Archive for November 9th, 2016

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Le rôle supposé des réseaux sociaux et de Facebook dans la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine est de plus en plus mis en avant. Un coupable trop parfait.

La chasse au bouc émissaire a débuté. Au lendemain de l’annonce de la victoire de Donald Trump, un coupable idéal commence à se dessiner aux yeux de ceux qui auraient préféré une autre issue au scrutin présidentiel américain. Facebook – et dans une moindre mesure Twitter et Reddit – sont pointés du doigt.

“Donald Trump a gagné à cause de Facebook”, titre le New York Mag. “La liste des responsabilités [dans la victoire de Donald Trump] est longue, mais Facebook est tout en haut”, assure le site du laboratoire de recherche journalistique de l’université d’Harvard Nieman Lab. Pour Mashable, “Facebook devrait avoir honte de ce que leur plateforme est devenue” durant cette année électorale.

Facebook, arme électorale des pro-Trump

Le réseau social, source principale d’informations pour plus de 60 % des Américains, maintiendrait ses utilisateurs dans une bulle et servirait de caisse de résonnance. Les utilisateurs trouvent dans leur fil d’actualité des liens vers des articles partagés par leur cercle de connaissances, donc souvent aux vues politiques similaires, qui, généralement, renforcent leurs opinions au lieu de leur proposer des points de vue alternatifs.

La situation est encore plus accentuée sur le très populaire site de partage et de commentaire de liens Reddit, utilisé par 70 % de ses utilisateurs comme source principale d’information. La section de ce portail consacrée à Donald Trump (r/The_donald) est un nid à fans du nouveau président où les opinions contraires sont violemment condamnées.

Mais Reddit n’a pas l’audience de Facebook, consulté quotidiennement par près de deux milliards d’internautes. D’où le coup de projecteur sur le roi incontesté des réseaux sociaux. De plus, ce dernier souffre d’un autre défaut politiquement important aux yeux de ses détracteurs du moment : il refuse d’endosser le rôle de groupe de média et laisse un algorithme (après avoir licencié une équipe d’éditeurs humains) choisir les articles à afficher pour les utilisateurs. La conséquence a été une explosion d’histoires inventées de toutes pièces ou aux titres racoleurs qui déforment la réalité. Le site Buzzfeed, qui a longtemps enquêté sur ce phénomène, conclut que l’intelligence artificielle (IA) identifie parfaitement ce qui va être populaire mais peine à faire la différence entre le vrai et le faux.

Dans le contexte de l’élection présidentielle américaine, les limites de l’IA ont été “utilisées comme arme électorale par les soutiens de Donald Trump”, martèle le très influent site technologique TechCrunch. “Hillary Clinton appelle à la guerre civile si Trump remporte la victoire” ou encore “Le pape François soutient Donald Trump” sont deux exemples d’articles totalement faux qui, quelques jours avant le vote, étaient parmi les plus populaires sur Facebook.

La faute aux étudiants macédoniens ?

Buzzfeed assure que la cause de cette dangereuse “prolifération de désinformation” est à chercher à 6 000 km des États-Unis dans la petite ville de Vélès, en Macédoine. C’est là que le site est allé à la rencontre de ces “adolescents qui se font de l’argent en créant des faux sites d’informations qui trompent les électeurs américains”. Environ 140 sites, tels que USADailyPolitics, Trumpvision365 ou encore WorldPoliticus, ont été créés depuis le début de l’année dans le seul but de “publier des articles pro-Trump, généralement faux, destiné à être partagé par les supporters du milliardaire/candidat sur Facebook. L’histoire sur le soutien du Pape à Donald Trump a ainsi été partagé plus de 800 000 fois. Une viralité qui se traduit par des revenus publicitaires pour le créateur du site : “L’un de mes amis a réussi à se faire 5 000 dollars par mois grâce à ça”, a assuré un étudiant macédonien à Buzzfeed.

Une explication de la victoire de Donald Trump qui a de quoi séduire les déçus du résultat de l’élection américaine. Les responsabilités se divisent entre une multinationale, un algorithme et des jeunes étrangers qui ont agi par pur appât du gain. Au final, le peuple américain y apparaît comme une victime. Une thèse séduisante qui permet surtout de ne pas prendre en compte une réalité beaucoup plus dérangeante pour les opposants à Donald Trump : la mobilisation du camp démocrate a été beaucoup moins forte qu’en 2012 lors de la réélection de Barack Obama. Un élément d’autant plus regrettable que Donald Trump a obtenu moins de voix que Mitt Romney, l’adversaire malheureux du président Obama il y a cinq ans.

Turnout 2012 Obama: 65.9m2016 Clinton: 59.1m = -6.8m2012 Romney: 60.9m2016 Trump: 59m = -1.9mYou tell me what happened

— Domenico Montanaro (@DomenicoNPR) 9 novembre 2016


Première publication : 10/11/2016

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Le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé mardi soir la mise en place d’un vaste plan de démonétisation des billets de 500 et 1 000 roupies (6,5/13 euros) dans le but de lutter contre l’évasion fiscale.

Le plan avait été préparé dans le plus grand secret et seule une poignée de conseillers et de décideurs indiens étaient dans la confidence avant que le Premier ministre indien ne s’adresse à la nation mardi 8 novembre.

Prenant tout le monde de court, Narendra Modi a annoncé que les billets de 500 et 1 000 roupies (6,5/13 euros), plus hautes valeurs faciales en circulation, n’avaient plus de valeur légale. En tout, 24 milliards de billets ont ainsi été soudainement démonétisés pour lutter contre l’évasion fiscale provoquée par les grandes sommes d’argent liquide que les Indiens conservent chez eux.

Les Indiens doivent donc changer leurs billets de 500 et 1 000 roupies contre de nouvelles coupures ou les déposer sur un compte en banque, tout en étant en mesure d’attester de la provenance des grosses sommes. Les files d’attente aux guichets des banques se sont multipliées dès l’annonce de cette mesure.

Des centaines de millions d’Indiens se retrouvaient soudain avec insuffisamment d’argent liquide dans leur portefeuille pour les achats du quotidien, dans une économie où 90 % des transactions se font en cash.

Élu avec la promesse de combattre âprement la corruption, le Premier ministre indien s’est convaincu au printemps dernier qu’il lui fallait une mesure choc pour montrer sa détermination.

Approvisionnement des établissements bancaires

Mardi soir, à un millier de kilomètres au sud de Delhi, la banque centrale indienne mettait au parfum les dirigeants des banques du pays de cette nouvelle mesure.

Dans la matinée, ceux-ci avaient été convoqués à la Reserve Bank of India (RBI) pour y recevoir un coffre. À l’intérieur, leur avait été-t-il dit, les nouveaux billets de 2 000 roupies annoncés de longue date.

Les responsables repartirent avec les coffres, et la stricte interdiction de les ouvrir ou d’en parler, selon le journal Mint. Au moment de l’ouverture, le soir, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’ils contenaient également des billets inédits de 500 roupies.

Mais approvisionner tous les établissements bancaires de ce gigantesque pays, qui s’étend des pics de l’Himalaya aux îles Andaman dans le golfe du Bengale en passant par des campagnes isolées, est un défi compliqué. “Un cauchemar”, s’alarme Pradip Shah, ancien cadre de HDFC Bank. “Ca va être problématique pour beaucoup de personnes.”

Jeudi, après une fermeture de 24 h pour préparer la transition, les banques étaient prises d’assaut et les distributeurs automatiques ne fonctionnaient pas.

Avec AFP

Première publication : 10/11/2016

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Malgré les déclarations antichinoises du candidat Donald Trump, plusieurs économistes estiment que l’arrivée du milliardaire à la Maison Blanche est une bonne nouvelle pour Pékin. Explications.

Donald Trump en avait fait l’un de ses arguments de campagne : “Rendre sa grandeur à l’Amérique”… au détriment de la Chine. Le nouveau président avait promis de combattre un pays accusé de “manipuler les devises”, et de lui imposer des droits de douanes allant jusqu’à 45 %. Il voulait même forcer des entreprises américaines, comme Apple, à relocaliser leur production “made in China” aux États-Unis.

À priori, une présidence Trump risque de déboucher sur une guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques du monde. L’un des conseillers de campagne de Donald Trump, l’économiste Peter Navarro, est d’ailleurs connu pour mettre le déclin industriel américain sur les seules épaules chinoises.

Pékin “ne craint pas Donald Trump”

Face à cette rhétorique guerrière, le président chinois Xi Jinping a adopté un ton conciliant pour saluer l’arrivée du milliardaire à la Maison Blanche. “Je suis impatient de travailler avec lui sans confrontation et sans conflit”, a-t-il affirmé, mercredi 9 novembre.

>> À lire sur France 24 : “Élection de Trump : le monde entre inquiétude et délectation”

Pourtant, deux spécialistes de l’économie chinoise interrogés par France 24 jugent que le danger d’une confrontation est en réalité faible. “Paradoxalement, je pense que la victoire de Donald Trump est une bonne affaire pour Pékin”, assure Jean-François Dufour, responsable du China control panel au sein du cabinet de conseil Montsalvy Consulting. “Les Chinois ne craignent pas vraiment Donald Trump et éprouvent même une certaine sympathie pour lui”, assure de son côté Mary-Françoise Renard, directrice de l’Institut de recherche sur l’économie de la Chine (IDREC).

À cela, plusieurs raisons. D’abord, les menaces proférées pendant la campagne ont tout du “discours caricatural pour séduire un certain électorat”, assure Mary-Françoise Renard. Donald Trump “sait, par exemple, que l’instauration des tarifs douaniers entraînera une hausse des prix des produits importés de Chine ce qui va à l’encontre de son grand dessein d’améliorer le pouvoir d’achat des Américains”, précise Jean-François Dufour.

Il y a aussi un principe de réalité que Donald Trump, le chef d’entreprise, connaît bien. “Il ne faut pas oublier qu’il essaie actuellement de faire des affaires en Chine, avec notamment la volonté d’y ouvrir un complexe hôtelier, et qu’il a donc intérêt à soigner ses relations avec Pékin”, note Jean-François Dufour.

Mieux qu’Hillary Cliton

Par ailleurs, le discours protectionniste du nouveau président sonne mieux aux oreilles des autorités chinoises que le programme de sa rivale démocrate malheureuse Hillary Clinton. “La seule chose que Pékin redoute est qu’un pays tiers cherche à intervenir dans ses affaires intérieures, et la Chine croit qu’il est toujours possible de négocier les questions financières et économiques”, explique Mary-Françoise Renard. Hillary Clinton aurait poursuivi la politique de Barack Obama qui a cherché à concurrencer l’influence chinoise en Asie. Donald Trump n’a pas la volonté de reprendre ce flambeau et “Pékin aura pendant les prochaines années les coudées franches en Asie”, résume Jean-François Dufour.

Cette promesse d’un repli sur soi américain représente même une véritable opportunité économique pour la Chine. “La concurrence sera également moins forte dans d’autres régions du monde [Afrique, Amérique Latine] où Pékin et Washington s’affrontaient pour gagner des parts de marché”, note l’économiste français.

Le décalage entre le discours électoral et la réalité de la présidence Trump risque même d’éclater au grand jour très rapidement. Le milliardaire a promis de dépenser 1 000 milliards de dollars pour rénover les infrastructures américaines “sans hausse d’impôt”. Il faudra pourtant bien trouver l’argent quelque part et, rappelle Jean-François Dufour, la Chine est de loin “le pays qui détient les plus importantes réserves de dollars”. Difficile pour Donald Trump d’espérer un prêt de Pékin s’il ne tire pas un trait sur son discours antichinois.


Première publication : 10/11/2016

Un an après les attentats du 13 novembre 2015, les familles évacuées de l’immeuble de Saint-Denis, où s’étaient réfugiés Abdelhamid Abaoud et ses complices, n’ont jamais pu réintégrer leur logement et récupérer leurs biens. Elles se sentent oubliées.

Le plus éprouvant pour Zaklina Kojic, c’est la nuit. Depuis celle du 18 novembre 2015, elle ne peut plus dormir sans somnifère. Son mari Goran non plus. Cette nuit-là, après avoir entendu une forte explosion à 4 h 20 du matin, puis un déluge de coups de feu, la quadragénaire et sa famille, notamment son fils de 6 ans, ont passé plus de six heures terrés, blottis les uns contre les autres sous le lit de leur trois pièces, sans bouger ni même oser regarder par la fenêtre.

Cette nuit-là, les Kojic ne prennent pas immédiatement conscience de ce qui se passe. Une centaine de policiers du Raid et de la Brigade rapide d’intervention (BRI) tentent de neutraliser Abdelhamid Abaaoud et ses complices, suspects principaux des attentats du 13 novembre. Les fugitifs les plus recherchés de France se sont réfugiés dans cet immeuble situé au 48 rue de la République à Saint-Denis, précisément sur le même palier que Zaklina Kojic.

“Nous lui avons fait croire que c’était un film de guerre”

“Mon mari s’était endormi devant la télévision du salon. À 3 h du matin, il est retourné se coucher dans la chambre, une heure avant que ça commence”, raconte-t-elle encore effarée. “Nous avons eu beaucoup de chance, il y a eu huit impacts de tirs rien que dans notre salon. Mon voisin égyptien a pris cinq balles, mon autre voisin tunisien a pris deux balles”, énumère-t-elle le souffle court. L’opération de police durera jusqu’à 11 h. Face aux rafales des terroristes, armés de kalachnikovs selon le Raid, les forces de l’ordre ont fait usage de près de 5 000 munitions ainsi que de dizaines de grenades assourdissantes au cours de l’opération d’une violence inouïe.

Un an après, Zaklina Kojic regarde depuis la rue, dépitée, la façade murée de son ancien immeuble. Sur la fenêtre de sa cuisine, dont le carreau est brisé, elle montre du doigt les impacts de balles. “La plupart du temps, j’évite de passer par ici, surtout avec mon fils, je ne veux pas qu’il se souvienne,” explique-t-elle. “Cette nuit-là, mon petit m’a demandé : ‘C’est quoi ça maman ?’ Nous lui avons fait croire que c’était un film de guerre. Il entendait les fusillades, ça sentait la poudre. On lui disait ‘Dors ! Dors !’. On ne voulait pas qu’il se souvienne”, ajoute-t-elle avant de fondre en larmes.


L’appartement de la famille Kojic se trouvait au 3e étage, en face de celui dans lequel s’étaient cachés Abdelhamid Abaaoud et ses complices. © France 24, Bahar Makooi

La moitié des habitants encore en hébergement d’urgence

Après l’intervention de police, le bâtiment ayant été partiellement détruit, la mairie a pris un arrêté de péril imminent. “Le plancher de plusieurs appartements s’est effondré suite à l’assaut, l’escalier du bâtiment C [celui où se logeaient les terroristes] est en partie détruit et impraticable”, explique Stéphane Peu, maire-adjoint de Saint-Denis. Après avoir survécu à cette nuit d’horreur, les résidents comme Zaklina Kojic se sont retrouvés sans le toit. Ils ont dormi les 10 jours suivant dans un gymnase mis à disposition par la Ville.

Abdel, l’un des voisins des Kojic s’en souvient encore et nourrit le sentiment d’avoir été abandonné. “Aucun officiel du gouvernement n’est venu nous voir, seul le maire et le député. Symboliquement, c’était humiliant, les résidents de notre immeuble ont quand même vécu une scène de guerre !”, insiste-t-il. Lui n’était pas présent la nuit du drame, mais il n’a jamais pu retrouver l’appartement qu’il louait avec sa femme et son fils.


L’un des voisins des Kojic, Ahmed, a été touché par une balle du Raid durant l’intervention policière à Saint-Denis. © Dominique Faget, AFP

Sur les 45 ménages qui habitaient la copropriété, une vingtaine a été relogée par l’État et la mairie dans des logements sociaux. Les autres, les plus précaires, vivent toujours dans des hébergements d’urgence. C’est le cas d’Abdel relogé dans une résidence du 115 : “Je n’ai pas de boîte aux lettres, nos visites sont contrôlées… Mais surtout, nos vêtements, nos meubles, les jouets de mon fils sont restés chez nous”.

“Certaines familles ont des revenus erratiques, ou sont en attente d’obtention de papier, leur situation est en train d’être examinée. Les procédures sont en cours au cas par cas pour trouver des logements adaptés aux revenus”, se justifie-t-on à la mairie de Saint-Denis, où élus et personnels admettent s’être sentis bien seuls dans les semaines qui ont suivi l’intervention du Raid. “Ça a été poussif. Dans un premier temps, l’État nous avait relégués toute la responsabilité, mais aujourd’hui, il y a des réunions très régulièrement pour faire avancer les dossiers”.

Une famille au bord de la banqueroute

Ces avancées sont pourtant bien trop lentes au goût de Me Claudette Eleini. L’avocate de la famille Kojic accuse la mairie de Saint-Denis et l’État de ne pas avoir suffisamment pris en compte la détresse matérielle et psychologique de ses clients. “Rien n’a été fait pour réparer les préjudices dont ils ont été victimes”, déplore-t-elle. Si les Kojic ont bien été relogés dans un logement social fourni par la ville, ils se retrouvent à payer un loyer de 900 euros, alors qu’ils avaient remboursé le crédit de l’appartement de la rue de République. “Ils sont bombardés de factures”, constate Me Eleini. Aux mensualités à 151 euros par mois pour un matelas qu’ils venaient juste de s’offrir dans les jours qui ont précédé l’opération du Raid, s’ajoutent des charges de copropriété qui s’élèvent à plus de 6 000 euros et la mairie vient de leur réclamer près de 1 000 euros pour les travaux de sécurisation de l’immeuble.

“Plusieurs mois après l’assaut, ils ont continué à recevoir des factures d’EDF. Ils en ont eu pour plus de 700 euros. Aujourd’hui ils sont au bord de la banqueroute”, s’insurge Claudette Eleini.

Demande de reconnaissance du statut de “victimes de terrorisme”

Pour y remédier, l’avocate a décidé de saisir le fonds de garantie des victimes de terrorisme et de se constituer partie civile auprès du juge antiterroriste de Paris dans l’affaire du Bataclan et des terrasses : “Les Kojic habitaient sur le même pallier que les terroristes, j’ai espoir qu’ils soient considérés comme des ‘victimes du terrorisme'”. Car pour l’instant, les familles du 48 rue de la République à Saint-Denis ne peuvent prétendre à être indemnisées qu’au titre de victimes d’une “intervention policière ayant engagée la responsabilité sans faute de l’État”, ce qui ne leur donne, entre autres, pas droit à un suivi psychologique pris en charge à 100 %.


La police scientifique recherche des preuves dans l’appartement occupé par les jihadistes de l’EI à Saint-Denis, le 18 novembre 2015. © Joel Saget, AFP

L’association Droit au logement (DAL), qui représente une partie des habitants de l’immeuble, avait elle aussi demandé à l’État de requalifier le statut des résidents en victime du terrorisme. En vain*. “Ça aurait pourtant permis de faire valoir un suivi sur le long terme, car dans ce genre d’évènements, il faut envisager qu’il puisse y avoir des rechutes ou des chocs post-traumatiques”, regrette Simon Leher du DAL.

Chez les Kojic, c’est déjà le cas. Zaklina a dû subir une opération suite à une grave infection. “On m’a dit que c’était peut-être lié à mon stress”, rapporte-t-elle. Goran, qui n’avait aucun souci avant l’année dernière, a vu son diabète exploser. “Sa tension monte trop vite, il ne peut plus travailler comme avant”, raconte Zaklina, caissière dans un magasin, qui doit désormais assurer seule les rentrées d’argent de la famille.

Seule petite éclaircie à l’horizon : les premières indemnisations de l’État devraient tomber dans les semaines à venir. Entre 5 000 et 8 000 euros. D’autres sont attendues pour préjudices moraux, près de 3 500 euros par personne. Une maigre consolation qui remplacera à peine les biens matériels perdus mais qui ne permettra pas de reprendre le fil d’une vie interrompue une nuit de novembre.

* Le secrétariat d’État d’aide aux victimes n’a pas répondu à la demande d’entretien de France 24.

Première publication : 10/11/2016

Un centre humanitaire destiné à accueillir les migrants et à les orienter a ouvert ses portes, jeudi 10 novembre, à Paris. Cette halle de 10 000 m2 pourra héberger jusqu’à 400 personnes

C’est une première à Paris : un centre humanitaire pour migrants a ouvert ses portes jeudi 10 novembre au matin près de la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. “Le centre humanitaire est officiellement ouvert”, a simplement déclaré Aurélie El Hassak-Marzorati, la directrice générale du centre.

Le centre a ouvert à 8h30. Personne n’est encore rentré. “On attend les premiers arrivants”, explique #Emmauspic.twitter.com/Z5QURrlqji

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 10 novembre 2016

Le centre orientera les migrants et pourra en héberger 400. Ces places sont réservées à ceux qui veulent entamer les démarches de demande d’asile.

Les premiers accueillis dans ce centre réservé aux hommes sont trois Érythréens. Ils pourront rester entre 5 et 10 jours.

Les femmes et les familles seront, pour leur part, orientées vers des lieux d’accueil spécifiques, avant l’ouverture d’une structure de 400 places destinée à ces “publics vulnérables” à Ivry-sur-Seine “début 2017”.

>> Pour voir les images et les vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

>> Paris : comment va fonctionner le camp de réfugiés ?

L’ouverture de ce centre humanitaire vise à mettre fin aux incessantes reconstitutions de campements indignes dans la capitale, près des métros Jaurès et Stalingrad, à la limite des 10e et 19e arrondissements de Paris.

117 personnes d’Emmaus mobilisés dans ce camp humanitaire pour #migrants. 400 places disponibles pic.twitter.com/RJeTpxPE0R

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 10 novembre 2016

Première publication : 10/11/2016