Archive for November 28th, 2016

François Fillon, qui a remporté la primaire de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017, a, mardi, remanié la direction du parti Les Républicains (LR) afin d’y placer des hommes de confiance aux postes clés.

François Fillon a nommé l’un de ses proches, Bernard Accoyer, secrétaire général du parti Les Républicains (LR), mardi 29 novembre, avec l’appui de deux vice-présidents, le sarkozyste Laurent Wauquiez et la filloniste Isabelle Le Callennec, a-t-il indiqué lors d’un bureau politique du mouvement, selon plusieurs participants.

Le vainqueur de la primaire de la droite, qui entendait, comme l’y autorisent les statuts de LR, remanier le parti en vue de la campagne pour l’élection présidentielle, a choisi de confier la vice-présidence à Laurent Wauquiez, qui occupait la présidence par intérim.

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Ainsi, le sarkozyste Christian Estrosi, qui présidait la Commission nationale d’investiture, poste stratégique, est remplacé par le député filloniste Jean-François Lamour.

Gérard Larcher à la tête d’un comité politique

Bernard Accoyer, député-maire d’Annecy et ancien président de l’Assemblée nationale, œuvrera aux côtés de deux adjoints : la députée du Doubs, Annie Genevard, soutien de François Fillon, et Gérald Darmanin, qui fut le coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la primaire.

>> À voir : François Fillon désigné candidat de la droite et du centre

Le président du Sénat Gérard Larcher, fidèle de l’ancien Premier ministre, dirigera un comité politique, assisté de deux vice-présidents, le sénateur filloniste Bruno Retailleau et le sarkozyste Christian Jacob.

Le parti n’a donc pas de président officiel, sa direction revenant de fait à François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/11/2016

Le président de la conférence des évêques de France, Monseigneur Georges Pontier, a vivement critiqué la proposition de loi du gouvernement visant à interdire les sites qui usent de subterfuges afin de tenter de dissuader les femmes d’avorter.

Ils s’appellent avortement.net, avortementivg.net, ivg.net ou encore SOS Bébé. Ces sites ont l’apparence de plateformes d’informations banales. Certains sont même assortis de numéros vert promettant “toutes les infos sur l’IVG”, l’interruption volontaire de grossesse.

Pourtant, nombreux sont ceux qui cachent des organisations anti-avortement, dont le but est de dissuader les femmes d’interrompre leur grossesse. Ce sont ces plateformes que le gouvernement français cible à travers une proposition de loi visant à élargir le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse aux sites internet diffusant des informations “biaisées” sur l’avortement. Une proposition qui doit être débattue, jeudi 1er décembre, à l’Assemblée nationale.

Si le texte est voté, ces faits seront punis des mêmes peines que l’entrave physique à l’avortement ou à l’information sur l’avortement, soit deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Soutenue par la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, cette proposition de loi provoque l’ire des milieux catholiques et d’une partie de la droite parlementaire.

Dans un courrier envoyé à François Hollande le 22 novembre, rendu public par l’épiscopat une semaine plus tard, le président de la Conférence des évêques de France, Monseigneur Georges Pontier, en appelle directement au président de la République pour qu’il renonce à ce projet de loi. Il fustige un texte mettant en cause “les fondements de nos libertés et tout particulièrement la liberté d’expression”. Le chef de file de l’épiscopat français est formel : ces sites sont les seuls à prendre en charge “la véritable détresse existentielle” des femmes confrontées à l’avortement.

Quelques jours auparavant, sur Radio Notre-Dame, le cardinal Vingt-Trois avait critiqué un projet “très grave” dont l’objectif était “de faire la promotion de l’avortement comme l’issue normale d’une grossesse”. “Si la loi se met à faire la police sur les sites, il va falloir embaucher plus de 10 000 fonctionnaires, parce que s’il y a un terrain où règne l’anarchie la plus complète, c’est bien celui-là”, a ironisé l’archevêque.

Ces sites “trompent délibérément les internautes”

Mais au regard du ministère des Femmes, ces sites trompent “délibérément les internautes en se faisant passer pour des sites officiels ou neutres, et cherchent à dissuader les femmes de recourir à l’IVG”. Et pour cause : ces plateformes – qui se glissent insidieusement entre les sites officiels du ministère de la Santé ou du planning familial – ne publient que des témoignages d’expériences traumatisantes. “J’ai subi une IVG par aspiration. Et je regrette. Je l’ai fait à cause de la pression de mes proches, surtout mes parents, qui ne m’ont même pas demandé ce que je voulais”, témoigne ainsi une certaine Lola, 19 ans. “Je hurle, je me suis vidée de mon sang […] Depuis ce jour, ma vie est un enfer”, raconte Émilie, 16 ans. “Sachez que l’IVG peut être très dure à supporter”, explique Élisa, 25 ans. Tous les témoignages publiés sur ces sites sont du même ordre.

SOS Bébé se présente également sous la forme d’un site d’information anodin : “Prête à devenir mère ? Comment savoir ?”, “Les PMI [Protection maternelle et infantile, NDLR] au service des femmes enceintes”, propose la plateforme. Pas une fois, il n’est indiqué un engagement militant contre l’avortement. Pourtant, SOS Bébé est affilié à Alliance Vita, mouvement pro-vie créé par Christine Boutin, fondatrice du Parti chrétien-démocrate . Le site “ne se sent pas visé” par la proposition de loi du gouvernement. Mais Caroline Roux, secrétaire générale d’Alliance Vita, se dit “inquiète d’une chasse à ceux qui ne se résignent pas à l’information officielle”. “Nous comblons un vide en offrant un accompagnement aux femmes qui se posent des questions sur l’avortement”, ajoute-t-elle.

Au Planning familial, en revanche, cette proposition de loi apparaît fondamentale : “Il est symboliquement important d’avoir une loi qui interdise la désinformation”, précise Isabelle Louis, présidente du Planning familial d’Île-de-France. “L’important serait d’agir afin que les femmes n’aillent pas sur les sites les désinformant en référençant mieux ceux qui donnent une bonne information comme ivg.gouv.fr, planning-familial.org, par exemple”, insiste-t-elle.

Cette polémique revêt une tonalité particulière, quelques jours après la fin de la campagne pour la primaire de la droite et du centre. Dans l’entre-deux tours, Alain Juppé avait reproché au futur vainqueur, François Fillon, de ne pas “avoir de position claire” sur l’avortement. Lors d’un meeting en juin dernier, François Fillon avait en effet affirmé : “Compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement”. Il a depuis précisé qu’il était capable de faire la distinction entre ses convictions personnelles et l’intérêt général.

Première publication : 29/11/2016

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Le référendum italien du 4 décembre pourrait coûter son poste au Président du conseil italien, Matteo Renzi. Mais, selon plusieurs médias, derrière ce scrutin, c’est également la place de l’Italie dans la zone euro qui est en jeu.

“À grand pas vers l’Italexit”, pour Les Échos. “Après le Brexit, l’Italexit“, pour le quotidien allemand Focus. À en croire une partie de la presse, l’ombre d’un Brexit à l’italienne plane au-dessus d’un référendum crucial pour le président du Conseil, Matteo Renzi, qui doit se tenir dimanche 4 décembre.

Le scrutin italien ne porte pourtant pas sur l’appartenance ou non à l’Union européenne (UE), contrairement au vote sur le Brexit au Royaume-Uni. Les Italiens doivent se prononcer sur une réforme constitutionnelle censée renforcer les pouvoirs du gouvernement au détriment des deux chambres afin de faciliter le travail de réformes de Matteo Renzi.

Aubaine pour le Mouvement 5 étoiles

Mais le référendum s’est transformé en vote d’adhésion ou de rejet de l’actuel homme fort italien qui pourrait, à moyen terme, remettre en cause la place de l’Italie dans l’Union européenne. L’actuel président du Conseil a fait de son maintien à son poste l’un des enjeux du scrutin à venir. Mal lui en a pris : les ultimes sondages, publiés le 18 novembre, donnent le “non” gagnant.

Une aubaine pour le Mouvement 5 étoiles (M5S), le principal parti italien d’opposition, connu pour ses positions eurosceptiques. À Bruxelles, les députés européens de cette formation siègent aux côtés de ceux de Ukip, la formation souverainiste britannique qui a milité sans relâche pour le Brexit. Le chef de file du M5S, l’ex-comique Beppe Grillo, s’est aussi prononcé en faveur d’un référendum sur une sortie de l’euro.

Dans le scénario catastrophe des europhiles, Matteo Renzi démissionne après la victoire du “non” et les élections anticipées permettent à Beppe Grillo, victorieux, de lui succéder. Le M5S organise alors un nouveau référendum sur le maintien dans la zone euro… ou pire. Il pourrait vouloir surfer sur le sentiment eurosceptique dans le pays – plus de 40 % des Italiens se déclarent eurosceptiques – et envisager une sortie pure et simple de l’UE.

Finesses de la loi électorale

Que les europhiles se rassurent pourtant. Cette succession d’événements n’a rien d’inéluctable, même en cas de “non” au référendum et de démission de Matteo Renzi. “Un Italexit imminent n’est pas probable”, jugent les analystes de la banque danoise Danske Bank dans une note sur la question publiée le 22 novembre. En cas de “non”, le président italien, Sergio Mattarella, peut très bien demander à Matteo Renzi de former un nouveau gouvernement de “technocrates” pour assurer la transition jusqu’aux prochaines élections prévues en 2018.

Les finesses de la loi électorale peuvent aussi jouer en défaveur des desseins eurosceptiques du M5S. A priori, Peppe Grillo a tout à gagner des règles actuellement en vigueur, qui assurent une importante prime en sièges au parti qui arrive en tête lors des élections afin de lui garantir un soutien politique solide. Mais le texte qui a instauré ce système en juillet 2016 est vivement contesté et Matteo Renzi a promis, à plusieurs reprises, qu’il l’amenderait après le référendum. “Rien ne l’empêche en cas de victoire du ‘non’ de revenir à l’ancien système de scrutin proportionnel”, notent les banquiers de la Danske Bank. Le Mouvement 5 étoiles aurait alors bien du mal à former une coalition qui soutiendrait sans réserve son projet de référendum.

Le bloc idéologique du M5S n’est pas non plus monolithique. Cette formation fédère aussi bien des sympathisants de gauche attirés par son discours anti-austérité et son appel à davantage de démocratie directe que des militants d’extrême droite séduits par la fermeté à l’égard des immigrés et les diatribes eurosceptiques. Cette capacité à ratisser large explique, en grande partie, les succès électoraux du mouvement, mais peut aussi se révéler un handicap dans l’hypothèse où il accèderait au pouvoir. Pas sûr, par exemple, que la frange la plus à gauche accepte sans rechigner la décision d’organiser un référendum sur la sortie de la zone euro.

Première publication : 29/11/2016

La victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre n’a pas échappé à la sagacité des responsables européens. Chaque gouvernement voit dans sa possible accession à l’Élysée des motifs de se réjouir… ou de s’inquiéter.

De Berlin à Londres, les grandes capitales européennes ont globalement bien accueilli la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, remportée dimanche 27 novembre. Si certains gouvernements se sont ouvertement réjouis de sa victoire, l’homme politique français que l’on qualifie de libéral, conservateur, attaché aux valeurs chrétiennes, est aussi un motif d’inquiétudes.

Ce succès, je le dois à ces milliers de Français que j’ai rencontrés et qui m’ont nourri de leur révolte, de leurs idées, de leurs espoirs. pic.twitter.com/gyLqjsf5GX

— François Fillon (@FrancoisFillon) 27 novembre 2016

Fillon, l’homme de fer français

Outre-Manche, on voit plutôt d’un bon œil ce “buveur de thé anglophile”, selon The Guardian, qui a eu le bon goût d’épouser une femme originaire du pays de Galles. Outre cette qualité indiscutable, on apprécie les positions que le responsable français entretient vis-à-vis de Bruxelles : Européen convaincu mais pas trop. “François Fillon estime que l’Europe doit être un moyen d’atteindre certains buts, mais certainement pas une religion. Avec ce genre d’argument, il devrait pouvoir s’entendre avec [la Première ministre britannique] Theresa May”, estime The Independant.

Mais on retient surtout de cet homme au flegme tout britannique l’héritage de Margaret Thatcher dont il se revendique. Globalement apprécié pour son réformisme économique, on craint tout de même qu’il se montre intraitable avec Londres sur la question de la renégociation des accords de libre-échange si ces derniers n’ont pas encore été étudiés d’ici là. Car il n’est pas question pour l’ancien Premier ministre français de voir les Britanniques qui ont voté le Brexit profiter des avantages de Bruxelles sans prendre leur part de responsabilité. Comme sur l’épineux dossier des migrants.

Autre point de divergence : les relations avec la Russie. François Fillon “pense qu’on se trompe en tenant la seule Russie pour responsable de ce qui se passe en Ukraine. Et qu’une coalition entre Moscou et Téhéran pourrait venir à bout de l’organisation État islamique en Syrie”, explique-t-on dans les colonnes du journal The Independant. Cela voudrait-il dire que la France pourrait s’allier au président Bachar al-Assad ? Si cela est nécessaire, oui. C’est une différence avec la position britannique.”

Le Gerhard Schröder de la Sarthe

Berlin a accueilli avec un certain soulagement la perspective de voir François Fillon accéder à l’Élysée. D’abord parce qu’il apparaît comme un rempart possible au Front national et à la montée des populismes en Europe qui effraient tant les Allemands. “Tout président français qui ne serait pas Marine Le Pen serait une bonne nouvelle pour le gouvernement allemand”, a noté Stefani Weiss, analyste des questions européennes à la Fondation Bertelsmann.

Au-delà de cette “qualité”, celui que l’on perçoit Outre-Rhin comme un Gerhard Schröder à la française, apparaît comme un réformiste crédible qui saura baisser les dépenses de l’État et d’assouplir le marché dont le pays a besoin, pense-t-on.

Pour le reste, le candidat républicain suscite bien des méfiances. Notamment sur ses relations avec la Russie. Partisans d’une levée des sanctions européennes contre Moscou adoptées suite à l’annexion de la Crimée et fervent soutien de l’intervention russe en Syrie dans la lutte contre l’organisation État islamique, l’aspirant à la présidence française serait, s’il est élu à la présidence, en porte-à-faux avec Angela Merkel, déjà inquiète à l’idée d’un rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Le Sarthois porte également un regard différent sur le rôle de Bruxelles. Il prône une Europe des États et des identités nationales, aux dépens des institutions européennes, quand le gouvernement allemand défend une vision plus fédéraliste. Enfin, François Fillon ne partage la même politique migratoire que la chancelière allemande qui souhaite répartir les migrants par quotas entre pays européens.

Une chose est sûre, “les Allemands auraient préféré Alain Juppé”, souligne Barbara Kunz, chercheuse au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa). Son profil plus modéré, résume un cadre du CDU sous couvert de l’anonymat, aurait été “plus Merkelo-compatible”.

Première publication : 29/11/2016

Salah Abdeslam a de nouveau refusé mardi matin de répondre aux questions du juge d’instruction. Sans défenseur depuis un mois, le seul rescapé du commando jihadiste des attentats du 13-Novembre 2015 n’avait pas sollicité l’assistance d’un avocat.

Salah Abdeslam, seul rescapé présumé du commando jihadiste des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, a de nouveau refusé, mardi 29 novembre, de répondre aux questions du juge d’instruction, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Le jeune homme de 27 ans, qui avait été extrait de sa prison dans la matinée en vue de son audition, n’a pas non plus sollicité l’assistance d’un avocat, a précisé la même source.

>> À voir sur France 24 : “13-Novembre : un an après, où en est l’enquête ?”

Arrêté en Belgique en mars après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam a été transféré le 27 avril en France, où il a été mis en examen, notamment pour “participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes”.

À l’isolement

Considéré au minimum comme le logisticien des attaques de novembre, revendiquées par l’organisation de l’État islamique (EI), qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés, il a jusqu’à présent refusé de s’expliquer.

>> À lire sur France 24 : “Salah Abdeslam ne veut plus ‘être épié 24 heures sur 24′”

Le 12 octobre, ses avocats avaient annoncé qu’ils renonçaient à assurer sa défense en raison de son mutisme, qu’ils attribuent en partie à ses conditions de détention. Salah Abdeslam est détenu à l’isolement et sous vidéo surveillance permanente à la prison de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne.

Ses anciens avocats avaient tenté, devant le Conseil d’État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l’avait débouté fin juillet, estimant que “le caractère exceptionnel des faits terroristes” pour lesquels il est poursuivi “impliquait que toutes les précautions soient prises”.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 29/11/2016