Archive for October 13th, 2016

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La Marmite, la pâte à tartiner emblématique des Britanniques, est devenue la victime inattendue d’un bras de fer entre un géant des supermarchés et le numéro 1 mondial de la grande distribution, sur fond de Brexit et de livre sterling en berne.

Shocking : les Britanniques sont à court de Marmite – une célèbre pâte à tartiner à base de levure de bière, ami des petits-déjeuners outre-Manche –, par la faute combiné du Brexit et de la chaîne de supermarchés Tesco, qui a décidé de ne plus la vendre. Le quotidien britannique The Guardian évoque même la “grande guerre de la Marmite”. Douloureux réveil à la réalité post-Brexit.

Sur le site de Tesco, vendredi 14 octobre

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Tesco et Unilever (qui distribue la Marmite en Grande-Bretagne) ont assuré, jeudi 13 octobre, avoir résolu leur différend pour remettre la pâte à tartiner en vente. Mais le produit reste pour l’instant encore introuvable dans les magasins et sur le site de l’enseigne, au grand dam de millions de Britanniques qui inondent les réseaux sociaux de messages rageurs.

Tesco vs Unilever

Mais quelles sont ls raisons de ce malheureux conflit ? La Marmite a été une victime collatérale de la chute de la livre sterling, elle-même causée par la crainte des marchés financiers d’un “hard Brexit” (sortie de l’Union européenne sans accord entre Londres et Bruxelles) qui plomberait l’économie de l’île. Cet engrenage monétaire a poussé le groupe anglo-néerlandais Unilever a augmenté de 10 % les prix de ses produits vendus au Royaume-Uni – dont la fameuse pâte à tartiner –, officiellement pour absorber le manque à gagner entraîné par la baisse de la monnaie britannique (-17,5 % depuis le référendum).

Tesco a très mal réagi à cette décision. La chaîne de supermarchés affirme qu’Unilever cherchait surtout à améliorer ses marges sur le dos du Brexit et que le groupe néerlandais voulait punir le Royaume-Uni pour son vote lors du référendum. L’enseigne a donc décidé d’entamer un bras de fer et a ôté tous les produits de son fournisseur de ses étals. Outre la Marmite, les glaces Ben & Jerry’s ou le thé PG Tips ont également disparu des rayons. Ils peuvent être trouvés ailleurs, mais le boycott de Tesco, présente dans chaque ville du pays, affecte une bonne partie de la population.

Si le cas de la Marmite a tant cristallisé l’ire des Britannique, ce n’est pas seulement à cause de sa popularité. La pâte à tartiner est aussi un produit 100 % made in Britain. Elle est fabriquée à Burton upon Trent, dans le centre de l’Angleterre. Le Guardian, qui y a dépêché un envoyé spécial, a constaté que la révolte y gronde contre Unilever. Qu’un groupe perçu comme étranger prive la population d’un symbole du breakfast ne passe pas, et les habitants de la ville ont envisagé d’y organiser un boycott de tous les produits de la marque.

Marmite, smartphones et Boris Johnson

L’accord conclu entre les protagonistes pour mettre fina à cette dispute commerciale va peut-être ramener un peu de calme sur l’île. Mais l’incident a mis en lumière les conséquences très concrètes que le Brexit pouvait avoir sur la vie quotidienne des Britanniques.

Le principal opérateur téléphonique national, British Telecom, a ainsi averti que le prix des smartphones allait probablement augmenter d’au moins 10 %. Justin King, le patron de Sainsburry’s, la deuxième plus grande chaîne de supermarchés du pays, a reconnu que la chute de la livre sterling rend les importations plus onéreuses, ce qui devrait se traduire par une hausse du prix des produits importés.

Une réalité qui n’a pas empêché le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères et principal partisan de la sortie de l’UE, Boris Johnson, de réaffirmer, jeudi 13 octobre, qu’un Brexit n’a et n’aura aucune répercussion économique. À croire que l’ancien maire de Londres ne mange pas de Marmite.

Première publication : 14/10/2016

Dans une lettre envoyée jeudi au Conseil supérieur de la magistrature, le chef de l’État français a présenté ses excuses. Il y déclare “regretter profondément” ses propos sur la “lâcheté” du système judiciaire français.

François Hollande a écrit vendredi 14 octobre aux représentants des magistrats français pour leur dire qu’il “regrett[ait] profondément ce qui a été ressenti comme une blessure”.

Dans le livre “Un président ne devrait pas dire ça…” (Stock), écrit par deux journalistes du Monde, Hollande avait notamment évoqué la “lâcheté” de la magistrature. “Cette institution, qui est une institution de lâcheté… Parce que c’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique. La justice n’aime pas le politique…”

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Le chef de l’État s’est attiré en retour une rare bronca de l’ensemble de l’institution judiciaire, formalisée par les réactions courroucées du premier président de la Cour de cassation Bertrand Louvel et du procureur général, Jean-Claude Marin. Le Conseil supérieur de la magistrature a de son côté dénoncé des propos “dangereux et injustes”.

“Des pensées sans rapport avec la réalité de ma pensée”

Ces allégations “sont sans rapport avec la réalité de ma pensée comme avec la ligne de conduite et d’action que je me suis fixée comme président de la République, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire”, écrit, pour s’excuser, le président dans une lettre dont l’Élysée a transmis une copie.

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“Je regrette profondément ce qui a été ressenti comme une blessure par les magistrats dont je mesure, chaque jour, le courage et le dévouement dans la mission difficile qui est la leur”, ajoute François Hollande.

“Je tiens à vous assurer de la confiance que je porte dans la magistrature et dans celles et ceux qui la font vivre et qui méritent le plus grand respect”, conclut le président.

Avec AFP

Première publication : 14/10/2016