Archive for October 24th, 2016

Lors d’une réunion du groupe PS à l’Assemblée, mardi, Claude Bartolone et plusieurs députés socialistes ont pris leur distances avec le chef de l’État, dénonçant un “problème d’incarnation” de la fonction présidentielle.

François Hollande de plus en plus isolé. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a profité, mardi, d’une réunion à huis clos du groupe PS pour égratigner le chef de l’État, s’inquiétant devant les députés d’un “problème d’incarnation” mais aussi d’une “distance”, notamment “entre le président et ses concitoyens”.

“On a un problème d’incarnation. Il y a une distance qui s’est créée entre la gauche et les Français (…), entre le président de la République et les Français”, a-t-il asséné, selon des propos rapportés par plusieurs participants à cette réunion de groupe à huis clos.

Claude Bartolone, qui s’exprimait aux côtés de Manuel Valls, a parlé “avec l’émotion d’un homme trahi”, a estimé auprès de l’AFP un député PS contestataire. Selon le livre de confidences “Un président ne devrait pas dire ça…”, François Hollande avait attaqué Claude Bartolone en affirmant qu’il n’avait “pas l’envergure” pour être Premier ministre et qu’il n’avait “pas un charisme considérable”.

>> À (re)lire : François Hollande perd jusqu’au soutien du patron du Parti socialiste

Alors que l’élu PS de Seine-Saint-Denis s’était déjà interrogé, il y a dix jours, sur la “volonté” de François Hollande de se représenter en 2017, certains ont interprété ses nouveaux propos comme visant le chef de l’État. D’autres ont considéré que sa critique “ne se limitait pas à une personne”.

Pour sa part, Sébastien Denaja, vice-président du groupe PS et fidèle à François Hollande, a appelé ses collègues à “garder la tête froide et à faire le travail d’explication sur ce que nous avons fait” depuis 2012.

“Est-ce qu’il est trop tard ? Non !”

Par la suite, le Premier ministre a lancé : “Si on continue comme ça, on sera pulvérisés. Est-ce qu’il est trop tard ? Non !” Et d’ajouter : “Il faut réagir vite. Il faut être unis autour de la question de l’exercice du pouvoir, c’est pour ça que j’ai fait cet appel à nos anciens ministres” d’Arnaud Montebourg à Emmanuel Macron ce week-end, a poursuivi Maunel Valls, selon des propos également rapportés.

Le locataire de Matignon, qui a recentré son discours ces derniers temps et semble peaufiner sa stature de présidentiable, “s’est fait l’écho d’une volonté de rassembler, d’être unitaires”, en reprenant des paroles prononcées samedi à Tours, a affirmé devant la presse l’une des porte-parole des députés PS, Annick Lepetit.

Dans les couloirs du palais Bourbon, certains ne cachaient pas leur distance avec François Hollande, tel Patrick Mennucci, selon qui “la plupart des députés comprennent que la question, c’est la survie de la social-démocratie, pas la carrière ou le destin politique de telle ou telle personnalité”.

Le président ne peut donc pas se représenter ? “C’est à lui à faire ce choix-là”, a répondu à la presse celui qui fut directeur adjoint de la campagne de Ségolène Royal en 2007.

Selon un sondage (Ipsos Sopra Steria) publié mardi par Le Monde, la satisfaction à l’égard de l’action de François Hollande à la tête de l’État est en légère baisse en octobre avec 4 % (-2) de satisfaits, 70 % (+1) d’un avis contraire et 26 % (+1) ni l’un ni l’autre.

Avec AFP

Première publication : 25/10/2016

Le chômage a connu sa plus forte baisse mensuelle en France depuis 1996, de 1,9 %. Le nombre de demandeurs d’emploi en métropole est de 3,49 millions, selon des chiffres publiés mardi par le ministère du Travail.

L’indicateur du chômage passe sous la barre symbolique de 3,5 millions pour la première fois depuis janvier 2015, selon des chiffres publiés mardi 25 octobre. Pour septembre, le ministère du Travail a recensé 3,49 millions de demandeurs d’emploi en métropole, selon le ministère du Travail.

La France n’avait jamais enregistré une telle baisse mensuelle en volume depuis 1996. Près de quelque 66 300 personnes ont quitté les listes de Pôle emploi en septembre, effaçant la flambée d’août (+50.200, +1,4 %). En pourcentage (-1,9 %), il faut remonter à novembre 2000 pour retrouver une plus forte baisse.

En comptant l’Outre-mer, le chômage a baissé de -1,8 %

Ces chiffres, qui passent sous 3,5 millions, diminuent de 90 000 depuis le début de l’année (-2,5 %) et de 59 500 sur un an (-1,7 %). “Malgré des variations mensuelles parfois fortes, ce sont donc 10 000 personnes qui sortent chaque mois, en moyenne, de la catégorie A” de Pôle emploi (sans activité), a noté la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans un communiqué.

En comptant l’Outre-Mer, le chômage a baissé de -1,8 %, pour un total de 3,75 millions de chômeurs. Les statistiques baissent aussi, mais moins, en incluant les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité (-0,7 %), à 5,48 millions en métropole, 5,78 millions en France entière.

Au mois de septembre, le chômage diminue fortement, confirmant une tendance installée depuis le début de l’année >> https://t.co/R6donS7dQ8

— François Hollande (@fhollande) October 25, 2016

L’embellie touche principalement les jeunes, avec une baisse de 5,3 % du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans en catégorie A. Sur un an, il diminue de 7 %.

Aléa administratif ?

Mais les bons résultats de septembre, comme les mauvais d’août, ne sont pas uniquement dus à la conjoncture. Depuis le début de l’année, le nombre de jours ouvrés pendant lesquels les chômeurs sont tenus d’actualiser leur situation, sous peine d’être désinscrits d’office, est variable. Résultat : le nombre de personnes désinscrites pour “défaut d’actualisation” fluctue d’un mois sur l’autre, tantôt à la hausse tantôt à la baisse sur les chiffres mensuels de Pôle emploi, sans que les variations soient forcément en lien avec l’état du marché du travail.

Notre politique économique porte ses fruits : le chômage baisse avec 90 000 demandeurs d’emploi en moins depuis janvier. Il faut poursuivre. pic.twitter.com/3hoQKomff9

— Manuel Valls (@manuelvalls) 25 octobre 2016

En septembre, 238 900 personnes ont quitté Pôle emploi pour ce motif, soit 66 500 de plus qu’en août et autant de personnes en moins sur les listes. Mais le cabinet de Myriam El Khomri assure que cet aléa administratif n’a joué qu'”à la marge”.

Le président François Hollande, qui a souvent promis d’inverser la courbe, a conditionné à plusieurs reprises son éventuelle candidature à un second mandat à une baisse “crédible” du chômage en 2016. Le chef de l’État, qui doit faire face à une impopularité tenace, doit annoncer sa décision à la fin de l’année.

Avec AFP

Première publication : 25/10/2016

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“The Promise” un film américain sur le génocide des Arméniens, qui n’est même pas encore sorti, fait déjà l’objet d’une campagne de dénigrement notamment sur Internet.

Le film américain “The Promise” n’est pas encore sorti en salle et n’a même pas encore de distributeur, mais il cumulait pourtant lundi 24 octobre près de 90 000 avis, dont la majorité négatifs, sur le site de référence cinématographique IMDB. Un record pour une œuvre qui n’a été montrée, jusqu’à présent, que trois fois lors de festivals. Même “Jurassic World”, le film le plus rentable de 2015, n’a généré que 1 300 avis sur IMDB.

“Au lendemain de la première projection du film [au festival du film international de Toronto, en septembre 2016], il y avait déjà récolté 70 000 avis négatifs sur IMDB”, rappelle Mike Medavoy, coproducteur de “The Promise” au magazine américain Variety. Ce déluge de critiques visiblement fantaisistes a finalement eu raison de la patience de l’équipe du site, mardi 25 octobre, qui a fait un grand ménage pour ne garder qu’une vingtaine d’avis.

“Mensonges historiques éhontées”

“The Promise” aborde la question du génocide des Arméniens de 1915 à travers une histoire d’amour entre les personnages joués par Christian Bale, Oscar Isaac et la Française Charlotte Le Bon. Un sujet sensible s’il en est en Turquie. Ankara conteste depuis toujours le terme de génocide et déchaîne sa colère contre quiconque conteste la version officielle, selon laquelle il y a eu des massacres qui ont fait des victimes turques et arméniennes.

Le film du réalisateur irlandais Terry George, à qui l’on doit aussi “Hôtel Rwanda”, s’est ainsi retrouvé dans le collimateur d’une armée d’internautes qui soutiennent les autorités turques. Le ton des commentaires, que France 24 a pu consulter avant leur disparition, ne laisse guère planer le doute. Il n’est pas question de qualités cinématographiques mais, entre autres, de “mensonges historiques éhontés” et d’un long-métrage “financé par l’argent arménien pour nuire à la Turquie”.

L’œuvre est clairement militante. Elle résulte de la volonté de feu l’homme d’affaires d’origine arménienne Kirk Kerkorian, un ancien propriétaire du studio de la Metro-Goldwyn-Mayer, qui voulait porter à l’écran le génocide des Arméniens à la manière d’une grande fresque historique. Il a intégralement financé “The Promise” qui, avec un budget de plus 100 millions de dollars, est l’un des films indépendants les plus chers de l’histoire d’Hollywood.

Des “Quarante jours de Musa Dagh” à Atom Egoyan

Mais l’argent ne fait pas tout. L’œuvre n’a toujours pas de distributeur, malgré des premières critiques positives de la presse. Là encore, l’ombre d’Ankara plane au-dessus de l’avenir de “The Promise”. “Je dirais simplement que certains studios ont des intérêts en Turquie”, s’est borné à déclarer Eric Esrailian, un autre coproducteur du film, à Variety.

Ce n’est pas la première fois qu’Hollywood peine à sortir un film sur le génocide des Arméniens. Dans les années 1970, la MGM avait accepté de produire une adaptation du roman de Franz Werfel “Les quarante jours du Musa Dagh”, qui traite de cette question, avec Clark Gable dans le rôle principal. Mais le studio avait finalement renoncé, après avoir subi des pressions diplomatiques turques relayées par le Département d’État américain. Les droits du film ont été revendus et une version à petit budget, toujours disponible sur Youtube, a pu voir le jour en 1980.

Le réalisateur multi-décoré d’origine arménienne Atom Egoyan croyait avoir trouvé la solution, en 2002, avec le film “Ararat”, qui met en scène un réalisateur cherchant en vain à faire un film sur le génocide des Arméniens. Erreur : le studio Miramax, qui avait endossé la responsabilité de distribuer “Ararat”, avait reçu tellement de plaintes via Internet que son site avait dû être temporairement fermé.


Première publication : 25/10/2016

Les manifestations nocturnes de policiers se multiplient en France depuis l’agression de quatre d’entre eux dans l’Esssone. Mathieu Zagrodzki, chercheur associé à l’Observatoire scientifique du crime et de la justice, explique les raisons du malaise.

Les policiers ne décolèrent pas depuis l’agression aux cocktails Molotov contre quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, dans l’Essonne le 8 octobre. Chaque soir depuis neuf jours, des rassemblements réunissent plusieurs centaines de fonctionnaires un peu partout en France, en dehors du cadre syndical. Ces policiers réclament notamment l’amélioration des conditions matérielles d’exercice de leur métier, un assouplissement des règles de la légitime défense, ou encore l’instauration de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l’ordre, mesure créée sous la droite et abrogée sous François Hollande.

Les syndicats, débordés par ce mouvement spontané, tentent aujourd’hui de reprendre la main. Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, Synergie Officiers, l’Unsa et des syndicats de commissaires viennent tout juste d’appeler à “des rassemblements silencieux” devant les palais de justice, chaque mardi.

Mathieu Zagrodzki est chercheur associé à l’Observatoire scientifique du crime et de la justice (OSCJ – CESDIP) et professeur à Sciences Po Paris, il explique les raisons de cette grogne qui ne faiblit pas.

France 24 : On sait les syndicats de police très puissants. Malgré tout, ils ne sont pas à l’origine de ce mouvement de protestation. Comment l’expliquez-vous ?

Mathieu Zagrodzki : Depuis quelques années, on assiste à une défiance grandissante de la base vis-à-vis des syndicats. Les syndicalistes sont perçus comme trop proches des acteurs politiques, coupés du terrain et comme portant plus les intérêts du syndicat que ceux des syndiqués eux-mêmes. Malgré tout, la profession reste très syndiquée. Pour prétendre à une mutation par exemple, il faut être soutenu les syndicats, si le policier fait l’objet d’une enquête, il aura aussi besoin de leur soutien.

Les syndicats tentent de reprendre la main sur le mouvement, peuvent-ils y parvenir et ont-ils intérêt à le faire?

De facto, le ministère de l’Intérieur ne peut discuter avec qui que ce soit d’autre. Les porte-paroles de ce mouvement spontané sont reçus ici et là, mais les accords se négocient avec les syndicats, il est difficile de faire autrement. Ont-ils intérêt à reprendre la main ? Je pense qu’ils ne peuvent pas faire autrement face à cette grogne sans précédent. Ce mouvement à une nature spontanée non encadrée, ils ont intérêt à essayer de rassembler leurs troupes, de revenir dans la danse sous peine de perdre de la crédibilité. Je ne les vois pas abandonner le navire.

>> À lire sur France 24 : “Mobilisation de policiers en France : Jean-Marc Falcone promet de nouveaux moyens”

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, accuse le Front National d’être derrière ce mouvement, êtes-vous du même avis ?

Non, je ne pense pas du tout que ce mouvement soit téléguidé ou déclenché par ce parti. L’appareil du Front National n’a pas de prise suffisante sur la police pour cela. Après, qu’il y ait des sympathisants ou des électeurs potentiels du FN dans la police, c’est un fait, comme c’est le cas dans le reste de la société française. Mais le parti n’est pas aux manettes selon moi, il n’a pas les ressources pour organiser un mouvement de ce type. Ce mouvement n’est pas politisé et n’a pas vocation à déstabiliser le gouvernement. Ce sont des gens de terrain qui manifestent leur ras-le- bol par rapport à leurs conditions de travail. Après, que le FN tente de récupérer le mouvement, c’est indéniable. Il n’y a qu’à lire les tweets de Florian Philippot.

Les manifestants font état d’une extrême méfiance vis-à-vis de la justice. Ils en dénoncent le « laxisme ». Ce n’est pas nouveau, mais le fossé semble se creuser. Pourquoi ?

Vous avez raison de dire que ce n’est pas nouveau, mais c’est de pire en pire. On l’entend depuis des années, depuis le début de ma modeste carrière de chercheur au milieu années 2000. Il y a en réalité une bataille entre les chiffres et la perception. La justice répond toujours avec plus de sévérité et les statistiques en attestent : augmentation des durées des peines, de peines de prison ferme, du nombre de prisonniers. Mais les policiers, eux, ne voit que la personne qu’ils arrêtent un jour et qu’ils revoient dans les rues le lendemain. Ils estiment que les mesures ne sont toujours pas proportionnelles à l’augmentation de la violence qu’ils constatent sur le terrain. C’est tout le problème de l’exécution des peines et du décalage entre le moment de l’interpellation, la durée de la procédure et l’incarcération.

Qu’est ce qui pourrait selon vous apaiser la colère des manifestants ?

Prodiguer les premiers soins, des bandages, du sparadra et du mercurochrome, soit promettre des recrutements et plus de matériels. Mais le problème est bien plus profond. Si on veut résoudre ce malaise policier, cela implique un changement de fond qui ne s’est pas fait depuis l’époque de la police de proximité [de 1998 à 2003, ndlr]. Il faut initier une réflexion sur le rôle des policiers dans la société. On doit redéfinir leurs missions qui sont aujourd’hui le terrorisme et les trafics. L’autre grand chantier est de repenser le lien entre la police et les citoyens. Il faut passer d’une police tournée vers les politiques à une police tournée vers les citoyens. En Grande-Bretagne, l’évaluation des commissariats se fait en partie sur la satisfaction des citoyens, et on est très loin de cela en France. Les statistiques ont peu de sens pour les gens, il faut donner un visage aux forces de l’ordre.

Première publication : 25/10/2016

Le gouvernement français a décidé de fermer les cinq “unités dédiées” instaurées en janvier pour “réhabiliter” les détenus les plus “radicalisés”. Les 300 profils les “plus durs” seront dorénavant soumis à un régime de détention plus sévère.

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a annoncé, mardi 25 octobre, la fin des cinq unités dédiées (UD) aux détenus radicalisés en France, au profit d’une prise en charge davantage axée sur la sécurité.

Les quelque 300 profils identifiés comme les “plus durs” seront soumis à un régime de détention particulièrement sévère, proche de l’isolement, a fait savoir le ministre lors d’une conférence de presse. Ils seront fouillés et déplacés plus régulièrement, et feront leur promenade en tout petits groupes, à l’écart des autres détenus.

>> À lire sur France 24 : Les “unités dédiées”, un programme de déradicalisation en prison toujours polémique

Jean-Jacques Urvoas, qui ne veut pas parler de “déradicalisation” mais de “rupture à la violence”, met ainsi fin à l’expérimentation menée dans cinq unités dédiées des prisons de Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny et Lille-Annoeullin. Le ministre a salué le travail effectué dans ces structures, mais estimé qu’on avait “perdu du temps” faute de coordination entre elles.

Combien de détenus considérés comme “radicalisés” en France ?

Les prisons françaises comptent actuellement 1 336 détenus, le plus souvent incarcérés pour des faits de droits commun, considérés comme “radicalisés”. Ils étaient 700 l’an dernier.

Au total, 349 personnes, déjà condamnées ou en attente de procès, sont actuellement détenues en France pour des faits en relation avec le terrorisme. Il étaient 90 en 2014.

Des “unités” aux “quartiers d’évaluation”

Les premières UD avaient ouvert fin janvier, après le lancement d’un programme national décidé après les attentats de janvier 2015. C’était notamment l’expérience de Fresnes, où a été créé le premier quartier en octobre 2014 dédié avec une vingtaine de radicalisés séparés des quelque 2 200 autres détenus, qui avait servi à penser les unités. Mais, leur efficacité a régulièrement été remise en cause. En septembre dernier notamment lorsqu’un détenu placé dans une UD à Osny, dans le Val-d’Oise, avait violemment agressé deux surveillants.

Les UD vont donc céder la place à six “quartiers d’évaluation de la radicalisation” (quatre en région parisienne, un dans la région de Bordeaux et un dans la région de Marseille) où seront placés 120 détenus au total, pour une durée de quatre mois. Pour le reste, 27 établissements répartis sur tout le territoire mettront en place une “prise en charge spécifique” pour des détenus radicalisés, mais ne présentant pas une dangerosité maximale.

Avec AFP

Première publication : 25/10/2016

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Le Belge Paul Magnette, ministre-président de Wallonie, est devenu la star du combat contre le Ceta, le traité économique entre l’Union européenne et le Canada. Itinéraire d’un europhile qui ne s’était pas destiné à la politique.

Paul Magnette superstar. Le nom du ministre-président de la région belge de Wallonie est sur toutes les lèvres. En quelques jours, il est devenu la nouvelle idole des foules d’internautes anonymes opposés au Ceta (Comprehensive Economic and Trade Agreement), le traité controversé de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada.

L’intellectuelle canadienne Naomi Klein l’a félicité sur Twitter d’avoir soutenu le refus du Parlement wallon de ratifier l’accord Ceta lundi 24 octobre, bloquant de facto sa signature. La journaliste chroniqueuse du Figaro Natacha Polony, elle, voit encore plus grand pour le social-démocrate, titrant sa chronique : “Paul Magnette président !”. De quoi ? Du monde peut-être.

.@PaulMagnette: de nombreux Canadiens vous remercient pour résister à une telle pression énorme. Ceci est la lutte pour democracie. No #CETAhttps://t.co/VkyVNLxq2S

— Naomi Klein (@NaomiAKlein) 23 octobre 2016

Cet homme de 45 ans est ainsi passé d’un relatif anonymat à une renommée médiatique mondiale en un temps record. La vidéo de son discours où il défend devant le Parlement wallon le 16 octobre la démocratie à la Wallonne et son refus de ratifier l’accord Ceta fait le tour du Web, et sa viralité n’a rien à envier à la première vidéo de “lolcat” venue.

Solide réputation académique

Pour autant, tout le monde ne met pas Paul Magnette sur un piédestal. Il est aussi vu comme le fossoyeur d’un accord économique qui, malgré les controverses, conserve des partisans, et comme l’un des principaux responsables d’une perte d’influence de l’Europe. Après le Brexit, l’épisode Wallon donne l’impression d’une Europe politiquement plus éclatée et instable que jamais.

Un dommage collatéral qui ne doit pas être du goût de Paul Magnette, europhile convaincu et grand spécialiste de la construction européenne. Avant d’embrasser une carrière politique, ce père de quatre enfants s’est fait une solide réputation académique en tant que spécialiste des questions de politique européenne.

Il y a consacré sa thèse, puis s’est tourné vers la recherche et l’enseignement. Il a exercé comme professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris et Cambridge (Royaume-Uni) notamment, et sa large bibliographie couvre tous les aspects ou presque de l’Europe, d’une analyse des différents traités à une réflexion sur la citoyenneté européenne ou encore les élites.

Charleroi, mon amour

Rien ne prédisposait cette sommité universitaire à une carrière politique, si ce n’est son attachement pour sa ville natale, Charleroi. En 2007, le patron du Parti socialiste belge d’alors, Elio Di Rupo, joue cette carte pour convaincre Paul Magnette de nettoyer les “écuries” de Charleroi, ville entachée d’une réputation de corruption. L’ancien professeur mène sa mission à bien en obtenant plusieurs démissions et connaît alors une ascension politique rapide.

Il est directement nommé ministre wallon de la Santé puis, toujours en 2007, il intègre même le gouvernement fédéral en tant que ministre de l’Environnement. Il retourne ensuite sur ses terres pour devenir maire de Charleroi en 2012, et prend la présidence du PS belge un an plus tard. Enfin, il accède, le 22 juillet 2014, au poste de ministre-président de la Wallonie.

Une carrière fulgurante qu’il met, dès 2015, au service de la lutte contre l’accord Ceta. Il affirme n’avoir reçu que “1 600 pages de texte” du traité cette même année (alors que les négociations entre l’UE et le Canada ont commencé en 2009) et avoir tiré la sonnette d’alarme dès qu’il les a lues. Il soutient qu’il manquait des documents, qu’il n’aurait reçu qu’en octobre 2016 avec l’obligation de donner son accord dans la foulée. Une méthode qui lui semble peu démocratique et explique en grande partie son refus de ratifier le texte.

D’autres soulignent que le “non” de Paul Magnette n’est pas exempt d’arrière-pensées politiciennes, expliquent Les Échos. Le parti socialiste belge voit avec inquiétude la progression du parti belge des travailleurs et compte bien gagner des points sur la gauche de la gauche en se présentant comme le héraut de la lutte contre le traité de libre-échange avec le Canada.

Première publication : 25/10/2016

Le procès en appel du premier Rwandais condamné en France pour génocide et complicités de crimes contre l’humanité s’est ouvert mardi, aux assises de Bobigny. Pascal Simbikangwa, ex-officier, avait écopé de 25 ans de prison en première instance.

Il y a deux ans, la cour d’assises de Paris l’avait condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Pascal Simbikangwa, qui avait ensuite fait appel de sa condamnation, fera à nouveau face à la justice à partir de ce mardi 25 octobre aux assises de Bobigny pour un procès qui doit durer huit semaines.

Cet ex-officier de la garde présidentielle rwandaise, reconverti dans la police politique après l’accident qui l’a cloué dans un fauteuil roulant en 1986, comparaît pour “complicité de génocide” et “complicité de crimes contre l’humanité”. L’accusation lui reproche d’avoir, à Kigali et dans sa région natale de Gisenyi, organisé les barrages routiers au passage desquels étaient filtrés et exécutés les Tutsis, d’avoir donné des instructions et livré des armes aux miliciens Interahamwe qui tenaient ces barrages. Pascal Simbikangwa, 56 ans, risque la perpétuité lors de ce nouveau procès.

Un procès hors-normes

Arrêté à Mayotte en 2008 pour trafic de faux papiers, Pascal Simbikangwa est jugé en France au titre de la “compétence universelle” qui permet à un État de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves, quel que soit le lieu où il a été commis et la nationalité des auteurs ou des victimes. Ce procès hors normes – 24 tomes de procédure, une cinquantaine de témoins – occupera pendant 32 jours l’une des deux cours d’assises de Bobigny. Certains témoins, emprisonnés au Rwanda, seront entendus par visioconférence.

Tout au long de son premier procès, celui qui fût le premier rwandais à être condamné en France pour génocide n’avait cessé de minimiser son rôle et sa compréhension des massacres à l’époque. Il avait ainsi répété, à la stupéfaction générale, n’avoir vu aucun cadavre pendant les 100 jours d’avril à juillet 1994, au cours desquels au moins 800 000 personnes, en majorité Tutsies ainsi que des Hutus modérés, ont été massacrées.

Depuis ce procès “historique”, le tout premier en France d’un Rwandais pour le génocide de 1994, un deuxième a eu lieu, celui de deux anciens bourgmestres, Octavien Ngenzi et Tito Barahira. Ils ont été condamnés à perpétuité en mai 2016 pour leur participation au génocide et ont fait appel.

Avec AFP

Première publication : 25/10/2016