Archive for November 27th, 2016

La patineuse artistique Tatiana Navka, épouse du porte-parole du Kremlin, a suscité l’indignation après avoir dansé, samedi, en uniforme de prisonniers des camps de concentration nazis. Un hommage au film “La vie est belle” selon l’intéressée.

Une tenue à rayures noires et blanches et une étoile jaune brodée sur la poitrine. En dansant sur la glace “déguisée” en déportée juive pour une émission de téléréalité russe diffusée en prime-time samedi 26 novembre, la patineuse artistique Tatiana Navka a déclenché une vive polémique.

La championne olympique de 2006, très populaire en Russie, a expliqué qu’elle avait voulu par cette chorégraphie en duo, avec l’acteur russe Andrei Burkovsky, rendre hommage au film de Roberto Benigni “La vie est belle”. Cette comédie tragique sur l’Holocauste avait été récompensée par un Oscar en 1999.

“Nos enfants devraient connaître et se rappeler cette terrible période”, a-t-elle justifié sur son compte Instagram.

Le numéro, qui a rencontré un vif succès dans l’émission, a suscité une vague de commentaires sur les réseaux sociaux et dans des médias internationaux.

>> Pour voir les images et vidéos sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

That’s modern #Russia, folks.

Tatiana #Navka is married to #Putin‘s spokesman, Dmitry #Peskov. Do they think #Holocaust is cute and funny? pic.twitter.com/qtI0eve8vC

— Julia Davis (@JuliaDavisNews) 27 novembre 2016

Le journal Britannique Daily Mail soulignait que “les sourires radieux” avaient “peu de rapport avec “le thème sinistre” tandis que People Magazine aux États-Unis jugeait cette représentation “inquiétante”.

Interrogée par un tabloïd russe, la responsable du Russian Holocaust Center de Moscou, Alla Gerber, a estimé que “de façon générale, il ne devrait pas y avoir de moquerie ou de sourire en coin” sur les questions de la déportation des juifs.

Avec AFP

Première publication : 28/11/2016

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Le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire contre X suite à un communiqué mensonger présenté comme émanant de Vinci et qui avait provoqué une chute sans précédent du cours de l’action du groupe de BTP le 22 novembre.

Le parquet financier compte bien tirer au clair les zones d’ombre de l’affaire du faux communiqué du géant français du BTP Vinci. Une enquête préliminaire contre X pour “diffusion d’informations fausses ou trompeuses de nature à agir sur les cours” a été ouverte en fin de semaine dernière, a appris l’AFP lundi 28 novembre.

Les autorités vont tenter de savoir les auteurs d’un faux communiqué du groupe, diffusé le 22 novembre, puis d’un démenti mensonger qui ont eu pour conséquence de faire chuter l’action de Vinci de 18 %, faisant perdre six milliards d’euros de capitalisation boursière.

Faux communiqué et faux démenti

L’affaire est sans précédent dans l’histoire boursière récente en France. Elle a débuté par un communiqué fabriqué de toutes pièces envoyé à plusieurs rédactions. Le document annonçait des résultats financiers moins bons que prévus et le renvoi du directeur financier pour cause de soupçons de malversations.

Il avait toutes les apparences du vrai document. Le nom du contact pour la presse était correct (le numéro de téléphone avait, en revanche, été changé), et le communiqué renvoyait vers une version électronique du texte sur un site qui ressemblait au pixel près au portail de Vinci. Les sites américains Bloomberg et Dow Jones Newswire – très influents sur les marchés financiers – ont mordu à l’hameçon.

En quelques minutes, l’action Vinci a dévissé de près de 18 %. Avant même que le groupe ne puisse organiser sa défense, un faux démenti avait été envoyé aux rédactions. C’était le deuxième acte de la supercherie : le document était rédigé de telle façon qu’il suggérait que tout n’était pas à jeter dans le premier communiqué.

Étrange revendication

Ce n’est qu’après cette double manipulation que Vinci réussit à rétablir la vérité et, du même coup, son cours en Bourse. Les auteurs de cette opération de sabotage sévissent alors une dernière fois, en publiant un communiqué de revendication où l’on trouve des références à “la forêt de Notre-Dame-des-Landes” et aux “Népalais et Indiens sur les chantiers du Qatar” qui seraient autant de victimes de Vinci.

Pour certains médias, cette revendication est à traiter avec la même défiance que les faux communiqués. Elle pourrait viser, d’après le JDD, à égarer les enquêteurs. Cette machination a très bien pu être montée par des boursicoteurs cherchant à profiter de la panique boursière pour acheter des actions Vinci à faible coût, en vue de les revendre une fois la panique passée. C’est l’énigme que le parquet financier va s’atteler à résoudre.

Première publication : 28/11/2016

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Dugout, le réseau social pour les mordus du ballon rond, vient d’être lancé. Cette plateforme, 100 % football, est le résultat de la volonté de l’élite des clubs européens d’exploiter la présence des joueurs sur les réseaux sociaux.

Ils espèrent jouer dans la même ligue que Facebook, ni plus, ni moins. Une partie de l’élite européenne du football s’est associée pour lancer, lundi 28 novembre, un réseau social entièrement dédié aux fans du ballon rond, baptisé Dugout.

En tout, plus d’une vingtaine de clubs ont accepté de se prêter au jeu, dont le PSG, le FC Barcelone, le Bayern Munich ou encore la Juventus Turin et Arsenal. La plateforme offre aux abonnés la possibilité, comme sur Twitter, de suivre l’actualité des clubs ou des joueurs. Et ils peuvent, comme sur Facebook, commenter les messages des clubs et réagir grâce à des emojis.

Les jeux vidéo au Bayern et Justin Bieber au Barça

L’amateur du Bayern peut ainsi regarder quatre stars du club allemand s’affronter au jeu Fifa 2017. Le fan du Barça peut, lui, admirer la technique du chanteur canadien Justin Bieber qui réussit à dribbler Neymar. Sur la page du PSG, la vidéo sur la nouvelle coupe de cheveux de Marquinhos est parmi les contenus les plus populaires.

L’idée assumée de ce site est de répondre à l’attente “des supporters qui ne souhaitent plus suivre les matches de leur pays seul, et veulent être au plus près des clubs et stars autour du monde, sur et en dehors des terrains”, assure Elliot Richardson, président de Dugout dans un communiqué publié sur le site du FC Barcelone.

L’accent mis sur les “coulisses” de la vie des joueurs s’explique aussi par des problèmes de droits d’image. Seules les chaînes de télévision qui ont payé le prix fort peuvent les exploiter. L’absence de vidéos de terrain pourrait donc atténuer l’attrait de la plateforme.

Mais les promoteurs de ce nouveau réseau social affirment que le contenu exclusif que Dugout peut, grâce à ses relais privilégiés dans le monde du football, offrir aux fans est un avantage sur la concurrence. Pour l’heure, les inédits de la nouvelle plateforme se noient dans la masse des contenus vus et revus sur Instagram, Snapchat, WeChat etc. La valeur ajoutée des exclusivités demeure également discutable : il s’agit de “touch challenges” (défis de toucher du ballon) qui consistent à démontrer sa technique de contrôle.

Petit coin de paradis pour publicitaire ?

Aujourd’hui, Dugout ressemble donc surtout à un grand aspirateur à contenus externes saupoudré de quelques exclusivités. Pour les clubs l’enjeu est d’ailleurs là : que les fans viennent sur Dugout, sans passer par Facebook, pour avoir leur dose quotidienne de “coulisses” du ballon rond. “L’élite du football européen cherche à monétiser l’activité croissante des joueurs sur les réseaux sociaux”, souligne le site de la chaîne britannique Sky.

Jusqu’à présent les tweets, snaps ou vidéos postés par les joueurs enrichissent surtout Facebook, Twitter, etc. Ces contenus se sont transformés en outils de ciblage publicitaire qui rapportent gros. Les clubs de football aimeraient pouvoir en profiter. À tel point qu’ils ont réussi à tous s’entendre : c’est la première fois qu’autant de formations de l’élite footballistique travaillent à un projet commercial commun.

Dugout doit, en effet, devenir avant tout un petit coin de paradis publicitaire pour ses créateurs. Chaque commentaire, chaque smiley ou le choix de suivre tel ou tel joueur doit permettre aux marques de cibler, avec une précision sans précédent, son public le plus captif. Les clubs espèrent une rentabilité dès la deuxième année d’existence. Des documents internes, consultés par Sky, indiquent qu’ils escomptent un bénéfice de 30 millions de dollars dans deux ans.

Encore faut-il qu’il y ait une audience. Pour l’instant, le site, encore désert, ressemble davantage aux tribunes d’une rencontre de division régionale qu’à un Facebook du football. Pour peupler ce cyberespace, les clubs partenaires comptent inciter leurs joueurs à créer leurs pages personnelles, afin de communiquer avec eux. Des légendes du football, comme le Brésilien Pelé, seraient, d’après le Guardian, aussi sur le point de rejoindre la “dream team” à venir.

Mais est-ce que cela suffira à faire oublier aux amoureux du football français que l’Olympique de Marseille ne participe pas à l’aventure, que le foot allemand se résume au Bayern Munich ou que le seul Manchester de la Premier League s’appelle City ?

Première publication : 28/11/2016

Alors que Manuel Valls n’a pas exclu de se présenter à la primaire de la gauche face à François Hollande en vue de la présidentielle de 2017, le Premier ministre et le président ont tenté, lundi, d’afficher un semblant d’unité.

Après un week end d’offensive du chef du gouvernement, Manuel Valls et François Hollande se sont retrouvés le 28 novembre pour leur traditionnel déjeuner du lundi, qui a pris une tournure inédite.

>> À lire : Hollande – Valls, guerre froide entre l’Élysée et Matignon

Arrivé avec une demi-heure d’avance, le Premier ministre a quitté l’Élysée le visage fermé. Pourtant, selon l’entourage du chef de l’État, l’ambiance a été “tout à fait cordiale et studieuse”, ajoutant que l’action de l’exécutif va pouvoir se poursuivre “sereinement”. Manuel Valls a ainsi assuré à François Hollande qu’il ne “pouvait y avoir” et qu’il n’y “aurait jamais de crise institutionnelle” au sommet de l’État. Le chef du gouvernement a par ailleurs écarté une démission de Matignon, soulignant “être chef du gouvernement” et “avoir le sens de l’État”. “Il ne peut y avoir, notamment dans ce moment précis où la France fait face à la menace terroriste, de confrontation politique dans le cadre d’une primaire entre un président de la République et un Premier ministre” a encore fait valoir Manuel Valls au chef de l’État.

Pourtant, dans une interview publiée la veille dans le Journal du Dimanche, Manuel Valls n’a pas exclu de se présenter contre François Hollande lors de la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier prochain. “Chacun doit mener ses réflexions en responsabilité. Je prendrai ma décision en conscience” avait observé Manuel Valls, se gardant donc d’écarter l’hypothèse d’un face-à-face avec François Hollande.

>> À lire : François Hollande perd jusqu’au soutien du patron du Parti socialiste

François Hollande a donc intensifié son bras de fer qui l’oppose à son Premier ministre réaffirmant, par la voix de ses soutiens, qu’il gardait la main sur son éventuelle candidature. “Il n’y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre”, a ainsi affirmé sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, indéfectible soutien de François Hollande. “Ça n’existe pas, ça ne peut pas s’imaginer, sauf dans des esprits qui ont un petit peu tendance à confondre leur ressentiment personnel avec l’intérêt général”, a-t-il insisté, en réponse à l’hypothèse lancée samedi matin par le président (PS) de l’Assemblée nationale Claude Bartolone. Ce dernier a lancé un pavé dans la mare en évoquant un duel de l’exécutif dans le cadre de la primaire, en marge d’une réunion de la gauche censée œuvrer au rassemblement. Moins virulent mais tout aussi clair, le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a dressé le même constat sur France 2 en se prononçant “pour la primaire de toute la gauche, pas nécessairement avec la totalité de l’exécutif”.

Climat délétère

Jean-Christophe Cambadélis a toutefois tenté de positiver : “Rien d’irréparable n’est dit” entre Manuel Valls et François Hollande, “il n’y aura qu’un seul candidat de la majorité du PS”. Manuel Valls “a tout à fait la possibilité” d’être candidat, “mais à ce moment-là, il n’est plus Premier ministre” a quant à lui souligné Stéphane Le Foll.

Proche de Matignon, le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a tenté de désamorcer une situation explosive en jugeant qu’il “n’y a pas de crise” au sein de l’exécutif, mais “un débat”. “Le Premier ministre gouverne sous l’autorité du président de la République”, a-t-il aussi réaffirmé.

>> À voir : Politique française – Hollande-Valls, la rupture ?

François Hollande et Manuel Valls sont au plus bas dans les intentions de vote, avec 9% seulement chacun au premier tour de l’élection présidentielle, selon un sondage Harris Interactive publié dimanche soir. De quoi alimenter l’inquiétude au sein du PS, à cinq mois de l’échéance, et même au-delà. “Ce qui se passe en ce moment dans l’exécutif n’est bon pour personne”, a de son côté estimé Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains. “Je leur dis : Ressaisissez-vous ! Il reste cinq mois, ça ne peut pas aller jusqu’au bout.”



Avec AFP

Première publication : 28/11/2016

Manuel Valls n’exclut désormais plus de se présenter face à François Hollande à la primaire du Parti socialiste. Un Premier ministre défiant le président : cela constituerait une première dans l’histoire de la Ve République.

Manuel Valls continue à défier François Hollande. En assurant dans Le Journal du Dimanche qu’il se “prépare” et est “prêt” au “face-à-face” avec la droite, le Premier ministre, qui faisait de la loyauté sa marque de fabrique, a franchi un pas de plus dans la guerre psychologique livrée depuis plusieurs semaines au président de la République.

Surtout, il n’exclut pas, pour la première fois publiquement, d’affronter le chef de l’État à la primaire du Parti socialiste les 22 et 29 janvier, un scrutin auquel il a pourtant longtemps été hostile.

Le jour même où les électeurs de la primaire de la droite et du centre désignaient leur champion pour la présidentielle de 2017, Manuel Valls a décoché de multiples flèches à l’encontre de François Hollande tout en louant “l’image de sang-froid et de dignité” du favori François Fillon, qui est “le négatif de Nicolas Sarkozy”. “Chacun doit mener ses réflexions en responsabilité. Je prendrai ma décision en conscience”, élude-t-il quand on lui demande précisément s’il pourrait être candidat face au président.

Hérésie institutionnelle

À ses yeux, “le contexte a changé”, sous-entendu en défaveur du chef de l’État, qui doit dire d’ici au 15 décembre – date limite du dépôt des candidatures à la primaire du PS – s’il brigue, comme en sont persuadés certains de ses proches, un second mandat.

Manuel Valls a ainsi emboîté le pas de son désormais “ami” Claude Bartolone qui, toujours aussi en colère contre François Hollande après ses confidences peu amènes sur lui aux journalistes du Monde (dans “Un président ne devrait pas dire ça”) , a joué samedi les trouble-fête lors d’un rassemblement “rouge-rose-vert” organisé par Martine Aubry. Il a ainsi plaidé pour un “électrochoc”, avec une primaire incluant Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, François Hollande… et le chef du gouvernement.

Un président de la République et son Premier ministre concourant dans la même compétition ? Une hérésie institutionnelle aux yeux de beaucoup. “Irresponsable, pas crédible”, a aussi dénoncé le député PS pro-Hollande Kader Arif.

“On est arrivé à un point où il est temps de se rassembler et de cesser les débats qui nous minent entre nous”, a ainsi réagi sur Europe 1, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll. “Il n’y aura pas de primaire entre le président de la République et son Premier ministre”, a-t-il ajouté.

Il n’y aura pas de primaire entre le président de la Republique et son Premier ministre. Il y a des ressentiments #Bartolone#E1matin

— Stéphane Le Foll (@SLeFoll) 28 novembre 2016

Le chef de l’État n’a-t-il pas lui-même bousculé les règles en se disant dès juin prêt à en passer par la case primaire ? Une situation là aussi totalement inédite pour un président sortant, soulignent d’autres.

Rumeurs sur une démission de Valls

Dans la soirée, les rumeurs sur une très prochaine démission de Valls ont agité la twittosphère. “Valls déjeunera comme prévu lundi avec Hollande avant d’aller en Tunisie”, se sont empressés de démentir de concert auprès de l’AFP les entourages des deux hommes.

Un ministre proche de Manuel Valls semblait d’ailleurs tempérer les ardeurs de certains vallsistes prêts au “putsch” : “Une candidature de Hollande et de Valls, c’est peu probable. Valls est équilibré, il n’est pas dans un tout ou rien”, sous-entendu contrairement à Emmanuel Macron, qui a claqué la porte du gouvernement fin août. “Maintenant, lâche aussitôt ce même ministre, ce serait mieux pour tout le monde si le président renonçait et laissait Valls y aller”.

“Hollande, renoncer ? C’est mal connaître l’animal politique qu’il est. Tout le monde a compris que Valls voulait le pousser dehors, mais le président ne se laissera influencer par personne. Et puis, si Valls y va, il n’est plus Premier ministre”, rétorque un ministre hollandais.

Emmanuel Macron n’a pas manqué lui d’ironiser sur le fait que Valls était “déjà allé trop loin” et devait “prendre ses responsabilités”. “On ne peut pas être à la fois Premier ministre et candidat à la primaire”, a renchéri Arnaud Montebourg, qui se verrait bien affronter Hollande à la primaire.

“Valls bluffe et ne passera pas à l’acte”, veut croire un autre hollandais, en soulignant que “ce qui a fait la force de Fillon, c’est aussi qu’il n’a jamais trahi Sarkozy à Matignon, même s’il a rongé son frein”.

Le sondage Harris Interactive publié dimanche soir pourrait calmer les ardeurs de Valls, qui ne ferait pas mieux (9 %) que Hollande au premier tour de la présidentielle s’il était le candidat PS.

Avec AFP

Première publication : 28/11/2016

En votant largement pour François Fillon, dimanche, les électeurs de la droite et du centre ont fait le choix d’un candidat clairement à droite, à la fois libéral et conservateur, évitant ainsi toute ambiguïté.

La surprise espérée par Alain Juppé n’aura finalement pas eu lieu. Alors qu’une partie du vote en faveur de François Fillon au premier tour avait été attribuée au rejet de Nicolas Sarkozy, sa victoire au deuxième tour, avec 66,5 % des voix, ne laisse aucune place au doute : c’est bien un vote d’adhésion à son programme que les électeurs de la primaire de la droite et du centre ont fait, dimanche 27 novembre.

>> À lire : “François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre”

La bataille “projet contre projet” annoncée au soir du premier tour par Alain Juppé a donc été tranchée. Malgré les nombreuses attaques subies dans l’entre-deux-tours, qui l’ont dépeint comme un “ultralibéral” et un “ultraconservateur”, François Fillon l’a clairement emporté.

>> À voir : “Face à face – Duel Fillon-Juppé : droite contre droite”

Ce choix montre d’abord que les électeurs de droite n’en peuvent plus d’attendre la fameuse “rupture” promise il y a déjà presque dix ans par Nicolas Sarkozy. Déçus par la présidence de ce dernier, poussés à bout par les cinq années du mandat de François Hollande, ils veulent voir la France et son modèle économique et social se transformer radicalement. En ce sens, les réformes plus modérées d’Alain Juppé, devenu un candidat centriste à leurs yeux, ne pouvaient répondre à leurs attentes.

Ne pas commettre la même erreur que la gauche en 2011

Avec François Fillon, pensent-ils, leur camp tient enfin un candidat qui promet de renverser la table et qui, surtout, tiendra ses engagements. Sa fermeté pour faire passer les réformes des retraites en tant que ministre des Affaires sociales en 2003, puis en tant que Premier ministre en 2010, en est la preuve : voilà un homme politique qui ne recule pas face aux grévistes et qui sait réformer la France.

Pour les 2,9 millions d’électeurs de droite ayant voté pour lui dimanche, cette autorité d’homme d’État est également ce qui fait sa force, notamment lorsqu’il s’exprime sur les questions de terrorisme islamiste, d’immigration et de délinquance. Prenant toujours soin dans ses discours de meeting de lier subtilement ces trois sujets, François Fillon a ainsi pris le parti de la ligne identitaire défendue par Nicolas Sarkozy, rejetant le multiculturalisme et prônant l’assimilation plutôt que l’intégration.

>> À lire : “François Fillon, l’élu qui laboure toutes les terres de droite”

S’il n’a jamais commis les mêmes outrances verbales que l’ancien chef de l’État, le candidat de la droite pour 2017 n’a toutefois rien à lui envier, tant son programme se positionne à la droite de la droite sur ces questions et loin, très loin, de la position d’Alain Juppé sur la “richesse de la diversité” des Français. C’est donc là aussi une réponse sans ambiguïté qu’ont apporté les électeurs à deux visions qui s’opposaient au sein de leur famille politique.

De toute évidence, c’est donc d’abord le choix de la clarté qui a été fait par les électeurs de droite. Consciemment ou inconsciemment, ces derniers ont su tirer les leçons de la primaire de la gauche organisée il y a cinq ans. Martine Aubry n’avait-elle pas prévenu alors, au sujet de François Hollande, aujourd’hui accusé par une large partie de ses électeurs et de sa majorité de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne : “Quand c’est flou, il y a un loup” ? La droite peut au moins être rassurée sur ce point : avec François Fillon, c’est clair et net.

Première publication : 28/11/2016

Net vainqueur dimanche de la primaire de la droite et du centre face à Alain Juppé, François Fillon sera le champion de son camp à la présidentielle de 2017. La droite est unie au moment où la gauche n’a jamais semblé aussi divisée.

Au lendemain des résultats de la primaire de la droite, la presse française met en avant lundi 28 novembre le “triomphe” de François Fillon et sa mise sur orbite élyséenne alors qu'”aux antipodes”, la gauche “s’autodétruit”.

Le large succès de l’ancien Premier ministre (66,5 %) sur Alain Juppé (33,5 %) s’étale à la une de tous les quotidiens français. “Fillon triomphe par KO”, titre Le Parisien/Aujourd’hui en France. La Croix évoque “une très belle victoire”. “François Fillon, leader maximo”, ose Libération dans un titre qui surplombe celui revenant sur la mort de Fidel Castro.

La Une @le_Parisien lundi #PrimaireDroite#fillon PDF abonnés dès maintenant pic.twitter.com/cOtj83TGLy

— Donat Vidal Revel (@donatvidalrevel) 27 novembre 2016

“La vague n’a pas faibli. La quasi-certitude de victoire n’a pas démobilisé les électeurs de François Fillon”, constate Alexis Brézet dans l’éditorial du Figaro, qui a choisi une photo sur toute sa largeur du candidat bras levés, un sourire à peine esquissé et le regard lointain.

Libération, sous la plume de Laurent Joffrin, reconnaît une victoire “adroite et très à droite” d’un homme “austère, rétif à la médiatisation, allergique à l’esbroufe, bon orateur et exempt de casseroles, (qui) réhabilite quelque peu le métier politique”.

Dans L’Opinion, Nicolas Beytout salue “une belle bataille fondatrice” et rappelle, au même titre que de nombreux observateurs, que “le vainqueur (a) de bonnes chances d’emporter la prochaine élection présidentielle”. Deux sondages Harris Interactive et Odoxa, diffusés dimanche soir, placent en effet François Fillon devant Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, loin devant les candidats de gauche.

«Objectif Elysée», la une du Figaro de demain >> https://t.co/MTTcNati5t#PrimaireDroitepic.twitter.com/pI2xsDd3Zu

— Le Figaro (@Le_Figaro) 27 novembre 2016

“Une fusée décolle, l’autre s’autodétruit”

La gauche, actuellement au pouvoir, se retrouve pour sa part encore un peu plus plongée dans la tourmente. François Hollande est au plus bas dans l’opinion et désormais menacé par son Premier ministre Manuel Valls, qui n’exclut plus de se présenter à la primaire face au chef de l’État sortant.

“Une fusée décolle, l’autre s’autodétruit. Jamais la droite et la gauche n’auront paru autant aux antipodes qu’en cette journée du dimanche 27 novembre 2016”, souligne Cécile Cornudet dans Les Echos. “La droite est en route pour l’alternance. (…) La gauche prend le chemin exactement inverse et court vers l’explosion.”

A la Une de votre journal demain #vdnunepic.twitter.com/qoIlMcsc4h

— La Voix du Nord web (@lavoixdunord) 27 novembre 2016

“La primaire a créé une puissante dynamique” à droite alors que “dans la majorité esseulée, c’est la pétaudière”, note Michel Urvoy de Ouest France. La droite “a son candidat et elle est rassemblée derrière lui. La gauche, en miroir, est éclatée”, note Bernard Stephan dans La Montagne/Centre France.

Dans Le Courrier picard, Mickaël Tassart juge que “face à une gauche éparpillée façon puzzle, qui va assister, désabusée, au bras de fer entre François Hollande et Manuel Valls pour l’investiture socialiste, la droite a pris un temps d’avance”.

Didier Rose, des Dernières Nouvelles d’Alsace, est convaincu que “l’atomisation de la gauche participera grandement à l’avenir de Fillon”.

“Avec la prolifération des candidatures à gauche, François Fillon peut déjà préparer son débat télévisé de second tour avec Marine Le Pen !”, assure, mordant, Hervé Favre dans La Voix du Nord.

Avec AFP

Première publication : 28/11/2016