Archive for November 21st, 2016

François Hollande a officialisé la candidature de la France à l’Exposition universelle 2025. Bien qu’elles ne se soient pas portées candidates, Toronto, Osaka, Bakou et Manchester pourraient postuler. Le gagnant devrait être désigné dans deux ans.

François Hollande a présenté “officiellement”, mardi 22 novembre, la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025, dans un courrier adressé au secrétariat général du Bureau international des expositions dont l’AFP a reçu copie.

J’ai adressé un courrier à Vincente G. Loscertales, Secrétaire général du @bieparis, pour déclarer la candidature de la France à l’#Expo2025pic.twitter.com/jLjxPmhD5L

— François Hollande (@fhollande) 22 novembre 2016

Cette exposition se tiendrait du 1er mai au 30 octobre 2025 en Île-de-France mais “cette candidature est celle de toute la France”, souligne le chef de l’État dans ce courrier, précisant que le thème retenu était “la connaissance à partager, la planète à protéger”.

Faisant valoir que les expositions universelles du XIXe siècle ont “marqué à jamais les mémoires”, François Hollande indique que l’objectif de cette nouvelle exposition serait “d’améliorer nos modèles de développement”. Il évoque ainsi la santé, l’éducation, la culture et l’environnement “dans la continuité de la mobilisation qui a abouti en décembre 2015 à l’accord de Paris sur le changement climatique“.

“Une expérience unique et inoubliable”

Le président français souligne également qu'”un nouveau réseau de métro express de 200 km est mis en chantier” en Île-de-France, “permettant dès 2024 une amélioration de la desserte du Grand Paris” tandis qu’une liaison directe sera établie au même moment entre l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et la gare de l’Est.

“Plus de 100 000 de nos concitoyens se sont déjà manifestés pour soutenir ce grand projet” et “c’est donc la France tout entière qui est prête à donner rendez-vous au monde en 2025 et à offrir à des millions de visiteurs une expérience unique et inoubliable”, insiste-t-il.

>> À lire sur France 24 : “Jo-2024 : le président du CIO adoube Paris”

À la mi-septembre, le Premier ministre Manuel Valls avait souligné pour sa part que cette candidature, “en synergie avec celle pour les jeux Olympiques et paralympiques de 2024” permettrait “à la France de porter un message universel”.

Sept sites en Île-de-France

Sept sites en Île-de-France sont candidats pour accueillir cette exposition, avait indiqué un mois plus tard l’association ExpoFrance 2025 qui avait lancé ce projet.

Aucun autre pays n’est officiellement candidat pour organiser l’Exposition universelle en 2025 mais Toronto (Canada), Osaka (Japon), Bakou (Azerbaïdjan), Manchester (Royaume-Uni) seraient également sur les rangs.

Le dépôt officiel d’une candidature déclenche un compte à rebours de six mois pour les entrées en lice officielles. Après présentation du projet formel des candidats, le gagnant pourrait être désigné en novembre 2018.

Avec AFP

Première publication : 22/11/2016

Pour aider les migrants à apprendre le français, l’Éducation nationale compte apporter son aide à une vingtaine d’associations, en formant leurs bénévoles et en leur fournissant des kits pédagogiques.

L’Éducation nationale veut s’impliquer dans l’aide aux migrants. La ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem a lancé, lundi 21 novembre, un vaste plan d’accompagnement pour l’apprentissage de la langue française. “L’accueil des populations contraintes à l’exil s’inscrit dans une politique humanitaire fidèle aux valeurs de la France”, a estimé la ministre, qui s’exprimait lors d’un déplacement à la cité scolaire Honoré de Balzac dans le 17e arrondissement de Paris. “J’ai considéré que nous avions aujourd’hui à l’Éducation nationale une expertise que nous pouvions mettre à disposition”, a-t-elle ajouté.

“Aujourd’hui, on a plus de 52 000 élèves qui sont accueillis” dans des Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A) a déclaré Najat Vallaud-Belkacem. Des classes par lesquelles ils transitent aux côtés d’élèves de différentes nationalités pour apprendre le français, avant de rejoindre une classe “ordinaire”, a-t-elle précisé. La ministre veut aller plus loin et apporter sa contribution à “la question du bon accueil des migrants”, évoquant “la nécessité d’un accompagnement linguistique, d’un apprentissage des codes et des valeurs de la République”, aux mineurs mais aussi aux adultes.

Une mobilisation collective

Ce plan repose sur la mobilisation des associations partenaires du ministère, des ONG, des réseaux humanitaires et de solidarité, qui sont impliqués dans l’accueil et l’accompagnement des réfugiés. Des réservistes citoyens de l’Éducation nationale seront eux aussi mis à contribution. Le ministère a passé un accord avec une vingtaine d’associations, comme la Ligue de l’enseignement ou Emmaüs solidarité. “Nous allons [leur] offrir à la fois des formations mais aussi du matériel pédagogiques”, a expliqué Najat Vallaud-Belkacem.

Des organismes du ministère, comme le Greta, chargé de la formation professionnelle pour adultes et le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) de Sèvres, qui produit des ressources pédagogiques, sont mobilisés dans le cadre de ce plan, tandis que des instructions ont été envoyées aux recteurs.

Les formations de bénévoles d’associations, eux-mêmes appelés à former d’autres bénévoles, débuteront fin décembre. “D’ici la fin de l’année 2016” tout sera “prêt et en vigueur”, a assuré la ministre.

Avec AFP

Première publication : 22/11/2016

Soutien d’Alain Juppé à la primaire de la droite, François Bayrou juge “dangereux” le programme de François Fillon. En cas de victoire de celui-ci, le centriste, “libre de ses choix”, pourrait se présenter à la présidentielle.

Le président du MoDem François Bayrou, qui soutient Alain Juppé, n’exclut aucune hypothèse en cas de victoire de François Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche prochain. Y compris celle d’une éventuelle candidature à la présidentielle.

“Les choix que je découvre dans le projet que présente François Fillon sont des choix qui me paraissent dangereux pour l’alternance et pour le pays”, a-t-il déclaré mardi 22 novembre à Reuters.

Selon l’un de ses proches, il estime aussi que la “proximité” affichée par l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avec le président russe Vladimir Poutine “est un sujet” d’inquiétude et de désaccord.

>> À lire sur France 24 : “‘Poutinophile’ et ‘souverainiste’ : la politique étrangère selon Fillon”



François Fillon a engrangé une forte avance au premier tour
, notamment grâce à une importante mobilisation des réseaux catholiques conservateurs de “La Manif pour tous”, du mouvement “Sens commun” qui en est issu et du patronat ultra-libéral.

De quoi donner raison à François Bayrou, qui voit dans cette primaire le “triomphe des noyaux durs” de la droite.

>> À lire sur France 24 : “François Fillon, l’élu qui laboure toutes les terres de droite”

Le dirigeant centriste estime cependant que la victoire n’est pas acquise pour François Fillon et qu’Alain Juppé, dont il juge le projet “beaucoup plus progressif”, garde ses chances.

“Je le soutiens absolument. Il peut encore gagner. Tout va se jouer au débat” de jeudi entre les deux candidats, prévoit-il.

Quand Nicolas Sarkozy, avec qui ses relations sont notoirement mauvaises, était encore l’un des favoris, il avait fait savoir qu’il serait candidat en 2017 si l’ex-chef de l’État devenait celui de la droite et du centre.

Bayrou “libre de ses choix”

Mais le maire de Pau, à qui l’on prête au contraire de bonnes relations personnelles avec François Fillon, ne ferme aucune porte si l’ex-Premier ministre l’emporte dimanche.

“Je suis absolument libre de mes choix, que je ferai en fonction de l’intérêt national”, a-t-il indiqué.

Le président du MoDem, héritier d’une composante de la nébuleuse centriste qui a refusé d’être absorbée par l’UMP au tournant des années 2000, a été trois fois candidat à l’Élysée sans parvenir à franchir le cap du premier tour (6,84 % des voix en 2002, 18,57 % en 2007 et 9,13 % en 2012).

Avec Reuters

Première publication : 22/11/2016

La municipalité d’Aulnay-sous-Bois a interdit par arrêté la diffusion d’une campagne gouvernementale de prévention contre le sida montrant des couples homosexuels. La ministre de la Santé a indiqué qu’elle saisissait la justice.

Les habitants d’Aulnay-sous-Bois ne verront plus la dernière campagne gouvernementale de prévention contre le sida. Jugeant que les affiches étaient contraires aux “bonnes mœurs”, la municipalité a pris un arrêté interdisant leur diffusion.

Lancée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé, cette campagne de prévention met en avant des couples d’hommes ou de femmes avec des messages tels que “Aimer, s’éclater, s’oublier. Les situations varient. Les modes de protection aussi”.

“Atteinte à la dignité”

Une source proche de la société d’affichage JC Decaux a expliqué à l’AFP qu’une dizaine de villes sur les 130 où la campagne est diffusée avaient écrit à l’entreprise pour demander de retirer les affiches. Contractuellement, le groupe JC Decaux est obligé de le faire à partir du moment où il reçoit une demande écrite d’une municipalité.

Dans l’arrêté signé lundi et dont l’AFP a eu copie, le maire Les Républicains (LR) d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Bruno Beschizza, considère que ces affiches “portent atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse”. L’édile, qui soutient François Fillon au second tour de la primaire de droite face à Alain Juppé, a affirmé auprès de l’AFP avoir été alerté au cours du week-end par des parents inquiets.

“On est sur une campagne qui n’est pas tous publics”, a-t-il estimé, critiquant l’association des messages et des images et les expressions telles que “Coup d’un soir” ou “Avec un inconnu”, assurant qu’il aurait pris le même arrêté si les affiches avaient mis en avant des couples hétérosexuels.

Sur Twitter, la ministre de la Santé Marisol Touraine a fait savoir qu’elle saisissait la justice après “la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH”.

Pour la santé publique et contre l’homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH

— Marisol Touraine (@MarisolTouraine) 22 novembre 2016

Pour voir les photos sur votre mobile ou votre tablette, cliquez ici.

Dans un tweet, Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a condamné l’initiative : “Cette droite pense que l’homosexualité est une maladie dont il faut protéger les enfants. #pathétique. L’homophobie tue ! #loveislove”

Cette droite pense que l’homosexualité est une maladie dont il faut protéger les enfants. #pathétique. L’homophobie tue !#loveislovehttps://t.co/w64tchyB06

— Stéphane Troussel (@StephanTroussel) 21 novembre 2016

À Angers (Maine-et-Loire), les affiches de la même campagne, qui étaient placardées dans 70 emplacements de la ville depuis le 16 novembre, ont été partiellement retirées lundi, à la demande de la mairie, a indiqué à l’AFP JC Decaux. Le maire LR de la ville, Christophe Béchu, soutien d’Alain Juppé à la primaire de droite, a confirmé à l’AFP avoir demandé de retirer les affiches mais “uniquement aux abords des écoles [primaires] et sur le parcours des bus scolaires”. Cette décision a été prise “à l’unanimité par le bureau municipal [maire et adjoints] lundi matin”, à la suite de plusieurs dizaines de plaintes d’habitants, a-t-il dit, en précisant qu’il allait écrire à Marisol Touraine pour lui faire part de sa “surprise” et de son “indignation”.

“C’est le couple homosexuel qui est visé”

Isabelle Le Callennec, députée LR et soutien de François Fillon, a indiqué qu’elle demanderait, en tant que membre de la Commission des affaires sociales, des explications sur le choix des affiches et le coût de la campagne au ministère de la Santé. Interrogée par l’AFP sur le “message” véhiculé par cette campagne, elle a sous-entendu qu’il incitait à l’homosexualité : “En tout cas les gens qui nous appellent, c’est les remarques qu’ils font, il faut les entendre”.

“Ce qui est visé […], c’est le couple homosexuel, déplore Bernard Moreau, président de Quazar, le Centre lesbien, gay, bi et trans d’Angers. Cette campagne est beaucoup moins suggestive que certaines campagnes publicitaires.” Le militant voit dans la décision du maire d’Angers “l’influence de la Manif pour tous et de Sens commun”, émanation du mouvement anti-mariage gay au sein de LR. “On entre dans une campagne électorale et certaines pressions se font sentir”, estime-t-il.

Avec AFP

Première publication : 22/11/2016

Lundi soir, deux Qataries qui venaient d’atterrir à l’aéroport du Bourget ont été braquées avec leur chauffeur sur l’autoroute A1, aux portes de Paris. Les agresseurs auraient emporté un butin d’au moins 5 millions d’euros.

Spectaculaire braquage aux portes de Paris. Lundi 21 novembre, vers 21 h 30, deux citoyennes du Qatar qui venaient d’atterrir à l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis) ont été braquées avec leur chauffeur sur l’autoroute A1 aux portes de la capitale. Les agresseurs ont emporté un butin d’au moins 5 millions d’euros, selon les premières déclarations des victimes.

Leur véhicule, une Bentley de location, a été bloqué sur une aire d’autoroute par les assaillants qui ont attaqué avec une bombe lacrymogène avant de dépouiller les deux femmes, des sœurs, de leurs bagages et bijoux, a-t-on précisé de source policière. Les deux Qataries appartiennent à la famille Ali Muslimani, une puissante famille industrielle du Qatar, précise-t-on de même source.

Une enquête a été ouverte et confiée à la Brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne.

Recul d’arrivée de touristes

Cette attaque intervient moins de deux mois après l’agression de la vedette de téléréalité américaine Kim Kardashian dans une résidence hôtelière parisienne. Elle s’était fait dérober environ dix millions d’euros de bijoux, suscitant des inquiétudes quant à l’image de la capitale française, écornée après la vague d’attentats de 2015.

De janvier à fin octobre 2016, le nombre d’arrivées de touristes sur les vols internationaux en France a reculé de 8,1 % par rapport à la même période de 2015, et de 16,5 % sur le seul mois d’août. L’Île-de-France a connu un recul de 11 % depuis janvier et de 19 % en août.

Le gouvernement français a annoncé début novembre un plan d’une quinzaine de millions d’euros pour améliorer la sécurité de grands sites touristiques avec l’espoir d’enrayer le recul de la fréquentation constaté depuis les attentats de fin 2015. Ce plan prévoit notamment d’équiper de caméras l’autoroute A1, où les deux femmes qataries ont été attaquées.

Avec AFP

Première publication : 22/11/2016

C’est la dernière ligne droite. François Fillon et Alain Juppé, finalistes de la primaire de la droite et du centre, se retrouvent jeudi soir pour un dernier débat avant le second tour du 27 novembre. Économie, immigration, sécurité, société… retrouvez les mesures phares des deux candidats.

>> Pour voir les programmes des deux candidats sur vos mobiles, cliquez ici


Première publication : 22/11/2016

Défenseur d’un dialogue avec la Russie, en particulier sur le dossier syrien, partisan d’une “confrontation sérieuse avec les États-Unis” et d’une “Europe des nations”, que réserve François Fillon sur les questions de politique internationale ?

Fervent défenseur du dialogue avec la Russie, notamment sur le dossier syrien, François Fillon est certainement celui qui connaît le mieux Vladimir Poutine parmi la classe politique française. Il fut son homologue entre 2008 et 2012, alors qu’il était en poste à Matignon et tutoie l’homme fort de Moscou, qu’il a rencontré à de nombreuses reprises.

“Poutine sera l’un des responsables qu’il rencontrera le plus pendant son séjour rue de Varenne, en moyenne deux ou trois fois par an. Des rendez-vous diplomatiques qui, au fil du temps, s’aventurent hors du sentier protocolaire. Autour d’une table de billard, en septembre 2008, dans la résidence officielle de Sotchi”, rappelle l’Express dans un article intitulé “François Fillon et son ami Poutine” publié en janvier 2014.

“Plus poutinophile que russophile”, comme le décrit Nicolas Henin, auteur de “La France russe”, le Sarthois souhaite notamment lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée.

“La Russie est le plus grand pays du monde et l’on ne cesse de la repousser vers l’Asie, alors qu’elle ne constitue en rien une menace”, estime François Fillon dans une interview accordée à TF1 deux jours après sa surprenante victoire au premier tour de la primaire de la droite avec plus de 44 % des suffrages. Une victoire qualifiée “d’événement sensationnel” par Alexeï Pouchkov, sénateur et président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, dans une série de messages publiés lundi 21 novembre et relevés par le journal Le Monde.

Syrie : “La Russie fait preuve de réalisme”

Au Moyen-Orient, le député de Paris prône une coalition avec la Russie et une alliance avec Bachar al-Assad pour éradiquer l’organisation État islamique, sa priorité dans la région.

La situation en Syrie dure depuis quatre ans. Si l’on veut que cela cesse il faut parler avec les puissances capables d’arrêter ce massacre. pic.twitter.com/avY0PsfF1G

— François Fillon (@FrancoisFillon) 21 novembre 2016

>> Pour voir les vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici <<

Dans une tribune publiée le 1er avril 2016 par le magazine Marianne, il précisait sa position : “Depuis trois ans, je dis et redis que, à force de faire du départ d’Assad notre priorité, nous avons laissé l’EI gagner du terrain et gâché l’opportunité de bâtir une véritable coalition internationale. […] Dans ce contexte, une seule puissance a fait preuve de réalisme : la Russie”. Et de poursuivre : “Pendant qu’Obama et Hollande s’offusquaient du choix des Russes de bombarder les opposants à Assad sans distinction, Poutine redonnait de l’air aux forces syriennes, désormais en mesure de combattre efficacement l’EI. La Russie a obtenu en six mois ce que les États-Unis et leurs alliés n’ont pu réaliser depuis leur engagement dans ce conflit en 2014”. Une position très éloignée de celle de la diplomatie française.

À propos de la situation à Alep-Est, accablé par une pluie de bombardements menés par l’armée du président syrien et l’aviation russe, où vivent encore 250 000 civils, il refuse de parler de “crimes guerre”. “Je ne sais pas, je ne suis pas sur place”, répond sans ciller le favori de la droite. Et ce, malgré les rappels de l’ONU, qui a déclaré cette semaine que les quartiers rebelles de la ville syrienne étaient soumis depuis quatre mois à la “tactique cruelle” du siège comme “près d’un million” de personnes au total dans le pays.

>> À lire aussi sur France 24 : François Fillon, l’élu qui laboure toutes les terres de droite

Pendant la campagne, François Fillon s’est également beaucoup investi dans la défense de la cause des chrétiens d’Orient. Pour cela, il a multiplié les voyages. “Il s’est rendu à plusieurs reprises en Irak, au Liban”, rappelle Romain Gubert, rédacteur en chef du Point. Un investissement qui a participé à le rendre populaire au sein l’électorat catholique.

“Beaucoup de contentieux avec les États-Unis”

>> A lire aussi sur France 24 : Les parlementaires et les patrons qui soutiennent François Fillon

Sur le volet américain, François Fillon souhaite une “confrontation sérieuse avec les États-Unis sur les conditions des alliances” pour que Paris “défende ses intérêts” en politique étrangère.” Selon lui, “les intérêts de la France sont menacés aujourd’hui par les incursions de la justice américaine dans notre économie” et il existe “beaucoup de contentieux avec [Washington], pas seulement sur la politique étrangère” mais aussi des “contentieux économiques considérables”.

“Les États-Unis exercent une forme de contrôle de l’économie européenne absolument insupportable, contraire au droit international et à la morale internationale”, estime l’ancien Premier ministre.

Il est temps pour la France et les Européens de comprendre qu’être l’ami des Etats Unis, n’est pas être son vassal. #PalaisDesCongrès

— François Fillon (@FrancoisFillon) 18 novembre 2016

Celui qui a soutenu Hillary Clinton lors de la campagne se dit confiant quant à la présidence Trump : “Ce n’est pas la première fois qu’il y a un président américain élu un peu original. […] On a eu un président qui s’appelle Ronald Reagan [1980-1988, NDLR) dont on disait à peu près la même chose. Il ne faut pas en tirer des conséquences comme le font tous les hommes politiques français absolument stupides sur les élections dans notre pays”.

Nous avons beaucoup de contentieux avec les Etats-Unis, et beaucoup ne datent pas de Monsieur Trump. #PrimaireLeDebat

— François Fillon (@FrancoisFillon) 17 novembre 2016

Europe : “Respecter la souveraineté de la France”

Côté européen, François Fillon est un partisan d’une “Europe des Nations”, qui respecterait la “souveraineté de la France”. “L’Europe doit être un instrument et non pas une religion. C’est pour cette raison que je suis l’un des seuls, aux côtés de Philippe Seguin, à avoir fait campagne contre le traité de Maastricht”, précise-t-il dans son programme. “L’Europe devra concentrer son action sur quelques domaines bien définis et laisser la liberté aux États nations de se gouverner comme ils l’entendent sur une majorité de sujets, en respect du principe de subsidiarité.”

“Je propose donc pour relancer l’Europe de se concentrer sur trois priorités stratégiques que l’on peut déterminer dès maintenant et mettre en œuvre sans avoir besoin d’un nouveau traité : la sécurité des citoyens avec des frontières efficaces, une immigration maîtrisée et une défense autonome ; la souveraineté économique et financière en faisant de l’euro une monnaie de réserve ; l’investissement, l’innovation et la recherche au service de grands projets européens et d’une une société de la connaissance”, résume François Fillon.

>> Pour voir les programmes des deux candidats Fillon et Juppé, cliquez ici


Première publication : 22/11/2016

Bien décidé à gagner la primaire, Alain Juppé s’est lancé à l’assaut des positions défendues par François Fillon, invitant son adversaire à clarifier ses positions sur l’avortement. Ce dernier s’est dit déçu de voir son ami “tomber aussi bas”.

Alain Juppé, arrivé deuxième au premier tour de la primaire, entend combattre son adversaire François Fillon sur le volet social de son programme. Mardi 22 novembre, le maire de Bordeaux a dégainé en appelant son adversaire à “clarifier sa position” sur l’avortement, sur Europe 1. Une attaque qui n’a visiblement pas plu à François Fillon qui a regretté que son “ami Alain Juppé tombe aussi bas”. Et de poursuivre : “Est-ce qu’une seule fois j’ai pris une position contraire à l’avortement ? […] Que la campagne reprenne sa dignité et qu’on cesse les polémiques qui sont inqualifiables et qui, franchement, abaissent le niveau”, a répliqué François Fillon en déplacement à Viry-Châtillon, dans l’Essonne.

Je considère que l’#IVG est un droit fondamental. #E1Matin#E1Primaire#JuppéPrésidentCestpic.twitter.com/eeVPBHruY2

— Alain Juppé (@alainjuppe) 22 novembre 2016

François Fillon avait affirmé plus tôt dans son livre “Faire” que “c’était un droit fondamental de la femme. Il est ensuite revenu sur cette déclaration dans un débat qu’il a eu devant un certain nombre de ses supporters. Quelle est sa position ?”, a interpellé le maire de Bordeaux.

>> À lire sur France 24 : François Fillon, l’élu qui laboure toutes les terres de droite

Le 22 juin, à Aubergenville (Yvelines), lors d’une réunion publique, le député de Paris déclarait : “J’ai écrit [dans mon livre] que l’avortement était un droit fondamental. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c’est que c’est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement”.

Je souhaite que la campagne reprenne sa dignité et qu’on cesse les polémiques qui sont inqualifiables et qui abaissent le niveau. #IVG

— François Fillon (@FrancoisFillon) 22 novembre 2016

Le droit fondamental

Le 20 octobre, sur France 2, interrogé sur le sujet, il répondait : “Je n’ai pas à m’expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l’intérêt général […]. Bien sûr que non” il n’est pas favorable à une interdiction de l’avortement.

Pour Alain Juppé, mardi, sur Europe 1, “c’est une différence entre nous, je considère que c’est un droit fondamental, il l’a écrit, il est revenu sur cette position, moi je n’ai pas changé d’avis”.

Le maire de Bordeaux, longtemps favori dans les sondages pour cette primaire et qui tente désormais de rattraper son retard d’ici au second tour dimanche, a aussi soutenu qu’il était “plus engagé sur la question absolument centrale” de l’égalité hommes-femmes que François Fillon.

Alain Juppé a souligné le soutien apporté par Sens commun, émanation de la Manif pour tous au sein des Républicains, à François Fillon. “Ils ont des positions extrêmement conservatrices et traditionnalistes”, a-t-il prévenu.

Le candidat au second tour de la primaire n’a toutefois “pas l’intention de faire une campagne d’affrontement personnel” face à François Fillon, qu’il retrouvera dans un débat de second tour, jeudi, et pour qui il a “de l’amitié et de l’estime”.

“Faut pas se déculotter”

Alain Juppé s’en est, par ailleurs, pris au programme économique de son concurrent qu’il juge “trop dur”, “pas réaliste”, “excessif” là où le sien serait “ambitieux mais réaliste et crédible”.

Le projet Fillon “ne se fera pas […] dans les délais qui sont annoncés”, a-t-il accusé, citant les hausses de TVA supérieures aux siennes ou l’augmentation du temps de travail plus rapide des fonctionnaires que souhaite le Sarthois.

Sur les relations internationales, “il faut faire baisser la pression [avec la Russie] mais il y a des points où je suis en désaccord” avec ce pays. “Faut pas se déculotter”, a exhorté Alain Juppé.

Alors que son soutien François Bayrou laisse entendre au Figaro mardi qu’il pourrait être candidat face à François Fillon, si Alain Juppé perdait dimanche, le maire de Bordeaux précise : “C’est [son] problème. Il me soutient mais nous n’avons pas conclu de pacte”.

>> Pour voir l’infographie des programmes des candidats Juppé et Fillon, cliquez ici


Avec AFP

Première publication : 22/11/2016

L’ex-ambassadeur de France en Irak et en Tunisie, Boris Boillon, sera jugé le 23 mars à Paris, notamment pour “blanchiment de fraude fiscale”, selon une source judiciaire. Il avait été arrêté avec 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide en 2013.

L’ex-ambassadeur de France en Irak et en Tunisie, Boris Boillon, arrêté en juillet 2013 gare du Nord, alors qu’il voyageait avec 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide, sera jugé le 23 mars à Paris, notamment pour “blanchiment de fraude fiscale”, a appris lundi 21 novembre l’AFP de source judiciaire.

L’ancien conseiller diplomatique de l’ex-président Nicolas Sarkozy, alors reconverti dans le privé, avait été intercepté par la douane le 31 juillet 2013 tandis qu’il s’apprêtait à monter dans un train à destination de Bruxelles.

À l’issue de son enquête préliminaire, le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans devant le tribunal correctionnel de Paris. Il devra répondre de “blanchiment de fraude fiscale”, “faux et usage de faux”, “manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux” et “abus de biens sociaux”, a détaillé la source judiciaire.

Selon une source proche de l’enquête, Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide, du fait des carences du système bancaire irakien.

“Sarko boys”

Arabophone, Boris Boillon, connu comme étant l’un des “Sarko boys”, avait été nommé par l’ancien président de la République ambassadeur de France en Irak en juillet 2009. Il était ensuite devenu en janvier 2011 ambassadeur en Tunisie, pour redresser, en pleine révolte du Printemps arabe, une image calamiteuse de la France très liée à l’ex-président Ben Ali. Mais son mandat avait débuté avec fracas : il avait dû, peu après son arrivée, présenter ses excuses aux Tunisiens, après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée “agressive”.

Il avait quitté son poste en août 2012. Après son passage dans le privé, il a réintégré le ministère des Affaires étrangères. Le diplomate est actuellement affecté en renfort à New York, aux Nations unies.

Avec AFP

Première publication : 22/11/2016