Archive for September 26th, 2016

Conseiller de Nicolas Sarkozy entre 2005 et 2012, Patrick Buisson publie jeudi “La Cause du peuple”, un livre dans lequel il révèle notamment que pour l’ancien chef de l’État, “les valeurs du Front national sont celles de tous les Français”.

“Je ne suis pas Valérie Trierweiler”, affirme Patrick Buisson à L’Express, qui publie, mardi 27 septembre, de larges extraits du livre de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, “La Cause du peuple” (Perrin), à paraître jeudi. Contrairement à “Merci pour ce moment”, le livre publié par l’ancienne compagne de François Hollande en septembre 2014, cette “histoire interdite de la présidence Sarkozy”, comme l’annonce le sous-titre, n’est pas un règlement de comptes, assure Patrick Buisson. Sa publication en pleine campagne de la primaire de la droite et le contenu des extraits publiés semblent pourtant indiquer le contraire.

Le théoricien du rapprochement idéologique de l’ancien président de la République avec les idées du Front national révèle ainsi comment, en 2007, Nicolas Sarkozy a fait preuve de bienveillance à l’égard de Jean-Marie Le Pen. D’abord en donnant instruction à un cadre de l’UMP de “faire remonter une cinquantaine de signatures d’élus au candidat Le Pen”, afin que ce dernier obtienne ses 500 parrainages de maires pour concourir à l’élection présidentielle. Puis en l’approchant dans l’entre-deux-tours, en chargeant Buisson de contacter le fondateur du FN : “Appelle Le Pen… Demande-lui ce qu’il veut. Faut-il que je le reçoive ? S’il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi.” Selon l’ancien directeur du journal d’extrême-droite Minute, le candidat UMP fait même porter au président frontiste, samedi 28 avril, un message dans lequel il s’engage à “assurer une représentation équitable des minorités dans les deux assemblées”.

>> À lire sur France 24 : “Nicolas Sarkozy et la surenchère droitière”

L’homme de l’ombre, condamné en 2014 à verser 20 000 euros au couple Sarkozy-Bruni pour atteinte à la vie privée en raison de la publication d’enregistrements clandestins de ses réunions avec le président de la République, rapporte également que pour Nicolas Sarkozy, “les valeurs du Front national sont celles de tous les Français”, mais que “c’est la manière dont le FN les exprime qui est choquante”. “Les Français n’aiment pas les plats trop pimentés qui emportent la gueule”, aurait ajouté l’ex-chef de l’État.

Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy dès 2005, évoque aussi leur passage au ministère de l’Intérieur. À propos des débordements lors des manifestations anti-CPE au printemps 2006, il écrit : “Nous avions pris la décision de laisser les bandes de black et de beurs agresser les jeunes blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match. L’émotion fut en effet à son comble, après la publication de photos […] dont l’opinion ne retiendrait qu’une chose : des hordes sauvages étaient entrées dans Paris”. Une stratégie du “laisser pourrir” visant à miner le Premier ministre d’alors et rival de Nicolas Sarkozy pour 2007, Dominique de Villepin.

“Chirac aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve”

L’ancien conseiller, par ailleurs mis en examen dans l’affaire des sondages de l’Élysée, se défend d’avoir écrit “la chronique malveillante” du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais ce sont bien ces quelques révélations qui suscitent le plus de commentaires. Des saillies bien évidemment peu flatteuses pour l’ancien chef de l’État et sa façon d’exercer le pouvoir.

Sur son ancien Premier ministre François Fillon, qui inaugure une mosquée à Argenteuil le 28 juin 2010, il déclare ainsi, selon Patrick Buisson : “Pauvre type, minable… Tant qu’il y est, il n’a qu’à venir mercredi au conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prière !”

À propos de son prédécesseur Jacques Chirac, aujourd’hui hospitalisé pour une infection pulmonaire : “Chirac aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve. Franchement, je n’ai jamais vu un type aussi corrompu. Un jour, il a voulu me faire signer un contrat avec l’Arabie saoudite. Je me demande encore comment il a osé me mettre ça sous le nez. Il en a tant fait qu’il était fatal que ça lui pète à la gueule. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi méchant et avide.”

Selon les propos de Nicolas Sarkozy rapportés dans “La Cause du peuple”, la méchanceté est cependant parfois une qualité. “C’est un méchant, dit-il ainsi à propos de son ancien ministre du Travail Xavier Bertrand. Dix ans à essayer de placer des assurances en Picardie, dix ans à taper aux portes et à se prendre des râteaux, ça a de quoi vous rendre méchant pour le restant de vos jours. C’est d’ailleurs pour ça que je l’avais choisi.”

Ils sont ainsi nombreux, parmi ses fidèles ou ex-fidèles, à en prendre pour leur grade. Christian Estrosi est notamment qualifié, toujours selon Buisson, d’”abruti qui a une noisette dans la tête” et Gérard Larcher est jugé “trop laid” pour être ministre.

Première publication : 27/09/2016

Quinze salariés d’Air France comparaissaient mardi devant le tribunal de Bobigny. Ils sont accusés d’avoir malmenés deux responsables de la société dont les images, chemises en lambeaux, avaient fait le tour du monde.

Les photos des deux responsables des ressources humaines d’Air France, chemises déchirées, ont fait le tour du monde. Près d’un an après les faits, quinze salariés ont comparu mardi 27 septembre devant le tribunal de Bobigny.

En mai 2016, le tribunal avait renvoyé le procès à septembre, estimant que cette affaire nécessitait d’être examinée sur deux journées, et non une, comme initialement prévu, au vu du nombre de parties et de témoins. Cinq salariés sont poursuivis pour “violences en réunion”, et dix autres pour “dégradations”.

Mardi le procès des ces quinze employés a finalement débuté mais une grande agitation a vite gagné la salle des débats. Envoyé spécial de France 24 à Bobigny, Karim Hakiki raconte que le président a dû plusieurs fois rappelé les prévenus à l’ordre : “Ce n’est pas un cirque ici ! Arrêtez ou je fais évacuer la salle”.

“Le procès a débuté ce matin dans une certaine pagaille”

Qui a déchiré la chemise du DRH ?

Selon le journaliste, cette agitation est due à la complexité de l’affaire. En effet, les vidéos ne permettent pas de répondre avec précision à la question centrale du procès : qui a déchiré la chemise du DRH ?

Dès lors, il était presque impossible pour les avocats des deux parties de faire valoir des arguments juridiques. “Il n’y avait pas de droit aujourd’hui, les avocats se sont livrés à une bataille de chiffonniers”, résume Karim Hakiki.

“Il n’y avait pas de droit aujourd’hui, les avocats se sont livrés à une bataille de chiffonniers”

Par ailleurs, la présence, à l’extérieur du tribunal de Bobigny, de nombreux représentants de la CGT venus soutenir les salariés et mettre la pression sur le tribunal a très certainement contribué à l’agitation dans la salle.

L’intersyndicale d’Air France a, en effet, appelé à une grève et à un rassemblement en soutien aux prévenus. La CGT, qui compte plusieurs membres parmi les prévenus, veut transformer cette journée en tribune pour “les libertés syndicales”. Cinq de ses adhérents, dont un représentant du personnel, ont été licenciés par la compagnie à la suite des événements.

Air France cité à comparaître pour immixtion dans un conflit du travail et entrave

Le 5 octobre 2015, le directeur des ressources humaines d’Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l’activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l’annonce de 2 900 suppressions de postes.

Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, chemise arrachée et costume déchiré, ont donc fait le tour du monde. Et d’autres cadres avaient été molestés et des vigiles blessés.

Mais la CGT-Air France et plusieurs prévenus accusent la compagnie aérienne d’avoir contribué à créer un climat propice à la confrontation, le 5 octobre 2015. Ils ont cité Air France à comparaître pour complicité d’immixtion dans un conflit du travail et entrave.

Alors que ces faits doivent être examinés le 9 décembre, Me Mhissen devrait plaider à l’ouverture de l’audience la jonction entre les deux affaires. Si le tribunal fait droit à sa demande, le procès, prévu pour durer jusqu’à mercredi, sera renvoyé au 9 décembre.

Au pénal, les salariés poursuivis pour violences encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Au civil, Air France leur réclame un euro symbolique ; le jugement sera mis en délibéré.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/09/2016