Archive for November 23rd, 2016

Les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé et François Fillon, se sont retrouvés jeudi soir pour un débat d’entre-deux-tours finalement beaucoup moins tendu qu’attendu.

C’était le débat de la dernière chance pour Alain Juppé qui se devait, pour renverser la tendance, d’être offensif face à François Fillon. Pas certain que sa performance ait convaincu une majorité d’électeurs de voter pour lui dimanche prochain. Alors que l’on attendait du débat de l’entre-deux-tours de la primaire de la droite et du centre, jeudi 24 novembre, un duel acéré, celui-ci n’a en effet pas tenu toutes ses promesses. Loin de là. En gentlemen, François Fillon et Alain Juppé n’ont fait qu’échanger à fleurets mouchetés leurs points de vue, programme contre programme.

La faute à un format qui ne permettait finalement pas l’opposition frontale entre les deux candidats. Ce “grand débat” ressemblait en effet davantage à une double interview, Alain Juppé et François Fillon déroulant leurs propositions en répondant chacun leur tour aux questions des journalistes. Le début d’émission donna même lieu à un concours d’amabilité comme si les deux finalistes tenaient à mettre derrière eux les invectives du début de semaine.

C’est sans doute ce qui a empêché le maire de Bordeaux d’être plus offensif dans ses critiques pour dépeindre François Fillon comme un “ultralibéral” et un “ultraréactionnaire” : impossible pour lui d’être trop agressif sous peine d’apparaître comme un candidat diviseur plutôt que rassembleur.

Les sujets qui ont donné lieu à une passe d’arme se comptent donc sur les doigts d’une seule main :

• La durée du temps de travail

Les deux hommes se sont opposés sur la question du temps de travail, notamment dans la fonction publique. “J’ai cru comprendre que, dans la fonction publique, il voulait passer aux 39 heures dès 2017 et avec un salaire correspondant à 37 heures. Est-ce que c’est bien la réalité ?”, a assené Alain Juppé. “Non”, a répondu François Fillon. “On ne peut pas imaginer qu’il va y avoir des accords dans les entreprises pour augmenter le temps de travail si par ailleurs les fonctionnaires qui ont la sécurité de l’emploi, restent à 35 heures, voire à 32 (…), ce n’est pas ma vision de la justice sociale, de l’égalité”, a-t-il expliqué.

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Interrogé sur la mention de la durée légale du travail fixée à 48 heures par l’Europe dans son programme, François Fillon s’est par ailleurs défendu, estimant qu’aucun accord d’entreprise ne serait conclu à 48 heures hebdomadaires. “Et poser la question comme ça, c’est comme sur beaucoup d’autres sujets, c’est caricaturer quelque chose qui au contraire est extraordinairement moderne (…)”, a-t-il lancé aux journalistes.

Dans la fonction publique aussi, il faut qu’on aille progressivement vers les 39h. #JuppéGagnant#LeGrandDébatpic.twitter.com/FZpkc62Pkh

— Alain Juppé (@alainjuppe) 24 novembre 2016

• La santé au cœur du débat

Alain Juppé a attaqué François Fillon au sujet de ses propositions sur l’assurance maladie et souligné une “divergence assez profonde” avec son adversaire qui prévoit des baisses de prise en charge. Pour remettre l’assurance maladie en situation d’équilibre financier, Alain Juppé, qui demande une vérification plus stricte des conditions d’ouverture des droits, a rappelé préférer agir “sur la gestion des caisses d’assurance maladie” et sur la lutte contre la fraude “qui est réelle”.

“Je veux ‘désétatiser’ le système de santé français”, a répondu François Fillon, qui veut limiter à 2 % par an la progression des dépenses de santé. Il souhaite concentrer les remboursements sur “les affections graves et de longue durée”, et que ce soit les assurances privées qui prennent en charge les autres dépenses. Dans son programme, il propose que ceux qui n’ont pas accès à l’assurance privée bénéficient d'”un régime spécial de couverture accrue”.

• Tensions autour de la polémique sur l’IVG

Dans ce débat, la polémique lancée dans les médias par Alain Juppé sur la position de François Fillon relativement à l’avortement a donné lieu au seul moment

de tension palpable.”Évidemment je ne toucherai à rien dans ce domaine, c’est

la loi Veil, toute la loi Veil”, s’est défendu François Fillon. “Je trouve que le procès qui m’a été fait depuis quelques jours n’est pas correct”, a-t-il poursuivi à l’adresse d’Alain

Juppé qui avait jugé “ambiguë” ses propos sur l’IVG. “Je n’ai fait aucun procès (…), j’ai juste posé une question”, a répliqué le maire de Bordeaux. “Il y a des questions qui ressemblent à des procès”, a dit François Fillon.

Alain Juppé en a alors profité pour dénoncer la “campagne ignominieuse” dont

il a été la cible sur les réseaux sociaux, où il a été accusé de collusion avec le salafisme et d’antisémitisme, et a dénoncé l’absence de réaction des fillonistes.

“Il ne faut pas exagérer non plus : quand je me fais traiter d’homophobe tous les matins, je ne t’ai pas entendu non plus prendre la parole pour assurer ma défense. Chacun est grand et s’occupe de ses affaires”, a lancé le député de Paris.

• Intégration versus assimilation

Les candidat ont chacun exposé leur point de vue sur l’immigration. “L’identité de la France, c’est la diversité”, a assené Alain Juppé. “Je veux que les étrangers qui viennent s’installer dans notre pays s’assimilent et respectent notre héritage culturel”, lui a rétorqué le Sarthois.

Je veux que les étrangers qui viennent s’installer dans notre pays s’assimilent et respectent notre héritage culturel. #PrimaireLeDébatpic.twitter.com/rW5EpDmLTH

— François Fillon (@FrancoisFillon) 24 novembre 2016

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• Les liens avec la Russie

“C’est un point fondamental parce que ça veut dire qu’Alain Juppé ne veut pas vraiment changer les choses, il s’inscrit dans un système”, a estimé le Premier ministre de Nicolas Sarkozy, lors du débat télévisé d’entre-deux tours. Ce “système”, il veut “l’améliorer, lui apporter un certain nombre de modifications, moi je considère que ces modifications ne permettront pas le redressement du pays”, a-t-il poursuivi.

À la fin de ce dernier débat de la primaire de la droite et du centre, François Fillon a été jugé jeudi plus convaincant que son rival Alain Juppé par 57 % des Français, selon un sondage Elabe diffusé par BFM TV.

#Syrie La politique menée depuis quatre ans a échoué. Il faut discuter avec la Russie et l’Iran pour bâtir une coalition mondiale. pic.twitter.com/8mAja2ZUPs

— François Fillon (@FrancoisFillon) 24 novembre 2016

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Première publication : 24/11/2016

En affirmant avoir été violée à l’âge de 13 ans par le photographe David Hamilton, contre qui elle ne peut plus porter plainte, l’animatrice Flavie Flament relance le débat sur le délai de prescription.

Elle affirme avoir été violée à l’âge de 13 ans par le photographe britannique David Hamilton. Mais, à 42 ans, l’animatrice française Flavie Flament ne peut pas porter plainte contre celui qu’elle accuse : en France, la prescription pour les viols sur mineurs est de 20 ans après la majorité de la victime.

Alors qu’à la suite de Flavie Flament, d’autres femmes ont témoigné dans la presse, sous pseudonyme, en affirmant avoir subi le même sort pendant leur adolescence lors de séances photo avec l’artiste, ces accusations relancent le débat sur la prescription des crimes sexuels sur mineurs.

La ministre en charge des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a d’ailleurs annoncé, mardi 22 novembre, avoir confié à Flavie Flament une mission de consensus sur les délais de prescription.

Le précédent Bill Cosby aux États-Unis

L’écho médiatique donné aux accusations de Flavie Flament peut-il faire bouger les lignes et faire évoluer la loi ? Aux États-Unis, dans la foulée de l’affaire Bill Cosby, accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles remontant pour certaines aux années 1960, la Californie a supprimé, fin septembre 2016, le délai de prescription pour les crimes sexuels.

En France, certaines associations, comme L’Enfant bleu, réclament l’imprescriptibilité des viols sur mineurs. Mais en droit français, l’imprescriptibilité n’a pas la même portée qu’aux États-Unis, selon Julie Klein, professeure de droit à l’université de Rouen. “En droit américain, l’absence de délai de prescription est la règle alors qu’en France le délai de prescription est un principe général. Le droit français reconnaît le caractère imprescriptible d’une seule catégorie unique de crimes : les crimes contre l’humanité. Cela paraît délicat d’étendre cette imprescriptibilité aux crimes de droit commun”, souligne ainsi l’auteure du “Point de départ de la prescription” (Éd. Economica).

Vers un doublement du délai de prescription pour les majeurs

Quid alors d’un allongement du délai de prescription ? En France, la loi Perben II, en 2004, a porté la prescription des viols et agressions sexuelles sur mineurs à vingt ans à partir de la majorité, soit dix ans de plus que pour les victimes majeures. Une victime qui a subi un viol dans son enfance a donc jusque l’âge de 38 ans pour saisir la justice. Trop peu, estiment de nombreuses associations de victimes. Ernestine Ronai, coordinatrice nationale de la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences (MIPROF), est également de cet avis : “Il faut du temps aux victimes mineures pour comprendre ce qui leur est arrivé. Cela ressurgit souvent à l’occasion d’un événement ou d’une psychothérapie comme cela a été le cas pour Flavie Flament”.

Ernestine Ronai plaide donc pour que les victimes puissent porter plainte plus longtemps – jusqu’à 48 ans, soit un délai de 30 ans à partir de la majorité. La mesure aurait d’autant plus de sens, selon Ernestine Ronai, que la proposition de loi Fenech-Tourret, actuellement en discussion au Parlement, propose de doubler les délais de prescriptions pour les majeurs en les portant de 10 à 20 ans pour les crimes et de trois à six ans pour les délits.

Première publication : 24/11/2016

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Des pirates informatiques ont-ils aidé à faire élire Donald Trump ? C’est la question posée en creux par des experts en sécurité informatique qui appellent à un nouveau décompte des voix de l’élection américaine.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’élection présidentielle américaine. Jill Stein, candidate du parti vert à la présidentielle américaine, remportée par Donald Trump, a collecté plus de 3,3 millions de dollars en moins de 24 heures. Sa cause a le vent en poupe : faire recompter les votes électroniques dans trois États clefs – le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie – où le candidat républicain est arrivé en tête de justesse. Elle veut savoir si des pirates informatiques n’ont pas faussé les résultats.

Au total, Jill Stein doit lever 4,5 millions de dollars pour mettre des auditeurs des machines à voter électronique au travail. Les sommes réunies permettent d’ores et déjà d’entamer le nouveau décompte dans le Wisconsin, où la date limite pour déposer une demande en ce sens est vendredi 25 novembre. Pour les autres États, la candidate dispose encore de quelques jours (lundi 28 novembre en Pennsylvanie et mercredi 30 novembre pour le Michigan), afin de finaliser sa levée de fonds. L’enjeu est de taille : si dans les trois États, Hillary Clinton avait en réalité devancé son concurrent, elle aurait gagné l’élection.

Lettre ouverte au Congrès

Jill Stein ne s’est pas décidée sur un coup de tête. L’hypothèse d’un possible piratage des élections en faveur de Donald Trump est prise au sérieux dans les cercles d’experts américains en sécurité informatique.

La première mise en garde a été lancée le 22 novembre par un groupe de chercheurs affiliés à l’Université du Michigan, dont J. Alex Halderman, considéré comme le plus important spécialiste américain des questions de sécurité du vote électronique. Il avait déjà fait la démonstration en 2006 de la facilité avec laquelle les machines à voter pouvaient être piratées aux États-Unis.

Démonstration de la facilité de pirater une machine à voter

Dans un article posté sur la plateforme de blog Medium, il souligne que dans plusieurs comtés du Wisconsin, qui utilisent notamment le vote électronique, les écarts de voix entre Donald Trump et Hillary Clinton étaient anormalement élevés par rapport aux sondages. Dans les trois États concernés, le milliardaire et candidat républicain n’a eu qu’un avantage minime sur son adversaire, ce qui en fait des cibles idéales pour d’éventuels pirates informatiques, d’après ce groupe d’experts.

D’autres spécialistes se sont ensuite joints à cette requête pour recompter les voix. Une lettre ouverte d’universitaires demandant une enquête du Congrès a recueilli 126 signatures.

La théorie est tentante dans le climat électoral tendu aux États-Unis, marqué par des accusations de cyberattaques orchestrées par la Russie pour peser sur le résultat des élections. Alex Halderman rappelle, à ce sujet, que de fortes présomptions de tentatives de piratage sur ordre du Kremlin ont déjà pesé sur les élections ukrainiennes de 2014.

Absence de preuve

Tous ces spécialistes reconnaissent n’avoir aucune preuve concrète pour étayer leurs soupçons. Mais “ne pas prendre en compte ce risque” et ne pas ouvrir d’enquête laisserait croire aux hackers qu’ils ont carte blanche, expliquent les signataires de la lettre ouverte.

Le nouveau décompte est, en outre, simple à réaliser. Dans grands nombres de comtés, la machine fait une capture de l’écran du vote, qui est imprimée et ne peut ainsi pas être piratée. “Le problème est qu’aucun État ne prévoit de vérifier ces copies de manière sérieuse, sauf si un candidat en fait la demande”, regrette Alex Halderman. En clair, pour lui, même si aucun piratage n’a eu lieu, un second décompte des votes électroniques serait “démocratiquement sain”, surtout lorsque les résultats sont très serrés.

Il affirme avoir pris langue avec l’équipe de campagne d’Hillary Clinton pour qu’elle fasse le nécessaire dans les trois États concernés. Elle n’a pas donné suite. La candidate démocrate est peut-être en phase avec le célèbre gourou américain des sondages, Nate Silver.

Cet expert de l’analyse statistique juge que les résultats dans ces bureaux de vote, aussi serrés soient-ils, n’ont rien de surprenants. La différence avec les sondages pré-électoraux peut s’expliquer en appliquant certains modificateurs (race des votants, niveau d’éducation et densité de population). Il met en garde contre la tentation d’exiger un décompte sans avancer de preuves concrètes : “À une époque où la confiance dans le vote est déjà ébranlée, la charge de la preuve devrait incomber à ceux qui demandent de recompter les voix car sinon cela revient à jeter un doute supplémentaire sur le système électoral”.

Première publication : 24/11/2016

Devenue le symbole des femmes battues, Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, a vu sa demande de libération conditionnelle une nouvelle fois rejetée, jeudi.

C’est un nouveau refus de la justice. Devenue un symbole des femmes victimes de violence conjugale, Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, a vu une nouvelle fois sa demande de libération conditionnelle rejetée , jeudi 24 novembre, a-t-on appris de source judiciaire.

Après un premier refus du tribunal d’application des peines de Melun (Seine-et-Marne), le 12 août, c’est la cour d’appel de Paris, qui, à son tour, a rejeté cette demande d’aménagement de peine, à laquelle le parquet général ne s’était pourtant pas opposé.

Jacqueline Sauvage, qui a tué son époux de 65 ans de trois coups de fusil dans le dos, à la Selle-sur-le-Bied (Loiret), le 10 septembre 2012, pourra cependant déposer une nouvelle demande de libération.

“Une position victimaire”

En première instance en octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage, aujourd’hui 68 ans, avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. À chaque fois, la cour d’assises, composée de magistrats professionnels et de jurés populaires, a écarté la préméditation de son geste.

Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues comme l’était leur mère. Sa condamnation avait suscité une vague d’indignation.

Après la mobilisation de ses filles et de nombreux élus et personnalités, Jacqueline Sauvage a obtenu le 31 janvier une grâce partielle du président François Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Pour la lui refuser, le tribunal d’application des peines de Melun avait reproché à Jacqueline Sauvage “de ne pas assez s’interroger sur son acte” et estimé qu’elle ne pouvait “prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui, compte tenu des soutiens, dont elle bénéficie et de la médiatisation des faits, risquerait de la maintenir dans une position victimaire”.

Avec AFP

Première publication : 24/11/2016

Un bus et six voitures ont été incendiés mercredi soir à Beaumont-sur-Oise, quelques heures après le placement en détention provisoire de deux frères d’Adama Traoré, mort en juillet lors de son interpellation par des gendarmes.

Un bus et six voitures ont été incendiés, dans la soirée du mercredi 23 novembre, lors de brefs incidents impliquant une dizaine de jeunes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) où des gendarmes ont été déployés, quelques heures après le placement en détention provisoire de deux frères d’Adama Traoré, mort en juillet lors de son interpellation.

Les incidents ont commencé vers 22 h 45 (heure de Paris) dans le quartier de Boyenval, où vit une partie de la famille Traoré, et le calme est revenu peu avant 1 h jeudi matin, a constaté une journaliste de l’AFP.

Selon un bilan de la préfecture, “un bus a été incendié par une dizaine d’individus cagoulés, le chauffeur a été molesté et légèrement blessé à la jambe”, et six voitures ont également été incendiées.

“Une petite dizaine de jeunes”



Des habitants, dont plusieurs portaient des tee-shirt “Justice pour Adama”, ont déclaré à l’AFP que le bus s’était arrêté pour laisser descendre des passagers quand “une petite dizaine” de jeunes sont arrivés en courant, sont montés à bord, ont fait descendre le chauffeur et ont mis le feu avec des engins incendiaires.

Ce sont les habitants eux-mêmes avec des seaux d’eau et des extincteurs qui ont éteint le feu, selon des témoins. Sur place, il ne restait que la carcasse noircie du bus et quatre voitures brûlées garées à proximité. Deux autres voitures ont été incendiées dans une rue voisine.

“Rien à voir” avec la famille d’Adama

“Ce sont des jeunes du quartier qui profitent de la situation pour faire n’importe quoi. Ils ne respectent pas la mémoire d’Adama”, “ça va retomber sur la famille Traoré”, regrettait un jeune homme. “Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec la famille” d’Adama, répétait une jeune mère de 24 ans.

Quelque 130 gendarmes avaient été dépêchés sur place, ainsi qu’un hélicoptère, selon la préfecture.

Mercredi, Bagui Traoré, 25 ans, et Yssoufou, 22 ans, ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès le 14 décembre. Ils sont accusés de violences et outrages contre des policiers en marge du conseil municipal de Beaumont-sur-Oise, le 17 novembre.

Le tribunal a accordé à Bagui et Yssoufou Traoré, qui nient les faits, un délai pour préparer leur défense, mais a décidé de les placer en détention “pour éviter qu’ils n’exercent des pressions sur les témoins” d’ici l’audience.

Le procureur avait requis leur placement en détention en invoquant notamment le risque de nouveaux troubles à l’ordre public comme ceux qui s’étaient produits le 17 novembre. Ce jour-là, la séance du conseil municipal avait dû être levée après des heurts entre soutiens de la famille Traoré et forces de l’ordre devant l’Hôtel de Ville. Des incidents avaient également éclaté dans le quartier de Boyenval.

Avec AFP

Première publication : 24/11/2016

Le parquet de Nice a requis 6 mois de prison avec sursis contre un enseignant-chercheur, jugé pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière. L’homme avait aidé des Érythréennes venant d’Italie, un geste humanitaire selon sa défense.

Six mois de prison avec sursis. C’est la peine qu’a requis le parquet de Nice contre Pierre-Alain Mannoni, poursuivi à Nice pour avoir pris en charge des Érythréennes venues d’Italie. L’homme, enseignant-chercheur du CNRS de 45 ans, avait été interpellé le 18 octobre dernier à un péage près de Menton, avec trois Érythréennes à bord de son véhicule. Il convoyait les jeunes femmes pour les mettre dans un train en direction de Marseille où elles devaient y être soignées.

Le jugement a été mis en délibéré au 6 janvier et son contrôle judiciaire levé jusqu’à cette date. “C’est un sévère avertissement” a justifié le procureur général de Nice, Jean-Michel Prêtre. “On peut porter secours, c’est un devoir, mais pas aider au séjour et à la circulation” d’étrangers en situation irrégulière, a-t-il ajouté, rappelant qu’il s’agissait d’une infraction pénale. “Ces actions ne s’inscrivent pas dans un secours. Elles consistent à nier qu’une frontière existe et qu’un pays puisse faire voter des lois. […] En France, on a le droit de penser ce qu’on veut et de traduire ces pensées en actions, mais dans les limites de la loi”, a-t-il insisté.

>> À lire sur France 24 : À la frontière italienne, un Niçois jugé pour avoir transporté des migrants

Pour l’avocate du Pierre-Alain Mannoni, les actes de son client ne méritent au contraire pas de sanctions. “Dans son esprit, M. Mannoni a porté secours. Ce geste humanitaire ne mérite aucune sanction. Ce serait disproportionnée et pas nécessaire”, a ainsi plaidé Me Maeva Binimelis. “Aujourd’hui, on veut faire un exemple […] Je sollicite la relaxe pour donner une réponse à tous ces gens solidaires”, a-t-elle lancé. Car comme lui, depuis 2015, de nombreux habitants de la vallée franco-italienne de la Roya viennent en aide aux migrants qui arrivent de l’Italie voisine. À ses côtés, comparaissait d’ailleurs l’agriculteur Cédric Herrou, pour avoir installé sans autorisation une cinquantaine d’Érythréens dans un centre de colonie de vacances SNCF désaffecté.

De nombreux soutiens

Cent à 200 personnes étaient venues soutenir Pierre-Alain Mannoni et son co-prévenu Cédric Herrou. Elles sont restées massées sur les marches du palais de justice de Nice qui s’était pour l’occasion entouré de mesures policières inhabituelles, filtrant les accès y compris en salle d’audience.

“Qu’il se retrouve au tribunal dans notre pays, je trouve cela aberrant”, a déclaré avant l’audience la députée EELV Cécile Duflot. “Aujourd’hui, on a des citoyens contraints d’enfreindre la loi, parce que l’État ne remplit pas ses obligations”, a de son côté regretté un ancien cadre socialiste niçois, David Nakache.

“Si ces personnes de sont pas secourues, il y aura encore des morts”, a déclaré en conclusion des débats Pierre-Alain Mannoni, soutenu par le syndicat de l’enseignement supérieur Snesp-FSU, la Ligue des droits de l’Homme ou encore Médecins du monde qui a témoigné en sa faveur à la barre.

Il pourrait toutefois bénéficier de l’immunité prévue par la loi depuis 2012 pour les passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

Avec AFP

Première publication : 24/11/2016

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Jose Cuervo, numéro 1 mondial de la vente de tequila, a décidé de reporter son introduction en Bourse en raison du climat économique et financier qui règne au Mexique depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

Le géant de la tequila Jose Cuervo a une gueule de bois post-électoral. Le premier fabricant mondial de cette boisson alcoolisée produite au Mexique a annoncé, mercredi 23 novembre, son intention de reporter son introduction en bourse, prévue ce mois-ci, pour cause de “trumpisite” aigüe.

Les promesses de campagne de Donald Trump – la construction d’un mur à la frontière mexicaine et la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain Alena (dont le Mexique fait partie) – ont créé un climat d’incertitude financière au Mexique.

Le fabricant de tequila craint donc de ne pouvoir sabrer le champagne s’il maintient son cap. Le groupe souhaite lever près d’un milliard de dollars lors de son introduction en Bourse, un objectif difficile à atteindre dans le contexte actuel. Depuis début novembre, l’indice boursier mexicain a ainsi perdu plus de 5 % de sa valeur, reflétant le peu d’enthousiasme des investisseurs pour la place financière d’un pays dans le collimateur du nouveau président des États-Unis.

Suite en janvier

“Les discussions préliminaires [à l’introduction en Bourse] ont démontré un manque d’enthousiasme des investisseurs”, explique Bloomberg en citant des sources anonymes impliquées dans le dossier.

Cette mésaventure illustre les conséquences concrète de l’élection de Donald Trump sur le Mexique. “Une partie importante de l’incertitude qui affecte notre économie provient du flou autour de la politique économique que la nouvelle administration américaine va suivre”, a expliqué Manuel Sanchez, le gouverneur de la Banque centrale du Mexique à Reuters.

Jose Cuervo a d’ailleurs décidé d’attendre l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier, pour retenter l’aventure boursière. Le groupe espère que d’ici là, le nouvel homme fort de Washington aura tourné le dos à ses promesses de campagne les plus controversées. Cette société, plus ancien fabricant de spiritueux d’Amérique du Nord, fondé à la fin du XVIIIe siècle, peut bien patienter encore quelques mois.

Première publication : 24/11/2016

Les individus interpellés à Strasbourg et Marseille, suspectés de préparer un attentat, projetaient de passer à l’acte le 1er décembre à Paris et en banlieue parisienne, a révélé jeudi une source proche de l’enquête.

L’attaque était prévue pour le 1er décembre et devait avoir lieu à Paris et en banlieue parisienne. Les hommes suspectés de préparer un attentat en France et interpellés le week-end dernier à Strasbourg et à Marseille comptaient passer à l’acte très prochainement, a révélé jeudi 24 novembre une source proche de l’enquête.

>> À lire : #Toujourslechoix, la nouvelle campagne de la France contre la radicalisation jihadiste est lancée

Selon des sources policières, c’est l’exploitation d’un smartphone qui a permis de fournir des précisions sur les cibles potentielles des cinq hommes toujours en garde à vue jeudi matin. Le siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), celui de la police judiciaire au 36 Quai des Orfèvres, le palais de justice, les Champs-Élysées, une médiathèque, une église, le site d’Eurodisney (Val-de-Marne) ou encore la station de métro Charonne figurent notamment sur des captures d’écran Google Maps, ont précisé ces sources.

Le 14 novembre, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait été alertée par un renseignement sur un passage à l’acte imminent.

Garde à vue prolongée

Une prolongation de garde à vue au-delà de 96 heures et pouvant atteindre une durée totale de 144 heures, soit six jours, n’est possible que lorsque les investigations font craindre une menace d’attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale. Les arrestations dans la nuit de samedi à dimanche, à Strasbourg et à Marseille, ont permis de “mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date” en France, a affirmé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les suspects arrêtés à Strasbourg, âgés de 35 à 37 ans, sont de nationalité française et inconnus des services de renseignement. Deux d’entre eux sont soupçonnés d’avoir gagné la Syrie, via Chypre, en 2015, avant de revenir en Europe.

>> À lire : Les prisons européennes, lieux privilégiés pour le recrutement jihadiste

Des messages cryptés ont été exhumés entre un membre de l’organisation État islamique en Syrie et certains membres du réseau.

Deux armes de poing, un pistolet automatique, un pistolet mitrailleur ainsi que de la propagande jihadiste ont été trouvés lors des perquisitions.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 24/11/2016

Le livre d’Emmanuel Macron “Révolution” est publié jeudi. L’ancien ministre de l’Économie de François Hollande s’y présente comme libéral et homme de gauche, capable de battre le Front national.

“Si nous ne nous ressaisissons pas, dès le mois de mai prochain, ou dans cinq ans, ou dans 10 ans, le Front national sera au pouvoir”. Dans son livre “Révolution”, publié jeudi 24 novembre, Emmanuel Macron se présente comme le seul homme capable de faire obstacle au Front national.

À 38 ans, l’ancien conseiller et ex-ministre de l’Économie de François Hollande se dit loin “des clivages d’un autre temps” entre droite et gauche. L’ancien banquier consent à être qualifié à la fois de libéral et d’homme de gauche mais juge les partis traditionnels “morts”. Au Point, il assure même proposer “le seul discours alternatif au FN”.

>> En images sur France 24 : “Emmanuel Macron et les autres jeunes loups de la politique dans le monde”

Dans son ouvrage de 264 pages, tiré dans un premier temps à 200 000 exemplaires par l’éditeur XO Editions, il fait cependant un détour par un long récit de ses origines, d’Amiens à l’Élysée et Bercy en passant par des études de philosophie, Sciences Po, l’École nationale d’administration.

Il dit aussi assumer les conseils prodigués à François Hollande, les bons comme les mauvais, comme secrétaire général de l’Élysée pendant deux ans, à partir de 2012, et la politique conduite ensuite au ministère de l’Économie, échecs compris.

“Puis vint le temps des blocages et des désaccords” après les attentats de novembre 2015 à Paris : il dénonce “l’absence de véritable volonté réformiste” et d’ambition européenne et le “débat stérile” sur la déchéance de nationalité.

“C’est à mon pays seul que va mon allégeance”

Des désaccords qui le conduisent à créer son mouvement “En Marche !” en avril 2016 et à quitter le gouvernement fin août.

Il rejette l’accusation de trahison brandie par ses anciens collègues mais également à droite. “Lorsqu’on dit que j’aurais dû obéir au président comme une machine, renoncer à mes idées, enchaîner à son destin la réalisation de ce que je crois juste, simplement parce qu’il m’avait nommé ministre, que dit-on ? Que l’idée du bien public doit s’effacer devant celle du service rendu.”

“C’est à mon pays seul que va mon allégeance, non à un parti, à une fonction ou à un homme”, ajoute Emmanuel Macron.

S’il se défend d’avoir écrit un ouvrage-programme, il n’en livre pas moins, après un diagnostic sévère de l’état du pays, les grandes lignes d’un projet dans lequel il prend souvent le contrepied du gouvernement qu’il a servi.

Il s’élève ainsi contre la “prolongation sans fin” de l’état d’urgence, qui pose selon lui “plus de questions qu’elle ne résout de problèmes”.

Il promet par ailleurs de transformer en allègements de charges pour les entreprises le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), dont il a été un artisan comme conseiller de François Hollande. Il laisse d’autre part entendre qu’il réformera l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), tabou pour la gauche.

Avec Reuters

Première publication : 24/11/2016

L’astronaute français Thomas Pesquet s’est exprimé mercredi en direct de la Station spatiale internationale (ISS). Le spationaute, qui s’acclimate bien à la vie dans l’espace, décrit son quotidien en apesanteur dans une vidéo.

“On s’adapte doucement à la vie ici”, a déclaré le spationaute français Thomas Pesquet en direct depuis la Station spatiale internationale (ISS) mercredi 23 novembre lors d’une conférence de presse avec des journalistes qui lui ont posé des questions par écran interposé depuis l’Agence spatiale européenne. Le jeune homme, qui a rejoint dans la station le 20 novembre en compagnie du Russe Oleg Novitski, et de l’Américaine Peggy Whitson, s’acclimate bien à l’espace.

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“On s’est adapté très vite, on n’a pas été malade du tout, tout le monde se sent super bien. Finalement, travailler en apesanteur est hyper naturel” a-t-il répondu aux questions de l’un des journalistes. Tout en se retenant d’une main au plafond en raison de l’apesanteur, il jouait de l’autre main avec un gros ballon représentant la Terre.

“C’est immense ! C’est plein d’équipements !”, a-t-il expliqué pour décrire la station spatiale, ajoutant : “Il y en a absolument partout, donc il faut vraiment s’orienter, ça prend un peu de temps…”.

L’ISS est géniale, encore mieux que dans mes rêves! J’aimerais que tout le monde ait la chance d’aller dans l’espace! #Proxima#ISSpic.twitter.com/NrmCSuTHOp

— Thomas Pesquet (@ThomasPesquet) 21 novembre 2016

“Nous dormons en flottant”

“C’est super agréable. Nous dormons en flottant. Nous sommes retenus juste à la paroi de nos petites cabines individuelles, avec un sac de couchage accroché au mur” a raconté Thomas Pesquet, dont la mission doit durer six mois. Depuis l’ISS le français peut téléphoner via internet à sa famille presque tous les jours. Le week-end, il peut même avoir une conférence vidéo avec eux.

Sur son compte Twitter, le français envoie régulièrement des photographies et des nouvelles, communiquant par exemple sur la musique qu’il écoute à bord de l’ISS.

.@EmpireOfTheSun – Walking on a Dream. Il n’y a pas plus approprié comme titre pour un 1er jour sur l’ISS https://t.co/28iYwsPKiE

— Thomas Pesquet (@ThomasPesquet) 22 novembre 2016

Expérimentations à bord

Au terme d’un vol de deux jours à bord d’un vaisseau Soyouz, lancé du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, Thomas Pesquet, Oleg Novitski, et Peggy Whitson ont retrouvé dans la Station spatiale internationale un Américain et deux Russes, déjà présents sur place depuis la mi-octobre.

Thomas Pesquet, qui a déjà commencé à travailler depuis l’ISS, a déjà testé le système de traitement de l’eau. Et il a aussi réalisé une expérience avec des surfaces autonettoyantes innovantes, auxquelles les bactéries n’adhèrent pas.

Durant sa mission, l’astronaute doit notamment conduire une cinquantaine d’expériences scientifiques pour le compte de l’ESA et du Cnes.

Avec AFP

Première publication : 24/11/2016