Archive for October 23rd, 2016

Il y a 100 ans, le 24 octobre 1916, les Français reprenaient aux Allemands le fort de Douaumont. Lors de cet épisode de la bataille de Verdun, les troupes coloniales se distinguèrent particulièrement. Lundi, une cérémonie leur rendait hommage.

En ce 24 octobre 2016, c’est un épais brouillard qui enveloppe les collines du champ de bataille de Verdun. L’atmosphère est humide et le gris du ciel lugubre. Surplombant cette terre de la Meuse, le fort de Douaumont est à peine visible.

Il y a cent ans jour pour jour, le temps était le même : c’est sous une brume particulièrement tenace que les soldats français s’élançaient pour reprendre ce fort tombé aux mains des Allemands depuis la fin février 1916 et le début de la bataille de Verdun. “Dans un paysage inondé aux allures de marécage, la progression est particulièrement difficile. On a de la boue jusqu’aux genoux, les tranchées et les trous d’obus qui laminent le terrain sont envahis d’eau”. Ainsi le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui présidait lundi une cérémonie de commémoration de cette date anniversaire, a-t-il décrit la situation des soldats de l’époque. “Arrivés aux abords des fortifications, on se bat au fusil-mitrailleur, à la grenade et au lance-flammes pour emporter les positions ennemies”.

“Le lieu d’une fraternité d’armes”

En quelques heures, le 24 octobre 1916, après un déluge d’artillerie et un assaut de plusieurs milliers d’hommes, l’enceinte militaire est finalement de nouveau occupée par l’armée tricolore. Ce succès est d’une forte portée symbolique. Après huit mois d’occupation et la perte de près de 100 000 hommes à Verdun, la France récupère son fort. Ce jour là, plusieurs régiments se distinguent et tout particulièrement celui des combattants de l’Outre-Mer provenant des colonies et des territoires français. Ainsi, pour les honorer, le ministère de la Défense a-t-il choisi cette date particulièrement symbolique.

“C’est à eux que la France veut rendre hommage aujourd’hui, pour leur bravoure et leur sacrifice, ici à Douaumont, et sur tous les fronts du premier conflit mondial. Aux côtés des régiments de métropole, ce champ de bataille fut le lieu d’une fraternité d’armes à l’échelle du monde, dont nous honorons aujourd’hui le souvenir”, a déclaré Jean-Yves Le Drian. “Car avec le régiment d’infanterie coloniale du Maroc ce sont les bataillons de tirailleurs sénégalais, somalis, tunisiens et algériens qui partent à l’assaut du fort. Je pense également aux combattants venus de la Corne de l’Afrique, et notamment de Djibouti, de Madagascar et des Comores, comme à tous les combattants d’Afrique, zouaves et tirailleurs”.

Comme ces 5 soldats du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais qui ont été décorés pour leurs faits d’armes à Douaumont. pic.twitter.com/PBMPOaeZLl

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 24 octobre 2016

“Que les Français reconnaissent le rôle que nous avons eu”

Derrière le ministre, des militaires de chacun de ces pays se tiennent debout sous une pluie battante avec leur drapeau. Ils représentent le Bénin, le Burkina-Faso, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Tchad, le Maroc ou encore la Tunisie.

Gérard Konze, jeune élève officier originaire de Centrafrique, avoue ressentir une profonde fierté d’être là. Il découvre aussi tout ce pan de l’histoire partagée entre la France et l’Afrique. “J’avais étudié la Première Guerre mondiale dans mon pays, mais il y a des choses que je ne connaissais pas. En venant ici, j’ai pu comprendre beaucoup de choses”, explique-t-il. Le lieutenant-colonel Abderrazak Sediki a lui aussi ressenti beaucoup d’émotions, à la fois en tant que soldat, mais aussi comme citoyen algérien. “C’est très important que les Français reconnaissent le rôle que nous avons eu et aussi le sacrifice que nous avons fait spécialement dans cette zone”.

Ce militaire originaire de Centrafrique est heureux d’en avoir appris plus sur la participation des soldats africains. pic.twitter.com/xFPdKhn1jt

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 24 octobre 2016

Pendant la bataille de Verdun, ce sont ainsi environ huit divisions issues de tout l’Empire français, soit 90 000 à 96 000 hommes, dont 50 000 soldats indigènes, qui ont pris part à la bataille de Verdun de février à décembre 1916, selon l’historien Eric Deroo, chercheur au CNRS. Au total, pendant toute la durée du conflit, près de 700 000 soldats des colonies ont été mobilisés.

Cent ans après, leurs actions n’ont pas été oubliées. À l’entrée du Fort de Douaumont, plusieurs plaques célèbrent leurs faits d’armes. Pour Amara Camara, l’ambassadeur de la Guinée à Paris, ce rappel du passé n’est pas seulement une manière de rendre hommage aux soldats morts ici-même, il est également nécessaire pour comprendre le présent. “Les relations entre la France et l’Afrique ne datent pas d’aujourd’hui. Notre continent a versé beaucoup de son sang ici à Douaumont ou ailleurs, également pendant la Seconde Guerre mondiale”. Mais aussi une manière de préparer l’avenir. “Nous avons des enfants, des petits-enfants, qui sont nés en France et qui méritent de connaître ce passé. Par les temps qui courent, le populisme a tendance à gommer ce genre de mémoire”, estime l’ambassadeur. “C’est en cela que ce genre de commémoration est importante. Nos relations sont de sang”.

Cet officier algérien explique que cette cérémonie est utile pour rappeler l’engagement des Algériens, mais pas seulement durant la #1GM . pic.twitter.com/viaewR92DR

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 24 octobre 2016


Première publication : 24/10/2016

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L’attaque informatique qui a rendu inaccessible vendredi des géants du Web comme PayPal ou Twitter révèle les dangers en matière de sécurité informatique que représente l’engouement actuel pour les objets connectés. Explications.

L’Internet of Things (IoT) – ou “Internet des objets” – a montré ce week-end ses faiblesses en termes de sécurité informatique. La spectaculaire attaque qui a rendu inaccessible pendant plusieurs heures, vendredi 21 octobre, des géants du Web tels que Twitter, PayPal ou Spotify a été menée en utilisant une faille de sécurité présente sur des objets connectés comme les webcams, les imprimantes ou les thermostats.

Les cybercriminels ont envoyé, via environ dix millions d’objets connectés, des requêtes en continu à la société américaine Dyn (qui s’occupe de la résolution des noms de domaines). Submergée, cette dernière n’a plus pu faire face aux demandes du commun des internautes qui, tapant une requête dans leur barre d’adresse Internet, n’étaient pas redirigés vers le bon site.

Rappel d’objets connectés

Une partie des objets connectés utilisés pour mener cette attaque a été fabriquée et vendue par la société chinoise Xiongmai, qui les a rappelés en urgence, lundi 24 octobre, pour leur appliquer un correctif de sécurité. Elle conteste, cependant, le nombre avancé dans la presse de 550 000 produits de sa marque qui auraient servi les cyber-desseins des assaillants.

Ce type d’attaques, appelé déni de service, n’a rien de neuf. Les cybercriminels utilisent depuis des années des armées d’ordinateurs piratés pour inonder de requêtes les sites ciblés et les rendre inaccessibles. Mais la popularité croissante des objets connectés a étendu leur champ des possibles. “On est bien au-delà de ce que les pirates informatiques ont pu faire avec des PC”, assure Chris Moret, vice-président cybersecurité pour la société française des services numériques Atos, interrogé par France 24. Il rappelle qu’il existe actuellement environ six milliards d’objets connectés dans le monde, contre “seulement” plusieurs centaines de millions d’ordinateurs. La puissance d’une attaque par déni de service dépend essentiellement du nombre de périphériques piratés, d’où l’intérêt de passer par la case IoT.

Tous les thermostats, toutes les webcams ou les imprimantes ne présentent pas de faille de sécurité, mais Chris Moret reconnaît que “c’est l’un des points les plus préoccupants de ces objets, car dans bon nombre de cas la sécurité n’a pas été la priorité dès le départ”. Certains fabricants préfèrent mettre leur produit au plus vite en vente quitte à négliger l’aspect sécurité informatique afin de profiter d’un engouement momentané pour ceux-ci.

Difficile ensuite de rattraper le coup. “Tous les ordinateurs équipés de Windows ou MacOs se mettent régulièrement et presque automatiquement à jour pour corriger des failles découvertes, mais rares sont les utilisateurs qui mettent à jour leur télé ou thermostat connecté”, explique l’expert français. Une véritable aubaine pour les cybercriminels.

Coup d’essai

L’attaque de vendredi n’était d’ailleurs probablement qu’un coup d’essai. “Elle n’a pas été revendiquée et il n’y a pas eu de suite [demande de rançon, fuite d’informations, NDLR], ce qui suggère que le ‘coup de maître’ est encore à venir”, prédit Chris Moret.

Heureusement, ces objets connectés contiennent rarement des informations aussi sensibles que celles qui sont stockées sur un ordinateur. Les conséquences, outre les fait pour les internautes d’être privés d’accès à certains sites, sont donc moins importantes que dans les cas de vols d’informations personnelles ou de données bancaires.

Mais les téléviseurs et les thermostats ne sont pas les seuls objets à être de plus en plus connectés. “Il y a des domaines, comme la santé ou l’automobile, qui doivent être sécurisés en priorité”, souligne Chris Moret. Des experts en sécurité informatique ont démontré que les pacemakers ou les voitures connectées peuvent par exemple être piratés à distance.

Les constructeurs sont de plus en plus sensibles à ces problématiques, assure Chris Moret. L’arrivée sur ce secteur de géants du Net à la pointe des questions de sécurité informatique, comme Google ou Apple, devrait aussi tirer les normes vers le haut.

Mais il y aura toujours des acteurs qui, pour se faire une place au soleil, chercheront à vendre moins cher que leurs concurrents, quitte à faire des compromis sur la sécurité. D’où l’appel de certaines sommités du secteur, comme l’expert en sécurité Brian Krebs, pour la création d’un organisme international chargé d’établir des règles de sécurité à appliquer par tous. Au risque de voir votre frigo devenir un jour votre pire ennemi.

Première publication : 24/10/2016

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L’acquisition pour une somme record de Time Warner par le géant américain des télécom AT&T est loin d’être finalisée. L’accord soulève de nombreux problèmes et pourrait se heurter aux réticences des autorités comme des politiques.

Quelque 108,7 milliards de dollars et de nombreuses questions en suspens. Le mariage financier de l’année, annoncé dimanche 23 octobre, entre AT&T et le géant des médias Time Warner va coûter 85,4 milliards de dollars à l’opérateur télécom, auxquels il va devoir ajouter 23,3 milliards de dollars pour faire face aux dettes de Time Warner.

Cette mega-fusion entre le mastodonte des télécom et le propriétaire de la chaîne d’information en continu CNN, du studio de cinéma Warner Brothers et de la chaîne de télé HBO est censée apporter son lot de synergies entre contenus et contenant à AT&T. L’opérateur acquiert à grand renfort de dollars les émissions, films et autres qu’il pourra ensuite faire parvenir à ses clients grâce à ses propres tuyaux.

C’est le même rêve qu’avaient caressé les dirigeants d’AOL et Time Warner lorsqu’ils avaient décidé de la fusion des deux groupes en 2000… qui s’est finalement soldé par un echec. Le Français Jean-Marie Messier avait aussi tenté, en vain, d’étendre l’empire Vivendi à la musique et au cinéma en rachetant Seagram (propriétaire d’Universal Music et des studios Universal) en juin 2000.

Leur objectif était similaire : maîtriser de bout en bout la chaîne de production médiatique, ce qui permettrait de faire des économies d’échelle, puisque la négociation des droits d’acquisition pour telle ou telle série ou film deviendrait superflue.

AT&T va-t-il réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ? Rien n’est moins sûr. La route vers l’acquisition de Time Warner est encore semée d’obstacles :

Les régulateurs. Quid de la concurrence ? Les autorités américaines de la concurrence vont regarder de très près les implications de cet accord. Le principal problème pourrait provenir de DirectTV.

AT&T a acquis ce service de télévision payante, qui compte 25 millions d’abonnés, en juillet 2015. L’opérateur pourrait être tenté de réserver sur DirectTV un traitement de faveur à CNN ou HBO au détriment des chaînes concurrentes. Le régulateur américain va devoir s’interroger sur le risque engendré par ce nouvelle empire médiatique pour ses concurrents.

Les politiques. L’annonce de ce mariage intervient en pleine campagne pour l’élection présidentielle américaine. Les deux candidats à la Maison Blanche n’ont donc pas tardé à réagir et ils ne sont pas tendre avec AT&T et Time Warner.

Le républicain Donald Trump a promis de bloquer le mariage s’il était élu car il permettrait de “concentrer trop de pouvoir entre les mains d’un trop petit nombre de personnes”. Le milliardaire a un intérêt très personnel à s’opposer à cet accord car il estime que CNN, propriété de Time Warner, lui réserve un traitement partial. Il ne veut pas voir la chaîne devenir encore plus puissante au sein d’un gigantesque empire médiatique.

Hillary Clinton s’est montrée moins véhémente. La candidate démocrate a laissé son colistier Tim Kaine monter au créneau. “Je suis en faveur de plus de concurrence et je pense qu’il faut moins de concentration, surtout dans le secteur des médias”, a déclaré celui qui ambitionne de devenir vice-Président des États-Unis.

La neutralité du Net. L’accès à HBO, CNN ou aux films Warner Bros restera-t-il le même à l’ère de l’empire AT&T/Time Warner ? C’est le casse-tête de la neutralité du Net. En résumé, le principe veut qu’un opérateur ne puisse pas rendre l’accès à un service en ligne plus lent ou difficile à certains utilisateurs du réseau. AT&T peut vouloir donner le meilleur débit possible aux abonnés de DirectTV pour regarder, par exemple, Game of Throne en “streaming”, tout en bridant celui des utilisateurs de Verizon ou Comcast.

There have been way to many major telecom mergers lately. AT&T + Time Warner is just the most recent. So many net neutrality issues.

— Christian (@X1ANN) 23 octobre 2016

Un tel favoritisme passerait très mal aux États-Unis. La FCC (Federal Communication Commission, le gendarme américain des télécommunications) a par exemple déjà convoqué, en janvier 2016, Comcast et T-Mobile, soupçonnés d’enfreindre la neutralité du Net, et les a mis en garde. En octobre 2015, cet organisme s’est même doté de règles pour assurer la neutralité du Net. La FCC ne devrait pas manquer de demander des garanties à AT&T, ce qui risque encore de ralentir la fusion avec Time Warner.

Première publication : 24/10/2016

Sur France Inter lundi, Jean-Christophe Cambadélis a reconnu qu’aujourd’hui, aucun socialiste ne serait en mesure de figurer au second tour. Il ne cache plus que Manuel Valls incarne le meilleur espoir du PS à la présidentielle.

Jean-Christophe Cambadélis a choisi ses mots, mais le message est limpide. S’il soutient encore François Hollande, c’est comme la corde soutient le pendu. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a résisté à ceux qui envisageaient un putsch. Sans doute un accès de décence et de respect pour les institutions qui le poussent à ne pas simplement prier un président de la République, issu de ses rangs, de ne pas se représenter. Néanmoins, interrogé lundi 24 octobre sur France Inter, il a été parfaitement clair : si aucun socialiste ne paraît en mesure, on ne dit même pas de gagner mais simplement de figurer au second tour, “Manuel Valls est celui qui a aujourd’hui le plus de possibilités.”

Cambadélis, Valls lui-même, qui a juré loyauté au président qui l’a nommé, et toute la “hollandie” marchent sur des œufs. Mais la sortie du livre “Un président ne devrait pas dire cela” (entretiens de François Hollande avec les deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme), a servi, selon Cambadélis, de “catalyseur” : “Il y avait beaucoup de préventions avant et ce livre a permis de les cristalliser, alors qu’elles étaient tues à l’intérieur de la gauche.” Traduisez : Hollande annoncera sa décision quand il le voudra (en décembre), elle lui appartient, mais personne ne se sent plus lié par une attitude que beaucoup jugent “suicidaire”.

S’il n’y avait que le livre et les 15 % de cote de confiance. Même la branche à laquelle Hollande se raccrochait, soit la présence de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, paraît de plus en plus fragile, alors qu’à quelques semaines de la primaire de la droite, Juppé prend le large dans les sondages.

Bref, toute la famille constate que François Hollande est en phase terminale. On reste dignes, on peut même avoir du chagrin. Lui seul peut décider d’abréger ses souffrances, mais la vie continue.

Meilleur indicateur, l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui n’est pas un cadre du PS, mais néanmoins un ami intime du chef de l’État, veut lui éviter une “humiliation”.

Reste à sauver si possible l’honneur du PS, ou au moins les meubles. Car après la présidentielle, il y a des législatives et, comme l’a expliqué le 20 octobre Manuel Valls à Tours, et que répète son allié “Camba”, le risque n’est pas tant la défaite, que chacun sait inévitable, mais plutôt de voir l’opposition socialiste disparaitre pendant 10 ou 15 ans. Celle-ci pourrait être remplacée au Parlement par un Front national qui aurait réussi à propulser sa candidate à la première place du premier tour, et dans la rue, par l’ultra- gauche anti-capitaliste, qui s’est notamment illustrée dans le feuilleton de la Loi travail.

Valls tente de mettre un peu de rouge

Valls avait sans doute fait une croix sur 2017, se réservant pour 2022 dans de bien meilleures conditions. Il semble que le Premier ministre se soit finalement décidé à faire ce sacrifice. Il sait parfaitement que ses chances d’être élu sont infimes. Mais s’il souhaite ardemment entrer un jour en patron à l’Élysée, il pourrait trouver avantage à défendre les couleurs de la gauche réformiste, social-démocrate, qui est en passe d’être tout simplement avalée sur son aile gauche par Jean-Luc Mélenchon, sur son aile droite par Emmanuel Macron, ou même par Alain Juppé pour lequel un certain nombre d’électeurs du centre gauche sont tentés de voter dès la primaire de la droite.

À ce jeu-là, le PS, ou ce qu’il en resterait, pourrait bien se retrouver “corbynisé”, comme le Parti travailliste britannique. S’il est celui qui limite la casse et préserve la dignité des électeurs de la gauche modérée, cela peut s’avérer un bon investissement.

Cambadélis s’est donc décidé à épauler l’opération “reconquête” du PS du Premier ministre. Elle est pourtant tout sauf assurée d’aboutir. Pour nombre de socialistes, à commencer par les frondeurs, Valls est jugé trop droitier. Il n’a même pas bronché devant le projet de déchéance de nationalité qui est resté en travers de beaucoup de gorges. Valls tente donc de mettre un peu de rouge. Et aussi un peu d’eau dans sa laïcité de combat.

Il sait sa personnalité clivante, mais en posant l’urgence de l’unité des socialistes (sous-entendu derrière lui), il tente de convaincre que l’heure est trop grave pour les stratégies personnelles.

En effet, s’il incarne sans doute encore une ligne majoritaire au PS, Valls n’est pas assuré de remporter la primaire, qui peut tourner au jeu de massacre si la gauche “anti-libérale” se mobilise contre lui. Il tentera donc de convaincre Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lieneman, qui occupent tous le même créneau critique du hollandisme, qu’ils ne feraient pas le poids face à un Mélenchon, car ce dernier a l’avantage de ne jamais avoir soutenu le président.

Mais les trois candidats de la gauche du PS ne laisseront pas facilement la place. Ils objecteront que Valls n’est pas le mieux placé pour sortir le PS du trou puisqu’il devra répondre d’une partie du bilan du quinquennat.

Valls doit aussi convaincre le dernier carré de la “hollandie” (des ministres comme Le Foll, Le Drian ou Royal) de le rallier. Pour l’heure, ils se taisent. Mais ils ne doivent plus être très motivés pour aller au carnage avec leur ami.

Tout cela a des allures de veille de congrès socialiste. Bien malin qui saura faire la synthèse puisque l’on ne peut même plus demander au spécialiste qu’était François Hollande. Il n’est pas sûr que cela amuse beaucoup les électeurs de gauche qui se sentent de plus en plus orphelins.

Première publication : 24/10/2016

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Le Premier ministre belge Charles Michel a reconnu, lundi, que son pays n’était “pas en état” de signer l’accord Ceta de libre-échange entre l’UE et le Canada. Ce blocage empêche la signature officielle de ce traité, prévu jeudi à Bruxelles.

“On nous a demandé de donner une réponse claire aujourd’hui. La réponse claire à ce stade, c’est non”, s’est désolé Charles Michel, le Premier ministre belge. La signature du traité de libre-échange UE-Canada (Ceta) prévue jeudi à Bruxelles n’aura donc pas lieu.

“Nous ne sommes pas en état de signer l’accord”, a précisé le dirigeant belge. Si le gouvernement fédéral, la communauté germanophone et la Flandre ont dit oui, la Wallonie, le gouvernement bruxellois et la communauté linguistique francophone ont refusé de laisser la Belgique approuver l’accord

“Ce sera pas possible de respecter cet ultimatum”, avait prévenu le président du Parlement de Wallonie, André Antoine, à la radio belge RTL lundi matin. Le mode de fonctionnement très complexe du royaume de Belgique nécessite l’accord des Parlements de toutes les entités qui le composent.

“On nous remet un document décevant et parallèlement on nous adresse un ultimatum. C’est très étonnant. Cela nous pousse à nous poser des questions sur le but poursuivi”, avait déjà indiqué à l’AFP l’entourage du chef du gouvernement wallon, Paul Magnette.

La Belgique est le seul des 28 pays de l’Union européenne qui se trouve dans l’impossibilité de signer le Ceta, un accord concernant plus de 500 millions d’Européens, en raison du blocage de cette région francophone de 3,6 millions d’habitants.

“Nombre de nations commencent à être interpellées par les remarques de fond qu’a fait la Wallonie”

Le sommet annulé ?

Le sommet et la signature prévus jeudi à Bruxelles, en présence du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, devrait être annulé.

Cette paralysie fragilise davantage une Union en pleine crise, déjà déstabilisée par le Brexit qu’elle va sans doute devoir négocier au printemps prochain avec Londres

La Wallonie voit dans le Ceta les prémices du traité TTIP (ou Tafta), très impopulaire, négocié laborieusement par l’UE avec les États-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales.

Avec AFP

Première publication : 24/10/2016

Lundi soir, plus de 2 000 personnes avaient quitté en bus la “jungle” de Calais pour rejoindre l’un des 451 centres d’accueil et d’orientation de France. Aucun incident majeur n’a été recensé au cours de ce premier jour d’évacuation.

Le démantèlement de la “jungle” de Calais, plus grand bidonville de France, a commencé lundi 24 octobre à l’aube. Durant toute la semaine, les 6 000 à 8 000 migrants qui peuplent le camp – femmes, hommes et enfants venus pour la plupart d’Afghanistan, du Soudan ou d’Érythrée – doivent être acheminés par car dans des centres d’accueil spécifiques mis en place dans les régions françaises.

• En début de soirée, 2 318 personnes avaient quitté le camp, selon le ministère de l’Intérieur.

• En tout, pour cette première journée d’évacuation, 60 bus devaient permettre à environ 2 000 personnes de quitter le bidonville.

• Les mineurs non-accompagnés n’ont pas encore pu tous quitter Calais pour rejoindre leurs familles ou être pris en charge dans des centres d’accueil. Certains vont devoir rester encore quelques jours dans le Centre d’accueil provisoire jouxtant le camp de la Lande, le temps que les autorités décident de l’endroit où ils seront placés.

• Les candidats au départ, qui devaient se présenter devant un hangar avant de monter dans les bus, étaient répartis en quatre files d’attente : adultes seuls, familles, mineurs et personnes vulnérables.

• Même si des journalistes ont recueilli des témoignages de personnes ne souhaitant pas quitter le camp, l’évacuation s’est globalement déroulée dans le calme ce lundi. Seule une altercation entre migrants, survenue en fin de matinée, a été rapportée.

• Quelque 1 250 policiers et gendarmes sont mobilisés à Calais pour veiller à la sécurité de l’opération.

• Malgré le bon déroulement de l’évacuation ce lundi, Christian Salomé, président de l’association L’Auberge des migrants, s’est dit “beaucoup plus inquiet pour la fin de la semaine, quand il ne restera que les gens qui ne veulent pas partir et qui veulent persister à rejoindre l’Angleterre”.

Pour revivre cette première journée de l’évacuation de la “jungle” sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

Calais : le démantèlement de la “jungle” a commencé

Première publication : 24/10/2016