Archive for October 17th, 2016

Pour rendre hommage aux chibanis, la mairie de Malakoff a inauguré lundi une fresque sur un immeuble de la ville. C’est l’artiste Vince qui s’est prêté à l’exercice.

Elle s’appelle “Le chibani”. Tout simplement. La mairie de Malakoff, près de Paris, a inauguré, lundi 17 octobre, une fresque représentant un vieil homme ajustant sa cravate sur la façade d’un immeuble, rue de la tour de Malakoff. Un portrait qui représente ces milliers de travailleurs immigrés venus reconstruire la France de l’après-guerre, aujourd’hui pour la plupart en lutte pour faire reconnaître leurs droits à la retraite.

Cet homme que l’on perçoit depuis le périphérique, c’est Mohand Dendoune, père du journaliste Nadir Dendoune, arrivé en France après avoir quitté son village de Kabylie en 1950. Le street artiste Vince a peint ce portrait géant en s’inspirant de la photographie de Jérôme Bonnet primée au World Press Photo 2010.

Première publication : 18/10/2016

Le tribunal administratif de Lille a validé mardi le principe d’un démantèlement rapide de la “jungle” de Calais. La justice a ainsi rejeté le recours de 11 associations qui critiquaient les modalités de démantèlement voulues par le gouvernement.

La “jungle” de Calais sera bien démantelée. Le tribunal administratif de Lille a validé mardi 18 octobre le principe d’un démantèlement rapide du camp, rejetant le recours formé par 11 associations qui critiquaient les modalités de ce démantèlement soutenues par le gouvernement.

Dans son ordonnance, le tribunal, saisi jeudi dernier en référé-liberté, estime que “le principe même du démantèlement du site de la Lande (nom officiel de la “jungle”) de Calais ne méconnaît pas le principe de prohibition des traitements inhumains et dégradants”.

>> À voir sur France 24, notre webdoc : “La boue au ventre, immersion dans le camp de migrants de Calais”

D’après la justice, le démantèlement vise au contraire à “faire cesser” de tels traitements auxquels sont soumis les migrants qui vivent dans le camp “dans des conditions de précarité et d’insécurité dénoncées par tous”.

“Disparités de suivi des migrants”

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, dans un communiqué, a estimé de son côté que celle-ci “confortait le gouvernement dans sa démarche humanitaire et sa détermination à engager le démantèlement du campement de la Lande dans les meilleurs délais”.

Concernant les Centres d’accueil et d’orientation (CAO) vers lesquels vont être dirigés les migrants de la “jungle”, le tribunal juge que l’État “n’a pas sous-estimé le nombre de migrants devant (y) être logés”. Les associations avaient exprimé leur scepticisme sur ce dispositif, dénonçant par exemple un manque d’interprètes et des “disparités de suivi” des migrants.

>> À lire sur France 24 : “Le deuxième exode : la France se divise sur l’accueil des migrants de Calais”

Vendredi, lors de l’audience, les représentants des associations avaient également réclamé “un diagnostic plus poussé des besoins, des risques de l’évacuation”, certains évoquant “une catastrophe” en cas de démantèlement “dans les conditions actuelles”.

Sur le dossier crucial des mineurs isolés, le tribunal souligne par ailleurs que la préfecture s’engage sur “un accompagnement spécifique (…) pour assurer leur mise à l’abri immédiate”.

Sur la question de l’atteinte au droit à la vie privée et familiale, le tribunal considère en outre que la “mesure d’évacuation envisagée ne porte pas (…) une atteinte disproportionnée au regard des objectifs qu’elle poursuit”.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a évoqué mardi la date du 24 octobre pour le démantèlement du plus grand bidonville de France, alors que les autorités n’ont, elles, pas donné officiellement de date.

Avec AFP

Première publication : 18/10/2016