Archive for October 12th, 2016

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L’acteur américain Danny Glover est venu manifester à Paris son soutien aux salariés américains de Nissan, dont Renault est le principal actionnaire. Ceux-ci dénoncent les pratiques “antisyndicales” dans l’usine de Canton, aux États-Unis.

Célèbre pour son rôle de vieux flic grincheux dans “L’Arme fatale”, l’acteur Danny Glover continue de se battre, mais loin des plateaux de cinéma. Il était à Paris mercredi 12 octobre pour soutenir des salariés américains de Nissan. À l’occasion du Salon de l’automobile, il en a profité pour dénoncer les pratiques de l’entreprise, dont Renault est le principal actionnaire, dans son usine de Canton, dans le sud des États-Unis.

@mrdannyglover avec #Renault#MondialAuto Xigez respect d #droitsciviques ds Mississippi par #Nissan ! #Retweet: https://t.co/jDJdHeHmjNpic.twitter.com/68IUMW2Hxl

— Renault AntiSyndicat (@RenaultDroits) 12 octobre 2016

“Canton est une très grande usine. Elle fait des pièces détachées pour toute l’Amérique du Nord. Les ouvriers essayent depuis des années d’organiser un vote pour créer un syndicat, mais on les menace de fermer l’usine”, a-t-il ainsi expliqué sur l’antenne de BFM Business.

Comme le précise le site du Monde, depuis 12 ans la direction de cet établissement “empêche de fait la tenue d’un référendum – préalable, selon les règles du Mississippi –, à la création d’une section syndicale”. Selon Morris Mock, un ouvrier de l’usine, lui aussi présent à Paris avec Danny Glover, les employés ont subi des manœuvres d’intimidation pour arrêter leur protestation. “Je prends de gros risques en venant ici. Je comprends que les gens pensent à leur famille d’abord, mais ce que fait Nissan là-bas est illégal”, a-t-il décrit au quotidien français.

Danny Glover à Paris pour défendre les droits des ouvriers de Nissan dans le Mississippi pic.twitter.com/CtJ3BpQIbm

— Eric Béziat (@ericbeziat) 12 octobre 2016

Dans ce combat, Danny Glover a reçu le soutien de plusieurs parlementaires français, ainsi que celui de syndicats comme la CGT, FO et la CFDT. Il espère aussi sensibiliser à cette cause l’État français, qui a une participation de près de 20 % dans Renault.

Du côté de Nissan, l’entreprise conteste les accusations des ouvriers. “En juin dernier, la venue d’une délégation de syndicalistes américains n’a rien donné, Carlos Ghosn, le PDG du groupe Renault-Nissan, n’ayant pas souhaité les recevoir”, précise le site de France Info.

Première publication : 13/10/2016

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La tension ne retombe pas entre Varsovie et Paris depuis l’annulation par la Pologne d’un contrat de vente d’hélicoptères Airbus. Côté polonais, on tente de déplacer la polémique sur le terrain historique et gastronomique…

C’est un véritable coup de fourchette dans le dos. Alors que la France et Airbus fulminent depuis l’annulation d’un contrat d’hélicoptères, menaçant de poursuivre la Pologne en justice, un ministre polonais a ressorti une vieille histoire sans rapport apparent avec l’affaire. “Ce sont des gens à qui nous – Polonais – avons appris à manger avec des fourchettes il y a plusieurs siècles, ce qui peut expliquer leur comportement aujourd’hui”, a déclaré Bartosz Kownacki, le vice-ministre polonais de la Défense, mercredi 12 octobre.

Une manière de souligner les soi-disant mauvaises manières de Paris et remettre le couvert sur les tensions qui existent entre les deux pays depuis plus d’une semaine. Paris a fait preuve de mauvais goût aux yeux de Varsovie en annulant l’invitation de la délégation polonaise pour le salon Euronaval, qui doit se dérouler dans la capitale française la semaine prochaine. “La France nous avait convié il y a longtemps et maintenant, il nous montre la porte”, s’est plaint Bartosz Kownacki.

La réaction française n’est pas le premier camouflet protocolaire ou diplomatique à la Pologne depuis le début de l’affaire des hélicoptères Caracal d’Airbus, dont Varsovie ne veut plus. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annulé une visite prévu lundi en terre polonaise et le président François Hollande ne s’y est pas non plus rendu jeudi 13 octobre, comme prévu à son agenda.

Henri III, fils de Catherine de Médicis et roi de Pologne

Le vice-ministre polonais de la Défense a donc décidé de ressortir une vieille polémique censée ridiculiser la France. Historiquement, la fourchette a été introduite dans l’Hexagone en 1574 par Henri III, alors qu’il n’était pas encore le souverain français, mais le roi de… Pologne.

Reste à savoir où Henri III, né en France et fils de la reine française d’origine italienne Cathérine de Medicis, a donné son premier coup de fourchette. Pour les uns, dont Bartosz Kownacki fait parti, il a découvert l’ustensile en Pologne où il avait été introduit 50 ans plus tôt par la reine Bona Sforza. D’autres historiens, et la thèse est plus répandue d’après The Guardian, suggèrent que le jeune roi a fait connaissance avec ce couvert lors d’un voyage à Venise, alors qu’il visitait le pays de naissance de sa mère.

Quelque soit le chemin pris par la fourchette pour rejoindre l’assiette française, ce rappel historique à valu au ministre polonais un rappel à l’ordre par Varsovie. Les propos ont été jugés “malheureux” et “peu diplomatiques”, par la porte-parole du parti au pouvoir Droit et Justice, Beata Mazurek. Une manière de faire comprendre à Bartosz Kownacki qu’il aurait pu éviter de mettre les pieds dans le plat.

Première publication : 13/10/2016

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L’accord sur le gazoduc TurkStream, signé lundi, est hautement stratégique pour la Russie, car il va permettre de contourner l’Ukraine pour livrer du gaz aux Turcs dans un premier temps, puis ensuite, comme l’espère Moscou, à l’Europe.

L’aggravation de la tension diplomatique entre la France et la Russie autour de la visite avortée de Vladimir Poutine en France, sur fond de crise syrienne, a relégué au second plan dans les médias la signature de l’accord turco-russe sur la réalisation du gazoduc TurkStream, d’un coût estimé à plus de dix milliards de dollars. Une information pourtant capitale d’un point de vue stratégique et géopolitique pour la Russie.

Cet accord permet au président russe non seulement de sceller la réconciliation entre Moscou et Ankara, ce qui paraissait il y a encore quelques mois inenvisageable tant la tension était extrême avec son homologue turc Tayyip Recep Erdogan, mais aussi de continuer à avancer ses pions au Moyen-Orient. Mais il a surtout l’avantage crucial de diversifier à l’avenir le transit du gaz russe à destination du marché européen et de consolider la position dominante de la Russie sur le marché continental (les experts estiment que 30 à 40 % du gaz importé par l’Union européenne est originaire de Russie).

Un pas de plus pour contourner l’Ukraine

Isolée et sanctionnée financièrement par l’UE depuis la crise ukrainienne, la Russie voit en effet, grâce à TurkStream, se matérialiser sa volonté de diversifier à terme ses voies d’acheminement du gaz vers l’Europe. Ce gazoduc s’étendra pour l’instant des côtes russes de la mer Noire jusqu’à la partie européenne du territoire turc, la construction du tronçon de TurkStream à destination du marché européen n’étant pas encore actée. Ce projet avait initialement été dévoilé fin 2014 en même temps que l’abandon, en pleine crise ukrainienne, du projet South Stream, bloqué par l’Union européenne.

1- Les péripéties autour de la visite de Poutine à Paris ont occulté les résultats des entretiens russo-turcs d’hier. Or ils sont majeurs.

— Arnaud Dubien (@ArnaudDubien) 11 octobre 2016

2- Le projet Turkish Stream comprendra au moins deux lignes. Cela signifie que le gaz russe pour la Turquie ne passera plus par l’Ukraine.

— Arnaud Dubien (@ArnaudDubien) 11 octobre 2016

Il n’a pas échappé à Moscou “que les crises gazières résultent de plus en plus de tensions politiques alors qu’auparavant c’était l’inverse, c’est-à-dire que les crises gazières menaient à des tensions politiques”, explique Aurélie Bros, docteur en géopolitique, consultante de l’Observatoire franco-russe et chercheuse associée à l’Ifri, interrogée par France 24.

Dans un premier temps, le gazoduc TurkStream va donc permettre à la Russie et au géant de l’énergie Gazrprom de contourner l’Ukraine – et de ne plus dépendre de son voisin avec lequel elle a déjà vécu deux crises majeures en 2006 et 2009 -, par laquelle transitent les exportations de gaz vers la Turquie, deuxième client du gaz russe après l’Allemagne (entre 2009 et 2011 60 % à 70 % du gaz russe exporté transitait encore par l’Ukraine). Selon les experts, la demande turque en gaz pourrait doubler d’ici 2020-2030.

“Gazprom construit de la capacité de transport pour contourner l’Ukraine, même s’il y a des incertitudes qui pèsent sur le futur de la demande, précise Aurélie Bros. Et la capacité de transport du gazoduc TurkStream sera suffisante pour arrêter le transit du gaz russe à destination du marché turc via l’Ukraine. Pour Kiev, cela a un coût économique puisque le pays voit ses revenus du transit du gaz diminuer, mais aussi un coût politique étant donné que son pouvoir de négociation diminue”.

UE et gaz russe, une dépendance mutuelle

Le contrat de transit du gaz russe via le territoire ukrainien va expirer fin 2019. “Quid du 1er janvier 2020 ? Pour l’instant, personne ne semble être en mesure d’apporter une réponse, indique Aurélie Bros. On sait simplement que Russes et Ukrainiens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les termes d’un hypothétique contrat de transit après cette date”. Un blocage qui pourrait persister tant que le prix du transit ne sera pas acceptable aux yeux de Gazprom, estime-t-elle. Moscou a menacé à plusieurs reprises de ne plus du tout passer par l’Ukraine pour alimenter l’Europe, à compter de 2019.


Contrairement au projet de départ, le gazoduc TurkStream qui devait relier la Russie à l’Europe centrale, terminera sa course non pas sur le sol de l’UE, mais dans la ville turque d’Ipsala, à quelques encablures de la frontière grecque. “Ce n’est pas un hasard, car c’est là que devra se faire la connexion entre le gazoduc Transanatolien (TANAP) et celui Transadriatique (TAP), précise Aurélie Bros. C’est ce grand projet de Corridor Sud que les Européens sont en train de développer pour acheminer le gaz azerbaïdjanais vers l’UE”.

Et d’ajouter : “Or rien n’empêche Gazprom de demander d’accéder à une partie de la capacité de transport de TAP à l’horizon 2020. Dans ce cas, la Russie ferait d’une pierre deux coups : contourner l’Urkaine et résoudre l’épineux problème de l’application du droit européen en matière d’énergie [tout gazoduc qui n’est pas un gazoduc de production doit offrir l’accès aux tiers dès qu’il pénètre les eaux territoriales de l’UE, NDLR] “.

Qu’elle obtienne le prolongement de TurkStream sur le sol européen, ou qu’elle passe par TAP, Moscou espère livrer à terme des milliards de m3 de gaz par an à des pays membres de l’UE qui ont déjà fait part de leur intérêt à ce circuit qui met hors-jeu l’Ukraine.

Car au final, si la Russie n’a aucun intérêt à atteindre le point de rupture avec son principal client, qui reste l’UE, cette dernière qui cherche pour des raisons sécuritaires et stratégiques à ne plus dépendre de Moscou, ne peut non plus renoncer au gaz russe qui reste très compétitif.

Première publication : 13/10/2016

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Le géant japonais Sony lance son casque de réalité virtuelle Playstation VR pour concurrencer l’Oculus Rift et le Vive de HTC. Selon certains, il ne s’agit pas d’un casque de plus mais du produit qui pourrait démocratiser cette technologie.

Il est présenté comme le messie de la réalité virtuelle. Le casque qui va faire entrer cette technologie permettant de se projeter dans un univers virtuel à 360° dans l’ère de la consommation de masse. Sony lance, jeudi 13 octobre, le Playstation VR, sa réponse au Rift d’Oculus (propriété de Facebook), au Vive d’HTC ou encore au GearVR de Samsung.

Pour l’heure, le marché demeure encore confidentiel. D’après une étude de Steam, une plateforme de vente de jeux vidéo dématérialisés qui compte 125 millions d’utilisateurs dans le monde et permet aussi d’utiliser des casques de réalité virtuelle pour certains jeux, seule une infime partie des inscrits ont un HTC Vive (0,18 %) ou un Oculus Rift (0,1 %). Pas de quoi parler d’une déferlante.

Prix et jeux vidéo

Deux caractéristiques, estiment les analystes, donnent à la Playstation VR une longueur commerciale d’avance sur ses concurrents. Le casque est vendu à un prix attractif pour le commun des consommateurs – 400 euros contre 700 euros pour l’Oculus Rift et 950 euros pour le HTC Vive – et il dispose d’un marché de plus de 30 millions d’acquéreurs potentiels : tous ceux qui possèdent une Playstation 4.

Ce dernier point n’est pas anodin car les alternatives haut de gamme (Vive, Oculus) nécessitent d’investir dans un ordinateur ultra-puissant pour profiter à 100 % des paradis artificiels de cette VR de luxe, ce qui peut ajouter plus de 1 000 euros à l’addition.

Les avantages de la Playstation VR pourraient permettre de populariser cette technologie qui en a grand besoin pour s’imposer commercialement. “Les gens ne sont pas familiers avec ce qu’offre la réalité virtuelle, ce qui la rend difficile à vendre et c’est le principal obstacle à son adoption par le plus grand nombre”, affirme J.P. Gownder, vice-président et analyste principal pour le cabinet américain d’étude de marché Forrester Research, contacté par France 24.

Le casque de Sony bénéficie de la réputation de la marque Playstation et sert essentiellement à jouer aux jeux vidéo, une utilisation facile à comprendre. “La VR est un usage sociétal un peu particulier puisqu’on met un masque et qu’on s’isole du monde extérieur, il faut donc démontrer la valeur d’usage et le jeu vidéo peut y contribuer”, explique Thomas Husson, analyste français pour Forrester Research.

Ad nauseum ?

Le jeu vidéo serait donc une sorte de casque VR de Troie. Les gamers représentent l’avant garde de la potentielle révolution de la réalité virtuelle. “C’est un cible plus susceptible que les autres d’adopter facilement cette technologie”, note Thomas Husson.

Reste à trouver la prochaine étape. Elle pourrait être de faire entrer cette technologie dans l’univers des réseaux sociaux, c’est-à-dire permettre à des utilisateurs de se retrouver virtuellement en chair et en pixel sans quitter leur canapé alors même qu’ils sont à des centaines de kilomètres les uns des autres. “L’aspect social est très prometteur et c’est pour ça que Facebook, qui a acquis Oculus [pour deux milliards de dollars en 2014, NDLR], a dévoilé Avatar la semaine dernière”, souligne J.P. Gownder.

Mais l’avènement d’une VR de masse n’est pas inéluctable. Les premiers tests de la Playstation VR ont démontré que le sentiment de nausée dû à la perte de repères persiste encore chez certains utilisateurs malgré les progrès apportés à la technologie. Les contenus ne sont en outre pas encore tous à la hauteur de la promesse d’immersion. “Les jeux [sur Playstation VR] les plus prometteurs vont arriver plus tard”, conclut le quotidien britannique The Guardian laissant entendre que l’offre de lancement peut décevoir.

Il y a aussi deux niveaux de réalité virtuelle. L’offre de casques se divise entre l’entrée ou moyen de gamme (Samsung GearVR, Playstation VR) et le haut de gamme (Oculus, Vive). “Il existe un risque que ce soit déceptif si l’utilisateur associe une vraie expérience immersive avec ce que peut proposer un casque bas de gamme”, prévient Thomas Husson. Le consommateur pourrait alors se dire “tout ça pour ça” et se détourner de la réalité virtuelle.

Première publication : 13/10/2016

La magistrature de France a dénoncé jeudi la vision dégradante de François Hollande du corps judiciaire, après la publication d’extraits du livre “Un président ne devrait pas dire ça…” dans lequel il qualifie l’institution de “lâche”.

Rares ont été ceux qui se sont portés volontaires pour défendre les confidences de François Hollande, révélées dans le livre “Un président ne devrait pas dire ça…”, dont les bonnes pages sont parues dans la presse. Jeudi 13 octobre, la magistrature est montée au créneau pour dénoncer les “outrances” du président à l’encontre du corps judiciaire, après ses propos sur la prétendue “lâcheté” de l’institution.

>> À (re)lire sur France 24 : “Un président ne devrait pas dire ça” : les nouvelles révélations sur François Hollande

“Le président de la République en exercice a laissé publier, sans les démentir, des propos où il qualifie l’institution judiciaire, institution de lâcheté”, a déclaré Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, en préambule d’un discours de présentation de nouveaux magistrats.

Et de rappeler que son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait qualifié les magistrats de “petits pois sans saveur.” “Ces outrances renouvelées à l’encontre du corps judiciaire (…) posent un problème institutionnel”, a-t-il déclaré.

“Il n’est pas concevable que la charge de président de la République (…) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice.”



Des élus de droite et de gauche montent au créneau

La classe politique n’a pas non plus manqué de commenter les confidences présidentielles. À quelques heures du premier débat de la primaire de droite jeudi soir, l’une des sept candidates, Nathalie Kosciusko-Morizet, a brocardé les confidences de François Hollande. “On a envie de demander quand est-ce qu’il arrête de se confesser. Et puis quand est-ce qu’il travaille surtout ?”, a-t-elle lancé.

“Cette obsession de faire lui-même la chronique de son quinquennat (…) avec des fausses confidences, c’est quelque chose qui me surprend pour l’exercice de la fonction présidentielle”, a renchéri le président du MoDem, François Bayrou. “Il perd la boule”, a de son côté lâché un député PS.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres, a défendu “un exercice de transparence”. “Lorsque les livres sortent, ça peut être quelque fois hors contexte, ça peut effectivement susciter des débats, irriter, mais ça permet dans une démocratie à chacun de pouvoir avoir la lecture des événements qui se déroulent, des sujets qui peuvent être à un moment ou à un autre posés”, a-t-il plaidé.

“Son livre est un point historique sur son quinquennat”

Son ex-compagne Ségolène Royal a, quant à elle, préféré botter en touche. “Il faut que le débat politique reprenne de la hauteur”. Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, centre de recherches politiques de Sciences-Po, la sortie de ce livre, prévue ce jeudi, n’a rien d’étonnant. “François Hollande est dans l’accélération claire pour une nouvelle candidature, son livre est un point historique sur son quinquennat, le pourquoi du quoi, il en est ou sur son mandat, c’est absolument existentiel, il donne des raisons à un nouveau mandat. […] Et de poursuivre, il raconte une histoire, inversion de la courbe, protection des français etc… Il parle également des avantages des présidents, il joue la carte du garant de l’équilibre en France face à une extrême droite dangereuse”.

Première publication : 13/10/2016

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Dans le “Journal de l’économie”, jeudi 13 octobre, la démission du patron de Wells Fargo, les déboires de Samsung qui pourraient peser sur la croissance sud-coréenne et qui créent un vent de panique chez les équipementiers télécoms et, enfin, l’essence qui aura le même avantage fiscal que le diesel en France.

Sa démission était attendue. John Stumpf jette l’éponge. Le patron de la quatrième banque américaine, premier octroyeur de crédit aux États-Unis, est remplacé par son numéro deux. Mais cette décision ne calme pas la colère d’une partie de la classe politique à Washington, qui estime que John Stumpf n’a pas suffisamment payé pour le scandale des deux millions de comptes fantômes de la banque.

Également dans le “Journal de l’économie”, un autre scandale : celui des explosions du Galaxy Note 7. Mardi 11 octobre, Samsung a annoncé arrêter la production du smartphone. Une décision qui devrait avoir un impact sur le chiffre d’affaires du groupe et aussi sur le PIB de la Corée du Sud : la banque centrale du pays abaisse ses prévisions de croissance pour 2017. Samsung n’est pas le seul du secteur des telecoms sur lequel souffle un vent de panique. En Suède, l’action Ericsson a perdu plus de 20 %, après l’annonce d’une forte baisse des profits du groupe.

Enfin, en France, la ministre de l’Écologie annonce que l’avantage fiscal des entreprises pour l’essence sera le même que pour le diesel. Une mission parlementaire préconisait pourtant la fin de ces avantages fiscaux. Mais Paris a tranché, jugeant que la suppression de ces remises pourrait avoir un impact trop important sur l’emploi.

Par Christophe DANSETTE

Alors que les sondeurs et les médias annoncent déjà le duel Juppé-Sarkozy au deuxième tour de la primaire de la droite, les cinq autres candidats espèrent changer la donne grâce à trois débats télévisés, dont le premier se tient jeudi soir sur TF1.

“Captation”, “rapt”, “pressions sondagières” : les deux porte-paroles de François Fillon, Valérie Boyer et Jérôme Chartier, n’avaient pas de mots assez durs, mardi 11 octobre, lors de leur point presse hebdomadaire, pour critiquer le rôle joué par les sondages dans la campagne de la primaire de la droite et du centre (20 et 27 novembre). En plaçant systématiquement Alain Juppé et Nicolas Sarkozy largement en tête des intentions de vote, ceux-ci sont accusés d’aider ces deux candidats en laissant croire aux électeurs que le premier tour est déjà plié. Mais “le duo de tête n’existe que dans les sondages”, affirme Valérie Boyer. “Les Français ne savent pas encore pour qui ils vont voter”, assure de son côté Jérôme Chartier.

Même son de cloche chez Bruno Le Maire. “Aujourd’hui la primaire est verrouillée par un duel entre un ancien président de la République et un ancien Premier ministre, ce qui empêche l’émergence d’autres forces”, regrettait-il ainsi, mardi matin, sur RTL.

Comme depuis le début de la campagne, la dernière livraison de Kantar Sofres-OnePoint, publiée le 10 octobre, place en effet Alain Juppé (42 %) et Nicolas Sarkozy (28 %) en tête des intentions de vote. Suivent ensuite, loin derrière, Bruno Le Maire et François Fillon (tous deux à 11 %), Nathalie Kosciusko Morizet (4 %), et enfin Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson (tous deux à 2 %).

Pour les cinq candidats “invisibles”, le premier des trois débats télévisés, qui sera diffusé jeudi soir en direct sur TF1, à partir de 21 h 00, constitue donc un rendez-vous crucial, l’occasion d’être vu et entendu, et de se donner une chance au premier tour.

>> À voir sur France 24 : “Infographie : qui sont les candidats de la primaire de la droite et du centre ?”

Face aux Français, leur premier défi sera de faire oublier les sondages. “La mobilisation qu’on voit sur le terrain, lors de nos meetings, lors de nos opérations de tractage, ne correspond pas du tout à ce qu’on voit dans les médias”, explique à France 24 l’entourage de Bruno Le Maire, qui ne devrait pas manquer d’insister sur ce point.

Un membre de l’équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet rappelle, lui, qu’en 2011, lors de la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg avait obtenu plus de 17 % des suffrages au premier tour, soit nettement plus que les 10-12 % que lui accordaient les sondages.

“Les Français vont peut-être écrire une autre histoire, veut croire, quant à elle, la porte-parole de François Fillon. Il y a une prise de conscience chez eux que l’élection présidentielle se joue en quatre tours et que le premier” se déroule le 20 novembre.

“Insister sur ce qui différencie notre programme de celui des autres”

Le débat télévisé permettra enfin de mettre tous les candidats sur un pied d’égalité, estiment tous les proches des candidats contactés par France 24. Son déroulement sera encadré par des règles strictes : chacun des sept candidats aura d’abord une minute pour se présenter, puis viendra le temps des questions-réponses portant sur deux thèmes (la première heure sur l’économie et le social et la deuxième heure sur la sécurité, l’identité et le terrorisme), durant lesquelles tous auront le même temps de parole, soit environ 15 minutes chacun sur l’ensemble de l’émission. Les candidats pourront également s’interpeller, à condition de ne pas dépasser 30 secondes.

Un traitement bien différent, il est vrai, de celui choisi par la majorité des médias jusqu’ici. Selon le dernier baromètre mensuel JDD/Pressedd, qui relève la présence médiatique en septembre des candidats à la primaire de la droite et du centre, les noms de Nicolas Sarkozy (6 854 citations) et d’Alain Juppé (3 330 citations) ont ainsi été bien davantage cités que ceux de François Fillon (2 011 citations), de Bruno Le Maire (1 762 citations) ou de Nathalie Kosciusko-Morizet (1 038 citations).

De même, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont tous les deux eu droit, avant le débat de jeudi soir, à leur invitation pour “L’Émission politique” de France 2, quand la participation de Bruno Le Maire et François Fillon à ce programme a donné lieu à des tractations et que celle des autres candidats n’est pas prévue.

>> À voir sur France 24 : “Primaire à droite : les jeux sont-ils faits ?”

“Si vous offrez une exposition médiatique plus importante à une personne, de fait vous lui permettez de faire la pédagogie de son programme et de sa personnalité, souligne un proche de la députée de l’Essonne. Or, non seulement Nathalie Kosciusko-Morizet a été moins souvent invitée à parler, mais en plus, pendant six mois, 50 % du temps des questions qui lui étaient posées étaient liées à ses parrainages. Au final, 50 % de ses passages médias ont été pollués.”

Bruno Le Maire a affirmé mardi matin sur RTL que les débats télévisés allaient permettre de “rentrer dans le vif du sujet”, de “confronter les propositions, confronter les projets”.

>> À lire sur France 24 : “Nicolas Sarkozy et la surenchère droitière”

Mais encore faudra-t-il savoir être intelligible et convaincant. “Avec seulement une minute pour répondre à chaque question et seulement une quinzaine de questions, l’exercice est compliqué, reconnaît l’entourage de Bruno Le Maire. Il faudra être bon dans la forme et sur le fond, avec des réponses courtes et insister sur ce qui différencie notre programme de celui des autres. Car on ne cesse d’entendre et de lire que tous les candidats ont le même programme, ce débat sera l’occasion de montrer que ce n’est pas vrai.”

En coulisses, les derniers jours ont donc été mis à profit pour se préparer au mieux avant l’heure fatidique : mise en situation avec des soutiens jouant le rôle des candidats adverses, synthèse des propositions, écriture de réponses formatées ou encore travail sur la posture à adopter derrière le pupitre. Rien ne sera laissé au hasard. Les “invisibles” de la primaire de la droite savent qu’ils n’auront peut-être pas d’autre occasion de rebattre les cartes.

Première publication : 13/10/2016