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Accusés de “propagande pro-migrants”, l’antenne du Secours populaire Hayange (Moselle) est menacée d’expulsion par la municipalité FN depuis vendredi. L’association venait en aide aux personnes à faibles revenus sans distinction de nationalité.

La municipalité Front National de Hayange, en Moselle, a menacé d’expulser dans les jours à venir l’antenne locale du Secours populaire, qui occupait jusqu’à présent un local de la ville à titre gratuit. La mairie reproche à l’association d’aide aux personnes à faible revenu de mener une “propagande pro-migrants“, a-t-on appris jeudi 29 septembre de sources concordantes.

Le Secours populaire est prié de quitter les lieux au plus tard vendredi, a annoncé le maire (FN) Fabien Engelmann, précisant que ce jour-là un huissier de justice se présenterait sur place et qu’ensuite, le cas échéant, une procédure d’expulsion serait lancée. Vendredi matin, la directrice de l’association refusait de rendre les clefs du local. “Notre combat est juste, c’est le combat de la solidarité pour les plus démunis, pour les gens qui sont dans la galère tous les jours et ce combat là on ne veut pas le lâcher”, a-t-elle déclaré.

Ces locaux, où sont stockés des denrées alimentaires et des vêtements à destination des personnes à faibles revenus, “sont occupés sans bail” s’est justifié le maire. “Je n’ai rien contre le Secours populaire, mais [à Hayange] la présidente et le trésorier sont des militants du PC, qui font de la propagande pro-migrants toute l’année”, a-t-il estimé.

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Des goûters de Noël interdits aux migrants

Pour Anne Duflot-Allievi, la présidente du comité local de l’association caritative, la raison de la colère de l’élu d’extrême droite est tout autre. “Le maire me reproche notamment des propos que j’ai tenus” au journal Libération en décembre 2015, à propos d’un goûter de Noël dont les enfants de migrants auraient été exclus sur décision de la municipalité, a-t-elle expliqué. Selon elle, le maire reproche également au Secours populaire d’avoir travaillé, lors d’un événement caritatif, avec collectif anti-FN qui a organisé un repas pour les réfugiés.

“Nous on n’est pas dans la politique, le seul combat qu’on mène c’est contre la misère”, a insisté Anne Duflot-Allievi, dont l’association a vu sa subvention baisser de 1 700 à 550 euros par an après l’arrivée à la mairie de Fabien Engelmann, puis à zéro cette année. “Le maire nous reproche d’aider les migrants, mais nous on aide tout le monde”, a-t-elle encore déclaré.

Mobilisation contre la fermeture du Secours Populaire à #Hayange (photo A.Blanquet) @F3Lorrainepic.twitter.com/72R2ASNVKU

— Matthieu Mercier (@matthieumerci) 30 septembre 2016

“On a des gosses à nourrir ! “

Vendredi, devant le local de l’association caritative à Hayange, plusieurs bénéficiaires criaient leur inquiétude. “Et nous on fait quoi, on va aller voler dans les magasins ? On a des gosses à nourrir !”, demandait une mère de famille.

“Ce qui me fait le plus mal au cœur, c’est que si on perd le local, on ne pourra plus aider les personnes dans la misère. Ce sera la mort du Secours populaire à Hayange”, a déploré la responsable.

Le Secours populaire vient en aide à quelques 800 personnes de la cité minière d’Hayange, durement frappée par le chômage après la fermeture des hauts fourneaux il y a trois ans.

Avec AFP

Première publication : 30/09/2016