Archive for September 14th, 2016

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné jeudi à deux ans de prison un Marseillais de 28 ans qui consultait fréquemment sur Internet la propagande de l’EI, notamment des scènes d’exécution.

Jeudi 15 septembre, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné à deux ans de prison un Marseillais de 28 ans qui, depuis une bibliothèque municipale, consultait fréquemment sur Internet la propagande de l’organisation de l’État islamique (EI), notamment des scènes d’exécution.

Hébergé dans un foyer du 2e arrondissement de Marseille, le jeune homme utilisait deux cartes d’adhérent de la bibliothèque de l’Alcazar. De janvier à août, il s’était connecté à 143 reprises pour visionner écrits et vidéo faisant l’apologie du terrorisme. Il a été interpellé le 9 août alors qu’il faisait des recherches sur le moyen de gagner la Libye via l’Espagne. Jugé en comparution immédiate, il avait été placé en détention dans l’attente de son procès. Son téléphone portable contenait plus de 100 vidéos dont l’une de 21 minutes montrant la décapitation de quatre hommes.

Hospitalisé en 2012 en psychiatrie à Avignon où il dit s’être converti à l’islam, le jeune homme était surveillé par les services du renseignement depuis l’été 2015, date à laquelle son père avait alerté les autorités sur les velléités de départ en Syrie de son fils. Ce signalement avait provoqué une interdiction administrative de quitter le territoire pour six mois.

“Profil extrêmement inquiétant”

Devant le tribunal correctionnel, il a justifié la fréquentation de mosquées salafistes de Marseille, la consultation sur Internet de sites terroristes et l’échange de messages avec des tiers via la messagerie Telegram notamment par sa qualité “d’apprenti journaliste” et par “un programme de recherches”.

>> À lire sur France 24 : “Peut-on surveiller Telegram, la messagerie prisée des jihadistes ?”

Voté en juin, le texte qui réprime la consultation habituelle des sites provoquant à la commission d’actes terroristes ou en faisant l’apologie exclut du champ de la répression les consultations de bonne foi faites par certaines professions, journalistes ou chercheurs.

“Ce n’est pas parce que j’ai regardé que j’adhère”, a-t-il expliqué au tribunal justifiant son désir de regagner la Syrie en 2015 par un objectif “humanitaire”, à savoir “aider les réfugiés”. Il a assuré avoir débuté en prison “un processus de déradicalisation” et une “prise de conscience de [son] égarement passé”. Jugeant son “profil extrêmement inquiétant”, le procureur avait requis deux ans d’emprisonnement, le maximum encouru.

Avec AFP

Première publication : 15/09/2016

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EDF n’est pas le seul gagnant du feu vert donné par le Royaume-Uni à la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point C. C’est également un grand bond en avant pour la Chine et ses ambitions nucléaires.

Le patron d’EDF soulagé, Pékin rassuré. La décision du gouvernement britannique de donner, jeudi 15 septembre, son feu vert à la construction de la centrale nucléaire d’Hinkley Point C a ôté un poids sur les épaules des deux partenaires associés à ce projet de 21,1 milliards d’euros.

L’accord de Londres “marque la relance du nucléaire en Europe”, s’est réjoui Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe EDF, très impliqué dans ce projet. Il avait craint le pire lorsque la nouvelle Première ministre britannique, Teresa May, avait décidé en juillet de repousser sa décision sur la construction de la centrale.

>> EDF perd son directeur financier, opposé au projet de centrales britanniques

Le géant public chinois du nucléaire China General Nuclear (CGN), qui va financer le projet à hauteur de sept milliards d’euros, s’est aussi déclaré “enchanté” de l’issue de l’affaire Hinkley Point C. Le “Yes, we can” final de Teresa May était autant – sinon plus – important pour Pékin que pour EDF. Car la Chine joue beaucoup plus qu’un investissement de quelques milliards d’euros.

Londres avait justifié le report de la décision finale sur la centrale nucléaire par des considérations de sécurité nationale. La Chine n’était pas nommément visée, mais personne n’était dupe : “Le Royaume-Uni menaçait de devenir le premier pays européen à adopter une position similaire aux États-Unis et à certains alliés de Washington comme l’Australie qui, craignant l’espionnage économique, ont des réticences à travailler avec des entreprises chinoises sur des chantiers stratégiques”, souligne Jean-François Dufour, responsable du China Control Panel du cabinet de conseil Montsalvy consulting, contacté par France 24.

Le Royaume-Uni futur vitrine du savoir faire nucléaire chinois ?



Une contagion de cette méfiance risquait d’être commercialement catastrophique pour Pékin, surtout “sur un marché aussi stratégique pour la Chine que l’Europe”, note l’économiste français. Le Vieux continent est perçu comme un partenaire économique moins hostile que les États-Unis.

De ce point de vue, le feu vert donné par Teresa May est une grande victoire économique pour Pékin. Mais il est aussi important pour l’avenir des ambitions nucléaires chinoises. Si tout se passe sans accroc, le Royaume-Uni “a vocation à devenir la vitrine commerciale du savoir-faire chinois en matière nucléaire”, résume Jean-François Dufour.

Hinkley Point C n’est qu’une étape sur la route britannique de Pékin. Le groupe CGN a sorti le chéquier afin d’être associé à un projet qui lui permettra “de faire connaissance avec le réseau électrique britannique et approfondir son savoir faire aux côtés d’EDF”, note l’expert de l’économie chinoise. CGN s’offre en fait une clef qui doit lui ouvrir la porte de Bradwell. Cette ville du comté d’Essex doit en effet accueillir le premier réacteur nucléaire conçu entièrement par des Chinois à l’étranger. C’est du moins ce qu’espère Pékin, qui avait reçu en 2015 le soutien de David Cameron, alors Premier ministre, pour qu’un projet en ce sens démarre en 2016.

Mais Teresa May n’est pas David Cameron. Il n’y a aucune mention de Bradwell dans le communiqué du gouvernement britannique annonçant qu’Hinkley Point C serait mené à bien. Un oubli qui n’a pas échappé à Pékin qui, dans son propre communiqué, s’est réjoui de pouvoir “aller de l’avant sur ce chantier et le projet de développer” une centrale à Bradwell.

Ce hameau dans l’Essex est devenu crucial pour Pékin, qui veut s’imposer sur le marché des centrales nucléaires à l’international. En 2015, la Chine a mis au point son propre réacteur nucléaire destiné à l’export. Un accord de vente a déjà été signé avec le Pakistan, mais démontrer son savoir-faire au Royaume-Uni serait autrement plus prestigieux et permettrait à la Chine de rattraper, en terme de réputation, ses concurrents. Et pour ce faire, tous les chemins passent par Hinkley Point.

Première publication : 15/09/2016

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L’agence mondiale antidopage (AMA), dont les serveurs ont été hackés par un groupe de pirates russes, estime être victime de “représailles” après les récentes sanctions contre des sportifs russes. Une accusation fermement rejetée par Moscou.

Le torchon n’en finit plus de brûler entre l’Agence mondiale antidopage (AMA) et les autorités russes. Jeudi, le gendarme du dopage dans le sport a exigé de la Russie qu’elle intervienne afin de faire cesser les agissements d’un groupe de pirates qui procède, depuis mardi 13 septembre, à la divulgation d’informations confidentielles sur plusieurs athlètes occidentaux.

Ce collectif, basé en Russie et connu sous divers noms comme Tsar Team (APT28) ou encore Fancy Bears, est considéré par les spécialistes de la cybercriminalité comme une entité de cyberespionnage à la solde de l’État russe. Ils sont par exemple soupçonnés d’être derrière l’affaire du piratage des fichiers de la Convention nationale démocrate américaine, qui avait fait grand bruit en juin 2016.

“Cette fois le groupe a révélé dans le domaine public les données confidentielles de 25 athlètes de huit pays. Parmi les athlètes concernés, dix viennent des États-Unis, cinq d’Allemagne, cinq de Grande-Bretagne, un de République tchèque, un du Danemark, un de Pologne, un de Roumanie et un de Russie”, rapporte le communiqué de l’AMA.

WADA confirms another batch of athlete data leaked by Russian cyber hackers ‘Fancy Bear’: https://t.co/H1c2vTHs2A

— WADA (@wada_ama) 15 septembre 2016

“Nous condamnons cette activité criminelle et nous avons demandé au gouvernement russe de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cela cesse”, a martelé le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli. Il estime que ces fuites constituent des “représailles” aux mesures prises par l’AMA dans la foulée du scandale sur le dopage qui a touché la Russie avant les Jeux olympiques de Rio.

“Vous accusez la Russie pour tout”

La réponse des autorités russes n’a pas tardé à tomber. “Comment pouvez-vous dire que ce sont des pirates informatiques de Russie ? Vous accusez la Russie pour tout”, s’est insurgé mercredi le ministre des Sports russe Vitali Moutko depuis Athènes, où il assistait à l’élection du nouveau président de l’UEFA, en tant que président de la Fédération russe de football.

Une réaction épidermique quelque peu tempérée le lendemain par le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov : “S’il y a une demande d’aide et qu’elle nous est remise, bien sûr que nous le ferons. […] La Russie se prononce toujours pour la lutte contre le crime cybernétique et invite tous les États et toutes les organisations internationales à coopérer dans ce domaine. La position de la Russie est très connue.”

Pour l’heure, les révélations publiées à la suite du piratage des serveurs de l’AMA n’ont provoqué aucune crise impliquant les sportifs cités. L’essentiel des informations qui ont fuité – et qui concernent notamment le cycliste britannique Chris Froome, les championnes américaines de tennis Serena et Venus Williams ou encore la gymnaste américaine Simone Biles – porte sur des autorisations à usage thérapeutique (AUT) pour l’usage de certaines substances. Et jusqu’à ce jour, aucune infraction n’a été relevée à la lecture de ces données.

Première publication : 15/09/2016

Des milliers d’opposants à la Loi travail ont manifesté une dernière fois, jeudi, à l’appel des syndicats CGT et FO. À Paris, des échauffourées ont éclaté à plusieurs reprises, faisant au moins six blessés.

“Montrer qu’on est toujours là et qu’on n’est pas d’accord”: plusieurs milliers de personnes ont défilé, jeudi 15 septembre, en régions pour réclamer l’abrogation de la Loi travail, qui aura déclenché des mois d’affrontements politiques et de conflit social sans faire plier l’exécutif.

Selon la CGT, quelque 170 000 ont manifesté en France. Le syndicat a dénombré 40 000 personnes à Paris, soit un peu moins que lors de la précédente mobilisation le 5 juillet (45 000 selon les syndicats), tandis que la police a compté entre 12 500 et 13 500 manifestants dans la capitale, où neuf personnes ont été interpellées.

Des échauffourées ont éclaté à plusieurs reprises lors de la manifestation parisienne, au cours de laquelle au moins un manifestant et cinq policiers ont été blessés.

Un CRS a été brûlé à la jambe après le jet de cocktails Molotov devant un café, place de la République, et un manifestant a été blessé par des jets de projectiles, a précisé la préfecture de police (PP) de Paris, selon un bilan encore provisoire.

Des abribus et du mobilier urbain ont fait l’objet de dégradations à l’approche de la place de la République, destination finale du cortège parti de la place la Bastille vers 14H15.

Douze personnes ont été interpellées avant et pendant la manifestation : au moins cinq pour jets de projectiles, deux pour violences sur agent de la force publique et cinq pour rébellion ou port d’arme prohibé, a précisé la préfecture de police (PP) de Paris à l’AFP.

Près de 1 200 policiers ont été mobilisés, selon une source policière.

“Il faut que les salariés se mobilisent dans la rue”

“Face à une telle loi, on ne peut pas attendre la présidentielle (…), il faut que les salariés se mobilisent dans la rue”, avait dit plus tôt sur France Info Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Pour Jean-Claude Mailly, son homologue à FO interrogé sur France 2, la Loi travail est “un ratage complet sur la méthode et le fond [qui va] laisser des traces” dans la majorité et suscite “beaucoup d’amertume” parmi les salariés qui ont battu le pavé pendant plusieurs mois.

Après avoir réclamé, en vain, pendant des mois, le retrait de ce texte qu’ils considèrent comme source de “dumping social”, les deux leaders ont marché à nouveau ensemble à Paris, pour demander son abrogation. Ils auront à leurs côtés les responsables de FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl.

Treize journées de mobilisation depuis mars, une pétition record, des sondages montrant la désapprobation des Français, recours à l’article 49-3 pour faire passer le texte sans vote au Parlement… : cette réforme, l’une des dernières du quinquennat, a connu un parcours particulièrement agité.

À Belfort, des centaines de personnes ont défilé pour garder l’activité d’Alstom dans la ville et “marquer le coup”, en cette journée nationale de mobilisation contre la Loi travail, la quatorzième depuis mars.

En marchant à Nantes, Rebecca, 32 ans, déjà quelques manifs derrière elle, a voulu pour cette dernière grande manifestation syndicale “montrer qu’on est toujours là et qu’on n’est pas d’accord”.

À Marseille, quelques milliers de personnes ont battu le pavé. “On va leur montrer que loi ou pas, ils nous trouveront toujours face à eux”, a expliqué François Roche, délégué du personnel CGT chez Airbus Helicopters.

Ils étaient entre 1 500 et 2 000 (selon les syndicats) à Tours, avec une banderole de tête proclamant : “Non à la Loi travail/oui au progrès social”, 3 000 à Rennes…

Des appels à la grève ont été lancés dans la fonction publique, à La Poste, chez Air France, France Télévisions ou les intermittents du spectacle.

À la SNCF et à la RATP, le trafic était normal. Dans le ciel, en revanche, plus de 20 % des vols étaient annulés en début de matinée à l’aéroport d’Orly et un retard moyen de vingt minutes était enregistré, selon des sources aéroportuaires.

Myriam El Khomri “fière des droits nouveaux” que la Loi travail instaure

Fort du soutien de la CFDT, l’exécutif est resté inflexible, défendant un texte de “progrès social” et le présentant comme une solution pour lutter contre le chômage.

Après le baroud d’honneur dans la rue de ce jeudi, les syndicats opposés au texte n’ont pas prévu de nouvelle date de mobilisation. Mais ils espèrent maintenir la pression, en entreprise et devant la justice.

Ils travaillent sur des recours possibles, notamment à travers des questions prioritaires de constitutionnalité, et se préparent à bloquer, dans les entreprises, tout accord permettant d’appliquer la loi : “il ne faut pas que la loi rentre dans les entreprises”, a martelé jeudi Philippe Martinez.

À quelques mois de la présidentielle, le gouvernement veut aller vite sur ce dossier épineux. La plupart des décrets, dont les plus décriés (temps de travail, référendum en entreprise, accords offensifs), doivent être publiés en octobre.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a reconnu récemment “des erreurs au lancement de cette loi”, mais s’est également dite “fière des droits nouveaux qu’elle instaure, en particulier un droit universel à la formation pour tous nos concitoyens”.

Avec AFP

Première publication : 15/09/2016

Pour sa troisième campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à reprendre les thèmes chers à l’extrême-droite. Quitte à verser dans la surenchère face à une Marine Le Pen qui, elle, tend plutôt à arrondir les angles.

Est-ce un pas de plus fait en direction des électeurs frontistes ? Alors qu’il avait initié le Grenelle de l’environnement en arrivant à l’Élysée, Nicolas Sarkozy se range à présent du côté de ceux qui doutent de l’urgence du changement climatique. Mercredi 14 septembre, lors d’une réunion à l’Institut de l’Entreprise, il affirmait, selon Marianne : “Cela fait quatre milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie. Il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat”.

Tryptique identité, immigration et sécurité

Un point de vue que n’aurait pas renié le très climato-sceptique clan Le Pen (malgré un positionnement du FN sur l’écologie, remis en cause par Reporterre) et qui vient renforcer l’inflexion déjà très droitière de la campagne de Nicolas Sarkozy. Certains diront qu’il prend à chaque déclaration un peu plus le risque de se couper des électeurs centristes et de la droite modérée, lui s’en moque. Plus que jamais, Nicolas Sarkozy est convaincu d’adopter la bonne stratégie en misant une fois de plus sur le tryptique identité, immigration et sécurité, des thématiques si chères au Front national.

Depuis le début de l’année, Nicolas Sarkozy a ainsi proposé de stopper l’immigration économique durant toute la durée du prochain quinquennat, d’appliquer une politique d’assimilation systématique, de restreindre le droit du sol, de suspendre le regroupement familial, de mettre en place de nouveaux accords de Schengen et de restaurer, en attendant, les contrôles aux frontières, d’interdire le port du voile à l’université, dans l’administration et les entreprises ou encore de mettre fin aux menus de substitution dans les cantines scolaires publiques. Autant de propositions qui sonnent comme une douce musique aux oreilles des électeurs de Marine Le Pen et qui visent justement à répondre à leurs attentes.

>> À voir sur France 24 : “Primaire de la droite : Sarkozy remonte, Juppé reste en tête dans les sondages”

La stratégie de ce grand consommateur de sondages répond à l’évolution de l’opinion. Une étude de l’Ifop publiée durant l’été et réalisée après l’attentat de Nice montre ainsi un changement profond chez les Français : pour la première fois depuis 2002, la question sécuritaire est passée en tête de leurs préoccupations, détrônant celle de la lutte contre le chômage et de la relance de l’économie.

“Sarkozy l’a compris : la campagne se jouera à droite, affirme à France 24 Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Iris, spécialiste de l’extrême droite. Il y a un retournement de l’opinion depuis les attentats [janvier 2015, ndlr], mais la question pour lui est de savoir comment convaincre les électeurs de droite partis au FN de lui faire à nouveau confiance.”

Contrairement à 2007, Nicolas Sarkozy a effectivement un bilan de président. Or, celui-ci ne plaide pas en sa faveur aux yeux des électeurs frontistes qui ont pu constater l’écart entre les promesses de campagne et l’action menée à l’Élysée entre 2007 et 2012. Pour séduire, l’ex-patron du parti Les Républicains, candidat pour la troisième fois à l’élection présidentielle, est donc contraint de faire dans la surenchère.

Des propositions plus radicales que l’extrême droite sur l’État de droit

Celle-ci est assez flagrante sur la question sécuritaire et terroriste. Alors que Marine Le Pen prône le respect de la Constitution et de l’État de droit, Nicolas Sarkozy, comme il l’a de nouveau affirmé dans le JDD, dimanche 11 septembre, souhaite placer en centre de rétention toutes les personnes fichées S et susceptibles de constituer une menace pour la sécurité. Il veut également pouvoir adapter l’État de droit en créant une juridiction d’exception avec une cour spéciale antiterroriste et un parquet national antiterroriste.

Cette stratégie n’est toutefois pas sans risques et s’est d’ailleurs soldée par une défaite en 2012. Longtemps proche de Nicolas Sarkozy, dont il fut l’un des conseillers lors des deux dernières campagnes présidentielles, l’ancien secrétaire d’État Frédéric Lefebvre estime en effet que ce virage est responsable de la perte de la droite. “La France est une terre d’équilibre et on ne peut pas être candidat avec une jambe droite bodybuildée et une jambe gauche atrophiée, affirme-t-il à France 24. En 2007, nous avions trouvé le bon équilibre, mais, sous l’influence de Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy s’en est détourné et a fait de cette ligne identitaire sa martingale gagnante cinq ans plus tard, avec le résultat que l’on sait.”

>> À lire sur France 24 : “Identité heureuse ou malheureuse : la place des musulmans en France au cœur de la primaire de la droite”

“Le problème, c’est qu’il ne suffit pas de pousser le bouchon un peu loin quand on parle de sécurité et de terrorisme car ça ne sera jamais assez pour les frontistes, explique Jean-Yves Camus. Il faut bien regarder le programme de Marine Le Pen dans le détail pour s’en rendre compte. Il y est notamment question de peine de mort, de la fin de Schengen, de la sortie de l’Union européenne, du retour au franc ou de la sortie de l’Otan. Nicolas Sarkozy ne propose pas tout ça.”

Reste que le contexte actuel lié aux attentats change la donne, estime le chercheur. Et à en croire les derniers sondages qui éliminent la gauche du deuxième tour dans toutes les hypothèses envisagées, la stratégie de la surenchère droitière pourrait cette fois-ci s’avérer gagnante.

Première publication : 15/09/2016

Le 15 septembre 1916 est une date clé dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Pour la toute première fois, des chars blindés sont utilisés sur le champ de bataille par les Britanniques. Une arme moderne qui fera son entrée dans la Somme.

“Au petit jour, les Allemands eurent une surprise inattendue. Au milieu des troupes d’assaut de nos alliés, d’énormes monstres d’acier s’avançaient. C’étaient de nouvelles autos blindés construites par les Anglais dans le plus grand secret, et qui faisaient leurs débuts” . Dans son édition du 16 septembre 1916, le journal Le Matin rapporte en première page une nouvelle sensationnelle : le baptême du feu d’une nouvelle arme de guerre à l’allure stupéfiante. “Leur avant, taillé en éperon, s’avançait à travers les terres bouleversées par le bombardement, franchissait tous les obstacles, traversait comme en se jouant les lignes de fer barbelés, tandis que de leurs flancs des armes invisibles crachaient des torrents de mitraille”.

Pour la toute première fois, la veille, à Courcelette, en pleine bataille de la Somme lors de la Première Guerre mondiale, des chars d’assaut ont été utilisés sur le champ de bataille. Surnommés “tanks” pour faire croire aux Allemands qu’ils s’agissaient de réservoirs d’eau, ils ont été développés par les Britanniques. “Il s’agissait de tanks de type Mark I, en forme de losange et propulsés par des chenilles. Ils pouvaient rouler à environ 5 km/h”, explique Nik Wyness, l’un des responsables du musée du Tank (le Tank Museum), à Bovington, dans le sud de l’Angleterre. “À l’intérieur, il y avait un équipage de huit personnes : un commandant, un conducteur, deux tireurs pour chaque tourelle latérale et deux hommes pour contrôler l’engrenage de chacune des chenilles”.

Dans le camp ennemi, l’effet de surprise face à ces monstres d’acier est indéniable. Mais sur le plan tactique, cette première sortie est plutôt mitigée. “Quarante-neuf tanks avaient été préparés pour cette bataille, mais dix-huit seulement ont finalement pris part à l’attaque en raison de problèmes mécaniques ou d’enlisement. Beaucoup pensaient que les tanks n’auraient pas dû être utilisés avant d’être disponibles en quantité suffisante pour donner un coup fatal sur le front aux Allemands”, explique Nik Wyness. Mais pour ce spécialiste des blindés, cette date doit cependant être retenue comme celle d’une avancée historique : “L’attaque a repoussé les Allemands de 2,5 km, alors que les équipages des tanks n’avaient aucune expérience. Beaucoup n’avaient même jamais combattu. Cet assaut était vraiment un test qui a permis de prouver que les tanks pouvaient jouer un rôle dans la guerre”.

Les tanks britanniques durant la Première Guerre mondiale
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    Le 15 septembre 1916, alors que la bataille de la Somme fait rage, débute la première bataille d’infanterie appuyée par des chars. Les premiers tanks utilisés sont de type “Mark I”. Ici, le 13 septembre, près de Flers.

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    Le premier emploi des Tanks par les Britanniques, en septembre 1916, se révèle de faible utilité. Le général Ernest Dunlop Swinton est démis de ses fonctions et l’on tente même d’annuler une commande de 1000 blindés en cours de fabrication.

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    Tout au long de la guerre, différents types de tanks sont cependant développés par l’armée britannique, comme le “Whippet”, apparu en 1917. Sur ce cliché d’août 1918, ce tank se trouve près de Démuin, dans la Somme.

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    Il faudra attendre le milieu de l’année 1917 pour que les Britanniques reprennent confiance dans l’emploi des tanks. Sur cette photo, l’un d’entre eux part à l’attaque dans un faubourg de la ville d’Arras, le 12 avril 1917.

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    En novembre 1917, les Britanniques décident finalement d’utiliser les tanks pour une grande offensive sur Cambrai. Le bilan est alors assez concluant. La progression des Tanks Mark IV est plutôt rapide et la ligne allemande parvient à être percée en plusieurs endroits.

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    Durant les derniers combats, les tanks britanniques et les chars français jouent un rôle plus important. Un tank et l’infanterie britannique se portant à l’avant, le 25 août 1918, à Bapaume.

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    Les tanks servent aussi à transporter des canons, ainsi que des munitions, comme ici en août 1918 à Irles, dans la Somme.

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    Leur entretien nécessite l’emploi de nombreux hommes. Sur ce cliché, le nettoyage d’un tank est effectué par des travailleurs chinois, en juin 1918 à Saint-Pol.

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    Les tanks, symbole de l’avancée technologique, constituent un motif d’étonnement et de fierté à l’époque. Le roi et la reine d’Angleterre posent devant un tank dans un camp, en juillet 1917 à Erin.

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    Le roi des Belges inspecte un tank britannique, en mai 1917, à Pozières.

Une idée très ancienne

Le concept de véhicule blindé n’était cependant pas nouveau à l’époque. Dès l’Antiquité, l’homme avait imaginé des tours mobiles équipées d’armes pour échapper au feu ennemi. À la Renaissance, Léonard de Vinci avait lui-même dessiné les plans d’un char doté de canons. En 1903, l’auteur de science-fiction britannique H.G.Wells avait également publié une nouvelle intitulée “The Land Ironclads” (Les cuirassés de terre) dans laquelle il prédisait l’avènement des chars d’assaut.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 accélère le développement de ces idées. Au Royaume-Uni, l’élaboration de ces armes modernes est notamment soutenu par Winston Churchill, alors Premier lord de l’amirauté. Dès 1915, les premiers prototypes sont testés, jusqu’à la mise au point du Mark I. “Les Britanniques ont été des précurseurs, mais il y avait aussi des expérimentations aux États-Unis, en Russie ou en France”, souligne Nik Wyness. L’armée française entreprend en effet aussi de son côté des recherches sous la conduite du général Jean-Baptiste Eugène Estienne. Les sociétés Schneider et Saint-Chamond se font concurrence pour fabriquer des engins blindés. Ces chars français sont utilisés pour la première fois le 16 avril 1917 lors de l’offensive du Chemin des Dames. Mais là encore, cet essai n’est pas très concluant. Sur les 128 chars qui prennent part à la bataille, 57 sont détruits et 64 tombent en panne ou s’enlisent.

Il faut attendre la bataille de Cambrai, le 20 novembre 1917, pour que l’impact des blindés se fassent réellement sentir lors de la Grande Guerre. Ce jour-là, l’état-major britannique décide d’engager plus de 400 tanks, comme le décrit Nik Wyness : “Alors que les Allemands avaient pourtant déjà développé des armes antitanks, ils ont réussi à enfoncer les lignes allemandes et à causer un état de panique et de confusion. Mais les généraux ont été tellement surpris par ce succès, qu’ils n’ont pas réussi à prendre l’initiative sur le champ de bataille. Cela aurait pu être un tournant dans la guerre, mais cette victoire s’est vite transformée en une défaite”.

Le développement des chars français
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    En France, des recherches sont aussi entreprises pour la construction d’un char blindé. Dès 1915, la société Schneider et Cie commence des travaux. Le premier prototype est présenté en 1916 et prend le nom de char Schneider. Celui-ci a été pris en photo à Marly-le-Roi.

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    Un nouveau projet voit même le jour au milieu de l’année 1916. Après une dispute avec la société Schneider, la société Saint-Chamond décide de développer son propre char, qui se veut plus compétitif, car mieux armé. Sur cette photo, on peut en voir l’intérieur.

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    Au total, l’armée française passe dans un premier temps une commande de 800 blindés aux deux sociétés concurrentes. Sur ce cliché, on peut voir une revue de chars Saint-Chamond, le 14 juillet 1917, sur le terrain d’instruction de Champlieu.

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    Les chars Schneider sont utilisés pour la première fois lors de l’offensive du Chemin des Dames, en avril 1917. Etant peu maniables, cette attaque se solde par un échec. Sur cette photo, des chars Schneider gagnent leur position en juin 1918, près de Méry, dans l’Oise.

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    En 1917, Renault achève aussi un premier prototype de char, le FT-17. Celui-ci se distingue par sa tourelle pouvant pivoter à 360°. Sur cette photo, des soldats posent près d’un char Renault sur le terrain d’instruction de Champlieu, en juillet 1917.

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    L’armée française se dote de nouveaux chars Renault FT-17, plus petits et plus maniables. Plus de 3500 de ces chars seront construits entre 1917 et 1918. Sur ce cliché, lee graissage de l’un de ces chars en septembre 1918 dans le bois de Montfaucon.

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    Les conditions sont difficiles pour les équipages des chars. Ils souffrent de la de la fumée, de la chaleur et du bruit. Et bien entendu, ils sont en première ligne comme ce char Renault ayant sauté sur un champ de mines, en septembre 1918 près de Thiaucourt.

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    Ce char Schneider “Char-le-Magne” a pour sa part été criblé de balles perforantes, en avril 1918 à Gouy-les-Groseillers, dans l’Oise, après l’assaut au Bois de Castel.

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    Mais les équipages aiment poser fièrement près de ces véhicules modernes. Ici celui du char français “Les chameaux” qui a participé à la prise du village de Cantigny, en mai 1918.

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    Côté allemand, l’intérêt pour les blindés est moindre que pour les Britanniques et les Français. Le Sturmpanzerwagen A7V a été le seul char d’assaut développé et déployé par l’armée allemande durant la Première Guerre mondiale et sa mise en service fut tardive.

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    Le premier combat tank contre tank a lieu à Villers-Bretonneux, dans la Somme, le 24 avril 1918. Sur cette photo, un tank allemand “Elfriede” tombé dans une carrière au cours de cette même attaque.

“Le meilleur tank du monde est celui qui a les meilleurs hommes”

Au cours de cette bataille, les Allemands réussissent à récupérer quelques tanks britanniques abandonnés sur le terrain et les remettent en état. Il faut dire qu’à l’époque, l’Empire allemand est très en retard dans ce domaine. Un char de type A7V a bien été conçu par l’armée allemande, mais seulement vingt exemplaires seront construits jusqu’à la fin de la guerre. Après avoir été à la traîne derrière les Britanniques, la France rattrappe vite son retard. Le premier blindé léger français, le char Renault FT-17, efficace, économique, et conçu pour une production de masse, devient le char le plus produit de l’époque et est même adopté par l’armée américaine. Il sera utilisé jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

Dans les années qui suivent et jusqu’à aujourd’hui, les blindés ont été des acteurs de premier plan dans de nombreux conflits. “Des milliers de soldats dans une multitude de pays ont suivi les traces des premiers tankistes qui sont passés à l’action le 15 septembre 1916”, résume Nik Wyness. “Dans certains pays, les chars sont ainsi devenus des symboles de la défense de la liberté, mais dans d’autres, ils sont au contraire perçus comme des outils d’oppression”, souligne le responsable du Tank Museum.

Cent ans après, les tous premiers modèles de char, les blindés modernes sont des monstres de technologie. Mais pour Nik Wyness, les chars d’autrefois et ceux d’aujourd’hui ont toujours un point commun : “Le lien primordial entre eux est l’équipage. On dit souvent que le meilleur tank du monde est celui qui a les meilleurs hommes. L’entraînement, la cohésion et un bon moral sont les clés du succès d’un tank au cours d’une bataille”.

L’histoire des tanks depuis cent ans (en anglais)


Première publication : 15/09/2016