Archive for September 12th, 2016

Inauguré mardi, le premier centre de déradicalisation en France accueillera ses pensionnaires d’ici fin septembre à Pontourny, en Indre-et-Loire. Une demi-douzaine de jeunes en voie de radicalisation sont attendus dans un premier temps.

Le premier centre de “prévention, d’insertion et de citoyenneté” (CPIC), destiné à accueillir une demi-douzaine de jeunes en voie de radicalisation islamiste d’ici la fin du mois, a été inauguré, mardi 13 septembre, à Beaumont-en-Véron, en Indre-et-Loire.

Premier centre de prévention de la #radicalisation inauguré à #Pontourny.Les pensionnaires arriveront dans 10 jours pic.twitter.com/Svt9HfIYDX

— Géraldine Hallot (@geraldinehallot) 13 septembre 2016

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La structure d’une trentaine de salariés, renforcée par des intervenants extérieurs, accueillera à terme, un maximum de 25 jeunes adultes durant une période maximum de dix mois. “Aucun ne sera sous main de justice pour faits de terrorisme, n’aura tenté d’aller en Syrie ou n’aura été condamné pour des faits de violence”, a assuré le préfet d’Indre-et-Loire, Louis Lefranc, lors de l’inauguration. Il a insisté sur le caractère “volontaire” de la démarche des futurs pensionnaires.

Le centre de Pontourny sera le prototype des “centres de réinsertion et de citoyenneté” qui doivent voir le jour dans chaque région.

Lever du drapeau français à 6 h 45

Les “volontaires” y seront vêtus des tenues qui leur seront fournies par l’administration – “Une pour tous les jours, une pour le sport et une pour les sorties du centre”, a détaillé Pierre Pibarot, directeur du Groupement d’intérêt public “Réinsertion et citoyenneté”. Ils assisteront une fois par semaine au lever du drapeau après leur réveil quotidien fixé à 6 h 45. “Nous voulons faire un travail avec les symboles de la République, et le drapeau en est un”, a expliqué Pierre Pibarot. “C’est une démarche visant à susciter le débat. Il s’agit de développer ou de redévelopper leur esprit critique”, a-t-il insisté.

Au programme du centre : religion, histoire, philosophie, éducation aux médias Internet… Chaque “volontaire” bénéficiera d’un accompagnement médical, social et psychologique. Ils devront également s’inscrire à des activités sportives ou créatives et s’investir dans la préparation de leur réinsertion sociale et professionnelle. “La pratique religieuse sera libre pendant le temps personnel”, a précisé Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).

Inquiétude des riverains

Mais l’ouverture du CPIC suscite de fortes résistances. Autrefois Centre éducatif et de formation professionnelle pour des mineurs isolés étrangers, le château de Pontourny, qui accueille le nouveau centre de déradicalisation, se trouve en pleine campagne.

Les habitants de Beaumont-en-Véron mobilisés contre le centre de #deradicalisation de #Pontourny#Chinonpic.twitter.com/hIXf5oZXte

— Xavier Frison (@xfrison) 13 septembre 2016

Plusieurs dizaines de riverains de l’association “Radicalement digne de Pontourny” ont manifesté mardi devant l’allée menant au site. “Ce centre va être une cible pour Daech”, s’est inquiété le président de l’association, Michel Carrier. “Les mesures de sécurité sont tout à fait insuffisantes”, a renchéri un riverain, évoquant une clôture “défoncée qui ne peut empêcher ni les intrusions extérieures, ni les fuites de l’intérieur”.

Dix-huit caméras surveilleront le site et ses abords 24 heures sur 24, un système infrarouge protégera l’enceinte et les gendarmes pourront intervenir “en quelques minutes” si nécessaire, énumèrent les représentants des autorités sans toutefois parvenir à rassurer.

Avec AFP

Première publication : 13/09/2016

Après la découverte le 4 septembre 2016 à Paris d’une voiture remplie de bonbonnes de gaz, le profil des quatre femmes mises en examen, Ornella G., Inès M., Amel S. et Sarah H., se précise.

Ornella G., Inès M., Amel S. et Sarah H.. L’enquête ouverte après la découverte le 4 septembre 2016, en plein Paris, d’une voiture remplie de bonbonnes de gaz a mené au premier commando de femmes jihadistes à vouloir frapper la France. Un groupe “téléguidé” depuis la zone irako-syrienne, selon le procureur de Paris François Molins.

Voici les profils de ces quatre femmes, dont l’une a été mise en examen dès samedi et les trois autres, lundi 12 septembre, à Paris, pour association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes.

Ornella G., une mère de famille fichée “S”

Elle est la première femme du commando à avoir été mise en examen et écrouée dans l’enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz. L’empreinte de la jeune femme de 29 ans avait été retrouvée dans le véhicule. Déjà condamnée pour des violences lorsqu’elle était mineure, selon Le Parisien, elle avait alors été incarcérée. Ornella G. semblait s’être ensuite apaisée : en 2009, elle se convertit à l’islam lors de son mariage avec un musulman. Le couple a trois enfants. Fin 2014, Ornella G. apparaît dans le radar des services spécialisés, alors qu’elle décide de se rendre en Turquie avec ses trois enfants. À son retour, toujours selon Le Parisien, elle est interrogée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) : la mère de famille nie avoir voulu gagner la Syrie et assure avoir simplement voulu prendre des vacances en Turquie… mais elle admet suivre de près, sur Internet, la situation en Syrie. La jeune femme est fichée “S” pour “atteinte à la sûreté de l’État” et assignée à résidence à son domicile de Chalette-sur-Loing, dans le Loiret.

Comment s’est opéré son passage à l’acte dans la nuit du 3 au 4 septembre ? Ornella G. a, elle-même, livré sa version aux enquêteurs de la section antiterroriste (SAT) après son arrestation. Celle qui porte désormais un voile intégral, a expliqué être entrée en contact, il y a environ trois mois, via la messagerie Telegram, avec un homme se faisant appeler Abou Omar. Séparée de son mari, elle a alors épousé cet homme religieusement… par téléphone. D’après elle, rapporte Le Parisien, c’est son nouveau mari et Rachid Kassim qui lui auraient demandé de passer à l’action. Ce serait aussi Abou Omar qui l’aurait mise en contact avec Inès M.. Devant les enquêteurs, Ornella G. a affirmé que son rôle avait été purement logistique. D’après son récit, elle a échoué à mettre le feu au véhicule dans la nuit du 3 au 4 septembre avec Inès M., avant de fuir à la vue d’un homme pris pour un policier en civil. Elle quitte alors Paris et part retrouver son ancien compagnon et leurs trois enfants. La famille sera arrêtée sur une aire d’autoroute de l’A7, alors qu’elle tentait de gagner Marseille. Placé en garde à vue, son ex-compagnon a été mis hors de cause.

Inès M., une jeune femme de 19 ans qui voulait mourir “en martyr”

À 19 ans, Inès M. est la plus jeune du commando. C’est elle qui a “emprunté” la 607 de son père retrouvée remplie de bonbonnes de gaz près de Notre-Dame. La jeune femme née à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, est la troisième d’une fratrie de cinq sœurs. D’après Le Parisien, elle aurait quitté le système scolaire sans diplôme et n’aurait jamais vraiment trouvé de travail. Une voisine, interrogée par le quotidien, rapporte qu’elle s’est mise à porter le voile il y a trois ans. Inès M. était, elle aussi, une “fichée S”. La jeune femme qui aurait cherché à se rendre en Syrie faisait partie de l’entourage de Hayat Boumeddiene, la compagne d’Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher. La télévision belge RTBF affirme, en outre, qu’elle était aussi en lien avec des Belges radicalisés. Inès M. était active sur les réseaux sociaux : sur la messagerie Telegram, elle a été identifiée sous le nom d’Oum Saifullah. Après avoir échoué à mettre le feu à la voiture remplie de bonbonnes, elle se réfugie avec Sarah H. au domicile d’une autre suspecte, Amel S. à Boussy-Saint-Antoine, dans l’Essonne.

Quatre jours après la découverte de la voiture, elle ressort avec Amel S. et Sarah H. pour, selon les mots du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, commettre des “actions violentes et imminentes”. Mais les jeunes femmes seront arrêtées par les agents de l’antiterrorisme non sans que, comme Sarah H., Inès M. ne se jette sur l’un d’eux avec un couteau, sans le blesser. La détermination et la motivation d’Inès M. ne semble, en tout cas, pas faire de doute : dans son sac à main, les enquêteurs ont découvert un document manuscrit dans lequel elle fait allégeance à l’organisation État islamique et indique : “Répondant à l’appel de Al-Adnani, je vous attaque dans vos terres afin de marquer vos esprits et de vous terroriser”.

Sarah H., la “promise” de deux terroristes

Comme Ornella G., Sarah H., 23 ans, est une convertie. La jeune femme a grandi au sein d’une famille de confession chrétienne dans la région du golfe de Saint-Tropez : sa mère tient un salon de coiffure à Cogolin, dans le Var. Cette dernière avait d’ailleurs accordé un entretien à Var Matin en mars 2015, dans lequel elle ne cachait pas son sentiment d’impuissance face à sa fille en forte “quête d’identité”, qui s’était convertie quelques mois plus tôt et qui venait tout juste d’être interceptée en Turquie, alors qu’elle tentait de gagner la Syrie. Pour elle, Sarah H. avait été victime d’un “rapt psychologique” par un homme rencontré sur Skype. Si la famille de la jeune femme était alors parvenue à la convaincre de revenir en France, cela n’avait pas pour autant interrompu son processus de radicalisation. Il apparaît ainsi que la jeune femme avait des liens avec les auteurs de deux récents attentats commis en France : Sarah H. était la “promise” de Larossi Abballa, auteur de l’assassinat d’un couple de policiers le 13 juin à Magnanville, dans les Yvelines, avant d’être abattu. Elle devient ensuite la promise d’Adel Kermiche, l’un des auteurs de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, le 26 juillet, avant d’être également abattu par la police. Sarah H. devait épouser prochainement Mohamed Lamine A., le seul homme placé en garde à vue dans cette affaire. Ce dernier est le frère d’un proche de Larossi Abballa, le terroriste de Magnanville qui a assassiné un couple de policiers. Mais Sarah H. n’aurait rencontré aucun de ses trois “fiancés”, les trois hommes lui ayant été “proposés via Internet”, selon une source proche du dossier.

Juste avant son interpellation à Boussy-Saint-Antoine, dans l’Essonne, Sarah H., entièrement voilée, consciente d’être repérée, a attaqué l’un des policiers dans son véhicule en lui assénant un coup de couteau, le blessant à une épaule. C’est ce qui a motivé, comme pour Inès M., sa mise en examen pour un chef supplémentaire : celui de tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste.

Amel S., la logeuse

Âgée de 39 ans, Amel S. est la doyenne du commando. C’est chez elle, à Boussy-Saint-Antoine, dans l’Essonne que les suspectes se sont réfugiées après avoir vainement tenté de mettre le feu à la voiture remplie de bonbonnes. Au domicile de cette mère de quatre enfants, la police a retrouvé sept bouteilles en verre vides, “avec à proximité ce qui pourrait s’apparenter à des mèches artisanales en papier” et dans son véhicule “deux jerricans de cinq litres avec des résidus de carburant”, a détaillé le procureur. Les enquêteurs se sont un temps intéressés à sa fille de 15 ans, avant de la relâcher dimanche. Dans les colonnes du Parisien, la mère d’une voisine d’Amel S. décrit “une personne plutôt coquette” jusqu’à il y a deux ou trois ans. Ensuite, “elle s’est mise à porter le voile et des tenues qui dissimulaient son corps”.

Première publication : 13/09/2016

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Le ministre de l’Économie Michel Sapin a été critiqué pour avoir affirmé, contrairement à d’autres États européens, que la France ne “réclamerait aucune part des 13 milliards d’euros” qu’Apple doit payer à Dublin, d’après une décision de Bruxelles.

Confusion autour des 13 milliards d’euros que Bruxelles demande à Apple de verser à l’Irlande depuis le 30 août. Les ministres des Finances de pays européens, comme l’Espagne ou l’Autriche, se demandent s’ils ont droit à une part du pactole… Mais la France n’en veut pas.

Plusieurs pays ont affirmé lorgner sur cet argent lors d’une réunion des ministres des Finances à Bratislava, samedi 10 septembre. “Si ce que la Commission européenne dit est légal [la sanction est contestée par Apple et l’Irlande, NDLR], vous pouvez être sûr que je vais réclamer de l’argent [à Apple]”, avait assuré le ministre autrichien des Finances, Hans Joerg Schelling.

La France a fait entendre une voix discordante lors de cette réunion. Le ministre de l’Économie Michel Sapin a, en effet, assuré que la France ne “réclamerait aucune part des 13 milliards d’euros”.

Pas touche aux 13 milliards d’euros

Une sortie qui a valu au patron de Bercy une vive critique de la part de la candidate à la primaire socialiste et représentante de l’aile gauche du PS, Marie-Noëlle Lienemann. Elle a jugé, lundi 12 septembre, sur son site de campagne, “inacceptable, alors que nos concitoyens ont dû faire face à d’importantes hausses d’impôts depuis 2012, très supérieures à la petite baisse annoncée pour 2017, le ministre exonère Apple et d’autres multinationales d’une imposition plus conséquente”.

Sauf que Michel Sapin a raison. Personne, à part l’Irlande – qui n’en veut pas – ne peut toucher ces 13 milliards d’euros. Cette somme équivaut aux arriérés d’impôts qu’Apple aurait dû payer au fisc irlandais depuis 2004, date à laquelle la Commission européenne estime que Dublin a accordé à la marque à la pomme un régime fiscal qui s’apparenterait à une “aide publique illégale”. “Il ne s’agit donc pas d’un gâteau de 13 milliards d’euros à partager, mais bien d’un montant spécifique pour le cas irlandais”, explique Antoine Colonna d’Istria, avocat fiscaliste associé au cabinet d’avocats Norton Rose Fulbright, contacté par France 24.

Confusion

Ce que propose la Commission européenne est, en fait, différent. Dans sa décision du 31 août qui a pu créer une certaine confusion, elle “fait référence par trois fois à la possibilité pour les États de réexaminer, à la lumière de son enquête irlandaise, si l’allocation de la part des bénéfices d’Apple sur leur territoire a été correctement évaluée”, explique l’avocat français. Bruxelles a établi qu’une partie des profits qu’Apple a domiciliés en Irlande pour y bénéficier d’un faible taux d’imposition provenait de la vente d’iPhone en Autriche, d’iPad en France, en Espagne ou ailleurs. La Commission européenne invite les fiscs nationaux à venir fouiller dans ses données compilées sur dix ans pour savoir si et à quel point la multinationale américaine a sous-estimé les revenus imposables sur leur territoire. Ce qui pourrait donner lieu à des redressements fiscaux conséquents.

Pour Antoine Colonna d’Istria, la France n’a pas d’intérêt à s’appuyer sur les résultats de l’enquête européenne, car “elle a très précisément examiné les comptes d’Apple et a déjà procédé à des perquisitions dans les locaux de la firme en 2013”. Une procédure a été ouverte en 2015 par le fisc français qui s’intéresse aux impôts payés par le créateur des iPhone entre 2011 et 2013. Paris préfère, d’après l’avocat fiscaliste français, “s’appuyer sur la législation française” plutôt que d’ouvrir un nouveau front en s’appuyant sur les données de la Commission européenne.

Première publication : 13/09/2016

Le groupe Alstom a déclaré dans un message adressé mardi aux salariés qu’il apparaît “aujourd’hui impossible d’assurer un avenir pérenne” pour le site de Belfort, dont la plupart des activités ferroviaires doivent être transférées en Alsace.

La réponse à François Hollande est sans appel. Au lendemain des appels du président à maintenir l’activité du site historique de Belfort, le groupe Alstom a déclaré dans un message adressé mardi 13 septembre aux salariés qu’il apparaît “aujourd’hui impossible d’assurer un avenir pérenne” pour ce site, dont la plupart des activités ferroviaires doivent être transférées en Alsace.

“Malgré la portée du symbole de Belfort et l’attachement tout particulier du groupe à ce site, nous devons faire ce choix aujourd’hui pour préserver les emplois et la position des autres sites du groupe”, peut-on lire dans ce texte signé du PDG, Henri Poupart-Lafarge, et dont l’agence Reuters a obtenu une copie.

“Malgré les efforts de tous, il apparaît aujourd’hui impossible d’assurer un avenir pérenne pour les activités du site de Belfort.”

“Nous avons plusieurs mois pour mettre au point [les modalités de ce transfert]. D’ici à 2018, Alstom mettra tout en œuvre pour qu’il n’y ait pas de départs contraints”, lit-on également dans le message du groupe, contrôlé à 20 % par l’État.

400 salariés concernés

Le gouvernement tente actuellement de trouver une solution alternative au plan de la direction, annoncé la semaine dernière, consistant à transférer d’ici la fin 2018 la production de trains et le bureau d’études de Belfort vers son site de Reichshoffen (Alsace). Sur les 480 salariés que compte le site de Belfort, 400 sont concernés par ce plan.

Plus tôt dans la mâtinée, le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a fait état de plusieurs pistes susceptibles de remplir le carnet de commandes d’Alstom et de sauver les activités ferroviaires du groupe sur le site Belfort, dont des commandes passées par l’État ou le Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France).

Avec Reuters

Première publication : 13/09/2016

Les incidents dans le centre de détention de Vivonne, dans la Vienne (centre-ouest de la France), où une émeute avait éclaté lundi en fin d’après-midi, ont pris fin dans la soirée, a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué.

Il aura fallu près de six heures après intervention des forces spécialisées, lundi 12 septembre dans la soirée, pour maîtriser la mutinerie à la prison de Vivonne, près de Poitiers (centre-ouest de la France), où une cinquantaine de détenus ont déclenché des incendies blessant légèrement 11 personnes, ont indiqué les autorités.

Cinq membres des forces de l’ordre et six détenus ont été hospitalisés, intoxiquées par les fumées déclenchées par les mutins au deuxième étage de l’un des bâtiments du centre pénitentiaire, a précisé la préfecture de la Vienne. L’un des détenus hospitalisés a été victime d’un infarctus.

Le ministère de la Justice a indiqué dans un communiqué que les équipes régionales d’intervention et de sécurité (Éris), basées à Bordeaux, et des gendarmes mobiles “sont intervenues vers 20 h 30, prenant le contrôle du 2e étage” du centre pénitentiaire. De source pénitentiaire distincte, on précise que la situation a été maîtrisée vers 22 h 15.

La mutinerie avait débuté vers 17 h, lorsque des détenus “sont parvenus à s’emparer du trousseau de clés du surveillant d’étage, qui a pu s’extraire de la coursive et n’est pas blessé”, selon le ministère. À cet étage, hébergeant une cinquantaine de prisonniers, “des détenus ont alors provoqué un départ d’incendie, entraînant d’importants dégagements de fumée”. Les détenus ont par la suite déclenché deux autres départs de feu, tandis que de l’extérieur de la prison, des volutes de fumée cessaient puis reprenaient au fil de la fin de journée, a constaté un correspondant de l’AFP.

Deux détenus ont subtilisé le trousseau de clefs d’un surveillant

L’incident aurait eu comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, qui s’est rebellé, entraînant d’autres détenus dans son mouvement, a-t-on indiqué de source syndicale pénitentiaire.

“Deux détenus ont bousculé un surveillant et ont réussi à lui subtiliser son trousseau de clefs et son walkie-talkie d’alarme, ce qui leur a permis d’ouvrir toutes les cellules” du deuxième étage du bâtiment, a expliqué à l’AFP Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle-Aquitaine. Après avoir “mis le feu aux coursives et à l’atrium” (le rond-point central), des détenus “ont tout cassé à l’intérieur”, a indiqué le syndicaliste.

la fumée s élève de nouveau du 2eme étage de la prison et toujours des cris de détenus. pic.twitter.com/0N2VViPd0z

— France Bleu Poitou (@Bleu_Poitou) September 12, 2016

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Une soixantaine de détenus devraient être relogés en raison de cellules hors d’usage après la mutinerie, selon la même source.

L’incendie, touchant un étage d’un bâtiment qui en compte trois, a été maîtrisé par les pompiers, qui ont déployé une centaine d’hommes, ont arrosé de l’extérieur, puis sont intervenus à mesure que les Éris les faisaient progresser à l’intérieur. Auparavant, ils avaient évacué les quelques détenus présents au troisième étage pour les protéger de la fumée, selon le ministère. Un plan “nombreuses victimes” avait été déclenché dans l’éventualité de victimes d’intoxications.

Le nombre exact de participants actifs à la mutinerie était impossible à déterminer, lundi en fin d’incident, mais six détenus s’étaient rendus peu avant 20 h, soit parce qu’ils se désolidarisaient, soit qu’ils avaient été incommodés par les fumées, a-t-on précisé de source syndicale.

Deux détenus placés en garde à vue

À la suite de l’intervention des forces Éris, deux détenus de 30 et 34 ans, l’un condamné pour trafic de stupéfiants, l’autre pour violences, ont été placés en garde à vue. Les autres détenus de l’étage “ont été évacués vers le gymnase” de la prison. Des poursuites judiciaires devraient être engagées contre plusieurs détenus à mesure de l’éclairage sur la responsabilité des participants, a précisé le ministère à l’AFP.

Le centre de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement mixte, ultra-moderne, combinant maison d’arrêt (305 places) et centre de détention (271 places). Il hébergeait ces jours-ci 525 détenus, ne suggérant pas de problème de surpopulation.

Un syndicat a indiqué avoir alerté, ces derniers mois, contre une tendance au regroupement vers Vivonne de détenus “difficiles” d’autres structures, mettant en garde contre le risque de voir le centre se transformer en “poubelle pénitentiaire”.

Avec AFP

Première publication : 13/09/2016

Quatre jours après leur arrestation, les trois femmes du commando terroriste qui avaient tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz à proximité de Notre-Dame, à Paris, ont été mises en examen et écrouées, lundi.

Les trois femmes soupçonnées d’avoir voulu commettre un attentat en France, téléguidé depuis la zone irako-syrienne via Internet, ont été mises en examen, lundi 12 septembre dans la soirée, à Paris par des magistrats antiterroristes et écrouées. Inès M., 19 ans et Sarah H., 23 ans, sont accusées d’association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes ainsi que de tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, a annoncé le parquet de Paris. Amel S., 39 ans, est mise en examen pour pour complicité de ce crime.

>> À voir sur France 24 : “Pourquoi l’appli Telegram utilisée par les terroristes échappe toujours à la surveillance ?”

Mohamed Lamine A., 22 ans, compagnon de Sarah H., a lui été mis en examen pour non dénonciation d’un crime terroriste. Les quatre personnes ont toutes été incarcérées, mais Inès M. a sollicité un délai pour préparer sa défense dans le cadre d’un débat différé sur sa détention provisoire.

Bouteilles vides et des mèches artisanales

Juste avant son interpellation, Sarah H., consciente d’être repérée, avait attaqué l’un des policiers dans son véhicule en lui assénant un coup de couteau, le blessant à une épaule. Inès M. s’était lancée sur un autre fonctionnaire, couteau à la main, avant d’être blessée par le policier.

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que les trois femmes, après l’échec de l’attaque à la voiture piégée qui n’a pas explosée, comptaient repasser à l’action : le commando entendait “clairement […] commettre un attentat”, avait déclaré vendredi le procureur de Paris, François Molins. Ces trois femmes, dont les deux plus jeunes étaient connues des services pour leur radicalisation et des velléités de départ en Syrie, avaient évoqué des gares de l’Essonne et de Paris ainsi que des policiers comme cibles potentielles, selon des sources proches de l’enquête. Elles envisageaient aussi de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, précise une de ces sources.

>> À lire sur France 24 : “Attentats en France : ce que l’on sait de Rachid Kassim, membre présumé de l’EI”

En perquisition, les policiers ont trouvé au domicile d’Amel S. sept bouteilles en verre vides, “avec à proximité ce qui pourrait s’apparenter à des mèches artisanales en papier” et dans son véhicule “deux jerricans de cinq litres avec des résidus de carburant”, avait détaillé le procureur. Sa fille, 15 ans, a été relâchée dimanche.

Rôle déterminant de Rachid Kassim

Samedi, une première suspecte, Ornella G., 29 ans, une convertie radicalisée, avait été mise en examen et écrouée dans l’enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz où son empreinte avait été retrouvée. Selon son récit, elle a échoué à mettre le feu au véhicule dans la nuit du 3 au 4 septembre avec Inès M., avant de fuir en croyant voir un policier en civil.

Par ailleurs, dans une enquête distincte, un adolescent radicalisé de 15 ans, arrêté samedi dans le 12e arrondissement de Paris, a lui aussi été mis en examen, lundi, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et écroué.

Selon une source proche de l’enquête, le mineur avait fait état sur la messagerie cryptée Telegram “d’un passage à l’acte avec une arme blanche”, mettant en alerte samedi les services de sécurité sur plusieurs sites sensibles à Paris.

Les enquêteurs entrevoient un point commun entre ces deux dossiers : les contacts entretenus sur Internet par ces femmes et par ce mineur avec Rachid Kassim, 29 ans, un jihadiste français qui téléguide ses émules, probablement depuis la zone irako-syrienne, via Telegram, ce réseau de messagerie crypté considéré comme l’un des moyens de communication préférés des jihadistes. Les modalités de l’attaque à la voiture piégée correspondent notamment aux consignes que Rachid Kassim dispense via Internet.

Avec AFP

Première publication : 13/09/2016