Archive for October, 2016

Depuis le démantèlement de la “jungle” de Calais, plus grand bidonville de France, les migrants des campements parisiens s’interrogent sur leur avenir. Reportage dans le “triangle des migrants” du nord de Paris.

Zainudin tient sous son bras tout ce qu’il possède : une épaisse couette blanche et une tente repliée. Cet Afghan d’une trentaine d’années est arrivé il y a six mois à Paris. Ce matin-là, le lundi 31 octobre, il regarde incrédule une pelleteuse, à quelques mètres de lui, soulever du sol des dizaines de matelas, de couvertures et de tentes désertées de leurs occupants. Comme presque chaque semaine, les forces de l’ordre rasent le camp de migrants, où il a élu domicile, sous la station de métro Jaurès, dans le nord de Paris.

À Jaurès, les pelleteuses commencent à enlever tentes et détritus #migrantspic.twitter.com/fedw5TSNS4

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 31 octobre 2016

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Dans sa main droite, le trentenaire serre un document, plié en quatre : son récépissé de demande d’asile. Un précieux sésame lors des opérations de démantèlement, quand la police vérifie la situation administrative des centaines de migrants qui “campent” sur les trottoirs de la capitale. Zainudin ne s’affole pas. Il est en règle. “Où vais-je aller ce soir ? Ici, sûrement”, répond-t-il laconiquement dans un anglais approximatif. À Jaurès, malgré les descentes quasi-hebdomadaires des forces de l’ordre, les migrants, lassés par ces contrôles répétitifs, ne partent plus.

“C’est la 29e opération depuis le mois d’août”, explique Luna, une habitante du quartier, qui, depuis son appartement, a une vue direct sur les centaines de tentes s’étalant sous ses fenêtres. “C’est toujours le même rituel, la police démantèle, les migrants attendent sur les trottoirs en face, puis ils reviennent s’installer juste après leur départ”. Les descentes de police n’ont rien d’exceptionnel. Ce qui étonne Luna ce jour-là, c’est le nombre de journalistes présents.

À Jaurès, évacuation tendue de #migrantspic.twitter.com/8gYYlxPdsv

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 31 octobre 2016

“Le triangle des migrants”

La raison principale de cette attention médiatique est liée à Calais. Depuis la semaine dernière, une rumeur persistante circulent dans de nombreux médias : les campements sauvages du nord de la capitale auraient pris une ampleur considérable en raison du démantèlement de la “jungle”, à 300 km de là.

Luna est sceptique sur la prétendue “explosion” de la population. “Il y a peut-être un peu plus de monde qu’avant, reconnait-elle, mais franchement, je ne vois pas une grande différence”. Yann, membre de SciencesPo Refugee Help, un collectif qui apporte une aide juridique et matériel aux occupants des lieux, partage le même sentiment. “Ici, à Jaurès, il y a peut-être une dizaine de personnes venues de la ‘jungle’, je ne suis même pas sûr… Je croise souvent les mêmes visages. Il faudrait aller voir vers Stalingrad, c’est peut-être différent”. Non loin de lui, une famille afghane, adossée contre le mur du métro en attendant la fin de l’opération policière, confirme. “On se connaît presque tous, ici, il n’y personne de Calais”.


Les migrants attendant la fin des opérations de police. Ils patientent à 10 mètres des forces de l’ordre avant de se réapproprier les trottoirs parisiens. © FRANCE 24

Les camps grossissent…

Il existe trois petits campements distincts dans le nord de Paris, sorte de “triangle des migrants” à quelques mètres d’écart les uns des autres. Sous le métro Jaurès, une “mini-jungle” rassemble une écrasante majorité d’Afghans, quelques mètres plus loin, au métro Stalingrad, un campement plus imposant regroupe essentiellement des Érythréens. Avenue de Flandres, toujours dans le même secteur, un dernier camp réunit plutôt des Soudanais.

>> Infographie : Le deuxième exode – la France se divise sur l’accueil des migrants de Calais

“Chaque jour, une soixantaine de migrants arrivent dans les camps du nord de Paris”, estime Jeanine Rochefort, docteure chez Médecins du Monde, une ONG présente dans le 19e arrondissement de Paris. “Peut-on vraiment parler ‘d’arrivée massive’ ? C’est une évolution normale d’un campement sauvage. Si on ne fait rien, il grossit de jours en jours. Ils étaient 500 il y a un mois, ils sont 2 000 aujourd’hui. Ce chiffre aurait été le même avec ou sans démantèlement de la jungle”.


© FRANCE 24

Même analyse de Chapelle Debout, un collectif militant qui apporte au quotidien une aide juridique aux migrants de la capitale. “Les camps de Paris ne sont pas un dommage collatéral de Calais. Le principe même d’un campement sauvage, c’est de grandir !”, rétorque Patrick, un de ses membres, une pancarte “Non aux rafles de migrants”, à la main.

L’accroissement de la population se remarque surtout le long de l’avenue de Flandres, où le nombre des tentes collées les unes aux autres augmentent de jour en jour. Depuis le métro Stalingrad, on n’en voit pas le bout. Sur le terre-plein central, entre les voies de circulation, une vie parallèle s’est développée : les lampadaires servent de porte-manteaux, les arbres font office de séchoirs, et des bâches tirées entre deux poteaux permettent de s’abriter lorsqu’il pleut.


La situation sanitaire est alarmante sur l’avenue de Flandres, dans le 19e arrondissement de Paris. © FRANCE 24

… Mais les arrivants viennent d’Italie, pas de Calais

Comme de nombreux bénévoles, Sylvie, une habitante du quartier, s’étonne du lien constamment établi entre Stalingrad et Calais. Elle n’a pas le souvenir d’avoir croisé un migrant ayant fui les départs en bus vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO) en régions. Sur l’avenue de Flandres, seul Ahmed, un jeune homme croisé furtivement, correspond au scénario. Le jeune soudanais dit être arrivé le 30 octobre de la “jungle” à Paris, il ne sait pas encore s’il retentera prochainement le passage vers l’Angleterre.

Autour d’Ahmed, tous les autres migrants interrogés affirment être récemment arrivés d’Italie. Abdel, un étudiant soudanais, a débarqué il y a un mois dans la capitale française. “Je suis passé par Vintimille [à la frontière italienne]. J’ai mis deux semaines pour venir ici depuis Khartoum”, explique-t-il dans un français parfait, appris à l’université. “Au début, j’ai voulu aller vers Calais pour passer en Angleterre, mais j’ai laissé tomber quand j’ai compris que les frontières étaient complètement fermées”.

À l’instar d’Abdel, Mohammad et Osmane, deux Soudanais d’une trentaine d’années, ont demandé l’asile en France. Tous deux sont arrivés à Stalingrad il y a une semaine. Ils sont aussi passés par Vintimille. Ils racontent leur “pénible” périple Soudan-Libye-Méditerranée-Italie-France. “J’ai rendez-vous le 11 décembre avec France Terre d’asile pour lancer ma procédure de demande d’asile (FTA)”, explique Mohammad en montrant son précieux récépissé. Son acolyte, lui, a rendez-vous à la fin du mois. En attendant leurs entretiens, ils comptent rester là, métro Stalingrad.


Mohammad et Osmane, deux Soudanais arrivés il y a une semaine à Paris, montrent leur récépissé d’un rendez-vous avec France Terre d’asile. © FRANCE 24

Des centres d’accueil complets

À Paris, les migrants sont confrontés à trois épreuves : la saturation des centres d’accueil, la complexité des démarches administratives pour régulariser leur situation et les opérations de démantèlement de la police. Tout cela participe à faire grossir les campements parisiens. “Il n’y a plus de places en Cada [centres d’accueil pour demandeurs d’asile], ou en CHU [centres d’hébergement d’urgence]. Les gens sont obligés de dormir là en attendant de faire leur demande d’asile ou en attendant qu’elle soit examinée. Ça peut prendre des mois. Pendant ce temps-là, d’autres migrants arrivent”, explique encore Yann, le bénévole de SciencePo Refugees Help.

La situation devrait évoluer dans les jours à venir. Une évacuation de Stalingrad et Jaurès doit avoir lieu prochainement. “D’ici le 15 novembre, même peut-être avant”, assure le préfet d’Ile-de-France. Le démantèlement des “mini-jungles” parisiennes doit coïncider avec l’ouverture du premier centre d’accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d’une capacité initiale de 400 lits. Pas sûr que la construction de ce camp règle le problème des campements sauvages parisiens à lui tout seul, précise Yann. “Il y a trop peu de places, on ne peut y rester que 10 jours maximum”. Il aura néanmoins un avantage, ajoute-t-il, “un accès à une information claire sur la procédure d’asile.” Une épreuve en moins pour les naufragés de Jaurès, Stalingrad et Flandres.


Abdel, jeune Soudanais, arrivé début octobre à Paris, vient de faire sa demande d’asile. Il affirme que dans le campement, peu de gens viennent de Calais. © FRANCE 24

Première publication : 01/11/2016

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Dans un avis publié lundi, le comité d’éthique de l’UE estime que l’ancien président de la Commission européenne n’a pas violé les règles “d’intégrité et de réserve” de l’UE en acceptant un poste à la banque d’affaires Goldman Sachs.

“Il n’y a pas d’éléments suffisants pour établir une violation du devoir d’intégrité et de réserve”. C’est l’avis – non contraignant – rendu lundi par le comité d’éthique de l’UE au sujet du cas de José Manuel Barrosodont l’embauche, en juillet 2016 par la banque d’affaires Goldman Sachs avait déclenché un tollé.

This is the link to the Barroso ethics opinion https://t.co/s0FsTD5Iwy

— Alex Pigman (@AlexRPigman) 31 octobre 2016

Face à la vague d’indignation déclenchée par l’arrivée de l’ex-chef de l’exécutif européen (2004-2014) dans une institution vilipendée pour son rôle supposé dans le déclenchement de la crise des subprimes et celle de la dette grecque, le comité d’éthique de l’UE avait été saisi en septembre 2016 par la Commission européenne, elle-même.

Si le comité d’éthique estime que l’ancien président de la Commission européenne n’a pas violé les règles “d’intégrité et de réserve” de l’UE en acceptant un poste à la banque d’affaires Goldman Sachs, le comité juge son choix peu judicieux.

>> À lire aussi : Polémique Barroso : Goldman Sachs n’en est pas à son coup d’essai en Europe

“M. Barroso aurait dû être conscient et informé qu’en agissant ainsi, il déclencherait des critiques et risquerait de nuire à la réputation de la Commission, et de l’Union en général”, soulignent ainsi les rapporteurs du comité dans leur avis.

La Commission doit se prononcer sur l’avis

Le comité a bien considéré le fait que José Manuel Barroso “n’a pas fait preuve du bon jugement que l’on pourrait attendre de quelqu’un qui a occupé un poste à haute responsabilité pendant de si longues années”, mais n’a pas pu établir d’entorse au règlement. “Il ne revient pas au comité de savoir si le Code est suffisamment strict”, est-il encore précisé. La tempête médiatique est “certainement une indication pertinente, mais pas suffisante en elle-même” pour conclure que les règles éthiques ont été violées, poursuit le rapport, qui note que Goldman Sachs opère dans le respect des lois.

>> A lire aussi : Polémique Barroso : Goldman Sachs n’en est pas à son coup d’essai en Europe

Les nouvelles fonctions auxquelles le Portugais est appelé auront “certainement” un lien avec son précédent mandat à la tête de la Commission, reconnaît le comité, d’autant que José Manuel Barroso a dû s’atteler à réformer le secteur bancaire en pleine crise.

Les règles imposent une “période de refroidissement” de 18 mois aux anciens commissaires, durant laquelle ils doivent demander une autorisation à leur ancien employeur pour rejoindre un groupe privé. Et cette période a été respectée, rappelle le comité. Plus d’un an et demi s’est en effet écoulé depuis le départ de Bruxelles de José Manuel Barroso, en novembre 2014.

La Commission européenne actuelle va maintenant se donner le temps d’examiner les conclusions du comité. Lors d’un point presse, le porte-parole en chef de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, n’a pas exclu une éventuelle décision sur des mesures de suivi appropriées”.



Avec AFP

Première publication : 31/10/2016

La police a procédé lundi matin à une vaste opération de contrôle dans les campements de migrants dans le nord de Paris. Les effectifs de ces camps sauvages ont augmenté depuis le démantèlement de la “jungle” de Calais la semaine dernière.

La police a lancé lundi 31 octobre une vaste opération de “contrôle administratif” dans les campements de migrants du quartier de Stalingrad, dans le nord de Paris. Ces contrôles précèdent une évacuation de ces camps illégaux dont la date n’a pas été officiellement annoncée.

Les opérations de contrôle sont régulières sur ces lieux de campement pour permettre de faire un point précis de la situation, avant des “mises à l’abri” des migrants dont la plupart sont d’origine soudanaise, somalienne, syrienne, libyenne…

Depuis quelques jours, environ 2 000 migrants se sont réinstallés dans les tentes igloo de ce quartier populaire de la capitale, au moment où, à 300 km de là, la “jungle” de Calais était démantelée.

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Première publication : 31/10/2016

Lors d’un entretien exclusif, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué les défis qui attendent l’Afrique et la France, la place internationale que doit prendre Paris et le rôle qu’il entend jouer à l’approche de l’élection présidentielle.

Sur le point d’achever un déplacement de quatre jours en Afrique, Manuel Valls a accordé en exclusivité un long entretien à France 24 et RFI. Depuis la Côte d’Ivoire, le Premier ministre s’est livré à propos de sujets aussi variés que le développement économique de l’Afrique, l’avenir de la présence militaire française en Centrafrique, les relations compliquées avec la Russie de Vladimir Poutine en Syrie ou encore sa vision de l’état de la gauche à six mois de l’élection présidentielle.

“Un message d’amour à l’Afrique”

Concernant l’Afrique, à laquelle il était venu adresser “un message d’amour”, Manuel Valls a insisté sur l’avenir que partage ce continent avec la France et plus globalement l’Europe. “L’Afrique, c’est le continent d’avenir, et la France et l’Europe doivent être capables de bâtir une alliance avec l’Afrique pour ce XXIe siècle”, a-t-il expliqué. Et d’ajouter : “Les principaux enjeux pour l’Europe et pour le monde, que sont la menace terroriste, le défi migratoire, le défi climatique, la démographie, la jeunesse, en grande partie, se jouent en Afrique”.

À propos du dynamisme démographique de l’Afrique, le Premier ministre a insisté sur l’importance d’une politique d’aide en direction de ces pays. “Si nous ne voulons pas connaître un afflux de migrants qu’on ne peut pas supporter, nous devons aider l’Afrique à construire son avenir. […] L’Agence française du développement a un budget de 8 milliards [dont] 4 milliards par an pour l’Afrique. Et nous voulons faire passer en trois ans ces investissements, souvent par des prêts mais aussi des aides directes à 6 milliards.”

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“La Russie a intérêt à l’apaisement au Moyen-Orient”

Manuel Valls est ensuite revenu sur la lutte de la France contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, et sur la difficile coopération avec la Russie dans ce dossier. “En Syrie, l’ennemi, c’est le terrorisme. Nous ne faisons pas la guerre aux Russes, ni au régime de Bachar al-Assad, dont nous condamnons les exactions, qui par son action aussi a alimenté le chaos”, a-t-il voulu préciser.

“Mais c’est de la responsabilité de la Russie [d’améliorer la situation en Syrie] parce que demain, ça peut se retourner contre la Russie. Il y a des milliers de Caucasiens, de Russes, qui sont enrôlés dans des groupes terroristes ou jihadistes, donc la Russie a intérêt à l’apaisement au Proche et au Moyen-Orient.”

“Loyauté et, en même temps, franchise” à l’égard de François Hollande

Questionné à propos des remous provoqués par la publication d’un livre de confidences de François Hollande et de la possibilité que ce dernier ne se présente pas à l’élection présidentielle, le Premier ministre a précisé son état d’esprit. “Je n’ai pas à démontrer ma loyauté. […] Dans un moment de troubles, de questionnements, de mise en cause de la démocratie, de montée des populismes, tenir les institutions, c’est essentiel. […] Donc, loyauté et, en même temps, franchise”, a-t-il insisté.

“C’est un honneur immense que d’être chef du gouvernement, a-t-il confié. J’ai envie de continuer à servir la France et les Français. […] Je pense que nous pouvons gagner parce que vous prenez toutes les propositions de la droite – je pense à la suppression de l’impôt sur la fortune, aux 300 000 à 700 000 fonctionnaires en moins selon les candidats, à l’absence de priorité donnée à l’école –, vous prenez toutes les idées de la droite, elles sont rejetées par les Français. Nos propositions ne le sont pas.”

Première publication : 30/10/2016

Sur le site de l’ancien camp d’internement de Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire, François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans l’internement de milliers de Tsiganes par le régime de Vichy et jusqu’en 1946.

Pour la première fois, un président de la République française s’est rendu samedi 29 octobre à Montreuil-Bellay, une ville du Maine-et-Loire qui abrita un camp où furent internés quelque 4 000 membres de la communauté des gens du voyage entre 1940 et 1946. À cette occasion, François Hollande a reconnu la responsabilité de l’État français dans l’internement de membres de la communauté tsigane durant la Seconde Guerre mondiale.

“La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité a été grande dans ce drame”@fhollandepic.twitter.com/THE5X8Qsup

— Élysée (@Elysee) 29 octobre 2016

“Le jour est venu et il fallait que cette vérité fût dite”, a dit le président français. “La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame”, a-t-il poursuivi lors d’une cérémonie d’hommage à laquelle assistaient plusieurs survivants. “Un pays est toujours plus grand quand il reconnaît son histoire et qu’il fait une place à tous ses citoyens”.

A l’occasion de la cérémonie du souvenir de Montreuil-Bellay, @fhollande a rencontré des nomades internés pendant la seconde guerre mondiale pic.twitter.com/zV8TQK5Dmk

— Élysée (@Elysee) 29 octobre 2016

Montreuil-Bellay était le plus grand des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu’en 1946, dans lesquels furent internés entre 6 000 et 6 500 nomades. Plus de 2 000 nomades, des Tsiganes mais aussi des sans domicile fixe de Nantes, y furent internés de novembre 1941 à janvier 1945. Une centaine y périrent.

Soixante-dix ans après la libération des derniers Tsiganes internés en France, dont ont marquait ce samedi l’anniversaire, leurs descendants et les associations attendaient avec émotion une reconnaissance officielle de leurs souffrances.

L’histoire oubliée de l’internement des Tsiganes en France (1940-46) – VIDEO #AFP par @aureliamousslyhttps://t.co/n6CxsL42mn

— Anne-Sophie Lasserre (@aslasserre) 28 octobre 2016

Abroger la loi de 1969

François Hollande est aussi revenu sur la discussion en cours au Parlement du projet de loi Égalité et citoyenneté, émettant l’espoir que la législation d’exception sur les gens du voyage, dénoncée par les associations, soit bientôt abolie.

Les gens du voyage se battent aujourd’hui pour l’abrogation totale de la loi de 1969 qui instaura le “livret de circulation” pour les personnes “circulant en France sans domicile ni résidence fixe”, les obligeant à se présenter à un commissariat tous les trois mois pour indiquer où elles se trouvent. Une proposition de loi prévoyant la suppression de ce document a été votée en juin 2015 par l’Assemblée nationale.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/10/2016

Six jours après le début du démantèlement de la “jungle” de Calais, près de 2 000 migrants se sont à nouveau installés à Paris sous des abris de fortune. Les autorités démentent tout lien avec l’évacuation du bidonville calaisien.

Près de 2 000 migrants se sont réinstallées dans les tentes igloo au nord de Paris alors que les campements de la capitale ont déjà été vidés une trentaine de fois. Est-ce une conséquence du démantèlement de la jungle de Calais ? “Beaucoup de migrants vont à Paris” en bus, par train ou en voiture, affirme à l’AFP une source policière. Mais les autorités démentent catégoriquement. “Des contrôles ont été mis en place, sur les routes, sur les voies ferrées, et rien n’indique à ce stade qu’il y ait un afflux de migrants venus de Calais”, a assuré vendredi le préfet d’Île de-France Jean-François Carenco.

“Difficile de dire d’où ils viennent mais une chose est sûre : ça grandit de manière inquiétante. Et il y a désormais des familles avec des enfants”, souligne Violette Baranda, élue du 19e arrondissement qui visite régulièrement ce “triangle des migrants” du nord-est parisien.

Entre l’avenue de Flandres et les métros Jaurès et Stalingrad, les files devant les marmites des distributions de repas s’étirent inexorablement. “Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire”, confie Charles Drane, un coordinateur de l’ONG Adventist Development and Relief Agency (Adra) qui distribue des repas le midi.

“Qu’on nous sauve de cette situation”

Les tentes, isolées à la hâte avec des bâches ou des couvertures de survie, s’entassent désormais sur plus de 700 mètres sur le terre-plein de l’avenue de Flandres, du linge sèche sur des fils tendus entre deux arbres, on discute sur une chaise de bureau à roulettes ou un fauteuil défoncé.

Un ex-soldat libyen de 25 ans rêve d’un lit et d’un toit. “La vie est difficile ici. Il fait froid, on mange et on s’habille avec ce qu’on nous donne, on se lave dans des douches publiques quand on peut… On ne veut pas passer notre vie comme ça, dans la rue”, explique-t-il dans un français correct.

Certains ont replié leurs tentes vendredi matin en voyant arriver des cars de CRS. Mais leurs espoirs ont été douchés: il s’agissait d’une opération “de contrôle” de la situation administrative des occupants et de l’état sanitaire du campement, et non d’une évacuation avec “mises à l’abri”.

Une évacuation aura lieu “dans les jours qui viennent”, affirme-t-on à la Ville de Paris. Elle aura lieu “d’ici le 15 novembre, même peut-être avant”, précise le préfet d’Île-de-France.

Elle ouvrira la voie à l’ouverture du premier centre d’accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d’une capacité initiale de 400 lits.

“No place like home”

Soudanais, Somaliens, Éthiopiens, Érythréens, Syriens, Libyens, Afghans… “Il y a tous les malheurs du monde ici”, sourit Ibrahim Zakaria, originaire du Darfour soudanais.

Aucun des migrants interrogé par l’AFP n’a eu vent d’arrivées depuis la “jungle” ces derniers jours. Plusieurs y sont déjà passés, comme Bokaloi, revenu il y a un mois après y avoir passé 20 jours. “À Calais, c’était pas bon, il y avait beaucoup de mafias. Ici, il n’y a pas de violence mais c’est quand même dur”, confie cet Algérien, emmitouflé dans un sac de couchage, sa capuche enfoncée sur la tête.

Un peu plus loin, un homme a mis son rêve par écrit sur l’arrière d’une tente: “No place like home” (rien de tel qu’être à la maison).

Avec AFP

Première publication : 29/10/2016

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Uber a été condamné vendredi par un tribunal de Londres pour non-respect du droit du travail. Deux chauffeurs de la plateforme réclamaient à l’entreprise de pouvoir bénéficier des droits dont jouissent les salariés au Royaume-Uni.

Pour le syndicat généraliste GMB, il s’agit d’une “victoire monumentale” qui pourrait avoir des conséquences “majeures”. Vendredi 28 octobre, un tribunal de Londres a donné raison à deux chauffeurs de véhicules Uber qui avaient intenté une action contre la plateforme de transports, l’accusant de ne pas respecter le droit du travail.

Les deux plaignants réclamaient de pouvoir bénéficier de vacances, d’indemnités en cas de congés maladie et du salaire minimum garantis par le droit du travail britannique.

Le tribunal qui a jugé l’affaire a estimé que les chauffeurs Uber étaient des salariés aux yeux de la législation, un statut qui leur donne le droit de jouir de vacances, d’indemnités en cas de congés maladie et d’un salaire minimum.

Uber a aussitôt annoncé qu’il faisait appel de cette décision. L’entreprise américaine considère que ses chauffeurs sont des travailleurs indépendants. Le responsable régional d’Uber, Jo Bertram, a argué vendredi que “des dizaines de milliers de personnes à Londres ont choisi Uber justement pour être des travailleurs indépendants et être leur propre patron”.

“Lien de subordination” entre Uber et ses chauffeurs

Nigel Mackay du cabinet d’avocats Leigh Day a réagi à la décision du tribunal en pointant du doigt la précarité de bien des chauffeurs Uber. “Les chauffeurs d’Uber travaillent souvent de très longues heures juste pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. C’est ce travail qui a permis à Uber de devenir une entreprise mondiale brassant des milliards de dollars”, a-t-il souligné.

En France, la Sécurité sociale poursuit Uber pour requalifier ses chauffeurs, aujourd’hui considérés comme des indépendants, en salariés, faisant valoir qu’il existe un “lien de subordination” entre eux et la plateforme.

Aux États-Unis, Uber a accepté de payer jusqu’à 100 millions de dollars pour clore deux recours collectifs, en Californie et dans le Massachusetts, qui menaçaient de changer le statut de ses chauffeurs.

>> À lire aussi : La ville de New York lâche du lest face à Uber

La croissance très rapide du géant américain a provoqué de nombreuses polémiques, en particulier avec les chauffeurs de taxis, qui l’accusent de concurrence déloyale, ou à propos de son modèle économique, qui dépend pour beaucoup de l’extrême flexibilité des travailleurs.

Avec AFP

Première publication : 28/10/2016

Quatre jours après le début du démantèlement de la “jungle” de Calais, des centaines de mineurs ne savent toujours pas s’ils pourront rejoindre l’Angleterre ou obtenir une place en centre d’accueil en France.

Le gouvernement et les médias sont unanimes : l’évacuation, débutée lundi 24 octobre, du camp de la Lande, dit la “jungle”, à Calais, s’est bien déroulée. Pourtant, après le départ des journalistes du monde entier venus couvrir l’événement, les associations pointent du doigt un certain nombre de problèmes encore irrésolus.

Tout d’abord celui de la situation des mineurs isolés non-accompagnés. Ils sont encore plus de 1 500 à Calais, majoritairement des jeunes garçons de 16-17 ans. Certains sont toujours logés dans les conteneurs du camp. D’autres, attirés par l’annonce du Royaume-Uni de permettre à quelques centaines d’entre eux de rejoindre leur famille outre-Manche, sont arrivés très récemment et vivent dehors.

>> À lire aussi : Démantèlement de Calais : les rêves d’Angleterre s’éloignent pour les jeunes migrants”

François Guennoc, vice-président de l’association l’Auberge des migrants, raconte qu’un mineur isolé est arrivé à Calais de Marseille après avoir fait une fugue du foyer où il était hébergé.

Bras de fer entre Paris et Londres sur le sort des 1 500 mineurs isolés

Malgré l’urgence de la situation, le sort des mineurs isolés non-accompagnés en France dépend de l’issue du bras de fer entre Paris et Londres. Alors que le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, espérait que le Royaume-Uni accepte d’accueillir tous les enfants présents à Calais, Londres se montre frileux.

L’administration britannique affirme n’avoir pas encore eu le temps de mener toutes les “interviews” nécessaires pour établir si ces enfants ont un lien de parenté avec une personne au Royaume-Uni. Par ailleurs, la ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a insisté jeudi 27 octobre auprès de son homologue français “sur le besoin des enfants qui se trouvent toujours à Calais d’être protégés comme il se doit”.

En réponse, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse, la ministre française du Logement, lui ont rappelé que “ces personnes poursuivent un projet migratoire d’installation au Royaume-Uni”. Une manière de signifier à Londres qu’une solution durable pour ces jeunes n’est pas envisageable en France.

Et ceci pour des raisons autant politiques qu’économiques. Deux centres d’accueil et d’orientation pour mineurs isolés étrangers (Caomie) ont déjà été ouverts par l’État français en Meurthe-et-Moselle et en Charente-Maritime. Interrogée par Le Monde, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a assuré qu’”une dizaine” d’autres centres seraient ouverts. Mais, pour François Guennoc, le coût de ces structures constituera certainement un frein à leur ouverture. “Pour une place dans un CAO, il faut compter 20 euros par personne et par jour. Pour un Caomie, c’est au moins trois ou quatre fois plus cher, notamment à cause de l’encadrement que les mineurs nécessitent”, explique-t-il à France 24.

Plus de 4 000 migrants “évaporés”

Outre le sort des mineurs isolés, ce sont les milliers de migrants “évaporés” qui préoccupent les associations. Dans un article publié sur le blog qu’il anime sur le site de Médiapart, François Guennoc dénombre, à partir des recensements effectués par les associations depuis le mois de septembre, 4 250 personnes manquantes.

Ces personnes se sont dirigées par leurs propres moyens vers Paris ou ont quitté Calais mais sont restées dans la région dans l’espoir de gagner l’Angleterre à tout prix.

À Paris, les associations qui viennent en aide aux migrants confirment cet afflux récent. “Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire”, a confié à franceinfo Charles Drane, un coordinateur de l’ONG Adventist Development and Relief Agency (Adra) qui distribue des repas le midi sur l’avenue de Flandres, dans le XIXe arrondissement de la capitale.

Violette Baranda, élue du XIXe , a elle assuré au Monde que les campements grandissaient “de manière inquiétante”. “Et il y a désormais des familles avec des enfants, parfois de quelques mois”, a-t-elle ajouté.

Une réalité qu’a démentie jeudi la ministre du Logement, assurant à la chaîne Public Sénat que les migrants qui arrivent à Paris “ne viennent pas de Calais”.

Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 4 000 personnes ont été conduites en bus vers des CAO répartis dans toute la France entre le lundi 24 et le mercredi 26 octobre.

Première publication : 28/10/2016

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Après deux semaines de négociations, Le Parlement de la région belge de Wallonie a approuvé, vendredi, le projet d’accord de libre-échange entre le Canada et l’UE. Un vote qui permet de poursuivre le processus d’adoption du traité.

Le Parlement de la région belge de Wallonie, d’où est partie il y a deux semaines la fronde anti-Ceta, a dit “oui”, vendredi 28 octobre, à la signature par la Belgique du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada.

Une motion du Parlement demandant au chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, de “donner délégation” au gouvernement fédéral pour qu’il appose la signature de la Belgique au traité, a été approuvée par 58 voix “pour” et 5 “contre”, lors d’une séance plénière extraordinaire .Le Premier ministre belge, Charles Michel, avait annoncé la veille qu’une position commune de la Belgique sur le traité avait finalement été arrêtée. Jusqu’ici, la région de Wallonie avait refusé de donner son feu vert à un projet d’accord qui donnait, selon elle, trop de pouvoir aux intérêts des multinationales.

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Paul Magnette a donc fini par se rallier à l’accord, négocié pendant sept ans par la Commission européenne et Ottawa, après avoir bataillé âprement et arraché un compromis au nom du respect de la démocratie et de la protection du modèle social et environnemental européen. Il a en particulier salué jeudi, devant les députés wallons, la création d’un “instrument interprétatif juridiquement contraignant” pour clarifier le contenu du texte, notamment en matière de droit du travail et d’environnement.

Il a également estimé que les différentes “déclarations” permettent d’apporter des “clarifications essentielles” en matière de “sauvegarde agricole” ou de “protection des services publics”.

Critiqué par les écologistes et l’extrême gauche

Critiqué depuis par les écologistes et l’extrême gauche, qui lui reprochent d’avoir lâché à la dernière minute, Paul Magnette leur a répondu que “la dénonciation procure un certain plaisir” mais “ne change rien”.

Après l’accord intervenu entre Belges, le Canada s’était réjoui, tout en restant prudent. “Il y a d’autres étapes avant la signature”, mais “le Canada est prêt à signer l’accord lorsque l’Europe sera prête”, a déclaré à Ottawa la ministre du Commerce international Chrystia Freeland.

La totalité des 28 gouvernements de l’Union européenne soutiennent le Ceta, mais la Belgique ne pouvait jusqu’ici donner formellement son accord en l’absence du soutien de la totalité des diverses entités qui la composent.

Retrouvez le discours de Paul Magnette, justifiant le refus de donner son accord pour le Ceta

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Avec AFP

Première publication : 28/10/2016

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Le Premier ministre belge a annoncé, jeudi, qu’une position commune de la Belgique sur le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada a finalement été arrêtée. Un consensus qui pourrait permettre la signature prochaine du Ceta.

Les négociateurs belges sont finalement parvenus, jeudi 27 octobre, à un accord sur le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (Ceta), a annoncé le Premier ministre belge Charles Michel.

“Un accord” a été trouvé, a-t-il dit à l’issue d’une nouvelle réunion avec les différentes régions et communautés linguistiques belges. Cet accord doit maintenant être envoyé à l’Union européenne et aux différents Parlement de Belgique, qui s’exprimeront à son propos “avant vendredi minuit”.

Belgian agreement on #CETA . All parliaments are now able to approve by tomorrow at midnight. Important step for EU and Canada

— Charles Michel (@CharlesMichel) 27 octobre 2016

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Le chef du gouvernement belge a expliqué que les chefs de file des différentes régions et communautés linguistiques étaient parvenus à un consensus sur les importations agricoles et sur le dossier de la juridiction chargée de régler les contentieux commerciaux.

La signature du Ceta, qui devait avoir lieu jeudi lors d’un sommet entre l’UE et le Canada, se heurtait au veto du Parlement wallon, soutenu par la région de Bruxelles-Capitale, qui demandait des modifications rejetées par les autorités européennes.

Pour Pascale Joannin, la directrice générale de la Fondation Robert Schumann, un think tank à caractère européen, ce rebondissement n’est pas une surprise, car la Belgique n’était pas fondamentalement opposée à cet accord. “Si l’accord a dû être approuvé par les parlements nationaux, c’est parce que la France, et non la Belgique, a demandé à ce qu’il soit considéré comme un accord mixte et pas uniquement commercial, auquel cas le Parlement et la Commission européens auraient pu agir seuls”, explique-t-elle avant de regretter qu’il s’agisse principalement de politique nationale. “On a l’impression qu’il y a eu un règlement de compte politique entre M. Magnette, qui est socialiste, et le Premier ministre belge qui ne l’est pas, dont l’Europe a été l’une des principales victimes puisque cet accord devant être signé aujourd’hui le sera un peu plus tard”, conclut-elle.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/10/2016