Archive for October 27th, 2016

4a909bc784.jpeg

Uber a été condamné vendredi par un tribunal de Londres pour non-respect du droit du travail. Deux chauffeurs de la plateforme réclamaient à l’entreprise de pouvoir bénéficier des droits dont jouissent les salariés au Royaume-Uni.

Pour le syndicat généraliste GMB, il s’agit d’une “victoire monumentale” qui pourrait avoir des conséquences “majeures”. Vendredi 28 octobre, un tribunal de Londres a donné raison à deux chauffeurs de véhicules Uber qui avaient intenté une action contre la plateforme de transports, l’accusant de ne pas respecter le droit du travail.

Les deux plaignants réclamaient de pouvoir bénéficier de vacances, d’indemnités en cas de congés maladie et du salaire minimum garantis par le droit du travail britannique.

Le tribunal qui a jugé l’affaire a estimé que les chauffeurs Uber étaient des salariés aux yeux de la législation, un statut qui leur donne le droit de jouir de vacances, d’indemnités en cas de congés maladie et d’un salaire minimum.

Uber a aussitôt annoncé qu’il faisait appel de cette décision. L’entreprise américaine considère que ses chauffeurs sont des travailleurs indépendants. Le responsable régional d’Uber, Jo Bertram, a argué vendredi que “des dizaines de milliers de personnes à Londres ont choisi Uber justement pour être des travailleurs indépendants et être leur propre patron”.

“Lien de subordination” entre Uber et ses chauffeurs

Nigel Mackay du cabinet d’avocats Leigh Day a réagi à la décision du tribunal en pointant du doigt la précarité de bien des chauffeurs Uber. “Les chauffeurs d’Uber travaillent souvent de très longues heures juste pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. C’est ce travail qui a permis à Uber de devenir une entreprise mondiale brassant des milliards de dollars”, a-t-il souligné.

En France, la Sécurité sociale poursuit Uber pour requalifier ses chauffeurs, aujourd’hui considérés comme des indépendants, en salariés, faisant valoir qu’il existe un “lien de subordination” entre eux et la plateforme.

Aux États-Unis, Uber a accepté de payer jusqu’à 100 millions de dollars pour clore deux recours collectifs, en Californie et dans le Massachusetts, qui menaçaient de changer le statut de ses chauffeurs.

>> À lire aussi : La ville de New York lâche du lest face à Uber

La croissance très rapide du géant américain a provoqué de nombreuses polémiques, en particulier avec les chauffeurs de taxis, qui l’accusent de concurrence déloyale, ou à propos de son modèle économique, qui dépend pour beaucoup de l’extrême flexibilité des travailleurs.

Avec AFP

Première publication : 28/10/2016

Quatre jours après le début du démantèlement de la “jungle” de Calais, des centaines de mineurs ne savent toujours pas s’ils pourront rejoindre l’Angleterre ou obtenir une place en centre d’accueil en France.

Le gouvernement et les médias sont unanimes : l’évacuation, débutée lundi 24 octobre, du camp de la Lande, dit la “jungle”, à Calais, s’est bien déroulée. Pourtant, après le départ des journalistes du monde entier venus couvrir l’événement, les associations pointent du doigt un certain nombre de problèmes encore irrésolus.

Tout d’abord celui de la situation des mineurs isolés non-accompagnés. Ils sont encore plus de 1 500 à Calais, majoritairement des jeunes garçons de 16-17 ans. Certains sont toujours logés dans les conteneurs du camp. D’autres, attirés par l’annonce du Royaume-Uni de permettre à quelques centaines d’entre eux de rejoindre leur famille outre-Manche, sont arrivés très récemment et vivent dehors.

>> À lire aussi : Démantèlement de Calais : les rêves d’Angleterre s’éloignent pour les jeunes migrants”

François Guennoc, vice-président de l’association l’Auberge des migrants, raconte qu’un mineur isolé est arrivé à Calais de Marseille après avoir fait une fugue du foyer où il était hébergé.

Bras de fer entre Paris et Londres sur le sort des 1 500 mineurs isolés

Malgré l’urgence de la situation, le sort des mineurs isolés non-accompagnés en France dépend de l’issue du bras de fer entre Paris et Londres. Alors que le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, espérait que le Royaume-Uni accepte d’accueillir tous les enfants présents à Calais, Londres se montre frileux.

L’administration britannique affirme n’avoir pas encore eu le temps de mener toutes les “interviews” nécessaires pour établir si ces enfants ont un lien de parenté avec une personne au Royaume-Uni. Par ailleurs, la ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a insisté jeudi 27 octobre auprès de son homologue français “sur le besoin des enfants qui se trouvent toujours à Calais d’être protégés comme il se doit”.

En réponse, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse, la ministre française du Logement, lui ont rappelé que “ces personnes poursuivent un projet migratoire d’installation au Royaume-Uni”. Une manière de signifier à Londres qu’une solution durable pour ces jeunes n’est pas envisageable en France.

Et ceci pour des raisons autant politiques qu’économiques. Deux centres d’accueil et d’orientation pour mineurs isolés étrangers (Caomie) ont déjà été ouverts par l’État français en Meurthe-et-Moselle et en Charente-Maritime. Interrogée par Le Monde, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a assuré qu’”une dizaine” d’autres centres seraient ouverts. Mais, pour François Guennoc, le coût de ces structures constituera certainement un frein à leur ouverture. “Pour une place dans un CAO, il faut compter 20 euros par personne et par jour. Pour un Caomie, c’est au moins trois ou quatre fois plus cher, notamment à cause de l’encadrement que les mineurs nécessitent”, explique-t-il à France 24.

Plus de 4 000 migrants “évaporés”

Outre le sort des mineurs isolés, ce sont les milliers de migrants “évaporés” qui préoccupent les associations. Dans un article publié sur le blog qu’il anime sur le site de Médiapart, François Guennoc dénombre, à partir des recensements effectués par les associations depuis le mois de septembre, 4 250 personnes manquantes.

Ces personnes se sont dirigées par leurs propres moyens vers Paris ou ont quitté Calais mais sont restées dans la région dans l’espoir de gagner l’Angleterre à tout prix.

À Paris, les associations qui viennent en aide aux migrants confirment cet afflux récent. “Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire”, a confié à franceinfo Charles Drane, un coordinateur de l’ONG Adventist Development and Relief Agency (Adra) qui distribue des repas le midi sur l’avenue de Flandres, dans le XIXe arrondissement de la capitale.

Violette Baranda, élue du XIXe , a elle assuré au Monde que les campements grandissaient “de manière inquiétante”. “Et il y a désormais des familles avec des enfants, parfois de quelques mois”, a-t-elle ajouté.

Une réalité qu’a démentie jeudi la ministre du Logement, assurant à la chaîne Public Sénat que les migrants qui arrivent à Paris “ne viennent pas de Calais”.

Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 4 000 personnes ont été conduites en bus vers des CAO répartis dans toute la France entre le lundi 24 et le mercredi 26 octobre.

Première publication : 28/10/2016

1b47698cb3.jpeg

Après deux semaines de négociations, Le Parlement de la région belge de Wallonie a approuvé, vendredi, le projet d’accord de libre-échange entre le Canada et l’UE. Un vote qui permet de poursuivre le processus d’adoption du traité.

Le Parlement de la région belge de Wallonie, d’où est partie il y a deux semaines la fronde anti-Ceta, a dit “oui”, vendredi 28 octobre, à la signature par la Belgique du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada.

Une motion du Parlement demandant au chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, de “donner délégation” au gouvernement fédéral pour qu’il appose la signature de la Belgique au traité, a été approuvée par 58 voix “pour” et 5 “contre”, lors d’une séance plénière extraordinaire .Le Premier ministre belge, Charles Michel, avait annoncé la veille qu’une position commune de la Belgique sur le traité avait finalement été arrêtée. Jusqu’ici, la région de Wallonie avait refusé de donner son feu vert à un projet d’accord qui donnait, selon elle, trop de pouvoir aux intérêts des multinationales.

>> À lire : Ceta, ce que les Wallons ont réussi à obtenir

Paul Magnette a donc fini par se rallier à l’accord, négocié pendant sept ans par la Commission européenne et Ottawa, après avoir bataillé âprement et arraché un compromis au nom du respect de la démocratie et de la protection du modèle social et environnemental européen. Il a en particulier salué jeudi, devant les députés wallons, la création d’un “instrument interprétatif juridiquement contraignant” pour clarifier le contenu du texte, notamment en matière de droit du travail et d’environnement.

Il a également estimé que les différentes “déclarations” permettent d’apporter des “clarifications essentielles” en matière de “sauvegarde agricole” ou de “protection des services publics”.

Critiqué par les écologistes et l’extrême gauche

Critiqué depuis par les écologistes et l’extrême gauche, qui lui reprochent d’avoir lâché à la dernière minute, Paul Magnette leur a répondu que “la dénonciation procure un certain plaisir” mais “ne change rien”.

Après l’accord intervenu entre Belges, le Canada s’était réjoui, tout en restant prudent. “Il y a d’autres étapes avant la signature”, mais “le Canada est prêt à signer l’accord lorsque l’Europe sera prête”, a déclaré à Ottawa la ministre du Commerce international Chrystia Freeland.

La totalité des 28 gouvernements de l’Union européenne soutiennent le Ceta, mais la Belgique ne pouvait jusqu’ici donner formellement son accord en l’absence du soutien de la totalité des diverses entités qui la composent.

Retrouvez le discours de Paul Magnette, justifiant le refus de donner son accord pour le Ceta

>> Pour voir la vidéo sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

Avec AFP

Première publication : 28/10/2016