Archive for September 11th, 2016

Une mutinerie était en cours lundi soir dans la prison de Vivonne, près de Poitiers. Plusieurs dizaines de détenus ont déclenché un incendie, et occupaient un bâtiment.

Nouvel incident dans une prison française. Une mutinerie a éclaté lundi 12 septembre vers 17 h dans la prison de Vivonne, près de Poitiers. Selon des sources concordantes citées par l’AFP, plusieurs dizaines de détenus ont déclenché un incendie et occupaient un bâtiment, après avoir dérobé des clefs à un surveillant. La mutinerie était toujours en cours pendant la soirée.

L’incendie, touchant un étage d’un bâtiment qui en compte trois, était a priori maitrisé en début de soirée par les pompiers, qui ont mobilisé plusieurs dizaines de véhicules, et la fumée avait cessé vers 20 h de s’échapper du bâtiment, a constaté un correspondant de l’AFP.

des renforts de gendarmerie arrivent en force à la prison de Vivonne la fumée persiste # mutinerie pic.twitter.com/pbssN2UQAX

— France Bleu Poitou (@Bleu_Poitou) 12 septembre 2016

Aucun surveillant n’a été blessé, et aucun blessé parmi les détenus n’a été confirmé de source officielle. Mais selon une source proche du dossier, un plan “nombreuses victimes” était déclenché dans l’éventualité de victimes d’intoxications.

“Aucune prise d’otage n’est en cours”, a également souligné la préfecture de la Vienne, qui a mis sur pied, à l’intérieur du centre pénitentiaire, une cellule de crise avec gendarmerie, pompiers, Samu, parquet.

“Il y a une émeute dans l’un des bâtiments de la prison de Poitiers-Vivonne”, mais aucun surveillant n’a été blessé et tous ont pu quitter le bâtiment, qui abrite 178 détenus au total, a indiqué en fin d’après-midi à l’AFP Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle-Aquitaine.

“Deux détenus ont bousculé un surveillant et ont réussi à lui subtiliser son trousseau de clefs, ce qui leur a permis d’ouvrir toutes les cellules” du deuxième étage du bâtiment, a expliqué le syndicaliste. Après avoir “mis le feu aux coursives et à l’atrium” (le rond point central), des détenus “ont tout cassé à l’intérieur”, a ajouté Emmanuel Giraud, sans pouvoir dire combien de détenus participaient à la mutinerie ni quelles étaient leurs revendications.



Le motif de la mutinerie inconnu

D’après une source pénitentiaire, il s’agirait d’une soixantaine de détenus qui ont refusé de regagner leurs cellules, mais le nombre exact de participants actifs était délicat à déterminer. Six des détenus se sont toutefois rendus peu avant 20 h, sans qu’il soit possible d’établir s’ils souhaitaient se désolidariser, ou s’ils avaient été incommodés par les fumées, a-t-on précisé de source syndicale.

A #Vivonne: la situation “hors de contrôle” un des bâtiments aux mains des détenus selon un représentant syndical pic.twitter.com/5cGMI8tOYa

— faitsdivers86 (@NRCP_POITIERS) 12 septembre 2016

Une demi-douzaine de véhicules d’unités d’intervention spécialisées ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité), basées à Bordeaux, sont arrivées à la prison dans la soirée. Elles devaient tenter d’établir un contact négocié, en vue de rétablir l’ordre. Une dizaine de véhicules de gendarmes mobiles et des équipes du SAMU étaient également sur place, tandis qu’un hélicoptère survolait le site.

Le motif initial de la mutinerie était inconnu avec précision dans un premier temps lundi soir. Il ne pouvait être lié a priori, s’agissant du bâtiment concerné, à un problème de surpopulation, l’encellulement étant individuel dans cette partie du centre de détention, rappelait-on de source syndicale.

Le centre de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement mixte, ultra-moderne, d’une capacité de 578 places, combinant maison d’arrêt et centre de détention. Sa partie centre de détention, où a éclaté la mutinerie, avait de surcroit été vidée d’une trentaine de détenus ces derniers jours, en vue de quelques travaux de rénovation.



Avec AFP

Première publication : 12/09/2016

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Christine Lagarde sera jugée le 12 décembre devant la Cour de justice de la République dans l’affaire Tapie, a annoncé lundi cette juridiction. La directrice du FMI est soupçonnée de négligence ayant résulté à un détournement de fonds publics.

Le procès de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pour “négligence” dans l’affaire de l’arbitrage Tapie quand elle était ministre de l’Économie, débutera le 12 décembre, a annoncé lundi 11 septembre la Cour de justice de la République dans un communiqué.

Cette instance est la seule juridiction compétente pour les infractions commises par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Christine Lagarde comparaîtra pour négligence, dont a résulté un détournement de fonds publics. Ce délit peut être puni d’une peine allant jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Le procès se déroulera sur plusieurs jours, jusqu’au 20 décembre, selon une source judiciaire.

Soupçon de “simulacre” organisé pour favoriser Tapie

En 2008, l’arbitrage, une sentence privée, avait alloué 404 millions d’euros à Bernard Tapie pour mettre fin au litige opposant l’homme d’affaires à l’ancienne banque publique Crédit Lyonnais à propos de la vente d’Adidas en 1994.

Cette décision est aujourd’hui au cœur de lourds soupçons. Les juges d’instruction, qui ont achevé leur enquête, suspectent un “simulacre” organisé pour favoriser l’homme d’affaires.

Six protagonistes sont mis en examen notamment pour escroquerie en bande organisée dont Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, l’un des trois arbitres, Pierre Estoup, soupçonnés d’avoir dissimulé leurs liens aux parties. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy et actuel patron d’Orange, Stéphane Richard, est aussi poursuivi.

Au civil, la sentence arbitrale a été annulée en 2015 pour “fraude” par la cour d’appel de Paris, décision confirmée par la Cour de cassation. Bernard Tapie a été condamné à rembourser les sommes perçues.

Lagarde “informée de l’existence d’un moyen sérieux d’annulation”

Les magistrats de la Cour de justice de la République reprochent à l’ex-ministre de l’Économie d’avoir donné en octobre 2007 des instructions pour accepter une procédure d’arbitrage et ainsi tourner le dos à la justice ordinaire, alors que la Cour de cassation avait annulé un an plus tôt une précédente décision favorable à Bernard Tapie.

Ce choix, qui correspondait à la volonté de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, allait à l’encontre de l’avis de l’Agence des participations de l’État (APE).

Autre grief, le fait de n’avoir pas ordonné de recours contre la sentence, tombée en 2008, “alors qu’elle [Christine Lagarde] avait été informée de l’existence d’un moyen sérieux d’annulation”, selon les juges de la Cour de justice de la République.

Après le renvoi du procès de Christine Lagarde en décembre, puis le rejet de son recours par la Cour de cassation en juillet, le FMI avait à chaque fois renouvelé sa confiance à sa directrice. Elle a d’ailleurs entamé cet été un second mandat à la tête de l’institution économique internationale.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/09/2016

Christine Lagarde sera jugée le 12 décembre devant la Cour de justice de la République dans l’affaire Tapie, a annoncé lundi cette juridiction. La directrice du FMI est soupçonnée de négligence ayant résulté à un détournement de fonds publics.

Le procès de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pour “négligence” dans l’affaire de l’arbitrage Tapie quand elle était ministre de l’Économie, débutera le 12 décembre, a annoncé lundi 11 septembre la Cour de justice de la République dans un communiqué.

Cette instance est la seule juridiction compétente pour les infractions commises par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Christine Lagarde comparaîtra pour négligence, dont a résulté un détournement de fonds publics. Ce délit peut être puni d’une peine allant jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Le procès se déroulera sur plusieurs jours, jusqu’au 20 décembre, selon une source judiciaire.

Soupçon de “simulacre” organisé pour favoriser Tapie

En 2008, l’arbitrage, une sentence privée, avait alloué 404 millions d’euros à Bernard Tapie pour mettre fin au litige opposant l’homme d’affaires à l’ancienne banque publique Crédit Lyonnais à propos de la vente d’Adidas en 1994.

Cette décision est aujourd’hui au cœur de lourds soupçons. Les juges d’instruction, qui ont achevé leur enquête, suspectent un “simulacre” organisé pour favoriser l’homme d’affaires.

Six protagonistes sont mis en examen notamment pour escroquerie en bande organisée dont Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, l’un des trois arbitres, Pierre Estoup, soupçonnés d’avoir dissimulé leurs liens aux parties. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy et actuel patron d’Orange, Stéphane Richard, est aussi poursuivi.

Au civil, la sentence arbitrale a été annulée en 2015 pour “fraude” par la cour d’appel de Paris, décision confirmée par la Cour de cassation. Bernard Tapie a été condamné à rembourser les sommes perçues.

Lagarde “informée de l’existence d’un moyen sérieux d’annulation”

Les magistrats de la Cour de justice de la République reprochent à l’ex-ministre de l’Économie d’avoir donné en octobre 2007 des instructions pour accepter une procédure d’arbitrage et ainsi tourner le dos à la justice ordinaire, alors que la Cour de cassation avait annulé un an plus tôt une précédente décision favorable à Bernard Tapie.

Ce choix, qui correspondait à la volonté de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, allait à l’encontre de l’avis de l’Agence des participations de l’État (APE).

Autre grief, le fait de n’avoir pas ordonné de recours contre la sentence, tombée en 2008, “alors qu’elle [Christine Lagarde] avait été informée de l’existence d’un moyen sérieux d’annulation”, selon les juges de la Cour de justice de la République.

Après le renvoi du procès de Christine Lagarde en décembre, puis le rejet de son recours par la Cour de cassation en juillet, le FMI avait à chaque fois renouvelé sa confiance à sa directrice. Elle a d’ailleurs entamé cet été un second mandat à la tête de l’institution économique internationale.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/09/2016

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Samsung se prépare à échanger 2,5 millions de smartphone Galaxy Note 7 dans le monde alors que les accidents dus à l’explosion de ce téléphone se multiplient. Une mauvaise nouvelle économique pour le géant sud-coréen.

Une jeep qui explose, un enfant emmené d’urgence à l’hôpital ou encore une chambre d’hôtel endommagée. Autant d’incidents survenus ces derniers jours dont l’origine supposée est un Galaxy Note 7 qui prend feu. Le géant sud-coréen Samsung a appelé, samedi 10 septembre, tous les utilisateurs de son smartphone “vedette” sorti mi-août à ne plus l’allumer ni le charger. Le groupe avait déjà annoncé, quelques jours auparavant, son intention de procéder à une campagne de rappel de 2,5 millions de téléphones défectueux et potentiellement dangereux.

Le Galaxy Note 7, censé être la réponse de Samsung à l’iPhone 7 d’Apple, est en train de se transformer en cauchemar commercial et financier, sans compter le sérieux coup porté à la réputation du constructeur sud-coréen. La valeur boursière du groupe a chuté de 14,3 milliards de dollars en une semaine et l’action a perdu lundi 12 septembre plus de 6 %, enregistrant sa plus forte baisse journalière depuis quatre ans.

Trente-cinq incidents confirmés



Cette débâcle a pour origine une défaillance de la batterie qui a tendance à surchauffer, explique Samsung dans un communiqué. “Il s’agit d’une erreur très rare de fabrication”, a ajouté le groupe.

Samsung a confirmé 35 incidents dont le Galaxy Note 7 était responsable depuis son lancement. Dans la plupart des cas, le smartphone explose lorsqu’il est en charge. Une série noire qui a incité plusieurs compagnies aériennes à ajouter le téléphone sur leur no-fly liste et l’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) a appelé les voyageur à ne pas prendre l’avion avec cet engin potentiellement explosif.

Sur l’ensemble des accidents recensés, certains ont eu un impact médiatique plus important que d’autres. en voici quelques exemples :

Un jeune enfant de six ans, à New York, regardait des vidéos sur le Galaxy Note 7, lorsque ce dernier a explosé entre ses mains, samedi 10 septembre. La déflagration était suffisamment forte pour déclencher les alarmes de la maison, a raconté par la suite la grand-mère du garçon. L’enfant, brûlé à plusieurs endroits du corps, a dû être transporté d’urgence à l’hôpital et refuse depuis de s’approcher d’un téléphone.

Samsung a accepté de rembourser 1 800 dollars australiens pour couvrir les réparations des dommages occasionnés par l’explosion d’un Galaxy Note 7 dans une chambre d’hôtel en Australie le 5 septembre. Une partie du lit et de la moquette ont été brûlées.

Le Galaxy Note 7 est devenu le suspect numéro 1 dans l’incendie qui a ravagé une maison entière en Caroline du Sud (sud-est des États-Unis), dimanche 4 septembre. Un pompier avait mis son smartphone à charger dans le garage le temps d’aller chercher ses enfants chez des amis. En revenant, la petite famille a découvert sa demeure en flamme. La cause exacte de l’incendie n’a, cependant, pas encore été établie avec certitude.

Reste à savoir à partir de quand Samsung remplacera les smartphones défectueux. Aux États-Unis, le géant sud-coréen a accepté de travailler avec l’agence de protection des consommateurs et n’a pas encore fixé de date. Dans la plupart des autres pays où le Galaxy Note 7 est déjà en vente – ce qui n’est pas le cas en France – le rappel débutera le 19 ou le 20 septembre.

La version “réparée” du téléphone de Samsung s’appellera Galaxy Note 7s. Mais contrairement à l’iPhone 7s, où la lettre est censée désigner une version “supérieure”, dans le cas du Galaxy il désigne le modèle “safe” (sûr). Pour ce qui est de son image, Samsung a d’ores et déjà perdu la bataille de cette fin d’année face à Apple, son rival de toujours.

Première publication : 12/09/2016

Deux associations ont saisi lundi le Conseil d’État d’une nouvelle requête, qui vise à obtenir l’annulation de la déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport contesté à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

C’est le dernier épisode d’une intense bataille juridique qui dure depuis une quinzaine d’années autour du projet d'”aéroport du Grand Ouest” : deux associations opposées au transfert de l’actuel aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, ont annoncé lundi 12 septembre avoir saisi le Conseil d’État. Cette nouvelle requête vise à obtenir l’annulation de la déclaration d’utilité publique du projet contesté.

L’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa) et le Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa) ont indiqué avoir saisi la plus haute juridiction administrative pour lui demander d’abroger la déclaration d’utilité publique (DUP) du 9 février 2008, “acte fondateur des travaux de construction d’un nouvel aéroport”, que le gouvernement souhaite engager dès l’automne.

“Sans grand espoir”

Cette saisine fait suite à la remise en mars dernier d’un rapport d’experts à la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, qui jugeait le projet actuel à deux pistes “surdimensionné” et qui reconnaissait “la faisabilité de l’optimisation de Nantes-Atlantique”, l’aéroport existant, soulignent les associations requérantes. “Ce rapport dit ce que nous avons toujours dit, c’est-à-dire que l’alternative (à un transfert de l’aéroport) n’avait pas été étudiée, ce qui est contraire à toutes les règles. C’est donc normal de ressaisir le Conseil d’État, même si c’est sans grand espoir”, a déclaré à l’AFP Françoise Verchère, co-présidente du Cédpa.

Les deux associations ont demandé “au début du mois de mai au Premier ministre Manuel Valls d’abroger la déclaration d’utilité publique (DUP)”, a-t-il précisé à l’AFP. Cette demande étant restée sans réponse, ce qui équivaut au bout de deux mois à “une décision de refus”, les opposants ont déposé une requête devant le Conseil d’État qui a été “enregistrée le 5 septembre”, a explicité l’avocat des requérants, Thomas Dubreuil. Selon lui, l’audience ne devrait pas se tenir avant plusieurs semaines.

Fin 2013, le Conseil d’État avait rejeté un recours des opposants contre l’utilité publique du futur aéroport du Grand Ouest.

Avec AFP

Première publication : 12/09/2016

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Le maintien de l’activité ferroviaire d’Alstom à Belfort est devenu un “objectif” du gouvernement à l’issue d’une réunion de crise à l’Élysée. Mais quelle est la marge de manœuvre de l’État dans ce dossier ?

Sauver les trains de Belfort, telle est la nouvelle bataille de François Hollande. Le président a convoqué, lundi 12 septembre, une réunion de crise à l’issue de laquelle le gouvernement s’est fixé comme “objectif” le maintien de l’activité ferroviaire d’Alstom en Franche-Comté.

En fin de semaine dernière, le groupe français a condamné à la fermeture le site en souffrance de commandes de trains. L’activité doit être relocalisée à l’usine de Reichshoffen, en Alsace en 2018. Cet arrêt de mort met en péril environ 400 emplois. Alstom a assuré qu’il n’y aurait pas de plan social, et qu’il y aurait des propositions de transfert vers d’autres sites du groupe. Mais les syndicats jugent cette solution inacceptable.

Electrochoc politique

L’annonce de cette fermeture a fait l’effet d’un électrochoc, surtout dans le contexte politique actuel – moins d’un an avant la prochaine élection présidentielle. À gauche comme à droite, les responsables se sont succédés dans les médias pour dénoncer cette décision industrielle.

À gauche, tout le monde déplore la décision “brutale et inattendue” d’une entreprise dont l’État est actionnaire minoritaire. L’ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, François Hollande et l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron – qui ont tous des vues sur l’élection présidentielle de 2017 – sont, pour l’occasion, sur la même longueur d’onde.

Ils savent que leur camp ne peut se permettre de vivre un traumatisme social sur un site industriel historique comme Belfort, à quelques mois de la présidentielle. Ils gardent en mémoire quelques épisodes catastrophiques pour leur camp, au premier rang desquelles se trouvent les déclarations politiquement maladroites de Lionel Jospin, en 1999, au sujet du plan social à Michelin, qui l’avaient fortement handicapé pendant la campagne présidentielle de 2002. “Il ne faut pas tout attendre de l’État. […] Je ne crois pas qu’on puisse administrer désormais l’économie. Ce n’est pas par la loi, les textes, qu’on régule l’économie”, avait expliqué le Premier ministre d’alors à propos de l’annonce de 7 500 licenciements par Michelin.

Sarkozy contre Macron

La droite s’en souvient aussi. C’est Nicolas Sarkozy qui est monté au créneau pour dénoncer la décision “scandaleuse” d’Alstom, tout en critiquant l’action du gouvernement. L’ancien président s’en est particulièrement pris à Emmanuel Macron. “Entre sa visite au Puy du Fou, les photos de vacances, et sa démission, imaginez ce que doivent penser les ouvriers d’Alstom à qui il avait promis solennellement qu’il les aiderait et qu’il les sauverait. Il est parti. Il n’a rien fait, c’est désolant”, a-t-il déclaré.

Reste à savoir ce que l’État, qui ne détient que des droits de vote minoritaire, peut faire pour contrer la décision des dirigeants d’Alstom. Le gouvernement a déjà obligé le PDG du groupe, Alstom Henri Poupart-Lafarge, à respecter une “phase de négociation” pour tenter de trouver une solution.

Les autorités espèrent utiliser ce délai pour dégotter des entreprises prêtes à passer des commandes et aindi remettre l’activité du site franc-comtois sur les rails.



Avec AFP

Première publication : 12/09/2016

Les attaques déjouées ces derniers jours en France reposent la question du pilotage à distance des projets d’attentats par le groupe État islamique et mettent en lumière le rôle de l’un de ses membres présumés : Rachid Kassim.

Rachid Kassim. Le nom revient en boucle dans les enquêtes sur les attaques terroristes de ces derniers mois en France et sur les projets d’attentats déjoués ces derniers jours à Paris. Mais que sait-on de ce jihadiste présumé de l’organisation État islamique (EI) et de son rôle éventuel dans le “téléguidage” des attaques ?

Français de 29 ans, originaire de Roanne (dans le centre-est de la France) où il a été animateur d’un centre social, Rachid Kassim a quitté la France en 2012 pour faire le jihad. Selon le journal local, Le Dauphiné Libéré, ce père de trois enfants, né de parents algériens, s’était radicalisé quelques mois avant son départ après un séjour au Maghreb. Pour rejoindre l’EI, il est passé par l’Égypte avant de gagner la zone irako-syrienne d’où il appelle régulièrement, via Internet, à frapper la France.

Sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur le réseau crypté Telegram, il diffuse ainsi régulièrement des appels au meurtre, des listes de cibles potentielles mais aussi de scénarios d’attentats en France. Autant d’appels qui ne sont pas officiellement repris par l’EI mais qui semblent concourir à des passages à l’acte en France.

Des contacts noués via Telegram avec des suspects en France

Selon les enquêteurs, Rachid Kassim a ainsi “téléguidé” l’attaque de Magnanville, dans les Yvelines, au cours de laquelle un policier et sa compagne ont été tués le 13 juin. L’auteur présumé du double assassinat “faisait partie de son groupe Telegram, et Kassim a eu une véritable influence dans cette affaire”, assure ainsi une source proche de l’enquête.

Des liens ont également été établis entre Rachid Kassim et au moins un des tueurs de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, où un prêtre a été tué le 26 juillet. Selon les enquêteurs, “c’est lui qui a mis en contact les deux tueurs et donné les consignes”.

Rachid Kassim a, par ailleurs, félicité l’auteur de l’attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice, dans une vidéo mettant en scène l’exécution de prisonniers syriens.

Quant au commando de jeunes femmes de l’Essonne qui a tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz en plein Paris et qui préparait une autre attaque jugée “imminente”, elles étaient “téléguidées par des individus se trouvant en Syrie” et nouaient leurs projets “de manière virtuelle”, a indiqué le procureur de Paris François Molins. Or “l’une des protagonistes” du commando était en contact avec Rachid Kassim via Telegram, selon Le Monde. Les modalités de l’attaque à la voiture piégée correspondent d’ailleurs à la lettre aux consignes que Rachid Kassim dispense via internet.

Le Monde rapporte que sur Telegram, Rachid Kassim a ouvertement évoqué le commando de jeunes femmes après leur passage à l’acte en exhortant des hommes à les imiter : “Des femmes, des sœurs passent à l’attaque. Où sont les frères ? […] Il faut que vous compreniez que si ces femmes sont passées à l’action, c’est certainement parce qu’il y a trop peu d’hommes qui passent à l’action”, écrit-il. Dans la propagande jihadiste de l’EI, les femmes n’ont pas le droit de combattre et les appeler à commettre des attentats n’est pas une consigne officiellement relayée par l’EI.

La dernière apparition en date du nom de Rachid Kassim remonte à l’interpellation, samedi à Paris, d’un adolescent soupçonné de pouvoir “passer à l’acte”. Le suspect qui était assigné à résidence depuis 2015 dans le cadre de l’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre était, en effet, en lien avec le jihadiste, selon une source proche de l’enquête.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/09/2016

Deux jours après l’interpellation d’un commando de femmes jihadistes en Île-de-France, un mineur de 15 ans, soupçonné de vouloir “passer à l’acte” de manière imminente et connu des services de renseignement français, a été arrêté samedi à Paris.

Un adolescent, soupçonné de préparer une “action violente” et imminente, a été arrêté samedi 10 septembre, dans le 12e arrondissement à Paris. Le suspect a été entendu dimanche à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, près de Paris. “Des indices ont fait craindre un possible passage à l’acte imminent”, a expliqué à l’AFP une source proche de l’enquête.

Le mineur était connu des services de renseignements. Selon une source de l’AFP, il avait fait l’objet d’une perquisition administrative en avril et était depuis assigné à résidence, dans le cadre de l’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre.

En lien avec le jihadiste français Rachid Kassim

Selon des sources de Reuters, l’adolescent était en contact via Telegram, messagerie internet sécurisée utilisée par les jihadistes, avec Rachid Kassim, membre présumé du groupe État islamique (EI) bien connu des services antiterroristes français. Ce Roannais de 29 ans appelle régulièrement sur internet à frapper son pays, diffusant des listes de cibles potentielles et de scénarios d’attentats en France.

Parti pour l’Égypte en 2012 avant de rejoindre la zone irako-syrienne où il se trouverait toujours aujourd’hui, Rachid Kassim serait notamment derrière l’attaque de Magnanville, où Larossi A. a tué un policier et sa compagne le 13 juin et celle de Saint-Étienne-du-Rouvray, où Adel K. Abdel Malik P. ont tué un prêtre le 26 juillet. Dans cette dernière affaire, c’est Rachid Kassim qui aurait, selon les enquêteurs, “mis en contact les deux tueurs et donné les consignes”. Il a par ailleurs félicité l’auteur de l’attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice, dans une vidéo mettant en scène l’exécution de prisonniers syriens.

“Des sœurs passent à l’attaque”

Rachid Kassim a aussi été en contact, “via Telegram”, avec Inès M., l’une des protagonistes du commando de femmes qui a tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz en plein Paris, il y a une semaine. “Des femmes, des sœurs, passent à l’attaque. Où sont les frères ? Elle a brandi une lame et elle a frappé un policier, comme des mères en Palestine. Où sont les hommes ?”, a écrit Rachid Kassim sur Telegram, selon un extrait cité le quotidien Le Monde.

Dans la double enquête liée à ce commando de femmes, “téléguidé” depuis la Syrie selon le procureur de Paris François Molins, une première suspecte, Ornella G., 29 ans, fichée “S” en raison de ses velléités de départ vers la Syrie, a été mise en examen samedi et écrouée. Quatre autres, dont une mineure, ainsi que le compagnon de l’une d’elles, étaient toujours en garde à vue dimanche.

Manuel Valls a déclaré dimanche que la menace terroriste restait “maximale” en France, touchée depuis 2015 par une série d’attentats qui ont fait 238 morts. Le Premier ministre a également porté à environ 15 000, contre plus de 10 000 jusqu’à présent, l’estimation du nombre de personnes radicalisées en France.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/09/2016