Archive for October 11th, 2016

Déjà soutenu par François Bayrou, Alain Juppé reçoit le soutien de nombreux centristes, du Parti radical à l’UDI. De quoi consolider son avance, à cinq semaines de la primaire de la droite et du centre.

Alain Juppé pourrait bien consolider son avance, à cinq semaines de la primaire de la droite. Déjà fort du soutien de François Bayrou, le maire de Bordeaux, candidat à la présidentielle, se voit rallier par de nombreux centristes, du Parti radical à l’UDI.

Le Parti radical, plus vieux parti de France, a annoncé mercredi son soutien au maire de Bordeaux, qui prône le rassemblement de la droite et du centre depuis son entrée en campagne en août 2014.

Soutien de l’UDI

“On fera campagne avec Alain”, a affirmé le président du parti, Laurent Hénart, maire de Nancy, pour qui l’ancien Premier ministre est le plus à même de “garantir l’alternance”et “de battre les extrémistes de droite comme de gauche”.

Jean-Christophe Lagarde, patron de l’UDI, qui avait semé le trouble début septembre en tendant la main à Emmanuel Macron, appelle lui aussi désormais les centristes à voter “massivement” à la primaire en faveur du maire de Bordeaux.

En mars, l’UDI avait décidé en congrès de ne pas participer à la primaire, c’est-à-dire de ne pas présenter de candidat centriste. En cause : l’absence d’accord avec Les Républicains sur une plateforme commune et des investitures aux législatives.

“La force du mouvement, de la réconciliation et du courage”

Dans une tribune publiée jeudi dans Le Monde, cosignée par 600 élus UDI dont 46 parlementaires, il annonce en effet officiellement son soutien à Alain Juppé, qui “incarne la force de l’optimisme nécessaire à toute évolution, la force du mouvement, de la réconciliation et du courage”.

Le patron des députés UDI, Philippe Vigier, avait officialisé son soutien la semaine dernière. Le fils de l’ancien président VGE, l’ancien député Louis Giscard d’Estaing, l’a fait lundi.

Faisant le pari d’une primaire qui se joue au centre, contrairement à Nicolas Sarkozy qui mise sur un électorat plus à droite, l’ancien Premier ministre a tout intérêt à avoir le maximum de centristes à ses côtés, autant de relais susceptibles de mobiliser les électeurs en vue du scrutin des 20 et 27 novembre.

Des ralliements à mettre en parallèle avec la volonté des centristes de retrouver enfin un grand groupe parlementaire.

Avec AFP

Première publication : 12/10/2016

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Les investissements de l’État suédois pour accueillir 163 000 réfugiés en deux ans ont contribué à accélérer la croissance suédoise, qui est devenue la plus forte d’Europe.


© Studio France 24

C’est un taux de croissance que l’on croyait réservé aux pays asiatiques. Et pourtant… La Suède a connu une progression de 4,5 % en rythme annuel au quatrième trimestre 2015. Le pays n’avait pas connu une telle croissance depuis cinq ans. Elle est plus de deux fois supérieure à celle de l’Allemagne.

La pays doit cette bonne santé économique, que le reste de l’Europe lui envie, en grande partie à l’accueil de 163 000 réfugiés depuis 2014.

Pour en arriver là, Stockholm a mené une politique interventionniste à même de provoquer une crise de panique chez n’importe quel économiste néolibéral. L’objectif : mieux intégrer les migrants. L’État a ainsi dépensé 2,5 milliards d’euros pour faciliter l’installation de réfugiés. La banque centrale suédoise a, de son côté, décidé de baisser son taux directeur à un niveau historiquement bas (-0,5 %) afin de faciliter le crédit pour lancer une grande campagne de construction de logements pour les nouveaux arrivants.

Immobilier et emploi

Ce choix a entraîné un boom du secteur de l’immobilier, a permis à une partie des réfugiés de trouver un premier emploi, ce qui leur a octroyé un certain pouvoir d’achat et a ainsi donné un coup d’accélérateur à la consommation.

L’exemple suédois prouve qu’alors “qu’on pensait que l’impact bénéfique économique des réfugiés était plutôt sur le long terme, cet afflux peut aussi accélérer la croissance à court terme”, assure l’économiste britannique Jonathan Portes, interrogé par la quotidien The Independent.

L’interventionnisme suédois n’est cependant pas transposable dans tous les États européens, assure BFMTV. Le pays nordique a les moyens de sa politiques car son déficit public est négligeable (il a présenté un budget à l’équilibre en 2015), contrairement à un grand nombre de ses voisins qui se battent pour couper dans les dépenses.

Première publication : 12/10/2016

Dans le livre entretien “Un président ne devrait pas dire ça…” à paraître jeudi, les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet révèlent les confidences troublantes de François Hollande, recueillies depuis 2012. Extraits.

Explosif. Dans “Un président ne devrait pas dire ça…”, à paraître jeudi 13 octobre, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont recueilli cinq ans de confidences de François Hollande. Le chef d’État se livre pêle-mêle sur l’islam, le voile, Julie Gayet, Nicolas Sarkozy, ou l’équipe de France de football. Tout y passe. Florilège des bonnes pages publiées mardi 11 octobre par L’Express.

Immigration

Sur l’immigration d’abord, le président livre un discours bien différent de celui auquel les Français sont habitués. Il y a en France “trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là”, peut-on lire dans ce livre de 600 pages. Il juge également qu'”il y a un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute”, […] ” Parce que l’islam demande des lieux, des reconnaissances. Ce n’est pas l’islam qui pose un problème dans le sens où ça serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République”.

Et le président de poursuivre, “ce qui peut poser un problème, c’est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine”.

La femme voilée, la “Marianne de demain”

François Hollande explique aussi “que la femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain”.”Parce que d’une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions de son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l’être, capable de porter un idéal”, plaide encore le chef de l’État dans l’ouvrage.

“Finalement, quel est le pari que l’on fait? C’est que cette femme préfèrera la liberté à l’asservissement. Que le voile peut être pour elle une protection, mais que demain elle n’en aura pas besoin pour être rassurée sur sa présence dans la société”, dit encore Hollande.

La déchéance de la nationalité

Dans le livre, une large place est accordée aux thématiques identitaires. Ainsi François Hollande y aborde largement le thème de la déchéance nationale. “Oui”, il regrette d’avoir proposé d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution pour les auteurs d’actes de terrorisme.

“L’identité, c’est plutôt l’idée de Nicolas Sarkozy. Le sujet existe, mais il ne peut pas être un thème fédérateur pour la gauche”, juge le président. “La gauche ne peut pas gagner sur le thème de l’identité, mais elle peut perdre sur le thème de l’identité”, dit-il encore.

Nicolas Sarkozy

François Hollande évoque largement la personnalité de Nicolas Sarkozy. “C’est le petit De Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien là, ce serait De Gaulle le petit”.

“Les cassettes” de l’ex-conseiller, Patrick Buisson, “sont très importantes, non pas qu’elles révèlent quoi que ce soit – il n’y a pas de secrets d’État i mais elles vont révéler ce qu’est ce type. Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme”.

“Ce qu’on ne voit pas chez lui, c’est qu’il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n’est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d’appât de l’argent ? […] Il s’entoure de gens d’argent. Pourquoi ? […] L’argent et toujours l’argent ! C’est ça qui est étonnant”.

“Moi, président de la République, je n’ai jamais été mis en examen […] Je n’ai jamais espionné un juge, je n’ai jamais rien demandé à un juge, je n’ai jamais été financé par la Libye”.

François Fillon

Le chef de l’État revient également sur l’affaire Fillon / Jouyet. Selon lui, l’ex-Premier ministre a bien demandé à l’Élysée d’accélérer les procédures en cours contre Sarkozy : “Il a dit à Jouyet [secrétaire général de l’Élysée] : ‘Mais comment ça se fait que vous ne poussiez pas la justice à en faire davantage ?'”.

Il évoque également d’autres personnalités comme Manuel Valls, qui, par sa “loyauté absolue”, serait son héritier.

Emmanuel Macron, avant sa démission du gouvernement ? Un “garçon gentil”, “authentiquement de gauche”. “Emmanuel Macron, c’est moi”.

Les Femmes

Ségolène Royal ? “Celle qui me connaît le mieux”, “celle dont je suis le plus proche”. Quand elle participe à son premier Conseil des ministres, le 4 avril 2014, “elle était heureuse, émue, on a échangé un regard, voilà, c’est une belle histoire”.

1- “Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Je lui ai fait un numéro de charme. Mais tu ne dois pas

— Valerie Trierweiler (@valtrier) 12 octobre 2016

Valérie Trierweiler ? “L’obsession de Valérie, ce n’était pas Julie [Gayet] ou une autre, c’était Ségolène”. “Elle n’était jamais rassurée. Parce qu’elle pensait toujours que Ségolène allait revenir”. Leur rupture a été “le pire moment personnel du quinquennat”.

Le livre “Merci pour ce moment” ? “Ce livre n’était pas un acte malveillant, mais l’acte d’une femme malheureuse”. Mais il n’a pas digéré l’expression “sans-dents”, même s’il a bien employé ces mots : “Je lui ai dit : je vois les gens qui viennent vers moi dans les manifestations, ce sont des pauvres, ils sont sans dents”. “C’est odieux, c’est une trahison. Quand je dis : j’aime les gens, c’est vrai”.

2- t’inquiéter. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents” F. Hollande. 31/05/2005. 12h39

— Valerie Trierweiler (@valtrier) 12 octobre 2016

Gayet ? “Elle souffre de cette situation, elle est demandeuse de le faire [officialiser leur relation]. Ça brûle”. Mais lui refuse pour l’instant, “y compris pour le second quinquennat”.

Les Bleus

François Hollande n’écarte pas le sport de ses révélations et avoue qu’il donnerait bien à certains joueurs des leçons de “musculation du cerveau”. “Ils sont passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation”.

Son avenir politique

À demi-mot, François Hollande évoque sa future candidature à l’élection présidentielle. “Je n’ai pas peur de perdre. Je n’aurai pas de frustration et je n’en voudrai pas aux Français”. “Je ne courrai pas le cacheton” en faisant des conférences.

L’homme d’État avoue enfin qu’il aimerait que l’on dise de lui qu’il a “été courageux”.

Avec AFP

Première publication : 12/10/2016

Plusieurs ONG engagées à Calais ou dans les centres d’accueil et d’orientation des migrants se sont inquiétées de nouveau mardi, du démantèlement imminent de la “jungle”. Selon Bernard Cazeneuve, l’opération aura lieu “dans les meilleurs délais”.

Aucune date n’a été officiellement confirmée, mais selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, mardi 11 octobre, le démantèlement de la “jungle” de Calais, qui abrite actuellement près de 10 000 personnes, interviendra “dans les meilleurs délais”. L’imminence de cette opération d’évacuation inquiète les associations engagées à Calais, notamment sur le sort des mineurs isolés et la rapidité de l’intervention, difficilement compatible selon elles avec une opération respectueuse des droits.

“Nous sommes en train de préparer le démantèlement de Calais (…) dans des conditions humanitaires que nous voulons exemplaires”, a déclaré Bernard Cazeneuve, se voulant rassurant, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Dans un communiqué commun avec la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, le ministre de l’Intérieur a précisé que le démantèlement de ce camp de fortune situé sur une lande et qui abrite des migrants en quête d’un passage au Royaume-Uni “interviendra lorsque les conditions fixées pour une prise en compte de chacun seront réunies.”

#Emmaüs demande le report du démantèlement de la #jungle” de #Calaishttps://t.co/8e9l5anunq via @Europe1pic.twitter.com/4UMKmKBOmK

— Emmaüs France (@emmaus_france) 10 octobre 2016

Les associations contre la “précipitation”

“Quelques inquiétudes restent latentes, sur la qualité du diagnostic”, a réagi Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade. Un bon diagnostic de chaque personne, pour voir si elle est vulnérable, en famille, etc, suppose “qu’il n’y ait pas de précipitation”, a-t-il rappelé. Or “le temps risque d’être court si on précipite le démantèlement.” La date du 17 octobre avait été évoquée, notamment par le Défenseur des droits.

Les associations s’inquiètent également du sort des migrants qui refuseraient les propositions de placement en centres d’accueil et d’orientation (CAO) faites par les autorités. Ces personnes seraient alors redirigées vers des centres de rétention, indique Jean-Claude Mas. “Ça n’est pas la réponse qui nous semble adaptée”, dit-il.

“Opération sécuritaire”, “Chasse aux exilés”

Devant les associations rencontrées lundi, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse avaient assuré que tous les mineurs isolés se verraient proposer une orientation adaptée à leur situation, au Royaume-Uni ou en France. Ils ont également rappelé que près de 7 000 places avaient pu être créées dans de nouveaux CAO pour les migrants qui quitteront le campement de la lande, venant compléter les 3 000 existantes.

Emmaüs avait demandé lundi soir “le report du démantèlement” du campement de migrants, tandis qu’un responsable du Secours catholique dénonçait une “opération sécuritaire” et une “chasse aux exilés”.

Selon des associations de terrain, environ 1 000 migrants ont déjà quitté Calais d’elles-mêmes, en anticipation du démantèlement.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/10/2016

Sven Mary et Frank Berton, les avocats de Salah Abdeslam, ont annoncé mercredi qu’ils renonçaient à le défendre en raison du mutisme dans lequel le suspect-clé des attentats du 13 novembre à Paris est plongé depuis plusieurs semaines.

Les avocats de

Salah Abdeslam

jettent l’éponge. Sven Mary et Frank Berton

ont annoncé mercredi 12 octobre

qu’ils renonçaient à défendre le suspect-clé des

attentats parisiens du 13 novembre

, perclus dans son silence. “On a décidé l’un et l’autre de renoncer à la défense” d’Abdeslam. “Nous avons la conviction qu’il ne s’exprimera pas et qu’il appliquera le droit au silence”, a expliqué Frank Berton aux côtés de Sven Mary.

“Dans cette position qui est la nôtre, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Nous l’avons dit dès le début, nous avons prévenu : si notre client reste muet nous quitterons sa défense”, a poursuivi Me Berton.”Quand on a le sentiment d’être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise”, a poursuivi son confrère, l’avocat belge, Me Mary.

Dans une interview accordée à l’Obs et mise en ligne le 12 octobre, les deux avocats de Salah Abdeslam reviennent sur les raisons de son mutisme. “J’assiste, depuis sept mois, au spectacle d’un garçon de 27 ans qui sombre psychologiquement”, explique Frank Berton, qui pointe du doigt le “système carcéral organisé pour lui”.

Leur ex-client, mis en examen pour assassinats terroristes et suspect-clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts, est détenu à l’isolement depuis le 27 avril à Fleury-Mérogis (sud de Paris) et placé sous vidéosurveillance 24h/24.

Épié “comme un rat dans sa cage”

Ses avocats avaient tenté, devant le Conseil d’État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l’avait débouté fin juillet, estimant que “le caractère exceptionnel des faits terroristes” pour lesquels il est poursuivi “impliquait que toutes les précautions soient prises”.

“Le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l’épiant comme un rat dans sa cage”, poursuit son avocat lillois, déplorant que les intérêts politiques l’emportent sur la recherche de la vérité. “Les postures politiques ont à mon sens desservi le combat judiciaire. Salah Abdeslam est devenu le symbole de la lutte anti-terroriste, enjeu présidentiel majeur”, ajoute-t-il, avant de lâcher “en 25 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça”.

Pour son avocat belge, Mary Sven, “ses conditions de détentions relèvent de la torture psychologique mais les gens s’en moquent. Qu’on le pende haut et court, est-ce ce qu’ils souhaitent ? En tout cas, c’est triste pour l’État de droit”…

L’unique membre encore vivant des commandos du 13 novembre, refuse également de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l’enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce son droit au silence pendant l’interrogatoire.

Première publication : 12/10/2016