Archive for November 17th, 2016

À moins de 48 heures du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Sarkozy, Fillon et Juppé, grands favoris du scrutin, ont avancé leurs derniers pions, vendredi soir, lors de rassemblements à Nîmes, Paris et Lille.

Pour leur dernière soirée de campagne avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche 20 novembre, les trois favoris des sondages – Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon – organisaient chacun un meeting dans la soirée du vendredi 18 novembre. L’occasion pour les candidats de mobiliser une dernière fois leurs troupes avant un scrutin qui s’annonce plus ouvert que jamais.

>> À voir : Fin des débats, place au vote

À Nîmes, chez les Sarkozistes

Chez les Sarkozistes réunis à Nîmes autour de leur candidat, l’ambiance des grands soirs n’était pas au rendez-vous, avec un meeting plutôt scolaire et sage. Pour son dernier rendez-vous politique avant le premier tour de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy a choisi de s’adresser à ses partisans dans la grande salle omnisport du Parnasse, à quelques kilomètres des fameuses arènes, où environ 3 500 personnes étaient réunies. Si plusieurs dizaines de jeunes avaient fait le déplacement, une grande partie de l’assistance était composée de retraités. “Oui, ce n’est pas la ville où l’on trouvera le plus de jeunes au meeting de Sarko”, remarque en riant Maxence, 21 ans, présent dans le “carré jeunes”. À ses côtés, Linda, 15 ans, semble un peu s’ennuyer. C’est sans doute la plus jeune personne du rassemblement. “J’ai accompagné mon père”, précise-t-elle timidement. “Mais j’aime bien Sarkozy, je le trouve charismatique”.

Les militants couvrent souvent la voix de #sarkozy en criant son nom #Nimespic.twitter.com/EDq0TjUjCu

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 18 novembre 2016

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Au cours des 50 minutes qu’a duré le meeting, les drapeaux bleu blanc rouge ont flotté, les “ennemis” politiques ont été hués, les sorties choc de l’ancien président (“Ici, nos filles sont libres !”) applaudies, mais la plupart du temps, les militants nîmois sont restés assis sur leur sièges pour écouter leur candidat. Seule la Marseillaise entonnée à la fin du meeting a fait lever l’assistance. Vingt minutes après la fin du discours du candidat, le Parnasse était quasiment désert.

>> À lire : Une primaire ouverte mais un électorat restreint

Dans le public se trouvaient de nombreuses femmes, se déclarant “amoureuses” de l’ancien président. “Nicolas, c’est le meilleur d’entre tous”, estime Martine, 64 ans. Elle ajoute qu’elle pourrait “peut-être avoir la chance” d’embrasser le candidat “en coulisses” ce vendredi soir. Certains hommes aussi, conquis, comme Alain, la soixantaine, un sarkozyste de la première heure. “Il est génial, il est fort, je ne pourrais voter pour personne d’autre”, déclare-t-il avec admiration.

Comme Robert, de nombreux Nîmois dans la salle ont assuré qu’ils voteraient “Sarko ou rien” (comprendre ni Juppé, ni Fillon) voire FN lors de la présidentielle de 2017. “S’il ne passe pas la primaire, je vote FN”, déclare ainsi Robert, au fond de la salle, venu avec sa femme. “Je ne donnerai pas ma voix à des imposteurs”.

“Si nous ratons 2017, je crains des conséquences très graves pour notre pays” #Sarkozypic.twitter.com/AuZ2cW86R7

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 18 novembre 2016

Les thèmes abordés pendant le discours ont sans surprise concerné la place de l’islam en France et de la lutte contre le terrorisme. Nicolas Sarkozy a longuement insisté sur “la guerre implacable” qu’il mènerait contre les terroristes, sur la lutte qu’il entreprendrait contre l’islam intégriste. Il a de nouveau remis en question le regroupement familial : “On choisit la France pour ses valeurs pas pour ses prestations sociales”. Il a aussi longuement évoqué la place de la femme dans la société, réaffirmant son opposition au burkini, “aux horaires dans les piscines pour les hommes et les femmes”, au voile dans les universités. “La gauche est trop laxiste sur ces sujets, lui, il est ferme”, explique Karim, un militant sarkozyste de 30 ans, musulman pratiquant. “La religion, c’est chez soi, dès que tu mets un pied dans l’espace public, tu retires ton voile, un point c’est tout”.

Nicolas Sarkozy a également évoqué le sort des travailleurs, des classes populaires, les “oubliés”, des “méritants”. Pour elles, il promet de ne jamais augmenter les impôts s’il revient au pouvoir. De ne pas augmenter la TVA. Il a enfin mis en garde contre les extrêmes. “Si nous ratons 2017, je crains des conséquences très graves pour le pays”, a-t-il déclaré craignant que le Front national ne rafle de nombreuses voix de droite.

Après avoir évoqué Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité non plus à égratigner ses adversaires, Alain Juppé notamment, ou le président de la République dont il a dit tout le bien qu’il pensait.

Démonstration de force à Paris pour François Fillon

Est-ce le signe d’une prochaine victoire pour François Fillon ? La démonstration de force a, en tout cas, remporté un franc succès. Il y avait tellement de monde pour venir voir l’ancien Premier ministre à Paris que les 4 000 places du Palais des congrès n’ont pas suffi. Plus de 7 000 personnes se sont en effet déplacées, vendredi soir, pour le dernier meeting de campagne du député de Paris, selon les organisateurs. Ces derniers ont donc dû louer deux salles de conférence dans des hôtels de la porte Maillot pour pouvoir accueillir les 3 000 déçus qui ont dû se contenter d’écouter François Fillon sur écran géant.

Armand, 20 ans, en école de commerce pic.twitter.com/cJmRUMw5t5

— Romain Brunet (@romain2dc) 18 novembre 2016

Tous louent “son sérieux et ses convictions”. “C’est quelqu’un de posé, de sérieux, qui ne prend pas la politique à la légère et, surtout, qui a une vision à long terme pour la France, propose des solutions et une méthode. Ce n’est pas quelqu’un qui change d’avis sans arrêt ou qui dit des choses pour faire plaisir aux gens, il a des convictions”, explique notamment Stéphane, 47 ans, stewart chez Air France.

>> À voir : Quand les candidats bousculent les règles du débat

Dans un discours qui a duré environ une heure, celui qui vient de faire une percée inédite dans les sondages, et qui espère bien se hisser au second tour de la primaire de la droite et du centre, a consacré plus du tiers de son temps à son désir de libérer la France.

Arrivée de la vedette du soir dans la salle. pic.twitter.com/MBA2YztHKQ

— Romain Brunet (@romain2dc) 18 novembre 2016

“Tous les pays qui ont réussi autour de nous sur l’emploi ont choisi la liberté alors que ceux qui ont échoué ont préféré l’uniformité”, a-t-il lancé, soulignant qu’il “ne parle pas de réformes” mais “en appelle à une transformation économique et sociale”. Il s’est dépeint comme “celui qui propose les solutions les plus cohérentes, les plus radicales, celui qui s’adresse directement aux Français, à leur lucidité, à leur courage”.

Pour le reste, François Fillon a parlé autorité, famille, éducation, immigration, islamisme, lutte contre le terrorisme et politique étrangère, développant sans surprise les idées de son programme.

Davantage qu’un dernier meeting de campagne de primaire, le député de Paris a semblé vouloir prendre de la hauteur, se positionnant d’ores et déjà en présidentiable. Il y a eu, bien sûr, quelques attaques visant les deux autres favoris de la primaire, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

>> À lire : Fillon joue les trouble-fête dans le duel Juppé-Sarkozy

“L’élection présidentielle de 2017 ne peut pas être celle de la revanche, elle ne peut pas être celle d’une alternance classique”, a-t-il asséné. “Il serait bien court de vouloir Alain Juppé pour ne pas avoir Nicolas Sarkozy, et Nicolas Sarkozy pour ne pas avoir François Bayrou”.

Mais dans l’ensemble, c’est essentiellement l’actuel chef de l’État qui a été la cible de ses attaques. “François Hollande nous laisse une France en dépôt de bilan”, a-t-il affirmé. En avril et mai 2017, “je l’affronterai, lui ou un autre, comme j’affronterai l’extrême droite et son programme démagogique, et nous les vaincrons le moment venu ! Mais la victoire n’est pas une fin en soi. Nous nous battons pour redresser notre pays”, a averti François Fillon, qui se voit plus que jamais comme le prochain président de la République.

Fin du meeting de @FrancoisFillonpic.twitter.com/cQm0Z1ax2C

— Romain Brunet (@romain2dc) 18 novembre 2016

À Lille, des juppéistes pas toujours convaincus

Dans le Grand Palais de Lille, les jeunes juppéistes s’attellent à ranger la salle dans laquelle Alain Juppé vient de terminer son discours d’une heure et demie lors duquel il a rappelé les grands axes de sa campagne, tels que l’économie, l’éducation, la politique étrangère, devant quelque 2 000 sympathisants.

Parmi eux, Nina, 22 ans, qui soutient le favori des sondages depuis plusieurs mois déjà, se réjouit de sa prestation. “C’est le candidat le plus convaincant, la meilleure alternative pour 2017 car il veut nous rassembler”, indique-t-elle avec beaucoup d’enthousiasme. À la veille du premier tour, Alain Juppé n’a pourtant pas réussi à obtenir le soutien du grand ténor des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui est absent du meeting, ne souhaitant pas prendre position pendant cette primaire. Peu importe, pour Juliette Lefèvre, militante parisienne qui n’a pas pu s’empêcher de revenir dans sa ville natale pour assister au meeting. “Xavier Bertand n’est qu’une seule voix parmi d’autres, nuance-t-elle. Il y a beaucoup d’autres électeurs à convaincre ici”.

Alain Juppé se fait attendre au Grand Palais #AJLillepic.twitter.com/CJBa7GHuOd

— segolene (@Segolenea) 18 novembre 2016

Si les jeunes convaincus chauffent la salle, la foule est loin d’avoir la même “super pêche” qu’au Zénith de Paris, lundi dernier. Peut être parce que tous les participants présents n’ont pas encore vraiment arrêté leur choix. Venu avec son épouse, Franck n’est “pas encore certain de voter pour Alain Juppé” et se donne jusqu’au dernier moment pour se décider. “Ce qui est sûr, c’est que je ne voterai pas pour Sarkozy”, conclut-il.

“On soutient Alain Juppé depuis le début mais c’est pour contrer Sarkozy et nous sommes beaucoup dans ce cas là ” 2 supporters Modem #AJLille

— segolene (@Segolenea) 18 novembre 2016

À l’image de Franck, de nombreux électeurs se définissent plus comme des anti-Sarkozystes que comme des juppéistes convaincus. “D’habitude, on vote Modem, explique un couple de quinquagénaires. Comme François Bayrou soutient Alain Juppé et que c’est le candidat qui se rapproche le plus du centre, on votera Juppé”. Un peu plus loin, deux amis, la quarantaine bien tassée, évoquent aussi Alain Juppé comme “un choix par défaut”. “Venir le voir est une façon de nous conforter dans notre vote de dimanche”. S’ils repartent souriants, ils ont laissé sur leur chaise la pancarte “AJ! Pour la France”.

Retrouvez notre liveblog des meetings de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé :

Première publication : 18/11/2016

Le palais Bourbon a adopté en seconde délibération vendredi soir l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Cette mesure phare souhaitée par le gouvernement socialiste avait été rejetée la veille par l’opposition.

Le gouvernement de François Hollande a eu finalement gain de cause. L’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à partir de janvier 2018 a été adopté vendredi 18 novembre par les députés. L’opposition, qui a promis de revenir sur cette mesure en cas d’alternance, avait empêché la veille l’adoption de cet article. Mais le gouvernement avait alors demandé une seconde délibération, à l’issue de laquelle le prélèvement à la source a été largement voté.

>> À lire : Impôts prélevés à la source, mode d’emploi

La droite n’était en effet défendue vendredi soir dans l’hémicycle que par une seule députée Les Républicains (LR), Claudine Schmid, contre une trentaine la veille lorsque l’opposition avait réussi à surprendre la majorité en faisant voter, à une voix près, un amendement remettant en cause toute la réforme.

Cette dernière prévoit qu’à partir du 1er janvier 2018, l’impôt sera calculé sur les revenus de l’année en cours et non plus sur les revenus de l’année précédente. Ce montant sera prélevé directement sur les salaires ou les pensions de retraite. C’est donc un tiers – l’employeur ou la caisse de retraite – qui collectera l’impôt.

Taux neutre ou individualisé

L’administration fiscale calculera le taux de prélèvement selon les revenus de l’année précédente. Celui de janvier 2018 sera communiqué aux employeurs ou autres organismes collecteurs de l’impôt fin 2017.

Le contribuable pourra opter pour un taux neutre ou individualisé afin que son employeur ne puisse pas “deviner”, d’après son taux de prélèvement, le niveau de ses autres revenus ou de ceux de son conjoint.

Ce taux pourra être ajusté en cours d’année en cas d’évolution de revenu (augmentation de salaire, départ en retraite, perte d’emploi…) ou de changement de situation familiale.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/11/2016

Quatre mois après la mort d’Adama Traoré lors de son interpellation par des policiers, la maire de Beaumont-sur-Oise porte plainte contre la sœur de la victime pour diffamation. Une décision qui vient raviver la colère des proches du jeune homme.

La colère reste vive à Beaumont-sur-Oise, quatre mois après la mort d’Adama Traoré, 24 ans, lors de son interpellation par la police. Des violences ont éclaté jeudi 17 novembre au soir entre les gendarmes et des soutiens de la famille Traoré.

Au même moment devait se tenir, à l’hôtel de ville, un conseil municipal pour décider d’autoriser ou non le financement, par la commune, des frais de justice de la maire après sa décision d’attaquer la sœur d’Adama Traoé pour diffamation.

Pour rappel: la maire de Beaumont sur Oise a convoqué un conseil municipal pour faire voter le financement de sa plainte contre Assa Traoré

— Widad.K (@widadk) 17 novembre 2016

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Une policière municipale qui tentait d’empêcher les manifestants d’entrer dans la salle du conseil a été blessée.

EN DIRECT sur #Periscope : Devant le conseil municipal à Beaumont https://t.co/b4YZHAQUKj

— Widad.K (@widadk) 17 novembre 2016

Ces heurts se sont poursuivis une partie de la nuit, notamment dans le quartier de Boyenval, où vivent les Traoré. “Nous étions chez nous quand nous avons entendu du bruit. Nous avons vu une cinquantaine de gendarmes courir vers un endroit où il y avait des jeunes. Ces jeunes étaient simplement rassemblés. Je suis aussitôt descendue”, raconte Assa Traoré, la sœur d’Adama à France24. “La police municipale a gazé tout le monde […] puis a commencé à charger. Ils ont tabassé un de mes petits frères, ils étaient à quatre dessus. Alors j’ai essayé de sécuriser les jeunes. On avait l’impression d’être sur une scène de film”. “C’est de l’intimidation”, assure la jeune femme, qui confie que certaines victimes vont porter plainte, notamment sa mère et son petit frère qui sont aujourd’hui à l’hôpital.

D’après la préfecture contactée par l’AFP, les militaires de la gendarmerie ont essuyé des tirs de mortiers et d’engins incendiaires.

Incroyable cette expédition punitive dans le quartier de la famille d’Adama Traoré où les gendarmes sont venus charger les habitants pic.twitter.com/zcisHMT4cd

— Widad.K (@widadk) 18 novembre 2016

Plainte pour diffamation

Au cœur du regain de tension, la décision de Nathalie Groux, maire UDI de Beaumont-sur-Oise, d’attaquer en justice pour diffamation Assa Traoré, sœur d’Adama. La jeune femme avait déclaré en septembre dernier, dans l’émission le Gros journal sur Canal+ : “Nous sommes des habitants de Beaumont depuis presque trente ans, mais nous n’avons toujours pas eu de condoléances, nous avons des bâtons dans les roues depuis le début, dès qu’on veut mettre quelque chose en place. Donc la maire a choisi son camp et de quel côté elle se met, du côté des gendarmes. Ce qui veut dire du côté de la violence policière”.

Assa Traoré réagit à la plainte contre elle & à l’annulation du conseil municipal de #BeaumontSurOise. pic.twitter.com/c2oSIh06mD

— Sihame Assbague (@s_assbague) 18 novembre 2016

Nathalie Groux “ne souhaite pas s’exprimer pour le moment” au sujet de sa plainte, rapporte l’hôtesse en charge de l’accueil téléphonique de la mairie de Beaumont-sur-Oise. De son côté, Assa Traoré n’est “pas surprise” par cette décision mais regrette de ne “pas pouvoir s’exprimer librement”. Elle dénonce “un acharnement” de Nathalie Groux depuis le décès d’Adama Traoré. “Ces posts Facebook racistes me confortent dans ce que je pense” souligne la jeune femme, en faisant référence à une publication de la maire évoquant les “Français de souche”. Et d’ajouter : “elle attise la violence et la haine raciale”. Assa Traoré va d’ailleurs lancer une pétition pour demander la démission de Nathalie Groux.

“Nous voulons la mise en examen des gendarmes”

Mais ce qu’elle demande avant tout, c’est la lumière sur les circonstances de la mort de son frère Adama. Lors de son arrestation, le jeune homme avait été maintenu au sol sous “le poids des corps” de trois gendarmes, selon une source proche de l’enquête citant les déclarations de l’un des militaires.

>> À lire : Deux mois après la mort d’Adama Traoré, toujours autant de questions

Mais malgré deux autopsies, la cause du décès du jeune homme n’a pu être établie avec certitude. Elles ont toutefois mis en évidence notamment un “syndrome asphyxique”. En juillet dernier, la justice a rejeté la demande de la famille d’Adama Traoré de réaliser une troisième autopsie, considérant qu’elle n’apporterait pas plus d’éléments.

>> À lire : La nouvelle autopsie ne révèle “aucun signe de violences”, selon le procureur

Les proches d’Adama Traoré parlent de “bavure policière” et demandent la “mise en examen des gendarmes”. Assa Traoré souhaite également que sa famille soit “respectée” et que “la justice prenne ses responsabilités”.

L’information judiciaire ouverte après le drame a été déplacée à Paris, à la demande de l’avocat de la famille, très critique à l’égard de la conduite de l’enquête et de la communication du procureur de Pontoise.

Première publication : 18/11/2016

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Galileo, le système de positionnement européen concurrent du GPS, sera paré pour la fin de l’année 2016, après le lancement de quatre satellites, le 17 novembre. Il arrive avec beaucoup de retard, mais compte sur ses avantages pour s’imposer.

GPS, gare à toi ! Galileo arrive enfin. Le lancement réussi, jeudi 17 novembre, de quatre satellites embarqués à bord d’une fusée Ariane 5 marque une étape cruciale pour le projet européen de système de géolocalisation entamé il y a dix-sept ans. L’Europe dispose dorénavant d’un nombre suffisant de satellites Galileo pour couvrir le monde entier. Conséquences : sauf imprévu, la solution européenne concurrente du GPS devrait commencer à fonctionner dès la fin de l’année 2016.

Pour les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui chapeaute le programme, le bout d’un long tunnel est enfin en vue. Mais le monde a-t-il encore besoin d’un nouveau système de géolocalisation ? Le paysage a changé depuis 1999, lorsque le GPS américain n’était opérationnel que depuis moins de cinq ans et que le concurrent russe – Glonass – était à la dérive après l’effondrement de l’Union soviétique. Moscou a depuis lors réussi à redresser la situation, la Chine a déployé son alternative, baptisée Beidou, et GPS est devenu synonyme de géolocalisation pour un grand nombre d’utilisateurs de smartphone.

Dépendance technologique

Cependant, l’Europe doit pouvoir offrir, pour des raisons stratégiques, son propre système de géolocalisation. Le Vieux continent “peut difficilement prétendre jouer un rôle de premier plan technologique et dans l’espace s’il passe à côté de la géolocalisation”, soutient Isabelle Sourbes-Verger, géographe pour le CNRS, contacté par France 24. Le système de positionnement est devenu essentiel dans un nombre toujours plus vaste de domaines, du monde militaire à celui des transports.

Relive yesterday’s #Galileo launch with #Ariane5 , replays of launch & separation here https://t.co/8GH7HwQRtthttps://t.co/xtmigiV6UV

— ESA (@esa) 18 novembre 2016

L’enjeu est particulièrement sensible sur le terrain de la Défense. Actuellement, les armées européennes dépendent du GPS américain, qui est sous contrôle des militaires de l’Oncle Sam. “C’est une question d’autonomie; si vous n’êtes pas capable de générer un signal de positionnement dont vous avez la clé, vous êtes en position d’infériorité”, explique Isabelle Sourbes-Verger.

Cette recherche d”une souveraineté dans le domaine de la géolocalisation n’est pas qu’une affaire de principe. “Durant la guerre du Kosovo [1998-1999], les États-Unis avaient brouillé le signal GPS, ce qui faisait que les armées européennes se retrouvaient sans repère, en plein cœur de l’Europe”, rappelle à France 24 Jonathan Chenal, ingénieur à l’Institut géographique national (IGN) qui collabore au projet Galileo.

L’avènement prochain de Galileo va donc changer la donne pour les armées européennes et les sortir de leur dépendance envers la technologie américaine. Pour les utilisateurs civils, l’avantage de la solution européenne apparaît moins évident. Il existe sur le papier pourtant : Galileo est plus précis que le GPS. Il est capable de donner un positionnement à 5 mètres près (dans sa version gratuite, tandis que l’option payante a une précision d’un mètre), contre 10 mètres pour le GPS.

Il n’y a pas que Pokémon-Go

Une différence qui importera surtout aux corps de métier qui peuvent avoir besoin de la plus grande précision possible. “Dans des domaines comme le transport, le BTP ou encore dans la prospection du pétrole et pour le travail des services de secours, cela peut jouer un rôle crucial”, détaille Jonathan Chenal. Isabelle Sourbes-Verger, du CNRS, prévoit aussi que “les entreprises sauront faire preuve d’imagination pour trouver des applications à cette plus grande précision”.

Le piéton ou l’automobiliste ne verra pas forcément la différence sur son smartphone. “Peut-être que le joueur de Pokémon-Go débusquera plus facilement le Pokémon”, s’amuse Jonathan Chenal. Il précise, néanmoins, que les avantages de Galileo sur le GPS ne s’arrêtent pas à la précision. “Le signal est aussi plus robuste”, affirme l’ingénieur de l’IGN. La solution européenne fonctionnera mieux en milieu urbain où la densité de population et des constructions perturbent parfois la réception d’un signal GPS.

Le projet Galileo repose aussi sur une philosophie différente qui peut jouer en sa faveur. Il est le seul système de position qui sera géré par un organisme civil, l’Agence européenne de navigation par satellite (GSA).

Le GPS, Glonass ou Beidou sont tous entre les mains des militaires. “Le projet européen présente, à ce titre, davantage de garantie de transparence que ses concurrents”, résume Jonathan Chenal.

Au final, les utilisateurs n’auront probablement pas à choisir. Actuellement déjà, peu de férus de smartphone savent que leur téléphone combine souvent à la fois une puce GPS avec celle de Glonass. Galileo peut très bien venir ajouter son grain de géolocalisation au smartphone sans avoir à mettre le GPS hors-jeu. Cohabitation ou concurrence féroce : c’est, selon Isabelle Sourbes-Verger, le prochain enjeu de la bataille de la géolocalisation qui va connaître une phase de “négociations et d’accords entre États et avec les opérateurs” pour savoir comment faire une place au petit dernier des systèmes de positionnement.

Première publication : 18/11/2016

Le gouvernement français lance #Toujourslechoix, une nouvelle campagne contre la radicalisation. Filmées du point de vue d’un protagoniste, les vidéos plongent l’internaute dans le quotidien reconstitué de jeunes sous l’influence de jihadistes.

“Quoi t’es choqué ? C’est qu’un drapeau (de l’organisation État islamique, NDLR). Écoute pas les conneries des médias. Viens je vais te montrer un truc de ouf”. C’est avec ce genre de propos que peut commencer le processus de radicalisation d’une personne. Pour tenter de le prévenir, le gouvernement français a présenté, vendredi 18 novembre, à Matignon, sa nouvelle campagne de sensibilisation à la radicalisation diffusée sur la plateforme Stopdjihadisme et les réseaux sociaux. Intitulée #Toujourslechoix, l’initiative a été réalisée de manière moderne et originale.

Retrouvez la campagne #ToujoursLeChoix sur >> https://t.co/4oGkXnxker#STOPDJIHADISME

— Gouvernement (@gouvernementFR) 18 novembre 2016

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Caméra subjective, interactivité

Filmée en caméra subjective (du point de vue d’un personnage), le projet plonge le spectateur dans la vie de deux adolescents, incarnés par des acteurs, qui subissent l’influence de personnes souhaitant les endoctriner et doivent donc faire des choix.

Il y a Emma, jeune fille radicalisée après avoir été séduite par Sabri, un recruteur jihadiste qui la convainc de partir en Syrie. Et Mehdi, jeune homme tombé aux mains de recruteurs qui le manipulent durant des mois.

Dans plusieurs situations, l’internaute est invité à cliquer sur l’une des deux options proposées. Lorsque Sabri présente à Emma deux amis qui lui fournissent une clé USB (qui contient des images de propagande de l’organisation État islamique, NDLR), celle-ci a donc deux choix : la jeter ou l’ouvrir sur son ordinateur. Si l’internaute choisit la seconde option, le parcours de radicalisation d’Emma se poursuit et est ponctué de témoignages, notamment celui des parents de Léa, 16 ans, dont l’histoire a inspiré la vidéo.

Une campagne moderne adressée aux jeunes

Cette campagne a été réalisée avec un “dispositif digital inédit” et s’adresse particulièrement aux jeunes. “Notre jeunesse, exposée à l’ensemble de ces contenus, est en première ligne” a assuré le Premier ministre, Manuel Valls, qui a insisté sur l’importance de l’utilisation des réseaux sociaux pour sensibiliser cette jeunesse. “Il ne faut pas abandonner les réseaux sociaux aux prêcheurs de haine, a-t-il affirmé. Il faut donc investir le champ numérique”.

>> À lire : Résister à la radicalisation, les jeunes face aux méthodes de recrutement

.@manuelvalls : “Pour porter aussi, c’est plus important encore, le message d’une République ferme, bienveillante, généreuse” pic.twitter.com/MSbmwtAEyu

— Gouvernement (@gouvernementFR) 18 novembre 2016

L’objectif de la campagne est de prévenir la radicalisation des jeunes “en les faisant passer du monde virtuel à la réalité”, a expliqué Manuel Valls. En montrant “les méthodes employées et la rapidité du processus d’embrigadement”.

Lors de sa présentation, le Premier ministre a rappelé que 373 sites dangereux ont déjà été bloqués ou déréférencés, sur ordre du gouvernement. Il a d’ailleurs appelé les grandes entreprises du numérique comme Google, Facebook ou Twitter à aider les pouvoirs publics dans leur combat. Il compte aussi sur le soutien des responsables religieux et des associations de lutte contre la radicalisation.

>> À voir : Terrorisme et radicalisation, le nouveau plan de Manuel Valls (partie 1)

Première publication : 18/11/2016

À moins de 48 heures du premier tour de la primaire de la droite, Sarkozy, Fillon et Juppé, grands favoris du scrutin, ont avancé leurs derniers pions vendredi soir lors de rassemblements. Retrouvez le déroulé de leurs soirées sur notre liveblog.

À J-2 avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre, la tension entre les sept candidats engagés dans la course à la présidentielle est à son comble. Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, grands favoris du scrutin, ont organisé leurs ultimes meetings vendredi, avant la réserve électorale imposée à tous les candidats à partir de samedi, pour convaincre les derniers indécis.

Retrouvez sur sur notre liveblog les meetings d’Alain Juppé à Lille, Nicolas Sarkozy à Nîmes et François Fillon à Paris, grâce à nos envoyés spéciaux Ségolène Allemandou, Charlotte Boitiaux et Romain Brunet.

>> Pour voir ce liveblog sur vos tablettes et mobiles, cliquez sur ce lien.

Première publication : 18/11/2016

Le 18 novembre 2015, les policiers du Raid ont mené une opération d’envergure dans un appartement de Saint-Denis, tuant trois jihadistes impliqués dans les attentats du 13-novembre. Un an après, de nombreuses zones d’ombre persistent.

Il y a un an, le 18 novembre 2015, le RAID lançait l’assaut contre un appartement “conspiratif” à Saint-Denis, où était retranché Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats du 13-novembre, lors duquel il a trouvé la mort, comme sa cousine Hasna Aït Boulahcen et Chakib Akrouh, un jihadiste belgo-marocain.

Une opération qualifié de réussite par le ministère de l’Intérieur, les trois terroristes ayant été neutralisés dans cet assaut particulièrement violent. Mais dès janvier 2016, Le Monde et Mediapart ont mis au jour des révélations et des faits contredisant la version initiale donnée par le Parquet de Paris. Un an après, la confusion ne s’est pas dissipée.

1 500 munitions tirées par le Raid, 11 par les jihadistes

Dès la fin de l’assaut, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé que ses troupes ont “essuyé le feu pendant de nombreuses heures”. Des éléments repris ensuite par le procureur de la République, François Molins, qui évoque “des tirs très nourris et quasi ininterrompus” essuyés par les policiers. Dans Le Figaro et dans Le Parisien, Jean-Michel Fauvergue, patron du RAID raconte un premier “échange de tirs [qui] dure entre une demi-heure et trois quarts d’heure”, des terroristes qui “lancent des grenades offensives” et qui tirent “des rafales de kalachnikov”. Au total, les policiers du RAID ont tirés plus de 1 500 munitions lors de l’assaut, selon les relevés de la police scientifique. François Molins avait même parlé, lui, de 5 000 cartouches.

Mais après avoir fouillé ce qu’il reste de l’immeuble, la cour et les gravats, les enquêteurs recenseront en tout et pour tout un pistolet automatique Browning, des balles et trois ogives tirées au-dessus de la porte, soit un total de onze munitions pouvant être attribuées aux terroristes. Et aucune arme de guerre.

Des policiers blessés, le chien Diesel tué

Et si les trois jihadistes ont été tués lors de l’assaut, aucun n’est tombé sous les balles du RAID. Les autopsies ont révélé qu’ils étaient morts dans l’explosion d’une ceinture d’explosif actionnée par Chakib Akrouh, survenue d’après les témoins avant 5 heures du matin, ce que le rapport du patron du RAID, que Le Monde a consulté, ne précise pas. Or les policiers ont continué à tirer jusqu’à 7 h 30. Sur qui ?

Plusieurs policiers ont par ailleurs été blessés lors de cet assaut. Dans une interview au Figaro, Jean-Michel Fauvergue avait détaillé les blessures, légères, de cinq de ses hommes “touchés aux bras, aux jambes, aux mains, dans le bas du dos”, sans davantage de précision. Mediapart a révélé également que plusieurs boucliers utilisés par le RAID portaient des traces d’impact sur leur face arrière, accréditant la thèse que, dans la confusion, les policiers aient pu tirer sur leurs collègues.

Pourtant une victime est bien à déplorer du côté des forces de l’ordre : le berger malinois Diesel, premier chien du RAID à mourir en service. Selon les premières déclarations du patron du RAID, il aurait été touché dans l’appartement par une cartouche de chasse et “a sans doute sauvé la vie de policiers qui s’apprêtaient à entrer”. Or, aucun fusil de chasse n’a été retrouvé avec les terroristes. En revanche, c’est une arme que le RAID peut utiliser. Et aucune autopsie n’a été réalisée sur le chien.

Les chiens d’assaut et de recherche d’explosifs: indispensables dans les missions des opérateurs du #RAIDpic.twitter.com/vb5lGjnwjO

— Police Nationale (@PNationale) 18 Novembre 2015

Un “succès” obtenu dans une grande confusion

La confusion qui a régné lors de l’assaut peut sûrement s’expliquer en partie par la fébrilité des hommes envoyés sur place, cinq jours après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Les policiers d’élite ne savaient pas à quoi s’attendre dans cet immeuble, et pouvaient redouter de tomber dans un piège. Une fébrilité dont ont également témoigné trois occupants de l’édifice, blessés lors de l’opération.

En arrivant devant l’appartement, le RAID pensait d’ailleurs avoir à faire à une porte blindée, et a donc placé des explosifs pour la faire sauter. Information répétée là encore par le procureur Molins après l’opération. Or, il s’est avéré que la porte n’était pas blindée, et de surcroît, l’effet de souffle n’a eu aucun effet sur le bois. La porte ne s’est pas ouverte. Mediapart avance alors une conclusion : “le plan imaginé par les stratèges du groupe tombe à l’eau. Les policiers doivent improviser. Alors ils tirent. Ils tirent pour saturer l’espace. Ils tirent pour ne pas laisser respirer les terroristes et leur donner l’occasion de réaliser leurs desseins suicidaires. Ils tirent pour se rassurer.”

Le rapport de Jean-Michel Fauvergue, révélé par Le Monde, élude les questions qui fâchent et ne donne aucune explication sur les conditions de neutralisation des terroristes, sur l’heure à laquelle le kamikaze s’est fait sauter ou sur la mort de Diesel. Et un an plus tard, aucune nouvelle explication n’a été donnée, ni par la police, ni par le Parquet, ni par le ministère de l’Intérieur. Car si la conclusion de l’opération, la mort des terroristes, peut être qualifiée de succès, les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée restent toujours très confuses.


Première publication : 18/11/2016

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Volkswagen a annoncé la suppression programmé de 30 000 emplois dans le monde afin de réaliser 3,7 milliards d’euros d’économies par an et de pouvoir ainsi commencer à tourner la page financière du scandale des émissions polluantes.

Les conséquences sociales du scandale des émissions polluantes qui a ébranlé l’empire Volkswagen se précisent. Le géant allemand a annoncé, vendredi 18 novembre, sa volonté de supprimer 30 000 emplois dans le monde afin de réaliser 3,7 milliards d’euros d’économies par an d’ici à 2020. La direction a précisé que cette décision était nécessaire pour assainir les comptes afin de pouvoir tourner la page du scandale de la découverte dans les véhicules diesel du groupe d’un mécanisme destiné à tromper les tests anti-pollution.

L’Allemagne paie le prix fort : 23 000 postes

Ce vaste plan social concerne près de 5 % des effectifs mondiaux du constructeur qui emploie, à travers toutes ses marques [Audi, Bugatti, Seat, Škoda, Porsche, Lamborghini, Bentley, Ducati…], 610 076 salariés. L’Allemagne va payer le plus lourd tribut sur l’autel des économies à réaliser. Volkswagen a prévu d’y supprimer 23 000 postes.

Les syndicats ont déclaré avoir accepté les réductions d’emploi contre la promesse du constructeur d’éviter les licenciements secs d’ici à 2025, en privilégiant les départs volontaires et la réduction des postes à temps partiel.

Voitures électriques

Cet accord entre la direction et les représentants du personnel est le premier chapitre d’un nouveau plan stratégique que le groupe allemand dévoilera dans les semaines à venir.

“La marque VW a besoin d’un vrai remaniement et c’est exactement ce que représente ce pacte pour l’avenir”, précise Matthias Müller, le président du directoire de Volkswagen. Le constructeur envisage d’investir 3,5 milliards d’euros dans les technologies liées aux voitures électriques dans les années à venir et de créer 9 000 postes, à la faveur de ces investissements. Les syndicats espèrent que cet engagement permettra d’amortir le choc social.

Première publication : 18/11/2016

La justice a confirmé la fermeture administrative d’une mosquée d’Ecquevilly dans les Yvelines considérée comme “un lieu de référence influent de la mouvance salafiste” par le préfet, ce que contestent les responsables du lieu de culte.

La mosquée d’Ecquevilly, située dans le département des Yvelines, restera fermée. La justice a confirmé jeudi 17 novembre la fermeture administrative du lieu de culte, considéré comme “un lieu de référence influent de la mouvance salafiste” par le préfet des Yvelines, ce que contestent les responsables de la mosquée.

Le tribunal administratif de Versailles avait été saisi dans le cadre d’une procédure d’urgence par l’Association islamique Malik ibn Anas, qui gère le lieu dans cette commune de 4 000 habitants proche des Mureaux et de Mantes-la-Jolie. La salle de prière est fermée depuis le 2 novembre à la suite d’un arrêté préfectoral, qui stipule qu’elle est considérée comme “un lieu de référence influent de la mouvance salafiste (…) prônant un islam rigoriste”.

Un recours contre cette décision

L’avocat de l’association, Me Vincent Brengarth, a indiqué jeudi soir qu’il allait déposer un recours contre cette décision. Lors de l’audience, il s’est interrogé sur “les éléments qui permettent de corroborer le fait que des propos d’incitation à la haine, à la violence ou d’apologie du terrorisme ont été tenus.” “C’est simplement une affirmation d’autorité”, estime-t-il. Il a par ailleurs dénoncé une atteinte à la liberté de culte, au droit de propriété ainsi qu’une rupture d’égalité.

La représentante du ministère de l’Intérieur, présente à l’audience, a estimé qu'”aucune liberté fondamentale n’était atteinte de manière suffisamment grave” pour justifier la procédure d’urgence choisie. Selon elle, “les fidèles avaient bien trouvé ailleurs où aller prier” depuis la fermeture de la mosquée.

Sur le fond, elle avait convenu que la mosquée présentait une “vitrine propre” qui condamne le radicalisme islamiste, mais qu’il existait “un message insidieux, subliminal, qui instille l’idée dans la communauté que, finalement, les attentats sont tolérables”.

20 mosquées et salles de prières présumées radicalisées fermées

Outre la mosquée d’Ecquevilly, trois autres lieux de culte situés en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne ont, pour les mêmes motifs, fait l’objet d’une fermeture administrative. Le 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé qu’une vingtaine de mosquées et de salles de prières présumées radicalisées avaient été fermées depuis la mise en vigueur de l’état d’urgence, instauré après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Avec AFP

Première publication : 18/11/2016

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a reçu jeudi la Légion d’honneur des mains de François Hollande pour sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Ban Ki-moon, qui termine son mandat le 1er janvier prochain après dix ans passés à la tête de l’Onu, s’est dit “très honoré”. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a reçu jeudi 17 novembre a Légion d’honneur des mains de François Hollande, pour sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Ban Ki-moon a déclaré qu’à travers lui, c’était l’Onu qui était récompensée.

Après un vote le 6 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a conclu à l’unanimité que l’ancien premier ministre portugais Antonio Guterres devrait être le prochain secrétaire général. Il succèdera officiellement à Ban Ki-moon au poste en janvier 2017.

Guterres a des atouts pour se faire apprécier médiatiquement, il a pour lui une carte de visite qui lui ouvre naturellement les portes : il vient de passer 10 ans (2005-2015) à la tête du HCR, le Haut-Commissariat aux Réfugiés, et à ce titre, a dû faire face à la pire crise humanitaire depuis des décennies, l’arrivée massive de réfugiés syriens sur les sols turcs, libanais et européens.

Avec Reuters

Première publication : 18/11/2016