Archive for September 21st, 2016

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Yahoo! a confirmé jeudi avoir été été victime d’une attaque informatique dirigée par “une entité liée à un État”. Au moins 500 millions de comptes d’utilisateurs ont été piratés en 2014, selon l’entreprise américaine.

C’est un méga piratage. Yahoo! a annoncé jeudi 22 septembre qu’au moins 500 millions de comptes de ses utilisateurs avaient été piratés en 2014 par ce qu’il présente comme un “agent piloté par un État”.

Les données volées pourraient inclure des noms, des adresses emails, des numéros de téléphone, des dates de naissance et des mots de passe cryptés. Elles ne contiendraient ni mots de passe non-protégés, ni données bancaires, précise le portail internet américain.

Déjà le 1er août dernier, le site spécialisé Motherboard avait dit qu’un pirate informatique se faisant appeler Peace vendait des données concernant 200 millions d’utilisateurs Yahoo, notamment des noms d’utilisateurs, des dates de naissance, des adresses électroniques de secours et des mots de passe cryptés, le tout pour trois bitcoins (environ 1 600 euros).

“Aucun élément de l’enquête en cours n’indique que cet agent piloté par un État soit toujours dans le réseau de Yahoo”, a ajouté l’entreprise, qui souligne travailler de concert avec les autorités américaines.

Un impact inconnu

“C’est un piratage historique, affirme Loïc Pialat, correspondant France 24 à Los Angeles. C’est aussi une très mauvaise nouvelle pour Yahoo! et sa patronne Marissa Mayer, très critiquée même avant l’officialisation de ce piratage”.

L’impact de ces informations sur les projets de rachat des activités internet et de messagerie de Yahoo par l’opérateur téléphonique Verizon n’est pas encore connu.

Verizon avait annoncé en juillet vouloir acquérir ces activités pour 4,83 milliards de dollars (4,33 milliards d’euros). L’opérateur téléphonique a dit jeudi avoir été notifié de cette fuite durant ces deux derniers jours.

“Nous évaluerons où sont les intérêts de Verizon quand nous en saurons davantage sur l’enquête… D’ici là, nous ne souhaitons pas faire d’autres commentaires,” a annoncé l’entreprise..

Avec Reuters

Première publication : 22/09/2016

Deux policiers belges ont été interpellés mardi à la frontière franco-belge en train de déposer 13 migrants au bord d’une route de campagne sur le territoire français. Bernard Cazeneuve a convoqué l’ambassadeur belge.

La France attend des explications de la Belgique. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a convoqué l’ambassadeur de Belgique en France pour “lui demander des explications” après l’interpellation, dans le Nord, de policiers belges au volant d’un camion transportant des migrants, a-t-on appris jeudi 22 septembre auprès du ministère de l’Intérieur. Le ministre avait, en outre, “fait part de son mécontentement à son homologue belge dès hier matin”, a-t-on précisé de même source.

Le commissaire d’Ypres, Georges Aeck, avait expliqué mercredi à la RTBF: “On a reconduit (les migrants) parce qu’on ne voulait pas les laisser ici, directement sur la route et les laisser à pieds aller à la frontière. Donc on les a reconduits (…) dans la direction où ils voulaient aller”.

Deux policiers belges ont été interpellés mardi soir à Nieppe (Nord) par la police française au volant d’un camion dans lequel se trouvaient treize migrants. Ils ont été conduits au commissariat de police d’Armentières où ils ont été “entendus librement comme témoins” avant d’être relâchés dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris jeudi matin auprès de la préfecture du Nord.

Un incident qui est à relativiser d’après Pierre Benazet, correspondant de RFI et France 24. Car ramener des migrants à la frontière est une “pratique courante des deux côtés de la frontière”, explique le journaliste.

“Vive réprobation” de la France

La préfecture avait précisé mercredi que les treize migrants transportés dans le camion avaient été conduits dans les locaux de la police aux frontières à Lille pour le traitement de la procédure. “Trois mineurs ont été placés en foyer et dix personnes majeures sont en retenue administrative pour examen de leur situation”, avait-elle affirmé.

Les autorités françaises avaient déjà exprimé “leur plus vive réprobation à la suite de cette initiative qui n’est pas conforme aux pratiques habituelles de travail entre la France et la Belgique”. “Des échanges sont en cours entre les autorités des deux pays afin de poursuivre les bonnes relations et la coopération existantes, notamment dans le domaine de l’immigration”, avait affirmé la préfecture du Nord.

Cet incident intervient alors que le gouvernement prépare le démantèlement du campement de migrants de Calais, où s’entassent près de 7 000 migrants selon l’Intérieur (10 000 selon deux associations). Pour les loger, les pouvoirs publics auront besoin de 9 000 places supplémentaires dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO) pour porter leur total à 12 000 d’ici la fin de l’année.

Avec AFP

Première publication : 22/09/2016

Le procès des héritiers de la famille Wildenstein, célèbres marchands d’art, a repris jeudi à Paris. Les prévenus sont accusés d’avoir massivement fraudé le fisc.

Le procès des Wildenstein a repris jeudi 22 septembre au palais de justice de Paris. Les héritiers de cette famille de marchands d’art sont accusés d’avoir massivement fraudé le fisc.

Dans cette affaire, huit prévenus, dont deux entreprises, sont poursuivis pour avoir dissimulé au fisc un patrimoine lourd de plusieurs milliards d’euros. Les toiles de maître, chevaux de course et biens immobiliers de prestige des Wildenstein étaient pour l’essentiel confiés à des “trusts”, discrètes sociétés basées dans des paradis fiscaux.

Parmi les prévenus : Guy Wildenstein, principal héritier du clan et ancien soutien actif de l’UMP (devenue Les Républicains). Son avocat, Hervé Temime, a souligné jeudi que les faits remontaient à la succession du chef de famille Daniel Wildenstein, mort en 2001, soit dix ans avant le vote en France d’une loi obligeant à déclarer ce type d’actifs. Par conséquent “il y a un doute absolu sur l’existence même” d’une fraude, a-t-il dit, en demandant au tribunal d’attendre l’issue du litige fiscal.

Montages mis à jour

Les montages ont été mis au jour en grande partie par des veuves du clan Wildenstein, s’estimant lésées lors de divers héritages.

L’une d’elles, Liouba Stoupakova, est désormais jugée aux côtés de son beau-frère Guy, d’un autre héritier, Alec Junior, de deux avocats et d’un notaire, et de deux sociétés gestionnaires de trusts à Guernesey et aux Bahamas.

Par ailleurs, les avocats des prévenus estiment que la justice pénale ne peut se saisir du dossier tant que la situation fiscale des Wildenstein, qui contestent un redressement se montant à plus de 500 millions d’euros, n’est pas clarifiée.

Le procès avait déjà été suspendu en janvier, pour soumettre au Conseil constitutionnel une question de droit susceptible d’annuler une partie des poursuites contre les Wildenstein mais aussi contre l’ex-ministre Jérôme Cahuzac. Tout le monde avait finalement été renvoyé devant le juge.

Avec AFP

Première publication : 22/09/2016

En déplacement à Calais, Nicolas Sarkozy a promis de régler le problème de la “jungle”. Il a également dénoncé la “démission” de l’État et son “absence d’autorité” sur le sujet. Mais avait-il fait mieux quand il était au pouvoir ?

On se doutait que l’épineux dossier de la “jungle” de Calais serait au cœur de la campagne présidentielle française. Mais à deux mois de la primaire de la droite et à huit mois du premier tour, le sujet est déjà sur les lèvres de tous les candidats de presque tous les partis politiques. Et il va souvent de pair avec bon nombre d’approximations et de contre-vérités. Le candidat des Républicains, Nicolas Sarkozy, en déplacement mercredi 21 septembre dans la ville du Nord, n’a pas dérogé à ce constat. Petit point sur ses déclarations.

“Le dossier calaisien illustre la démission de l’État”

Nicolas Sarkozy critique sans relâche la politique – ou plutôt la non-politique, selon lui – du gouvernement actuel. D’un point de vue purement formel, la place Beauvau n’est pourtant pas inactive sur le sujet. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a promis le démantèlement total de la “jungle” de Calais et la répartition de ses 9 000 migrants dans les CAO (centres d’accueil et d’orientation) ou les CADA (Centres pour demandeurs d’asile) des régions françaises. Les autorités avaient déjà démantelé toute la “zone sud” de la “jungle” en mars 2016 où vivaient près de 3 500 personnes selon les associations.

.@NicolasSarkozy “je ne tolérerai pas une situation qui illustre la démission de toute autorité de l’Etat” #calais

— Tout pour la France (@TTpourlaFrance) 21 septembre 2016

À l’époque où il était ministre de l’Intérieur (2002-2007), qu’avait fait Nicolas Sarkozy ? À son arrivée place Beauvau, il avait lui aussi promis de prendre le problème de la crise migratoire à bras-le-corps. Le dossier était déjà archi-sensible. La “jungle” de Calais n’existait pas encore mais le camp de réfugiés de Sangatte, si. Ouvert en 1999 sous le gouvernement Jospin, et prévu pour accueillir 800 personnes, le centre a rapidement fait face à un flot exponentiel de migrants. Il en accueillera jusqu’à 1 700. En trois ans, 70 000 personnes y transiteront.

En 2002, face à la colère de la population, à la surpopulation de Sangatte et aux tensions de plus en plus courantes entre migrants, le chef de l’État décide de démanteler totalement le centre. Une fermeture qui ne réglera rien. Le flux migratoire ne cesse pas. Et les nouveaux arrivants, toujours désireux de passer en Angleterre, viennent à nouveau s’entasser dans des conditions désastreuses sur les côtes calaisiennes. Dix ans plus tard, la “jungle” est née.

• “Les Français n’ont pas vocation à être les douaniers anglais”

Nicolas Sarkozy a annoncé lors de son déplacement à Calais son intention de renégocier les accords du Touquet, signés en 2003. Ces accords prévoient un “déplacement de la frontière britannique” de Douvres (Royaume-Uni) à Calais (France). En vertu de ce décret, Paris ne peut donc pas légalement laisser les migrants traverser la Manche. Et les personnes s’étant vu refuser l’accès au territoire anglais doivent de fait rester en France.

Or ces accords ont été signés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain… Nicolas Sarkozy.

• “On ne va pas multiplier les Calais partout en France”

La phrase a été prononcée sur France 2 sur le plateau de L’émission politique. Mais elle concerne directement la visite de Nicolas Sarkozy dans le nord de la France. En prononçant cette phrase, le candidat des Républicains sous-entend que de multiples “jungles” pourraient voir le jour dans différents territoires français après le démantèlement de la “jungle”.

Nous n’avons pas à disséminer la jungle de Calais partout en France #LEP#ToutPourLaFrance

— Nicolas Sarkozy (@NicolasSarkozy) 15 septembre 2016

Une déclaration plutôt surprenante : d’après l’actuel plan Cazeneuve, les migrants qui ne souhaitent pas aller en CADA (et demander l’asile), doivent être répartis dans les différents CAO français. Il en existe 161 sur l’ensemble du territoire. Ces centres se situent généralement dans des bâtiments publics (salles communales, centre de loisirs, bâtiments désaffectés…) et accueillent en fonction de la capacité d’accueil et de la taille des villes. Il ne s’agit donc pas de créer de nouveaux campements sauvages. “Personne n’a vu 161 mini-camps ou mini-Calais se constituer”, a d’ailleurs souligné Cazeneuve, dénonçant des “contre-vérités” et des “instrumentalisations vulgaires et outrancières”.

Et les migrants qui boudent les CAO ? Ils repartent en très grande majorité vers Calais pour retenter un passage vers l’Angleterre. Ils n’ont donc pas de raison de rester aux abords des villes françaises et de s’y installer.

>> À revoir le webdocumentaire : “La boue au ventre: ces migrants pris au piège à Grande-Synthe”

Première publication : 22/09/2016

Deux mineurs soupçonnés d’être impliqués dans la fausse alerte, qui a entraîné le 17 septembre une vaste opération de police dans le centre de Paris, ont été mis en examen, dans la nuit de mercredi à jeudi, puis placés dans un foyer éducatif.

Deux mineurs de 14 et 16 ans ont été mis en examen, puis placés au sein d’un foyer éducatif, pour leur implication présumée dans une fausse alerte, qui avait provoqué une vaste opération antiterroriste le 17 septembre au centre de la capitale française, a indiqué jeudi 22 septembre le parquet de Paris.

Les adolescents ont été mis en examen pour appels téléphoniques malveillants, divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse, dénonciation de crime imaginaire, usurpation d’identité, piratage informatique et violences volontaires en réunion, a précisé le parquet.

>> À lire sur France 24 : “Le “swatting”, une pratique illégale derrière la fausse alerte d’attentat à Paris”

L’un des deux mineurs, un lycéen de 16 ans, a été arrêté, lundi, à Vitry-le-François (Marne). Il est soupçonné d’être l’un des deux hackers qui ont piraté la ligne téléphonique de l’église Saint-Leu, dans le quartier parisien des Halles, pour appeler les forces de l’ordre et leur faire croire qu’une prise d’otages était en cours dans l’édifice.

Un second hacker toujours recherché

Le second mineur, un collégien de 14 ans, arrêté en Lozère mardi, est lui aussi suspecté d’avoir participé au canular. Les deux garçons semblent se connaître uniquement sur les réseaux sociaux. Le second hacker, que l’on entend dans l’appel téléphonique aux forces de l’ordre, est toujours recherché. Par ailleurs, un autre adolescent, âgé de 17 ans, a été relâché sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

Devant les enquêteurs de la Brigade criminelle, le jeune de 16 ans a reconnu être la personne cachée sous le pseudo “Tylers Swatting” et être impliqué dans les faits, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. Il est également soupçonné “d’être derrière d’autres fausses alertes envoyées en septembre et visant des collèges, des lycées et autres lieux publics”, notamment des grands magasins, a souligné cette source.

L’appel téléphonique, passé samedi en milieu d’après-midi, avait déclenché une vaste opération de police, avec l’intervention des hommes de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Le secteur avait été bouclé et des riverains évacués ou confinés. Sur fond de menace terroriste inédite en France, cette opération des forces de l’ordre avait créé un important émoi, notamment sur les réseaux sociaux, avant que l’alerte ne soit rapidement levée.

“Rechercher le buzz”

Deux protagonistes du canular, utilisant les pseudonymes de “Tylers Swatting” et “Zakhaev Yamaha”, s’étaient mis en scène sur les réseaux sociaux, le premier se vantant d’avoir “fait le pire swat”, en faisant déplacer “des hélicos, le gouvernement, 50 voiture (sic) de flics”. Le lendemain, ils avaient revendiqué leur action, disant “rechercher le buzz”.

Le “swatting”, qui tire son nom du service de police Swat (équivalent américain du GIGN), est un canular téléphonique qui consiste à faire déplacer les unités d’intervention pour une fausse urgence. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé lundi que l’État se constituerait partie civile afin “d’obtenir réparation”, précisant qu’une “évaluation du préjudice financier” avait été demandée. Dans le droit français, la diffusion d’une fausse information dans le but de faire croire à une attaque terroriste est passible de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 22/09/2016

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L’ancienne commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes a dirigé une société aux Bahamas, alors que les règles en vigueur à Bruxelles le lui interdisaient, rapportent des médias néerlandais qui ont eu accès aux documents du Bahamas Leaks.

Elle était chargée de surveiller le monde des affaires mais l’ancienne commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, a également été directrice d’une société aux Bahamas pendant son mandat et ce, au mépris des règles européennes, ont révélé, mercredi 21 septembre, plusieurs journaux.

D’après les documents en possession du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Neelie Kroes a dirigé Mint Holdings Ltd., une entreprise offshore établie aux Bahamas, “du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009”. Or, les commissaires européens doivent, au début de leur mandat, renoncer à toutes leurs fonctions de direction et notifier dans un registre public toutes celles, rémunérées ou non, exercées les dix années précédentes.

>> À voir sur France 24 : “Bahamas Leaks, nouvel embarras pour la Commission européenne”

L’ex-ministre néerlandaise des Transports assure avoir abandonné en 2002 ses fonctions au sein de Mint Holdings et avoir quitté cette entreprise en 2004, au début de son premier mandat en tant que commissaire européenne, ont rapporté les médias néerlandais qui ont consulté les documents dits “Bahamas Leaks”.

Six milliards de dollars

L’ancienne commissaire “était, selon ses propres dires, un directeur non exécutif et aurait donné des conseils stratégiques à Mint Holdings, qui voulait acheter des parts dans le géant américain de l’énergie Enron pour 6 milliards de dollars”, précisent les deux quotidiens. “Cet achat a échoué à l’été 2000.”

“Parce que Mint Holdings n’a jamais été opérationnelle selon elle, [Neelie Kroes] n’a jamais fait état de ses fonctions dans la direction”, ajoutent les journaux De Trouw et Het Financieele Dagblad, qui publient plusieurs documents, dont la source n’a pu être confirmée.

L’intéressée a reconnu auprès de ces deux quotidiens néerlandais qu’elle avait été “officiellement en infraction avec le code de conduite des commissaires européens”. Docteur en économie, elle assure assumer l’entière responsabilité de ses actes et en accepter les conséquences, d’après les journaux. Son avocat a informé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Avec AFP

Première publication : 22/09/2016

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Amazon lance en Europe sa boutique d’objets fait main, baptisée Handmade. Le supermarché en ligne espère devenir le distributeur privilégié des artisans sur Internet. Mais il n’est pas le seul sur ce créneau.

Amazon veut faire main basse sur le fait main en France et en Europe. Le géant américain du e-commerce ouvre, jeudi 22 septembre sur le Vieux continent, Handmade (fait main), son portail dédié à l’artisanat déjà lancé il y a un an aux aux États-Unis. Cette nouvelle corde à l’arc toujours plus fourni de produits d’Amazon est, dans un premier temps, déclinée dans l’Hexagone, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie.

Bijoux, décorations d’intérieur, accessoires, le groupe espère profiter de l’appétit grandissant des consommateurs pour les pièces uniques et souvent personnalisables dans un univers marchand dominé par des grandes enseignes qui proposent 1 001 variations du même T-shirt ou épuisent jusqu’à plus soif l’univers de la Reine des Neiges ou de Star Wars.

10 000 artisans de 40 pays

Pour séduire les clients européens, Amazon sort les grands moyens. Au lancement, Amazon Handmade disposera “de 30 000 produits, dont un tiers est personnalisable, fabriqués à la main par 10 000 artisans venus de 40 pays”, a affirmé Patrick Labarre, directeur de la marketplace d’Amazon France. Il assure que l’offre va ensuite rapidement augmenter.

Le groupe compte aussi bichonner ses vendeurs. Il ne s’est pas contenté d’ajouter une nouvelle catégorie dans la liste toujours grandissante des produits qu’il propose, comme l’alimentaire, les couches ou la mode. Handmade est un site dans le site, avec des photos plus grandes pour les produits, des pages personnelles sur lesquelles les artisans peuvent présenter leur projet, les photos des commerçants sur la fiche produit et un moyen de les contacter directement. Ils sont aussi exemptés, pour l’instant, de l’abonnement mensuel dont doivent s’acquitter les vendeurs professionnels qui passent par Amazon. Le tout “pour instaurer une relation de confiance essentiel entre l’artisan et l’acheteur”, assure Patrick Labarre.

Si Amazon fait tant d’efforts, c’est que le groupe sait que le créneau est porteur. Le site américain Etsy, spécialisé dans le “handmade”, a déjà prouvé qu’il y avait une demande pour ce genre de produits sur Internet. Fondée en 2005, cette société new-yorkaise a réalisé une introduction en Bourse tonitruante en avril 2015. Elle a levé 267 millions de dollars auprès d’investisseurs sur cette seule promesse : permettre à des artisans et des créateurs particuliers de dépasser le marché purement local pour trouver plus facilement des clients un peu partout dans le monde.

Livraisons

Face à Etsy, qui est actuellement le leader en Europe, Amazon assure avoir plusieurs arguments de poids, et notamment dans le domaine de la distribution. Tous les artisans français conviés par Amazon pour la conférence de lancement de Handmade clamaient en chœur que la puissance logistique du géant américain est un grand plus pour eux face à la concurrence. “Pour moi, le principal avantage est qu’Amazon s’occupe de la livraison, ce qui me permet de déléguer une partie des tâches les moins intéressantes”, assure à France 24 Marion Hubben, une jeune Lilloise de 30 ans qui s’est lancée dans la création d’objets de déco pour les chambres d’enfants en novembre 2015 et fait partie des pionniers d’Amazon Handmade.

L’autre bénéfice est la visibilité qu’offre l’e-commerçant. “Je fais ce métier depuis six ans et j’ai essayé les autres sites, Facebook, Instagram et mon propre site de vente en ligne, sans réussir à sortir du lot, mais j’espère que la force du référencement d’Amazon va permettre d’améliorer les choses”, explique à France 24 Charlie Bonneau, un artisan de Bénévent-l’Abbaye, dans la Creuse, qui fabrique des objets en porcelaine.

Autant d’avantages qui ont permis à Amazon Handmade de démarrer en fanfare aux États-Unis, où les ventes de produits faits main ont augmenté de 300 % en un an. Mais rien ne garantit que le succès soit le même en France où il existe déjà un acteur bien implanté en plus d’Etsy : A Little Market. Lancé en 2008, ce site avait séduit plus de 100 000 vendeurs et comptait 620 000 membres avant d’être racheté en 2014 par Etsy, tout en continuant à opérer de manière indépendante.

“Nous ne faisons que ça, contrairement à Amazon qui est davantage un supermarché dans lequel le fait main reste un rayon”, souligne Nicolas Cohen, co-fondateur de A Little Market, contacté par France 24. Cette spécialisation permet, d’après lui, un bien meilleur accompagnement des artisans. A Little Market et Etsy créent ainsi des événements de ventes et de rencontres ponctuels à Paris pour permettre aux commerçants et clients de se rencontrer en chair et en os. Le site français a aussi une équipe chargé de conseiller les artisans pour mettre en valeur leurs produits sur le site.

Reste à savoir si cette approche plus personnalisée résistera face au rouleau compresseur d’Amazon.

Première publication : 22/09/2016