Archive for October 10th, 2016

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Samsung tente de tourner la page du Galaxy Note 7 en annonçant la fin des ventes de ce smartphone qui prend feu. Mais le mal est déjà fait et il risque de coûter des dizaines de milliards de dollars au groupe sud-coréen.

Le Galaxy Note 7, c’est fini… Et dire que c’était le smartphone vedette de Samsung de cette fin d’année. Le constructeur sud-coréen en a signé l’arrêt de mort, mardi 11 octobre, après une série d’incidents et une pression grandissante d’investisseurs, d’analystes, et de revendeurs réclamant la tête d’un téléphone qui n’en finissait pas de prendre feu.

L’arrêt définitif des ventes, quoique anticipé, n’a pas manqué de plomber l’action en Bourse où elle a dévissé de 8 %. Ce plongeon démontre à quel point un seul produit peut peser au bilan d’une multinationale du calibre de Samsung.

Fiasco total

Les chiffres sont d’ailleurs parlants. En septembre, après le rappel de 2,5 millions de Galaxy Note 7 de première génération, Samsung avait estimé que les pertes seraient comprises entre 1 et 5 milliards de dollars et que les modèles de remplacement allaient permettre de redresser la barre. Mais ces derniers ont aussi pris feu, démontrant que la multinationale n’avait pas trouvé l’origine du problème. Le fiasco est donc total et pourrait coûter 17 milliards de dollars à Samsung, d’après une note de la banque Credit Suisse.

Cette estimation ne prend en compte que les pertes dues aux ventes anticipées qui ne se feront pas (destruction de stocks, rappels, etc.). Mais Samsung risque encore plus gros : l’image du groupe a fortement souffert dans cette affaire et la perte de confiance peut alourdir la facture. “Cela peut coûter des milliards de dollars en plus car des groupes comme Samsung dépendent beaucoup de la fidélité à la marque”, assure Zakaria Babutsidze, spécialiste de l’économie de la consommation et de l’innovation à la Skema Business school et à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Le tremblement de terre Galaxy Note 7 risque aussi de faire des dégâts collatéraux chez Samsung. Le Sud-Coréen fait de tout – des réfrigérateurs, des téléviseurs, des climatiseurs – et cette affaire “peut handicaper les ventes des autres produits, mais plutôt à la marge et essentiellement sur le haut de gamme, qui est, cependant, le plus lucratif”, estime Zakaria Babutsidze.

Parallèle avec Volkswagen ?

Pour cet expert, “il n’y a pas eu de fiasco d’une telle ampleur dans l’histoire technologique récente”. La seule affaire d’une magnitude comparable est le scandale Volkswagen, mais Samsung devrait s’en tirer à meilleur compte car il n’y a pas d’élément intentionnel dans l’affaire des smartphones qui prennent feu.

L’empire Samsung va donc vaciller. Mais à quel point ? “La division mobile de Samsung n’est pas encore en danger de mort et devrait rester un acteur crédible dans le domaine des smartphones haut de gamme : la marque dispose d’une forte communauté de fans, comme Apple, mais qui n’est pas aussi perfectionniste”, juge l’économiste de l’OFCE. En clair, tous les mordus de la marque ne vont pas être découragés par quelques Galaxy Note 7 qui prennent feu.

Certains vont cependant aller voir ailleurs et cet accident industriel “va ramener Samsung quelques années en arrière”, prédit Zakaria Babutsidze. D’après lui, les déçus du Galaxy Note 7 ne vont pas opter pour l’iPhone car ils sont attachés à Android (le système d’exploitation pour mobile de Google). Entre LG, HTC ou encore Sony, ils ont d’ailleurs l’embarras du choix sur le segment des smartphones haut de gamme.

Mais d’après Zakaria Babutsidze, le plus susceptible de remporter la mise s’appelle Google. Le géant de l’Internet a, en effet, présenté Pixel, son premier smartphone conçu maison de A à Z, deux semaines seulement avant que le premier Galaxy Note 7 ne prenne feu.

Première publication : 11/10/2016

Le président russe, Vladimir Poutine, souhaite “reporter” sa visite programmée en France le 19 octobre, a annoncé l’Élysée, mardi. Les relations entre Paris et Moscou sont extrêmement tendues concernant le dossier syrien.

Vladimir Poutine “souhaite reporter” sa visite programmée en France le 19 octobre, a annoncé la présidence française. Paris proposait à Moscou une “réunion de travail” sur la Syrie.

“Il y a eu un contact entre l’Élysée et le Kremlin pour faire savoir” à la Russie “qu’une réunion de travail sur la Syrie avec [le président russe] Vladimir Poutine était possible, à l’exclusion de tout autre événement pour le président [François Hollande]”, a-t-on indiqué à l’Élysée.

“Avec la Russie, le dialogue est nécessaire mais il doit être ferme et franc”, a ajouté le président français devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, tout en soulignant que Paris et Moscou ont “un désaccord majeur” sur la Syrie.

De son côté le Kremlin a confirmé que Vladimir Poutine “a décidé d’annuler” son déplacement, à l’origine lié à l’inauguration d’une grande cathédrale orthodoxe, mais qu’il reste “disposé à visiter Paris lorsque le président Hollande se sentira à l’aise” pour le voir. “Nous attendrons que le moment soit venu”, a précisé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Mardi, François Hollande était toutefois sceptique quant à la finalité de cette rencontre avec le chef du Kremlin. Il avait déclaré se poser “encore la question” de recevoir Poutine à Paris.

La réaction de François Hollande

>> À lire sur France 24 : “Poutine ne viendra pas à Paris pour des ‘mondanités’, assure Ayrault”

La rencontre avortée s’inscrit dans un climat diplomatique très tendu lié au soutien de l’armée russe à l’offensive du régime syrien sur la ville d’Alep. Samedi, la Russie a mis son veto à un projet de résolution présenté par la France au Conseil de sécurité des Nations unies qui exigeait la fin des frappes aériennes et des survols militaires d’Alep.

>> À lire sur France 24 : “MSF dénonce un ‘bain de sang’ à Alep”

Vladimir Poutine a cependant “souligné qu’il est disposé à se rendre à Paris lorsque le président Hollande se sentira à l’aise”, a indiqué Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Avec AFPet Reuters

Première publication : 11/10/2016