Archive for October 5th, 2016

Malgré un climat tendu depuis les attentats de janvier 2015, novembre 2015 et juillet 2016, les actes racistes et antisémites en France sont en forte baisse depuis plus d’un an, explique le délégué interministériel Gilles Clavreul.

Le climat ambiant, marqué par la polémique estivale sur le burkini et le ton de la campagne de la primaire de la droite et du centre, pourrait faire craindre le pire. Et pourtant, les actes racistes et antisémites sont en forte baisse en France.

Selon le délégué interministériel, chargé de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Gilles Clavreul, interviewé par France 24, “un coup d’arrêt et une inversion très sensible des chiffres” est observée depuis un peu plus d’un an.

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Lors des premiers mois de l’année 2015, il y a eu dans un premier temps une forte augmentation des actes racistes et antisémites. Alors qu’il y avait eu 133 actes antimusulmans sur toute l’année 2014, il y en a ainsi eu 178 sur le seul mois de janvier 2015. Ces chiffres se sont traduits, sur toute l’année 2015, par une augmentation de 22 % des actes racistes, mais la réalité est plus complexe.

>> À lire sur France 24 : “Un rapport du Conseil de l’Europe épingle la ‘banalisation’ du racisme en France”

“Il y a d’abord eu une phase d’augmentation, puis, à la mi-2015, un coup d’arrêt et une inversion très sensible des chiffres avec une décrue qui s’est confirmée depuis et qui ne s’est pas arrêtée malgré les attentats de novembre et malgré l’attentat de Nice”, explique Gilles Clavreul.

Une baisse qui apparaît clairement pour 2016 dans les chiffres : lors des huit premiers mois de l’année, les actes antimusulmans ont diminué de 58 % et les actes antisémites de 61 %. “On rejoint les niveaux les plus bas depuis qu’on observe ces statistiques, c’est-à-dire depuis le début du siècle”, affirme le délégué interministériel.

Première publication : 06/10/2016

Depuis plusieurs semaines, une crise sociale sans précédent secoue le siège du Parti socialiste, à Paris. Pour tenter d’endiguer la crise, Solférino a recruté un cabinet spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.

Les salariés du siège du Parti socialiste (PS) sont au bord de la crise de nerf. Démissions en pagaille, multiplication des arrêts de travail, burn-out… Pour faire face au malaise qui pèse actuellement sur les permanents de la rue Solférino, les dirigeants de l’organisation politique se sont alloués depuis la mi-septembre les services d’experts du cabinet Syndex, spécialisés dans la prévention des risques psychosociaux, d’après un article publié mercredi 5 octobre par Mediapart. L’objectif de la direction est clair : apaiser le climat détestable qui règne au siège de PS.

Entre “burn-out” et “bore-out”

À en croire les informations collectées par Mediapart, une vingtaine de départs et huit arrêts de travail ont été enregistrés entre avril 2016 et l’été 2016 sur les 120 employés que compte l’organisation. Si le parti dément les chiffres avancés par Médiapart, il ne conteste en revanche pas l’existence d’un certain “vague à l’âme” qui règne dans les locaux de la rue de Solférino.

Le mal-être qui a gagné les travailleurs ne date pas d’hier. Il y a un an déjà, une petite phrase du premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, glissée dans un article de L’Obs du 16 mai 2015 soulignant que les “permanents n’[etaient] pas au maximum de leur capacité de travail” avait mis le feu aux poudres. Depuis, la situation n’a cessé de se détériorer. Pas moins de trois assemblées générales du personnel et une quatrième réunion organisée en présence de Jean-Christophe Cambadélis, ont été tenues entre avril 2016 et l’été 2016 pour tenter de venir à bout de la crise.

“Paranoïa” à Solférino

Les travailleurs déprimés mettent en cause une gestion managériale catastrophique, “jugée ‘brutale’ et ‘clanique'”, selon le média en ligne. Soucieux de tenir au secret des informations jugées sensibles, Jean-Christophe Cambadélis ne travaillerait qu’avec “un cercle restreint de collaborateurs” dans un climat de “paranoïa”. “L’actuel patron du PS est aussi beaucoup moins présent au sein des locaux que ne pouvaient l’être ses prédécesseurs, assure en outre à France 24 Julien Fretel, professeur de science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste des partis politiques. François Hollande, Martine Aubry ou Harlem Désir savaient se rendre disponibles pour les événements internes comme les pots de départ, ce qui maintenait une cohésion entre la direction et les employés.”

Autre grief : le personnel accuse également l’une des plus proches collaboratrices de Jean-Christophe Cambadélis, Karine Gautreau, de s’être régulièrement rendue coupable de “violences verbales” et de “pressions” envers des salariés. Comble de l’ironie, l’ancienne assistante parlementaire de Cambadélis dans les années 1990, recrutée par le parti comme chef de cabinet puis rétrogradée au poste de directrice de la communication, a elle aussi a été mise en arrêt de travail, victime d’un burn-out.

À la crise de confiance et aux humiliations s’ajoute le recours fréquent à des prestataires extérieurs. Ainsi, la communication du parti est fréquemment prise en charge par l’agence Opérationnelle, dont le patron n’est autre que Gérard Obadia, un proche de Cambadélis qui militait à ses côtés lorsqu’il était membre de l’Organisation communiste internationale (OCI). Le site Internet, autrefois géré à Solférino, a lui aussi été entièrement remis entre les mains de ladite agence.

En plus d’être dispendieuse, cette gestion tient de nombreux employés éloignés des missions qui leurs étaient confiées jadis au point d’avoir “le sentiment de travailler dans le vide”, a notamment confié à Médiapart une ancienne de Solférino, sous couvert d’anonymat.

Un climat pas tout rose

L’amertume est d’autant plus profonde chez les permanents de Solférino qu’ils avaient accueilli avec enthousiasme l’arrivée de “Camba” à la tête du parti. “Sous Harlem, c’était morne plaine. Il ne se passait rien ; personne ne faisait rien”, révèle un salarié à Médiapart. “Quand il est arrivé, les gens étaient contents après une période atone”.

Au siège du parti, on impute ces difficultés au climat maussade qui règne à l’approche des élections présidentielles et législatives. Une position derrière laquelle se range volontiers Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. “Le PS se dirige vers une défaite annoncée. Les militants sont mal reçus sur les marchés. Tous les voyants sont au rouge. Les salariés ont raison d’être inquiets car on risque de réduire le nombre de postes après les élections.”

Autre difficulté : “Les salariés du PS doivent faire face à une mutation profonde de leurs métiers, note Julien Fretel. Avec l’arrivée du numérique, la gestion de l’open data, les employés qui étaient encore recrutés pour leur militantisme hier sont souvent déclassés par des jeunes recrutés avant tout pour leurs compétences techniques. Cette nouvelle situation peut créer un certain malaise au sein même du parti.”

Jusque-là, les salariés du PS avaient pourtant tout pour être heureux. Car l’organisation politique fait figure de bon élève en matière de conditions de travail. Les permanents ne travaillent en effet que 33 h 45 par semaine et jouissent d’une convention collective particulièrement généreuse.

Reste à savoir si la crise interne aura des conséquences sur les élections à venir. “Plus le siège d’un parti endure des difficultés, moins il est capable de soutenir les militants et les élus sur le terrain, estime Julien Fretel. Les difficultés du PS risquent donc d’avoir un impact négatif sur les prochaines campagnes électorales.”

Première publication : 06/10/2016

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Le secteur financier britannique risque de perdre gros si Londres choisissait une sortie brutale de l’UE. Une nouvelle étude estime que 75 000 emplois sont en jeu et que le Brexit pourrait coûter 43 milliards d’euros.


© Studio France 24

Le vent de panique post-Brexit continue à souffler sur la City de Londres. Jeudi 5 octobre, c’est un influent lobby financier TheCityUK qui assure que dans le pire des scénarios, la sortie de l’Union européenne (UE) coûterait 43 milliards d’euros au secteur financier britannique et mettrait 75 000 emplois sur la sellette.

La City de Londres serait aspirée dans ce trou noir financier si Londres n’arrive pas à se mettre d’accord avec l’UE sur des accords commerciaux et financiers, qui viendraient prendre le relais des relations commerciales régissant actuellement les rapports entre les pays membres de l’Union européenne.

Les pertes de cette “sortie brutale” (“hard Brexit”) proviendraient d’une chute de 50 % des transactions avec le reste de l’UE et des dommages économiques causées par des banques, situées à Londres, qui décideraient de déplacer certaines de leurs activités dans d’autres centres financiers.

Mais il existe aussi un “soft Brexit” – mise en place rapide d’accords avec l’UE similaires à ceux qui existent actuellement – pour lequel TheCityUK milite activement. Et pour cause : ce lobby estime que “seulement” 4 000 emplois seraient alors en danger et que les pertes financières ne s’élèveraient qu’à de 2, 26 milliards d’euros.

Une sacrée différence. Ce rapport émane certes d’une organisation qui a tout intérêt à peindre en noir l’hypothèse d’un “hard Brexit” redouté par les banquiers britanniques. Mais le cabinet de consultants britannique Oliver Wyman, mandaté pour mener l’étude, explique ne s’être appuyé que sur des données publiques des autorités et des projections d’instituts d’études économiques.

Première publication : 06/10/2016

Les juges d’instruction ont renvoyé en procès le Front national et deux de ses dirigeants, Wallerand de Saint-Just et Jean-François Jalkh, dans l’enquête sur le financement des campagnes législatives et présidentielle de 2012.

Le FN ira devant le tribunal. Les juges d’instruction ont renvoyé jeudi 6 octobre en procès le Front national et deux de ses dirigeants, Wallerand de Saint-Just et Jean-François Jalkh, dans l’enquête sur des soupçons d’enrichissement frauduleux aux frais de l’État lors des campagnes législatives et présidentielle de 2012.

Les magistrats ont ordonné le renvoi en correctionnelle du parti d’extrême droite pour complicité d’escroquerie lors des législatives et recel d’abus de biens sociaux, a précisé une source proche du dossier. Son trésorier Wallerand de Saint-Just est visé pour le délit de recel d’abus de biens sociaux et l’un de ses vice-présidents, Jean-François Jalkh, pour escroqueries, abus de confiance et recel d’abus de biens sociaux, selon la même source.

Les soupçons portent sur l’existence d’un système pour capter de l’argent public, en profitant des remboursements de l’État sur les frais de campagne, des faits vigoureusement contestés par le FN.

Le principal volet de l’affaire porte sur les législatives de 2012. Au centre de l’enquête, des kits de campagne (tracts, affiches, cartes postales), au tarif de 16 650 euros, fournis à quelque 525 candidats par la société Riwal, dirigée par un très proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon. Pour les acheter, les candidats devaient contracter un prêt avec intérêts auprès de Jeanne, mouvement satellite du FN.

Les enquêteurs voient derrière ce montage complexe des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l’État, qui rembourse les frais de campagne aux candidats dépassant 5 % des voix.

Marine Le Pen avait été entendue dans ce dossier sous le statut de témoin assisté, sans être mise en examen.

Avec AFP

Première publication : 06/10/2016