Archive for September 17th, 2016

L’incarcération de détenus radicalisés est de nouveau au centre des attentions après l’extraction, vendredi, de quatre individus de la prison d’Osny, dans le Val-d’Oise, et leur dispersion vers d’autres établissements après “des menaces”.

À peine deux semaines après l’agression de deux surveillants dans l’unité de prévention de la radicalisation de la prison d’Osny, dans le Val-d’Oise, quatre détenus de la même unité ont été extraits, puis transférés dans d’autres prisons, après “des menaces” pouvant porter atteinte à la sécurité du personnel de l’établissement.

“Ils s’apprêtaient à passer à l’acte de façon imminente”, a indiqué une source syndicale à France Info, précisant que le personnel pénitentiaire était une nouvelle fois visé et que ce sont des écoutes qui ont permis cette dispersion préventive.

“C’est pour nous la preuve de l’utilité du renseignement pénitentiaire et des mesures de sécurisation qui ont été suivies”, a affirmé le ministère, sans donner plus de détails sur la nature des menaces.

“Ces quatre détenus pouvaient porter gravement atteinte à la sécurité”

“Il y avait des soupçons comme quoi ces quatre détenus pouvaient porter gravement atteinte à la sécurité de l’établissement”, a indiqué à l’AFP Jérôme Nobecourt, délégué pénitentiaire FO, précisant qu’ils avaient été placés à l’isolement dans d’autres prisons d’Île-de-France.

Cet incident “montre une fois de plus les limites” de cette unité, a affirmé le syndicaliste. “Nous sommes favorables à des établissements spécialisés, avec du personnel formé et des moyens suffisants”, a-t-il ajouté.

Depuis l’assassinat à Magnanville le 13 juin d’un policier et de sa compagne par Larossi Abballa et son appel à tuer des surveillants de prison, “la peur s’est installée”, a indiqué Jérôme Nobecourt, précisant que les surveillants de la Mavo (Maison d’arrêt du Val-d’Oise) manifesteraient, lundi 19 septembre, dès 6 h, pour réclamer du personnel supplémentaire.

Une série d’incidents en milieu carcéral

Le 4 septembre, un détenu radicalisé avait violemment agressé deux surveillants pénitentiaires à Osny. Bilal Taghi, 24 ans, a été mis en examen pour “tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. Au moment du départ en promenade, il avait blessé les deux surveillants avec un couteau artisanal, un morceau de métal de 15 cm fixé sur un manche.

Vendredi, Jawad Bendaoud, soupçonné d’avoir fourni un logement aux auteurs des attentats du 13 novembre, a mis le feu à sa cellule de la maison d’arrêt de Villepinte. Jawad Bendaoud, qui souhaite sortir du quartier d’isolement de cette prison de Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, avait menacé “de faire quelque chose de sale”, vendredi après qu’une puce de téléphone portable et un chargeur ont été retrouvés dans sa cellule.

La question des places mobilisables pour l’isolement des détenus islamistes radicaux risque à nouveau d’être posée, rejoignant celles de la violence en prison et de la surpopulation carcérale. Le 13 septembre, une mutinerie d’une cinquantaine de détenus dans le centre de détention de Vivonne (Vienne) avait nécessité l’intervention des forces spécialisées. L’incident n’avait pas fait de blessés.

Ces incidents avaient provoqué la colère des syndicats pénitentiaires qui ont lancé un cri d’alarme sur l’insécurité en prison, alors que le garde des Sceaux doit dévoiler, mardi 20 septembre, les grandes lignes d’un rapport sur l’encellulement individuel. Il devrait aborder la question sensible de la surpopulation carcérale, l’un des moteurs de l’insécurité en prison.

Avec AFP

Première publication : 18/09/2016

Une étude sur les musulmans de France (Français et étrangers) de l’Institut Montaigne, publiée dimanche dans le Journal du Dimanche, avance notamment que ceux-ci représentent 5,6 % des personnes résidentes dans l’Hexagone.

Un rapport esquisse un portrait des musulmans de France à rebours de certaines idées reçues et esquisse des pistes de réorganisation de “l’islam français”, afin de le couper des influences étrangères et de mieux l’armer face aux dérives.

Cette étude de l’Institut Montaigne, “think tank” d’obédience libérale, a été publiée, dimanche 18 septembre, par le JDD et transmise à l’AFP. Elle s’adosse à une enquête “inédite” de l’Ifop, réalisée alors que la vague d’attentats jihadistes depuis 2015 et l’approche de la présidentielle enflamment les débats sur la place de l’islam.

Ce sondage a été conduit auprès de 1 029 personnes de confession ou de culture musulmane (dont 874 se déclarant musulmanes), extraites d’un échantillon de 15 459 métropolitains âgés de 15 ans et plus.

[Nouveau rapport] Un #islam français est possible. Notre enquête et nos propositions : https://t.co/3QoVrZeYSVpic.twitter.com/6Ug60Jx7YN

— Institut Montaigne (@i_montaigne) 18 septembre 2016

Pour voir les photos et vidéos sur votre smartphone ou tablette, cliquez ici.

Le rapport, intitulé “Un islam français est possible”, avance que les musulmans comptent pour 5,6 % des habitants de métropole, soit un pourcentage “moins important que ne l’avancent bon nombre de chiffres fantaisistes”, souligne en avant-propos Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-président de l’Institut des cultures d’islam. En revanche, ils sont 10 % des moins de 25 ans, “signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations”.

Surreprésentés dans les milieux populaires ou éloignés de l’emploi, les musulmans interrogés – aux trois quarts de nationalité française – se hissent pourtant à des niveaux de qualification proches de la moyenne nationale.

Près de 30 % des croyants musulmans s’affirment “en marge de la société”

Quelle est leur religiosité ? L’Ifop a calculé que 46 % sont “soit totalement sécularisés, soit en train d’achever leur intégration” sans renier leur religion. Un deuxième groupe, représentant 25 %, est plus pieux et plus identitaire tout en rejetant le voile intégral.

Le dernier groupe, que l’Ifop évalue à 28 %, réunit des croyants qui ont “adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République”, s’affirmant “en marge de la société”. Les jeunes, les moins insérés dans l’emploi et les convertis sont les plus disposés à adhérer à ce modèle.

Mais une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5 %) ou de serrer la main d’une personne (88 %) du sexe opposé.

>> À lire sur France 24 : “Jean-Pierre Chevènement, un ‘connaisseur du monde musulman’ objet de railleries”

Côté pratiques, la première est alimentaire : 70 % des répondants déclarent “toujours” acheter de la viande halal. La question du voile est plus clivante : si 65 % se déclarent favorables au port du foulard (et 24 % à celui du niqab), seules 37 % des personnes de religion musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée.

La fréquentation des 2 500 mosquées est plus faible qu’on ne le pense souvent : 30 % du millier de musulmans interrogés ne s’y rendent jamais, et autant ne le font au mieux que lors des grandes célébrations.

Le rapport recommande la nomination d’un “grand imam de France”

En résumé, “la question sociale est la priorité des musulmans interrogés, bien avant les questions religieuses ou identitaires”. Il n’y a pas de “communautarisme musulman unique et organisé”. Et “pour éviter de tomber dans le piège tendu par les extrémistes, le discours politique doit s’appuyer” notamment “sur la majorité silencieuse, insérée avec succès dans la société française”, conclut le rapport.

En outre, une nouvelle organisation de l’islam, “financée par de l’argent français” et s’appuyant “sur des femmes et des hommes nouveaux”, est nécessaire, alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM), symbole d’un “islam des consulats”, n’est vu comme représentatif que par… 9 % des interrogés, quand 37 % se déclarent proches de l’islamologue Tariq Ramadan, considéré comme proche de l’islam politique des Frères musulmans.

“Il faut engager des changements profonds dans l’organisation de cette religion pour lui donner les moyens de lutter contre le fondamentalisme religieux”, estime Hakim El Karoui, l’un des signataires du récent “Appel des 41” musulmans décidés à prendre leurs “responsabilités”.

Le rapport formule plusieurs recommandations censées y contribuer, comme la nomination d’un “grand imam de France” pour exprimer une doctrine républicaine, la création d’un secrétariat d’État aux affaires religieuses et à la laïcité, ou encore un enseignement renforcé de l’arabe à l’école publique.

Avec AFP

Première publication : 18/09/2016

Jacques Chirac a été hospitalisé, dimanche matin, à l’hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière pour “le traitement d’une infection pulmonaire”. “Il y restera hospitalisé dans les prochains jours”, a fait savoir sa famille.

L’ancien chef de l’État français Jacques Chirac a été hospitalisé, dimanche 18 septembre, à l’hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière pour “le traitement d’une infection pulmonaire”, a fait savoir sa famille à l’AFP.

De retour à Paris en provenance du Maroc où il séjournait en famille, l’ex-chef de l’État, âgé de 83 ans, “a été hospitalisé [vendredi] matin à la Pitié-Salpêtrière pour le traitement d’une infection pulmonaire” et “il y restera hospitalisé dans les prochains jours”, a précisé l’époux de Claude Chirac.

Je pense affectueusement à Jacques Chirac. Je lui souhaite de tout cœur de vaincre son mal et de se rétablir très vite.

— Alain Juppé (@alainjuppe) 18 septembre 2016

Alors que, comme à chacune de ses hospitalisations, les rumeurs les plus alarmantes circulent sur son état, une source proche de l’ancien président a précisé à l’AFP que Jacques Chirac était conscient.

Je pense en ce moment à Jacques #Chirac. Je lui souhaite de se rétablir au plus vite. -NS

— Nicolas Sarkozy (@NicolasSarkozy) 18 septembre 2016

Depuis son départ de l’Élysée en mai 2007, Jacques Chirac, qui avait subi un accident vasculaire cérébral en 2005, a déjà été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment pendant une quinzaine de jours en décembre 2015, toujours à la Pitié-Salpêtrière, pour affaiblissement.

Il a également été fortement éprouvé par la mort de sa fille aînée, Laurence, en avril 2016.

Avec AFP

Première publication : 18/09/2016