Archive for October 9th, 2016

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La décision polonaise d’annuler un contrat de 2,5 milliards d’euros portant sur 50 hélicoptères d’Airbus a provoqué l’ire de Paris. Un camouflet dont les causes sont plus politiques que commerciales.

On ne claque pas la porte au nez des hélicoptères Caracal d’Airbus comme ça. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a rayé de son agenda un déplacement en Pologne prévu lundi 10 octobre, et le Président François Hollande ne se rendra pas non plus à Varsovie le 13 octobre. Deux gestes forts pour protester contre l’annulation par le gouvernement polonais d’un contrat de livraison de 50 hélicoptères Airbus estimé à 2,5 milliards d’euros, le 7 octobre.

Le désaccord commercial est donc en train de virer à la crise diplomatique entre la France et la Pologne. Varsovie a tenté durant le week-end de faire porter le chapeau à Airbus. Le constructeur européen n’aurait pas proposé de compensations industrielles suffisantes. En clair, les engagements pris par Airbus en termes d’investissements en Pologne pour contrebalancer le prix d’achat des 50 hélicoptères ne suffisent pas.



La politique du PiS ?

Paris est plus que dubitatif. La France soupçonne que l’arrivée au pouvoir du parti eurosceptique Droit et justice (PiS), en octobre 2015, a été fatale aux ambitions polonaises d’Airbus Helicopters.

Car c’est l’ancien gouvernement libéral de la Plateforme civique (PO) qui avait opté pour Airbus, au terme d’un appel d’offres en avril 2015. Les négociations avaient semblé bien engagées jusqu’aux élections législatives polonaises d’octobre 2015.

Le gouvernement de la Première ministre Beata Szydło issu du scrutin a ensuite soufflé le chaud mais surtout le froid sur ce méga-contrat, très important pour Airbus Helicopters, qui peine actuellement à garnir son carnet de commandes. Les autorités polonaises ont répété à plusieurs reprises à quel point ces hélicoptères étaient importants à leurs yeux, mais ont, en parallèle, multiplié les exigences compliquant les négociations, assure l’hebdomadaire Usine Nouvelle.

Ils ont ainsi, d’après le journal, demandé qu’Airbus réinjecte 100 % de la valeur du contrat en contreparties industrielles. Une demande exceptionnelle : pour un contrat important comme celui de la vente de Rafale à l’Inde, New Delhi a demandé des contreparties de 50 % seulement du montant de la transaction. Le groupe européen aurait aussi proposé une cinquantaine de projets d’investissement liés au secteur de l’aéronautique pour se voir demander en plus 50 autres projets sans rapport avec l’objet du contrat. Bref, Varsovie aurait, d’après les informations obtenues par l’Usine Nouvelle, tout fait pour décourager Airbus.

Faire plaisir aux États-Unis ?

À quel jeu joue le nouveau pouvoir polonais ? Pour les uns, le gouvernement aurait des arrière-pensées purement électoralistes. Les deux concurrents d’Airbus, l’Américain Sikorsky, constructeur de l’hélicoptère Black Hawk, et l’Italien Leonardo disposent d’usines déjà installées dans des régions polonaises politiquement importantes. Des sites qui pourraient embaucher si l’un de ses deux groupes venaient finalement à remporter la mise.

L’ombre russe pèserait également au dessus de ce contrat, affirme le magazine Challenges. Dans le contexte actuel de tensions avec Moscou, Varsovie chercherait à tout prix à faire plaisir à l’allié américain pour assurer sa défense. Remettre l’Américain Sikorsky dans la course pourrait combler d’aise Washington. Même si c’est au prix d’un clash diplomatique avec Paris.

Première publication : 10/10/2016

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L’Académie royale des Sciences de Suède a attribué, lundi, le prix Nobel d’économie à l’Américano-Britannique Oliver Hart et au Finlandais Bengt Holmström pour leurs travaux sur les outils aidant à la compréhension des contrats et leurs implications.

On connaît désormais les noms des lauréats du prix Nobel d’économie : l’Académie royale des Sciences de Suède a remis, lundi 10 octobre, la prestigieuse récompense à l’Américano-Britannique Oliver Hart et au Finlandais Bengt Holmström pour leurs travaux sur la théorie du contrat.

“Les économies modernes sont unies par d’innombrables contrats. Les nouveaux outils théoriques créés par Hart et Holmström sont précieux à la compréhension de ces contrats et institutions, ainsi que des pièges potentiels dans la conception des contrats”, note l’Académie.

“Les nombreuses relations contractuelles de la société incluent ceux passés entre actionnaires et cadres dirigeants d’une entreprise, entre une compagnie d’assurance et les propriétaires de voitures, entre une autorité publique et ses fournisseurs : attendu que des relations de ce genre impliquent généralement des conflits d’intérêt, les contrats doivent être correctement conçus de sorte qu’ils garantissent aux parties de prendre des décisions mutuellement profitables”, a poursuivi l’Académie.

Oliver Hart, né à Londres en 1948, et Bengt Holmström, né à Helsinki en 1949, travaillent tous deux pour des universités américaines.

Le prix de la Sveriges Riksbank en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, ou prix Nobel d’économie, créé en 1968, est doté de 8 millions de couronnes suédoises (830 000 euros environ) que les deux universitaires se partageront à part égale.

Il était l’avant-dernier à être décerné. Le prix Nobel de littérature, jeudi, refermera la saison 2016 de ces prestigieuses récompenses.

Avec Reuters

Première publication : 10/10/2016

Dans un contexte tendu entre la France et la Russie sur le dossier syrien, le chef du Quai d’Orsay a indiqué, lundi, que François Hollande entendait faire preuve de fermeté envers Vladimir Poutine s’il devait le recevoir à Paris.

Le président français François Hollande ne recevra pas son homologue russe Vladimir Poutine pour de simples “mondanités”, s’il vient à Paris, a assuré, lundi 10 octobre, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, sur France Inter. “Ça sera pour dire des vérités”, a-t-il ajouté.

Le chef du quai d’Orsay a également confirmé que la France entendait saisir la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes de guerre commis, selon Paris, à Alep, où la Russie participe activement à l’offensive du régime de Bachar al-Assad pour reprendre la ville aux rebelles syriens.

“Ça concerne tout le monde (…) Il y a des faits constitutifs de crimes de guerre (…) Après, il faut dégager les responsabilités”, a-t-il expliqué. “Nous allons prendre contact avec la procureure générale de la cour internationale pour voir de quelle façon elle peut engager ces enquêtes.”

Le doute plane sur la venue de Poutine à Paris

La Russie a, de son côté, opposé son veto samedi à la proposition française de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, réclamant un cessez-le-feu.

Le chef de l’État français, François Hollande, a laissé planer un doute, ce week-end, sur une rencontre avec Vladimir Poutine, qui a fait savoir qu’il viendrait à Paris inaugurer le nouveau centre culturel russe le 19 octobre.

La France entend également évoquer à cette occasion la situation en Ukraine, a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.

Avec Reuters

Première publication : 10/10/2016