcLiO9u

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 6 septembre 2016

Le deuxième site, dans l’ancienne usine des eaux d’Ivry, servira “pour les publics vulnérables, les femmes, les enfants, qui nécessitent un accompagnement beaucoup plus important” notamment au regard des réseaux de passeurs, a indiqué Anne Hidalgo.

Le site parisien aura une capacité de “400 lits à l’ouverture”, qui sera porté à “600 places d’ici la fin de l’année”, et celui d’Ivry proposera 350 places. “La vocation première [de ces centres] est de mettre à l’abri les personnes en attendant qu’elles soient orientées vers d’autres dispositifs d’hébergement”, a-t-elle précisé.

Coût du camp : 6,5 millions d’euros. Pris en charge en gaz majorité par la Ville de Paris

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 6 septembre 2016

“Les sites retenus sont des sites temporaires, qui doivent accueillir dans deux à quatre ans d’autres projets” et “il faudra les libérer” à terme, a-t-elle prévenu. Le centre parisien à lui seul représente un “défi budgétaire” puisque l’investissement initial s’élève à 6,5 millions d’euros, pris en charge à 80 % par la ville de Paris.

Avec AFP

Première publication : 06/09/2016