Archive for November 8th, 2016

Le Conseil d’État a estimé, mercredi, que des crèches de Noël pouvaient être installées dans des mairies, mais sous certaines conditions, pour écarter notamment tout prosélytisme religieux.

Les crèches de Noël pourront être installées dans des bâtiments publics en France, mais a posé une série de conditions strictes pour écarter tout prosélytisme religieux. Le Conseil d’État a donc suivi, mercredi 9 novembre, la recommandation du rapporteur public, faite en octobre.

La plus haute autorité administrative a jugé que “dans les bâtiments publics, sièges d’une collectivité publique ou d’un service public, une crèche de Noël ne peut pas être installée, sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif”.

Éviter toute manifestation religieuse

La mise en place d’une crèche de Noël ne peut en aucun cas signifier “la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse”, a par ailleurs averti le Conseil d’État. Celui-ci a fait une distinction entre l’intérieur des bâtiments publics et les autres “emplacements publics”, tels que des marchés, où, selon lui, installer des santons est a priori légal, à condition d’éviter toute manifestation religieuse contraire à la neutralité s’imposant aux pouvoirs publics.

Pour le juge administratif suprême, qui avait pour l’occasion réuni sa formation la plus solennelle, une crèche a “plusieurs significations” : “Elle présente un caractère religieux, mais elle est aussi un élément des décorations et illustrations, qui accompagnent traditionnellement les fêtes de fin d’année, sans signification religieuse particulière”, comme un sapin ou des guirlandes.

En clair, installer une crèche dans une mairie ou dans un lieu public ne peut être autorisé qu’à trois conditions : que cette exposition soit “temporaire”, qu’elle ne s’accompagne d’aucune manifestation de “prosélytisme religieux”, et enfin, qu’elle revête le “caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive”.

Une importante marge de manœuvre laissée aux collectivités locales

Les magistrats laissent une importante marge de manoeuvre aux collectivités locales, mais donne aussi toute latitude aux juridictions administratives locales pour sanctionner des dérives.

La plus haute juridiction administrative casse ainsi les deux arrêts dont elle était saisie, dont l’un de la Cour administrative d’appel de Paris jugeant toute installation de crèche de Noël incompatible avec le principe de neutralité.

La Conférence des évêques de France a annoncé dans un communiqué très neutre “prendre note de la décision”. “Les défis à affronter par notre société dépassent largement la question de la présence des crèches dans les bâtiments publics. Il s’agit de permettre à tous, croyants et non-croyants, de pouvoir affirmer leurs convictions pour construire ensemble une société où chacun est respecté”, a-t-elle déclaré.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/11/2016

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L’élection aux États-Unis du candidat républicain Donald Trump a été fraîchement accueillie par les marchés financiers. Après le Brexit, ils craignent la montée en puissance du protectionnisme.

Le Brexit à peine digéré, les marchés financiers ont dû avaler la victoire de Donald Trump. D’un point de vue financier, l’onde de choc de la victoire du candidat républicain à la présidentielle américaine, mercredi 8 novembre, dépasse celui du “Yes” britannique à la sortie de l’Union européenne.

Peu avant la confirmation de la victoire de Donald Trump, le peso mexicain était déjà à son plus bas historique par rapport au dollar, tandis que le yen japonais et l’or – deux valeurs refuges – évoluaient en forte hausse. Les marchés financiers à travers le monde ont tous encaissé le choc politique américain en sombrant dans le rouge.

Donald Trump incarne l’incertitude

La surprise explique en partie la réaction des marchés financiers. Au même titre que le vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni, en juin 2016, les sondages n’avaient pas anticipé une victoire de Donald Trump. L’ampleur du désarroi des marchés s’explique aussi par le poids des États-Unis, gendarme du monde et première puissance économique.

Mais ce n’est qu’une facette de l’Histoire. “Donald Trump représente l’incertitude”, résume Pascal de Lima, économiste en chef du cabinet de conseil EcoCell. Les investisseurs ont traditionnellement horreur de ne pas savoir dans quelles eaux économiques ils doivent naviguer. Hillary Clinton incarnait la continuité de la politique de Barack Obama, tandis que le programme économique du futur président des États-Unis est perçu comme flou.

La victoire de Donald Trump fait écho au vote sur le Brexit sur un autre point, qui déplaît aux investisseurs. “Dans les deux cas, c’est le signal d’un retour au pouvoir de l’idéologie protectionniste dans des grandes puissances mondiales”, remarque Pascal de Lima. Le rejet britannique de l’UE n’était donc pas un accident isolé : le libre-échange et la libre-circulation des capitaux, essentiels aux marchés financiers modernes, a pris un sérieux coup de vieux avec l’élection de l’ex-homme d’affaires américain.

Bons baisers de Chine

Au-delà du triomphe du repli économique, ce sont aussi les mesures concrètes qui inquiètent les acteurs économiques accros à la mondialisation. Donald Trump s’est montré particulièrement virulent à l’égard de Pékin pendant la campagne, l’accusant de voler les emplois des Américains et d’être un manipulateur de devises. Pour Pascal de Lima, une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’est dorénavant pas à exclure. La conséquence serait que “Pékin aurait davantage de mal à commercer avec un pays, qui représente 45 % de ses exportations, ce qui risque d’accélérer une crise économique en Chine”, estime l’économiste français. Une crise qui pourrait alors s’étendre au reste du monde. Le président chinois Xi Jinping est conscient du danger et a adopté un ton volontairement conciliant : “Je suis impatient de travailler [avec Donald Trump] sans confrontation et sans conflit”, a-t-il affirmé, mercredi.

Il n’y a pas que la Chine qui risque de trinquer sous l’ère Trump. Le nouveau président veut rompre les accords de libre-échange conclus avec l’Amérique du Sud et l’Asie. Il a aussi condamné le controversé traité transatlantique, censé donner un coup d’accélérateur au commerce entre les États-Unis et l’Europe.

Si le Royaume-Uni semble se remettre lentement de la débandade économico-financière de l’après-référendum, les effets de la victoire Trump risquent de se faire ressentir bien plus longtemps. Les réformes qu’il a proposées devraient changer sur le long terme l’économie américaine et n’ont donc pas fini d’inquiéter les marchés financiers. Il ne leur reste plus qu’à espérer que le président Trump fasse table rase des provocations de campagne du candidat Donald et trouve une manière plus apaisée de “rendre sa grandeur aux États-Unis”.

La réaction des marchés après la victoire de Donald Trump ne s’est pas fait attendre

© Studio France 24

Première publication : 09/11/2016

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Les instituts de sondages américains ont-ils fait la même erreur que leurs homologues britanniques au moment du Brexit ? Clinton était donnée favorite à la présidentielle américaine, mais c’est le républicain Trump qui entrera à la Maison Blanche.

Ils s’étaient déjà fourvoyés lors du vote sur le Brexit au printemps dernier. Le matin du 24 juin 2016, au lendemain du scrutin, les sondeurs britanniques en avaient pris pour leur grade après s’être lourdement trompés sur les résultats concernant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Il faut dire que la veille du vote, tous les signaux étaient au vert. Les instituts donnaient le “Remain” (“Rester” en Europe) favori à plus de 52 %. Les dirigeants européens étaient confiants.

Cinq mois plus tard, c’est encore raté, cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique. Depuis plusieurs jours, les sondeurs avaient donné une courte avance – mais une avance quand même – à la candidate démocrate, Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche. Là encore, la veille du scrutin, l’ancienne secrétaire d’État pouvait s’endormir confiante.

I’ve believed in data for 30 years in politics and data died tonight. I could not have been more wrong about this election.

— mike murphy (@murphymike) 9 novembre 2016

Au niveau national, la démocrate était créditée de 44,9 % des intentions de vote contre 42,7 % pour Trump, selon la moyenne des plus récents sondages établis par Real Clear Politics (RCP), le 7 novembre. Un résultat qui s’était resserré dans la dernière ligne droite mais qui jamais n’a laissé l’avantage à Trump. La chaîne CBS avait même publié une estimation le même jour selon laquelle Hillary Clinton disposait d’un avantage de quatre points au niveau national, à 45 % contre 41 %.

Dans de nombreux médias, les analystes estimaient aussi que les affaires d’agressions sexuelles du républicain, que ses sorties douteuses sur les femmes, ou encore sur les Mexicains favoriseraient l’ancienne secrétaire d’État. Tous ont eu tort, bien que certains, à l’instar de France 24, avaient relayé les prévisions d’Allan Lichtman, professeur d’histoire à l’American University de Washington, qui donnait Trump gagnant.

Le “vote secret”pour Trump

Comment expliquer ce raté ? Par un manque d’anticipation. Selon Courrier International, beaucoup d’électeurs conservateurs étaient apparemment gênés de dévoiler leur intention de vote. “Résultat : les instituts de sondage sont passés à côté”, explique le journal.

C’est aussi l’analyse du Daily Telegraph qui estime que les instituts de sondage ont mal appréhendé le “vote secret pour Trump”. Ils ont sous-évalué le “silence” des sondés et donc mal calculé leur marge d’erreur. “Ceux qui refusent de dévoiler leur orientation politique sont souvent ceux qui votent pour les partis conservateurs”, explique le journal américain.

Dans plusieurs États-clés, Trump a fait voler en éclat toutes les prévisions. La Floride, cet État-clé de 29 grands électeurs qui penchait en faveur de la démocrate, reviendra au républicain. Dans le Wisconsin, aussi, l’institut RealClearPolitics donnait presque sept points d’avance à Clinton à 46,8 % contre 40,3 %, précise le quotidien américain USA Today. Résultat : le républicain a gagné l’État avec un point d’écart. Les instituts de sondages n’avaient pas non plus prévu le ralliement de la Pennsylvanie à Trump, alors que Clinton était donnée favorite. Ni celui de l’Iowa, cet État qui avait choisi le démocrate Barack Obama en 2008 et 2012.


Première publication : 09/11/2016

La présidente du Front national Marine Le Pen a adressé mercredi matin sur Twitter ses “félicitations au nouveau président des États-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre”.

Marine Le Pen, la présidente du Front national, n’a pas attendu les résultats officiels de l’élection présidentielle américaine pour adresser dès mercredi matin sur Twitter ses “félicitations au nouveau président des États-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre”.

Félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre ! MLP

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) 9 novembre 2016

Marine Le Pen, qui s’était régulièrement prononcée en faveur d’un “tout sauf Hillary Clinton” dans la présidentielle américaine, ce qui revenait à soutenir Donald Trump, se réjouissait à l’unisson de ses troupes sur le réseau social. Son compagnon Louis Aliot, vice-président du FN, a salué un “bras d’honneur à une élite arrogante”.

Avec AFP

Première publication : 09/11/2016