Manuel Valls : “L’Afrique, c’est le continent d’avenir”

Manuel Valls : “L’Afrique, c’est le continent d’avenir”

Lors d’un entretien exclusif, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué les défis qui attendent l’Afrique et la France, la place internationale que doit prendre Paris et le rôle qu’il entend jouer à l’approche de l’élection présidentielle.

Sur le point d’achever un déplacement de quatre jours en Afrique, Manuel Valls a accordé en exclusivité un long entretien à France 24 et RFI. Depuis la Côte d’Ivoire, le Premier ministre s’est livré à propos de sujets aussi variés que le développement économique de l’Afrique, l’avenir de la présence militaire française en Centrafrique, les relations compliquées avec la Russie de Vladimir Poutine en Syrie ou encore sa vision de l’état de la gauche à six mois de l’élection présidentielle.

“Un message d’amour à l’Afrique”

Concernant l’Afrique, à laquelle il était venu adresser “un message d’amour”, Manuel Valls a insisté sur l’avenir que partage ce continent avec la France et plus globalement l’Europe. “L’Afrique, c’est le continent d’avenir, et la France et l’Europe doivent être capables de bâtir une alliance avec l’Afrique pour ce XXIe siècle”, a-t-il expliqué. Et d’ajouter : “Les principaux enjeux pour l’Europe et pour le monde, que sont la menace terroriste, le défi migratoire, le défi climatique, la démographie, la jeunesse, en grande partie, se jouent en Afrique”.

À propos du dynamisme démographique de l’Afrique, le Premier ministre a insisté sur l’importance d’une politique d’aide en direction de ces pays. “Si nous ne voulons pas connaître un afflux de migrants qu’on ne peut pas supporter, nous devons aider l’Afrique à construire son avenir. […] L’Agence française du développement a un budget de 8 milliards [dont] 4 milliards par an pour l’Afrique. Et nous voulons faire passer en trois ans ces investissements, souvent par des prêts mais aussi des aides directes à 6 milliards.”

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“La Russie a intérêt à l’apaisement au Moyen-Orient”

Manuel Valls est ensuite revenu sur la lutte de la France contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, et sur la difficile coopération avec la Russie dans ce dossier. “En Syrie, l’ennemi, c’est le terrorisme. Nous ne faisons pas la guerre aux Russes, ni au régime de Bachar al-Assad, dont nous condamnons les exactions, qui par son action aussi a alimenté le chaos”, a-t-il voulu préciser.

“Mais c’est de la responsabilité de la Russie [d’améliorer la situation en Syrie] parce que demain, ça peut se retourner contre la Russie. Il y a des milliers de Caucasiens, de Russes, qui sont enrôlés dans des groupes terroristes ou jihadistes, donc la Russie a intérêt à l’apaisement au Proche et au Moyen-Orient.”

“Loyauté et, en même temps, franchise” à l’égard de François Hollande

Questionné à propos des remous provoqués par la publication d’un livre de confidences de François Hollande et de la possibilité que ce dernier ne se présente pas à l’élection présidentielle, le Premier ministre a précisé son état d’esprit. “Je n’ai pas à démontrer ma loyauté. […] Dans un moment de troubles, de questionnements, de mise en cause de la démocratie, de montée des populismes, tenir les institutions, c’est essentiel. […] Donc, loyauté et, en même temps, franchise”, a-t-il insisté.

“C’est un honneur immense que d’être chef du gouvernement, a-t-il confié. J’ai envie de continuer à servir la France et les Français. […] Je pense que nous pouvons gagner parce que vous prenez toutes les propositions de la droite – je pense à la suppression de l’impôt sur la fortune, aux 300 000 à 700 000 fonctionnaires en moins selon les candidats, à l’absence de priorité donnée à l’école –, vous prenez toutes les idées de la droite, elles sont rejetées par les Français. Nos propositions ne le sont pas.”

Première publication : 30/10/2016

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