Archive for November 13th, 2016

Pour démarrer la dernière semaine de campagne avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche 20 novembre, Bruno Le Maire était en meeting à La Plaine-Saint-Denis, lundi soir, où il a appelé ses partisans à ne pas douter.

Le slogan de Bruno Le Maire n’a jamais semblé aussi parfaitement choisi. “Ne vous résignez pas”, pouvait-on lire un peu partout sur les affiches, lundi 14 novembre, lors de son meeting aux Docks de Paris, à La Plaine-Saint-Denis. Comme si, lorsque ce titre fut trouvé pour son livre de campagne paru en janvier, une intuition prédisait déjà que les sondages ne lui seraient pas favorables dans la dernière ligne droite de la primaire de la droite et du centre.

“Il n’y a pas de place, ici, dans notre cœur, pour l’inquiétude, pour le doute. Il n’y a de place que pour l’engagement, la détermination, la volonté, la force au service des Français qui attendent enfin que les choses changent dans notre pays”, a lancé aux quelque 1 000 personnes venues l’écouter un Bruno Le Maire n’hésitant pas – enfin, diront certains – à fendre l’armure. “Aidez-moi”, leur a-t-il aussi demandé, sans essayer de nier les récents sondages qui le placent loin, dorénavant avec moins de 10 % des intentions de vote, du trio Alain JuppéNicolas SarkozyFrançois Fillon.

>> À lire sur France 24 : “Primaire de la droite : ‘Pas de crainte sur l’organisation du scrutin'”

Est-ce parce que les chiffres sont si mauvais, qu’il n’y a désormais plus rien à perdre, que Bruno Le Maire ose enfin tout donner ? “C’est vrai que si j’avais quelque chose à me reprocher pendant cette campagne, c’est de ne pas m’être lâché plus tôt”, reconnaît-il ainsi en privé.

Jusqu’ici, ses meetings de campagne étaient propres, clairs, efficaces. Le programme y était exposé de façon pédagogique. Mais il manquait cette ferveur propre aux candidats capables d’enclencher un mouvement, de soulever les foules. Lundi soir, changement de ton. L’ancien ministre de l’Agriculture a “mis les tripes sur la table”, comme le reconnaît volontiers son entourage.

>> À lire sur France 24 : “Primaire de la droite : ce que disent les affiches des candidats”

Heureusement pour lui, les électeurs ont souvent la mémoire courte. Sa mauvaise prestation lors du premier débat télévisé ? Peu importe, il y en a déjà eu un deuxième et il en reste encore un dernier, jeudi 17 novembre. Or c’est ce débat qui restera dans toutes les têtes avant le premier tour, dimanche, veut croire son équipe de campagne.

“Beaucoup d’électeurs changent d’avis”

Quant aux sondages, il ne faut pas s’y fier, répète-t-on à l’envie. “C’est la semaine des incertitudes, veut croire le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jégo, présent au meeting. Je vois beaucoup de gens et il y en a beaucoup qui n’ont pas encore pris leur décision, qui hésitent, qui changent d’avis, qui écoutent, qui voudraient trouver la meilleure solution. Ça veut dire qu’il faut y aller jusqu’au bout.”

Yves Jégo, député : “Beaucoup de gens n’ont pas encore pris leur décision et changent d’avis” pic.twitter.com/d4lNXdlphp

— Romain Brunet (@romain2dc) 14 novembre 2016

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Les sondeurs soulignent en effet la très grande volatilité de leurs enquêtes d’opinion et, notamment, qu’un électeur changeant de candidat dans cette primaire n’a pas le sentiment de trahir son camp et le fait donc plus facilement. “Il y a bien 10 ou 15 points qui peuvent changer d’un candidat à l’autre sur ce scrutin, personne ne peut prédire quel sera le résultat dimanche”, estime un membre de l’équipe de Bruno Le Maire.

Le député de l’Eure entend donc faire campagne jusqu’au dernier jour, sans se soucier des mauvaises nouvelles. “Quelles que soient les difficultés, les vents adverses, on porte son engagement jusqu’au bout avec la plus grande pugnacité pour aller arracher la victoire”, a-t-il affirmé, insistant comme à chaque meeting sur la carte du renouveau.

Entre audace et sécurité

Celle-ci est à la fois son va-tout et son plus gros handicap. Elle lui permet de séduire des électeurs de droite qui ont soif de nouveaux visages et d’une nouvelle façon de faire de la politique. “Le renouveau, c’est une nouvelle tête, mais c’est aussi dans la pratique, dans les idées, dans l’exemplarité que porte Bruno Le Maire, qui sont à l’opposé de ce que propose le trio de tête qu’on veut nous imposer”, dit ainsi avec son cœur Corentin, 19 ans, très actif sur le terrain dans le 17e arrondissement de Paris.

Corentin, 19 ans : “Le renouveau c’est aussi dans la pratique, dans les idées, dans l’exemplarité que portent Bruno Le Maire” pic.twitter.com/n33r8CtPpj

— Romain Brunet (@romain2dc) 14 novembre 2016

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Mais Bruno Le Maire en convient, la nouveauté est également synonyme d’inconnu pour les électeurs, tandis que François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé représenteraient, eux, la sécurité.

“Je vois bien cette hésitation entre volonté d’audace et la sécurité, l’habitude. N’ayez pas peur, il faut choisir l’audace. C’est en 2017 que ça se joue, que la France a rendez-vous avec son histoire. Nous ne pouvons pas attendre cinq ans”, a-t-il fini par lancer à ceux qui feraient bien de lui leur candidat idéal… mais pour 2022.

Première publication : 15/11/2016

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L’électricien français EDF s’associe à une startup américaine en Côte d’Ivoire pour vendre des kits solaires à bas coût aux populations qui n’ont pas accès à l’électricité. Interview du directeur exécutif d’EDF en charge de l’international.

En Afrique subsaharienne, environ 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité. Un marché potentiel très important qu’EDF cherche à conquérir. L’électricien français vient de s’allier à la startup californienne Off Grid Electric, qui vend déjà des kits solaires en Tanzanie et au Rwanda.

Les kits comprennent un panneau solaire, une télévision à basse consommation, quelques lampes, une radio, ainsi que des prises USB pour brancher des téléphones portables. Selon la formule, l’offre coûte entre 7 et 23 euros par mois environ, payable pendant trois ans à partir d’un téléphone portable.

Le directeur exécutif d’EDF, en charge de l’international, Simone Rossi est notre invité dans cette édition pour expliquer la stratégie du groupe en Afrique.

Par Christophe DANSETTE

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Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a répondu aux critiques quant au rôle du réseau social pendant la présidentielle américaine, assurant qu’il n’avait pas contribué à l’élection de Donald Trump. En interne, le malaise existerait aussi.

“Je voudrais partager avec vous quelques réflexions quant au rôle de Facebook pendant l’élection.” C’est par ces mots que Mark Zuckerberg, PDG du réseau social, a entamé un long message, dimanche 13 novembre, pour répondre aux critiques qui l’accusent d’avoir fait le jeu de Donald Trump en laissant pulluler sur son site des faux articles à la gloire du nouveau président.

Le chef d’entreprise américain assure que “99 % de tous les contenus publiés sur le site sont authentiques”. Une manière de suggérer qu’une toute petite minorité d’articles montés de toutes pièces peut difficilement être tenue pour responsable de l’issue du scrutin présidentiel américain.

Réduire le nombre de fausses informations

Une enquête de Buzzfeed, relayée puis complétée par d’autres médias américains, a suggéré qu’une prolifération de fausses nouvelles – créées pour la plupart par des étudiants macédoniens – a eu un écho démesuré sur Facebook. Les détracteurs du réseau social ajoutent que les responsables de la plateforme n’ont pas pris la mesure du problème, laissant ainsi les partisans de Donald Trump diffuser sans entrave des informations erronées qui ont joué en défaveur d’Hillary Clinton.

Sur ce dernier point, Mark Zuckerberg se montre plus ouvert à la discussion. Il assure que des mesures vont être prises pour réduire au maximum le nombre de fausses informations qui circulent sur Facebook.

Cette promesse n’est pas qu’une réponse aux inquiétudes extérieures. Mark Zuckerberg doit également faire face à une défiance en interne, assure le New York Times. “Une discussion sur la plateforme de messagerie interne entre plusieurs dirigeants de Facebook au lendemain de l’élection démontre qu’il existe un questionnement sur le rôle joué durant l’élection”, soutient le quotidien qui a interrogé une dizaine d’employés du géant du Web.

Fronde en interne

“Certains salariés ne sont pas très à l’aise avec la prolifération de messages racistes et avec l’importance prise par l’alt-right (mouvement de droite alternative très dure soutenant Donald Trump, NDLR) sur le réseau social”, croit savoir le New York Times. Un malaise que Mark Zuckerberg n’avait pas réussi à lever lors de sa première prise de parole sur le sujet, jeudi 10 novembre. Il avait alors tenté de couper court à la polémique en qualifiant les accusations “d’idées plutôt folles” et souligné que Facebook était “une plateforme neutre” qui n’avait rien à voir avec un site d’information.

C’est ce refus d’endosser le rôle de média qui poserait le plus problème en interne, d’après le New York Times. Les statistiques sont, en effet, sans appel : plus de 60 % des Américains se tournent en premier vers Facebook pour s’informer. Pas sûr qu’une simple modification de l’algorithme pour mieux traquer les fausses informations fassent réellement avancer le débat sur la place du réseau social dans le paysage médiatique.

Première publication : 14/11/2016