Archive for October 16th, 2016

Après une semaine marquée par ses confidences polémiques dans “Un président ne devrait pas dire ça…” (Stock), François Hollande a voulu, en se rendant lundi à Florange, remettre sa politique au centre de la discussion.

Pas sûr que cela suffise, mais c’est un début. En se rendant à Florange, lundi 17 octobre, François Hollande a tenté de mettre derrière lui la séquence ouverte par ses révélations dans “Un président ne devrait pas dire ça…”. Il a également une nouvelle fois défendu son bilan, assurant qu’il était non seulement un président de gauche, mais un président qui tient ses promesses. “Il n’y a eu aucun plan social ni aucun licenciement” à Florange, a-t-il rappelé, et la loi promise “empêchant qu’un grand groupe puisse abandonner un site sans chercher un repreneur” a été votée.

“Quand Florange est citée, certains pensent à la fermeture d’usine, à des licenciements, alors que ce sont des embauches, des investissements. […] Florange n’est pas un souvenir mais un avenir et le signe que le combat a été gagné”, a affirmé François Hollande, après être arrivé en toute discrétion sur le site et avoir joué au chat et à la souris avec les syndicats contestataires.

#Florange n’est pas un souvenir mais un avenir et le signe que le combat a été gagné. pic.twitter.com/jDYB6RapZH

— François Hollande (@fhollande) 17 octobre 2016

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Le problème, c’est qu’en-dehors du président de la République, il y a peu de salariés à Florange pour partager ce sentiment. Quatre ans après l’accord trouvé fin 2012 avec ArcelorMittal, celui-ci est toujours considéré comme une trahison par les syndicats de l’usine sidérurgique.

Certes, il n’y a finalement eu aucun licenciement sec mais, symbole de l’impuissance du gouvernement pour beaucoup, les hauts-fourneaux du site ont bel et bien fermé. Et le chef de l’État a beau s’être rendu à Florange pour la troisième fois depuis 2012, les ouvriers d’ArcelorMittal sont peu nombreux à y voir un réel intérêt de sa part pour leur avenir.

Ce discrédit qui touche François Hollande est aujourd’hui loin d’être circonscrit au monde ouvrier. Bien au contraire, il gagne chaque semaine un peu plus de terrain. Selon un sondage Ifop publié dimanche 16 octobre dans le Journal du Dimanche et réalisé après la parution du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, 86 % des Français déclarent ainsi ne pas souhaiter que le président de la République soit candidat en 2017, un niveau jamais atteint depuis septembre 2014.

Des remous jusque dans le premier cercle de François Hollande

Pire, la révélation de ses propos sur la magistrature, traitée d’”institution de lâcheté”, sur les footballeurs qualifiés de “gosses mal éduqués”, sur l’immigration jugée trop importante ou encore sur l’islam, sa politique économique ou le Parti socialiste, a ébranlé certains de ses plus fidèles soutiens. À tel point que se pose de plus en plus la question, à six mois de l’élection présidentielle, de la légitimité d’une nouvelle candidature du président sortant.

En déplacement au Canada, Manuel Valls a déclaré “mesurer les conséquences” des propos présidentiels sur les magistrats. “Tous ces débats, toutes ces discussions (…) ne sont pas bons pour la vie politique et la vie démocratique”, a observé le Premier ministre.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a lui estimé qu’un président “doit entretenir le feu sacré de la République” et qu’un président “ne doit pas autant se confesser”. Ce dernier a également reconnu avoir “fait part de (sa) stupéfaction” au chef de l’État. “Il y a un grand besoin d’explication pour comprendre s’il veut vraiment être candidat”, a-t-il souligné.

>> À voir sur France 24 : “‘Un président ne devrait pas dire ça…’ : François a-t-il détruit Hollande ?”

Un appel de parlementaires et d’élus locaux en faveur de la candidature de François Hollande à l’élection présidentielle, dont la publication était prévue avant la fin du mois, a par ailleurs été reporté sine die. “Il faut laisser retomber la poussière”, a déclaré lundi à Reuters un proche de Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale.

Enfin le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis “pense” que François Hollande a la “volonté” de se représenter, mais constate qu’”il ne se facilite pas la tâche” et qu’il “est en difficulté”.

Menacé par Mélenchon sur sa gauche et Macron sur sa droite

D’autant qu’avec les épines que le président de la République se plante lui-même dans le pied, ses concurrents au sein de son propre camp se frottent les mains. À sa gauche, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais semblé autant en mesure de renverser la table. Selon le sondage Ifop, paru dimanche 16 octobre, l’ancien leader du Front de gauche est, pour 34 % des Français, la personnalité qui incarnerait le mieux les idées et valeurs de la gauche en 2017, quand ils ne sont que 19 % à penser la même chose de François Hollande.

Et sur sa droite, sans être officiellement candidat mais avec une campagne déjà bien engagée, c’est Emmanuel Macron qui le menace. À en croire un sondage Viavoice-Libération publié le 3 octobre, les Français sont 36 % à estimer que l’ancien ministre de l’Économie ferait “un bon président de la République” pour 2017, tandis qu’ils ne sont que 16 % à partager cet avis à propos de l’actuel chef de l’État.

Plus que jamais, François Hollande doit donc se mettre en ordre de marche s’il compte faire mentir les sondages qui lui prédisent une élimination au premier tour en avril prochain.

“Les deux prochaines semaines vont être très importantes, explique ainsi au Monde un conseiller gouvernemental. Hollande doit absolument réussir à retisser un lien avec l’opinion. On veut bien l’aider à pousser la voiture, mais c’est à lui de mettre du carburant, sinon on va rester au point mort.”

Première publication : 17/10/2016

Près de 1 300 enfants et adolescents isolés peuplent le bidonville de Calais. Depuis plusieurs semaines, les associations s’inquiètent du sort de ces mineurs, livrés à eux-mêmes, à l’heure d’une accélération du démantèlement de la “jungle”.

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Ils sont près de 1 300 à courir entre les allées insalubres du bidonville de Calais. Des mineurs étrangers, proches de la majorité pour la plupart, et qui n’ont qu’un rêve : rejoindre l’Angleterre. Depuis longtemps, les associations d’aide aux migrants – qui tentent inlassablement de les recenser dans l’immense dédale de tentes – alertent les autorités sur la situation précaire de ces adolescents, soudanais, afghans et érythréens pour la plupart. Mais aujourd’hui, elles s’affolent. À l’approche du démantèlement complet de la jungle calaisienne, que vont-ils devenir ?

Certains devraient prochainement pouvoir réaliser leur rêve. Un premier groupe de 14 enfants est arrivé lundi 17 octobre en Grande-Bretagne. Une dizaine d’autres doivent être accueillis la semaine prochaine. Un transfert possible en vertu des accords d’Amiens, signés en mars 2016, des deux côtés de la Manche. Depuis cette date, l’Angleterre s’est officiellement engagée à accueillir des mineurs isolés ayant de la famille Outre-Manche. “Dernièrement, cinq mineurs syriens et un mineur afghan ont été transférés vers le Royaume-Uni […] Dès mardi [18 octobre], une dizaine d’autres [suivront]”, a déclaré une porte-parole de la préfecture du Pas-de-Calais à l’AFP.

#QAG@laurossignol : “Les mineurs non accompagnés de #Calais pourront rester en France” pic.twitter.com/hjFxMOqfGe

— Rosalyna (@yolene1950) 13 octobre 2016

En tout, donc, une petite trentaine de mineurs traverseront la Manche ce mois-ci. Trop peu, estiment les associations. Selon Libération, seuls 75 mineurs sont passés côté britannique depuis le début de l’année. Or 500 mineurs à Calais revendiquent actuellement un lien de parenté en Angleterre, a précisé France Terre d’Asile, une association d’aide aux migrants. Pour les ONG, le Royaume-Uni doit faire un effort supplémentaire. Mais le fera-t-il ? “Il n’y a pas d’accord massif ni d’engagement chiffré”, a confessé la préfecture du Pas-de-Calais. Les autorités britanniques n’ont pas dit non plus combien d’enfants elles accepteraient sur leur territoire.

Vérifier les liens de parenté, “un travail long et complexe”

Malgré les négociations d’Amiens sur le regroupement familial, Londres traîne des pieds. C’est du moins ce que sous-entend le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, qui a appelé son voisin européen à tenir ses promesses. “Je demande solennellement à la Grande-Bretagne d’assumer son devoir moral”, a-t-il déclaré la semaine dernière sur RTL. Il faut dire que la quasi-totalité des mineurs vivant aujourd’hui à Calais veulent quitter la France. “Sur les 1 300 jeunes de la jungle, 95 % ont exprimé le souhait de passer outre-Manche, qu’ils aient une famille ou pas là-bas”, précise Danya Boukry, chargée d’informations de France Terre d’Asile, jointe par France 24.

“Jungle” de #Calais: Bernard Cazeneuve a demandé à Londres de reprendre tous les mineurs isolés qui ont un lien familial en Grande-Bretagne pic.twitter.com/MhQdoZjGbt

— franceinfo (@franceinfo) 10 octobre 2016

Un chiffre qui laisse sceptique François Guennoc, responsable de l’Auberge des migrants, une association présente à Calais depuis des années. “C’est un pourcentage à prendre avec des pincettes. Le sondage de France Terre d’Asile a été réalisé sur un mode déclaratif, sans vérifications. Avec l’annonce du démantèlement, de nombreux jeunes adultes ont pu être tentés de mentir… “, explique-t-il à France 24.

Alors que le temps presse, François Guennoc craint surtout la lenteur des processus de vérification. “Pour prétendre au regroupement familial, il faut examiner les liens de parenté. Souvent, on demande un numéro de téléphone aux mineurs, on appelle leurs parents, leurs oncles, leurs tantes en Angleterre. Certains déclarent être de la famille alors que ce sont des passeurs et qu’ils attendent un remboursement de dette. C’est donc un travail long et complexe. Or tout le plan de démantèlement a été fait dans la précipitation”, déplore-t-il.

Côté britannique, on promet pourtant une rapidité administrative. Pour aider les Français, une équipe des services de l’immigration britanniques a été envoyée à Calais. “Il ne faut pas forcément des documents. Si on peut établir la filiation, si les récits correspondent entre le mineur et sa famille, le processus peut aller très vite”, explique une source anglaise à l’AFP.

#Calais La délégation des Défenseurs des enfants a espoir que le bon sens triomphe pour la mise à l’abri des enfants. #Démantèlement

— Défenseur des droits (@Defenseurdroits) 13 octobre 2016

“Le flou le plus complet”

Et qu’adviendra-t-il de ceux recalés par les autorités britanniques ? “Les 5 % de mineurs isolés qui vivent dans la jungle et qui veulent rester en France peuvent rejoindre des structures pérennes [comme les foyers de l’enfance ou des centres d’accueil pour mineurs isolés demandeurs d’asile (Caomida), NDLR]. Quand ils atteignent leur majorité, ils demandent l’asile”, explique France Terre d’Asile. Pour les autres, c’est encore la confusion.

Les mineurs isolés ne peuvent pas se rendre, comme les adultes, dans les Centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis sur l’ensemble du territoire français pour accueillir les 7 000 migrants de Calais. Ils ne peuvent pas non plus aller en centre de rétention administrative, qui nécessiterait l’intervention d’un juge pour enfant. Ils relèvent de la protection de l’enfance, qui, pour compliquer un peu plus la situation, est une compétence départementale.

>> À lire sur France 24 : “Deuxième exode : l’accueil des migrants de Calais divise la France”

Leur relocalisation est donc un véritable casse-tête. “Il faudrait que les départements se montrent solidaires pour les accueillir”, explique Danya Boukry, de France Terre d’Asile. Ce qui n’est pas encore le cas, ajoute-t-elle. Dans le Pas-de-Calais, deux structures d’accueil pour mineurs étrangers existent déjà : la Maison du jeune réfugié à Saint-Omer, et l’autre à Arras, d’environ 35 places chacune, “mais elles sont déjà saturées”, explique la porte-parole de France Terre d’asile. Une troisième Maison doit ouvrir avant la fin de l’année à Liévin, mais là encore d’une capacité de 30 places.

“C’est le flou le plus complet”, reconnaît de son côté François Guennoc. “Je ne sais pas ce qui est prévu pour les enfants non éligibles au passage vers l’Angleterre. On parle de CAO spécialisés, mais je n’en sais pas plus, regrette-t-il. Les autorités auraient dû faire ce travail [de recensement et de relocalisation des mineurs] depuis des mois.” Malgré sa colère, le responsable de l’Auberge des migrants veut être optimiste : “Je pense que si l’on prend le temps d’expliquer à tous ces jeunes désorientés quelles sont les démarches pour rester en France, beaucoup pourraient changer d’avis et rejoindre les structures adaptées. L’Angleterre n’est pas l’unique solution.”

Avec AFP

Première publication : 17/10/2016

Le centre d’hébergement qui doit (toujours) ouvrir autour du 5 novembre dans le XVIe arrondissement de Paris a été touché lundi par un incendie. Les secours ont découvert sur place une bouteille en verre et du liquide inflammable.

“Ce n’est sans doute pas pour rien que ça arrive maintenant”. Pour Éric Pliez, directeur de l’association Aurore chargée de la gestion du futur centre d’hébergement destiné à des personnes sans logement du XVIe arrondissement de Paris, l’incendie survenu lundi 17 octobre vers 5 heures du matin n’a rien d’un hasard.

Le gardien du centre a pu prévenir rapidement les secours et, malgré un départ de feu sur un des panneaux de bois extérieurs, le centre devrait pouvoir ouvrir, comme prévu, aux alentours du 5 novembre.

La mairie de Paris partie civile

Mais, selon une source policière, les secours ont trouvé sur place “du liquide inflammable”, signe que le feu serait d’origine criminelle. “Une plainte a été déposée et on va renforcer le gardiennage”, a assuré Éric Pliez.

Un gardien surveillait déjà 24h/24 les lieux filmés par des caméras de vidéosurveillance. Le commissariat du XVIe arrondissement est chargé de l’enquête. La mairie de Paris va se constituer partie civile.

“Un acte indigne”

Ian Brossat, l’adjoint à la maire de Paris chargé du logement et de l’hébergement d’urgence, a dénoncé sur Twitter un “acte indigne”

Un début d’incendie ce matin à 5h sur le centre d’hébergement du 16e. Honte à ceux qui se sont livrés à cet acte indigne.

— Ian Brossat (@IanBrossat) October 17, 2016

Voulue par la maire PS de la capitale, Anne Hidalgo, la création d’un centre en lisière du bois de Boulogne et pouvant accueillir 200 personnes sans logement – 100 individus en famille, 100 isolées, orientés via le 115, le numéro d’urgence social – avait provoqué une levée de boucliers dans le très chic arrondissement de l’Ouest parisien, son député-maire LR, Claude Goasguen, en tête.

En mars, plus de 40 000 riverains avaient signé une pétition contre ce “nouveau Sangatte”, en référence à l’ancien centre pour migrants de Calais, et une réunion d’information avait viré à la foire d’empoigne, certains participants en venant presque aux mains.

Avec AFP

Première publication : 17/10/2016