Archive for October 28th, 2016

Sur le site de l’ancien camp d’internement de Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire, François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans l’internement de milliers de Tsiganes par le régime de Vichy et jusqu’en 1946.

Pour la première fois, un président de la République française s’est rendu samedi 29 octobre à Montreuil-Bellay, une ville du Maine-et-Loire qui abrita un camp où furent internés quelque 4 000 membres de la communauté des gens du voyage entre 1940 et 1946. À cette occasion, François Hollande a reconnu la responsabilité de l’État français dans l’internement de membres de la communauté tsigane durant la Seconde Guerre mondiale.

“La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité a été grande dans ce drame”@fhollandepic.twitter.com/THE5X8Qsup

— Élysée (@Elysee) 29 octobre 2016

“Le jour est venu et il fallait que cette vérité fût dite”, a dit le président français. “La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame”, a-t-il poursuivi lors d’une cérémonie d’hommage à laquelle assistaient plusieurs survivants. “Un pays est toujours plus grand quand il reconnaît son histoire et qu’il fait une place à tous ses citoyens”.

A l’occasion de la cérémonie du souvenir de Montreuil-Bellay, @fhollande a rencontré des nomades internés pendant la seconde guerre mondiale pic.twitter.com/zV8TQK5Dmk

— Élysée (@Elysee) 29 octobre 2016

Montreuil-Bellay était le plus grand des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu’en 1946, dans lesquels furent internés entre 6 000 et 6 500 nomades. Plus de 2 000 nomades, des Tsiganes mais aussi des sans domicile fixe de Nantes, y furent internés de novembre 1941 à janvier 1945. Une centaine y périrent.

Soixante-dix ans après la libération des derniers Tsiganes internés en France, dont ont marquait ce samedi l’anniversaire, leurs descendants et les associations attendaient avec émotion une reconnaissance officielle de leurs souffrances.

L’histoire oubliée de l’internement des Tsiganes en France (1940-46) – VIDEO #AFP par @aureliamousslyhttps://t.co/n6CxsL42mn

— Anne-Sophie Lasserre (@aslasserre) 28 octobre 2016

Abroger la loi de 1969

François Hollande est aussi revenu sur la discussion en cours au Parlement du projet de loi Égalité et citoyenneté, émettant l’espoir que la législation d’exception sur les gens du voyage, dénoncée par les associations, soit bientôt abolie.

Les gens du voyage se battent aujourd’hui pour l’abrogation totale de la loi de 1969 qui instaura le “livret de circulation” pour les personnes “circulant en France sans domicile ni résidence fixe”, les obligeant à se présenter à un commissariat tous les trois mois pour indiquer où elles se trouvent. Une proposition de loi prévoyant la suppression de ce document a été votée en juin 2015 par l’Assemblée nationale.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/10/2016

Six jours après le début du démantèlement de la “jungle” de Calais, près de 2 000 migrants se sont à nouveau installés à Paris sous des abris de fortune. Les autorités démentent tout lien avec l’évacuation du bidonville calaisien.

Près de 2 000 migrants se sont réinstallées dans les tentes igloo au nord de Paris alors que les campements de la capitale ont déjà été vidés une trentaine de fois. Est-ce une conséquence du démantèlement de la jungle de Calais ? “Beaucoup de migrants vont à Paris” en bus, par train ou en voiture, affirme à l’AFP une source policière. Mais les autorités démentent catégoriquement. “Des contrôles ont été mis en place, sur les routes, sur les voies ferrées, et rien n’indique à ce stade qu’il y ait un afflux de migrants venus de Calais”, a assuré vendredi le préfet d’Île de-France Jean-François Carenco.

“Difficile de dire d’où ils viennent mais une chose est sûre : ça grandit de manière inquiétante. Et il y a désormais des familles avec des enfants”, souligne Violette Baranda, élue du 19e arrondissement qui visite régulièrement ce “triangle des migrants” du nord-est parisien.

Entre l’avenue de Flandres et les métros Jaurès et Stalingrad, les files devant les marmites des distributions de repas s’étirent inexorablement. “Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire”, confie Charles Drane, un coordinateur de l’ONG Adventist Development and Relief Agency (Adra) qui distribue des repas le midi.

“Qu’on nous sauve de cette situation”

Les tentes, isolées à la hâte avec des bâches ou des couvertures de survie, s’entassent désormais sur plus de 700 mètres sur le terre-plein de l’avenue de Flandres, du linge sèche sur des fils tendus entre deux arbres, on discute sur une chaise de bureau à roulettes ou un fauteuil défoncé.

Un ex-soldat libyen de 25 ans rêve d’un lit et d’un toit. “La vie est difficile ici. Il fait froid, on mange et on s’habille avec ce qu’on nous donne, on se lave dans des douches publiques quand on peut… On ne veut pas passer notre vie comme ça, dans la rue”, explique-t-il dans un français correct.

Certains ont replié leurs tentes vendredi matin en voyant arriver des cars de CRS. Mais leurs espoirs ont été douchés: il s’agissait d’une opération “de contrôle” de la situation administrative des occupants et de l’état sanitaire du campement, et non d’une évacuation avec “mises à l’abri”.

Une évacuation aura lieu “dans les jours qui viennent”, affirme-t-on à la Ville de Paris. Elle aura lieu “d’ici le 15 novembre, même peut-être avant”, précise le préfet d’Île-de-France.

Elle ouvrira la voie à l’ouverture du premier centre d’accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d’une capacité initiale de 400 lits.

“No place like home”

Soudanais, Somaliens, Éthiopiens, Érythréens, Syriens, Libyens, Afghans… “Il y a tous les malheurs du monde ici”, sourit Ibrahim Zakaria, originaire du Darfour soudanais.

Aucun des migrants interrogé par l’AFP n’a eu vent d’arrivées depuis la “jungle” ces derniers jours. Plusieurs y sont déjà passés, comme Bokaloi, revenu il y a un mois après y avoir passé 20 jours. “À Calais, c’était pas bon, il y avait beaucoup de mafias. Ici, il n’y a pas de violence mais c’est quand même dur”, confie cet Algérien, emmitouflé dans un sac de couchage, sa capuche enfoncée sur la tête.

Un peu plus loin, un homme a mis son rêve par écrit sur l’arrière d’une tente: “No place like home” (rien de tel qu’être à la maison).

Avec AFP

Première publication : 29/10/2016