Archive for October 4th, 2016

À six mois de la présidentielle, François Hollande a décidé de limiter les avantages matériels accordés aux anciens présidents, qui coûtent autour de 10 millions d’euros par an à l’État. Une décision “qui n’a aucun lien avec la prochaine élection”.

Le train de vie des anciens présidents va changer a décidé François Hollande. Un décret publié mercredi 5 octobre limite les avantages accordés aux ex-chefs de l’État. Leur coût avait été évalué à 9,6 millions d’euros par le député PS René Dosière, spécialiste de cette question.

Désormais, ils bénificieront “pendant les cinq années qui suivent la cessation de leurs fonctions” de “sept collaborateurs permanents, dont un directeur de cabinet (…), ainsi que deux agents de service, appartenant à la fonction publique et rémunérés par l’État sur contrat”. Par ailleurs, le nombre de leurs “collaborateurs permanents” est ramené à trois, celui des agents de service à un.

“Rien à voir avec l’élection présidentielle”

Le texte précise également qu'”il est mis à disposition” des anciens présidents “des locaux meublés et équipés, dont le loyer, les charges et les frais généraux sont pris en charge par l’État”, ainsi que “la prise en charge des frais de réception et des frais de déplacement” pour leurs activités liées à leurs anciennes fonctions.

“Ça n’a rien à voir avec l’élection présidentielle“, a assuré le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll lors du compte-rendu du Conseil des ministres. Selon lui, “ça reste dans la même veine” que les réductions des dépenses de l’Élysée, “du sérieux, de la rigueur”.

Cette dégressivité s’appliquera à François Hollande s’il quitte l’Élysée en mai 2017, à l’issue du quinquennat en cours. Pour les trois ex-présidents Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le délai de cinq années court à compter de la date d’entrée en vigueur du décret.

Avec AFP

Première publication : 05/10/2016

Le Front national et son ex-président se sont affrontés ce mercredi devant la justice. En jeu : la réintégration de Jean-Marie Le Pen au sein du parti qu’il a cofondé mais dont il a été exclu après des mois de bras de fer avec sa fille, Marine.

Jean-Marie Le Pen contre le Front national (FN) : quatrième round. Le Pen père s’est présenté, mercredi 5 octobre, devant la justice pour demander l’annulation de sa suspension et sa réintégration au FN, parti qu’il a cofondé et incarné pendant près de 40 ans avant d’en être banni l’an dernier.

Arrivée de Jean-Marie Le Pen à Nanterre pic.twitter.com/NzjcyuXBku

— Lucas Burel (@L_heguiaphal) 5 octobre 2016

Le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris, rendra sa décision le 17 novembre.

Jean-Marie Le Pen, 88 ans, avait été suspendu du FN en mai 2015, puis exclu le 20 août par le bureau exécutif, après un long bras de fer avec Marine Le Pen, actuelle présidente du parti et accessoirement sa fille. Les provocations à répétition de son père, sur la Shoah et le maréchal Pétain, ont été jugées pénalisantes pour la stratégie de “dédiabolisation” menée par sa fille Marine Le Pen.

“Ces griefs sont dérisoires, ridicules”, “une construction saugrenue pour essayer d’étayer une exécution” politique, a plaidé son avocat, Me Frédéric Joachim, devant les juges civils. “C’est une page de l’histoire de France que l’on essaie de tourner”, a-t-il ajouté, rappelant, “ironie de l’histoire”, que Jean-Marie Le Pen avait cofondé le parti il y a “44 ans, jour pour jour”.

“Sophocle, Œdipe Roi, Les Frères Karamazov, Hamlet… La tragédie littéraire est riche de ce genre d’affaires, mais là, il s’agit d’hommes”, a poursuivi l’avocat, évoquant un “parricide”.

La défense de Jean-Marie Le Pen, pour demander au tribunal d’annuler son exclusion et d’ordonner sa réintégration parmi les membres du parti, a notamment tenté de démontrer que le bureau exécutif du FN qui l’a exclu était incompétent, et donc que sa décision était nulle.

Président d’honneur “à vie”

À trois reprises déjà, la justice a donné à Jean-Marie Le Pen raison face au Front national. D’abord en annulant sa suspension puis, à deux reprises, en suspendant le congrès censé supprimer son statut de président d’honneur. Jean-Marie Le Pen demande cette fois au tribunal d’annuler son exclusion, “entachée d’irrégularités de forme et de fond” et d’ordonner sa “réintégration parmi les membres” du parti.

>> À lire sur France 24 : “Le Pen est entré comme un rebelle, il sortira comme un rebelle”

En outre, lui qui s’estime président d’honneur “à vie” du FN, demande à la justice de déclarer que son exclusion en tant que membre ne saurait le priver de ce titre et des prérogatives qui y sont attachées, et de lui permettre notamment de siéger à nouveau au sein des instances dirigeantes du parti.

Dénonçant “un grand nombre de voies de fait”, il réclame enfin au Front national, qu’il a cofondé en 1972, deux millions d’euros en réparation d’un “très grave préjudice” porté à sa fonction de président d’honneur, mais aussi “à sa dignité, son honneur, sa notoriété et son action politique”.

Le Front national, par la voix de son avocat, Me Georges Sauveur, s’est pour sa part attaché à rappeler la “gravité” des provocations de Jean-Marie Le Pen: “Oui, ces propos constituent des motifs graves qui justifient une exclusion. Il a été condamné !”

L’avocat du parti a également cité de nombreuses déclarations de Jean-Marie Le Pen critiques envers la direction du FN et sa ligne politique.

“Aujourd’hui, c’est M. Le Pen qui est devenu un détail de l’histoire du Front national”, a-t-il conclu.

Soutenir Marine en 2017…ou pas

Dans l’attente de son hypothétique réintégration, Jean-Marie Le Pen fait durer le suspense sur son éventuel soutien au parti pour la présidentielle et les législatives de 2017. “Pour l’instant non”, il ne soutiendra pas sa fille, avait-il lâché mercredi dernier lors d’un dîner avec ses soutiens, même s’il pourrait s’y “résigner”. “Je le dis et le redis à Marine, si vous ne faites pas l’unité du FN (…), vous perdrez la bataille politique. Cette défaite sera irrémédiable”, avait-il prévenu.



>> À lire sur France 24 : “Le ‘dernier effort’ de Jean-Marie Le Pen pour l’unité du FN”



Mais sa voix résonne dans le vide au FN, et si la justice annulait son exclusion, sa réintégration ne serait sans doute que théorique. Dans le parti, le sort du vieux chef semble scellé. Quoi que décide le tribunal, le FN entend faire en sorte “que la décision politique” – à savoir exclure Le Pen du parti – soit “appliquée”, selon un dirigeant. Le tribunal rendra sa décision le 17 novembre.

“Aujourd’hui c’est Jean-Marie Le Pen qui est devenu un détail de l’histoire du FN” dit l’avocat du Front National au TGI de Nanterre @itele

— YOANN USAI (@YOANNUSAI) 5 octobre 2016

Avec AFP

Première publication : 05/10/2016

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Yahoo! est accusé d’avoir installé en 2015, sur demande des autorités américaines, un logiciel permettant d’espionner ses utilisateurs.

C’est comme si Snowden et ses révélations sur les pratiques d’espionnage de la NSA n’avaient jamais existé. Depuis 2015, Yahoo! a aidé la NSA et le FBI à surveiller en temps réel les boîtes email de ses utilisateurs, a affirmé l’agence Reuters mardi 4 octobre sur la foi des témoignages de plusieurs anciens employés du géant de l’Internet.

Yahoo! aurait mis au point, dans le plus grand secret, un programme spécial permettant aux espions américains de traquer l’utilisation de certains mots clefs dans les mails envoyés et reçus par 280 millions d’utilisateurs du service de messagerie du célèbre portail dans le monde. Aucune information sur le type de termes qui intéressent la NSA ou le FBI n’a pu être obtenue par Reuters.

Ligne de défense faible

“Yahoo! respecte les lois des États-Unis”, s’est borné à affirmer le groupe en réponse à ces accusations. Une ligne de défense jugée un peu faible par les associations américaines de défense des libertés individuelles. “C’est une violation flagrantes du 4e amendement de la Constitution [qui protège les citoyens contre les perquisitions abusives, NDLR]”, a dénoncé l’American Civil Liberties Union (ACLU).

Le scandale est d’autant plus important qu’il intervient après l’avalanche de révélations depuis l’été 2013 sur les divers programmes d’espionnage massif de la NSA et de la collaboration éventuelle des géants du Net.

Les documents fournis depuis plus de deux ans à la presse par l’ex-collaborateur de la NSA Edward Snowden ont poussé tous les grands noms de la Silicon Valley à réaffirmer leur attachement à la vie privée sur Internet. Google, Microsoft ou encore Apple ont aussi répété à plusieurs reprises mettre les intérêts de leurs utilisateurs avant ceux des cyberespions américains.

Google et Apple réagissent

La collaboration supposée entre Yahoo! et les autorités américaines risque de réduire à néant les efforts de toutes ces entreprises pour regagner la confiance des internautes. Google et Apple se sont d’ailleurs empressés d’assurer que, de leur côté, ils ne feraient jamais ce dont Yahoo! est soupçonné.

Ces accusations ternissent aussi un peu plus l’image de Yahoo! à un moment charnière de son existence. La PDG du groupe, Marissa Meyer, cherche à céder l’essentiel des activités du portail à l’opérateur téléphonique Verizon, qui s’est déclaré intéressé. Mais les révélations, début septembre, autour du vol historique de données personnelles d’utilisateurs de la messagerie Yahoo! et les soupçons quant à l’éventuelle connivence entre le groupe et la NSA ou le FBI pourraient peser sur la valeur de la marque Yahoo!. Verizon risque d’être beaucoup moins enclin à payer près de cinq milliards de dollars pour acquérir l’ex-star du Web.



Avec Reuters

Première publication : 05/10/2016

Emmanuel Macron a proposé mardi à Strasbourg d’ambitieuses réformes pour réconcilier les Français avec la politique. Il ne s’est pas officiellement déclaré mais a fortement laissé entendre qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2017.

C’est un programme ambitieux qu’a dévoilé l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande. Emmanuel Macron a proposé mardi 4 octobre des réformes institutionnelles pour réconcilier les Français avec la politique, sans se déclarer officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2017 mais en le suggérant fortement.

Celui qui a repris sa liberté fin août en quittant le gouvernement, a dénoncé d’un meeting qui s’est tenu à Strasbourg une “démocratie confisquée” par une classe politique de professionnels inamovibles souvent issus de la fonction publique ou des professions libérales, qui ne représentent plus les Français.

>> À lire sur France 24 : “Macron égratigne Hollande et l’accuse d’avoir fait ‘les choses à moitié'”

“Nous avons un défi de représentativité qui est au cœur du système électoral français”, a-t-il précisé devant un millier de membres et de sympathisants de son mouvement “En marche !”, qui ambitionne de réunir des citoyens de gauche et de droite autour d’un même diagnostic d’une société française dont les rouages sont bloqués.

“Quand la politique n’est plus une mission mais devient une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagés mais peuvent devenir des intéressés”, a-t-il affirmé.



“Ouvrir le système”

L’énarque-philosophe de 38 ans a convenu être lui-même “l’archétype de ce système politique”, mais a rappelé qu’il avait renoncé à son emploi de haut fonctionnaire – pour travailler dans la banque – puis à son poste de ministre pour défendre ses idées.

Il veut permettre à des candidats de la société civile d’accéder, par des formations, à la représentation nationale et au contraire proposer aux élus en fonction des voies de reconversion.

Pour “ouvrir le système”, Emmanuel Macron juge nécessaire d’introduire plus de proportionnelle dans la représentation parlementaire, au “risque” assumé de faire entrer plus de représentants du Front national à l’Assemblée nationale.

Emmanuel Macron propose encore la création, à côté du Parlement, d’une “commission des citoyens”, dont les membres seraient choisis au hasard et devant laquelle le président de la République devrait rendre des comptes chaque année.

Il a par ailleurs égratigné l’ancien président et candidat à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy. “Peut-on imaginer sérieusement commander aux destinées du pays, se présenter au suffrage du pays, alors qu’on a délibérément dépassé le plafond des dépenses autorisées pour sa campagne ?”, a lancé-t-il lancé en référence à l’affaire Bygmalion.

À l’issue d’une heure de discours, il n’a pas annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, mais son envolée finale ne laissait guère de doute : “Nous sommes tous ce soir celles et ceux qui avons décidé que notre destin, il était dans nos mains, que nous pouvions proposer au pays autre chose, pas une alternance stérile mais de nouvelles pratiques, de nouveaux objectifs. Rien ne pourra nous arrêter. Alors en marche !”

>> À lire sur France 24 : “La ‘grande marche’ de Macron ou le retour de la démocratie participative de Royal “

“Il peut faire perdre la gauche”



Les propositions d’Emmanuel Macron ont déplu à gauche comme à droite.”Evidemment, il ne peut pas gagner. Par contre, […] il peut faire perdre la gauche. Peut-être est-ce son objectif”, a déclaré le ministre de l’Économie Michel Sapin au micro d’Europe 1 mercredi matin, tandis que l’ancien président de la république Nicolas Sarkozy (LR) a ironisé sur la volonté d’innover d’Emmanuel Macron.

“Celui qui a été nommé par François Hollande et qui mange la main de celui qui l’a nourri, c’est pas un comportement extrêmement novateur”, a-t-il déclaré sur Radio Classique et Paris Première.

“Qu’a fait M. Macron ? Quelle est la décision qu’il a prise – deux ans ministre des Finances ? Aucune. Qu’a-t-il fait lorsqu’il était le collaborateur de François Hollande ? Préparer la pire politique économique qu’on a jamais connue”, a asséné Nicolas Sarkozy.

“On ne peut pas prétendre être loyal en considérant qu’on appartient à un clan, qu’on est dans une fidélité vassalique, on est d’abord loyal quand on est fidèle à ses engagements, à ses idées”, s’est défendu l’intéressé sur RTL plus tard dans la matinée.

Avec AFP

Première publication : 05/10/2016