Archive for November 30th, 2016

François Hollande a annoncé jeudi qu’il ne briguerait pas de second mandat. Pour le politologue Thomas Guénolé, qui avait prédit en avril que le président ne se représenterait pas, le rapport de force politique avait rendu sa candidature impossible.

C’est contraint que François Hollande a dû renoncer à une nouvelle candidature à l’élection présidentielle, selon le politologue Thomas Guénolé, contacté par France 24. D’abord par le rapport de force politique actuel, puis par son Premier ministre Manuel Valls qui n’a cessé depuis deux semaines d’expliquer dans la presse que François Hollande devait renoncer. “Un comportement d’une inélégance rare”, assène le politologue.

>> À voir : François Hollande : “J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle”

France 24 – François Hollande vient d’annoncer qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle. Était-ce le seul choix possible pour lui ?

Je ne suis pas surpris. J’avais dit en février qu’il n’avait aucune chance d’être réélu. En avril, j’avais ensuite pronostiqué qu’il ne serait pas candidat en expliquant qu’avec le rapport de force dans le paysage politique, ça ne passerait pas pour lui. Pour en arriver à cette conclusion, je me suis basé sur le précédent de 2008. Cette année-là, alors qu’il était Premier secrétaire du Parti socialiste, il était arrivé au même constat et avait décidé de ne pas se représenter, laissant le champ libre à Martine Aubry.

Par ailleurs, je tiens à dire qu’en tant qu’éditorialiste, j’ai été très critique sur son action de président, mais je tiens à saluer la sagesse de sa décision. Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter.

>> À lire : François Hollande, le président “normal” devenu champion de l’impopularité

F24 – La publication du livre “Un président ne devrait pas dire ça…” a-t-elle achevé de réduire ses chances à néant ?

C’est la goutte d’eau qui fait qu’il n’est même pas candidat à la primaire. Mais même sans le livre, je pense qu’il n’aurait pas été candidat. Quand vous voyez le rapport de force électoral à l’heure actuelle, ça ne serait pas passé, même sans la publication du livre.

>> À lire : Mariage pour tous, chômage, terrorisme… Le bilan de François Hollande

F24 – Cette annonce éclaircit-elle le ciel de la gauche à court terme ?

Pour la gauche dans son ensemble, c’est beaucoup mieux car n’importe quel candidat différent de François Hollande a des chances de faire un score moins humiliant. Pour tous les candidats pris un par un, que ce soit ceux de la primaire de la gauche ou les autres, en revanche, c’est une mauvaise nouvelle. Si Hollande avait gagné la primaire, Jean-Luc Mélenchon se serait retrouvé avec un adversaire plus facile à battre. Arnaud Montebourg, lui, estimait qu’il allait facilement battre François Hollande à la primaire. Le seul qui bénéficie de ce renoncement, c’est donc Manuel Valls car cela lui permet d’être candidat.

F24 – Le Premier ministre aura en tout cas tout fait pour empêcher le président de se représenter…

En effet, et pour quelqu’un qui dit avoir le sens de l’État, son comportement a été d’une inélégance rare. Il a quand même déployé un plan de communication sur plusieurs semaines pour expliquer que François Hollande ne devait pas y aller, avec en point d’orgue son interview dans le Journal du Dimanche. Hors micro, lors de leurs réunions de travail, je conviens que c’est quelque chose qu’il pouvait faire car c’était la bonne analyse, mais la répandre publiquement, c’est médiocre et cela montre que lorsque Manuel Valls prétend avoir le sens de l’État, c’est une imposture.

F24 – Qui de Valls ou de Montebourg est le mieux placé pour remporter la primaire de la gauche ?

On n’en sait rien. Les sondages actuels ne veulent rien dire et n’ont pas valeur de pronostic. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il va y avoir une confrontation sur le programme économique, entre un Manuel Valls qui prône le libre-échange, la compétitivité, la baisse du coût du travail et l’austérité et un Arnaud Montebourg adepte d’une politique économique protectionniste, de relance keynésienne de la consommation, des investissements et en faveur de la redistribution des richesses.

F24 – Et pour François Fillon ? Le retrait de François Hollande change-t-il quelque chose ?

Le fait, tout simplement, que l’adversaire potentiel le plus facile à battre ne sera pas dans la compétition. Maintenant, si François Fillon doit affronter Arnaud Montebourg, il y aura un choc frontal en matière de politique économique, donc un débat intéressant. Si c’est Manuel Valls, il pourra l’attaquer sur son bilan de ministre de l’Intérieur et de Premier ministre de François Hollande.

Première publication : 02/12/2016

Président le plus impopulaire de la Ve République, François Hollande a renoncé à briguer un deuxième mandat lors de la présidentielle de 2017. Du chômage à la loi travail en passant par le mariage pour tous, retour sur le bilan du chef de l’État.

Jamais dans l’histoire de la Ve République un président en exercice n’avait renoncé à briguer un second mandat. Avant d’annoncer sa décision de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2017, jeudi 1er décembre, François Hollande a dressé le bilan de son quinquennat marqué notamment par un chômage persistant, la réforme du mariage pour tous ou encore la menace jihadiste. Il a concédé “un seul regret” : avoir “proposé la déchéance de nationalité. Je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés”.

>> À lire sur France 24 : François Hollande renonce à se porter candidat à la présidentielle de 2017

  • Chômage

François Hollande l’avait promise pour 2013, l’inversion de la courbe du chômage s’est finalement concrétisée, timidement, trois ans plus tard. Sur l’année écoulée, 100 000 chômeurs ont quitté les listes de Pôle emploi et l’Insee a vu le taux de chômage baisser de 0,4 point.

Malgré cette baisse récente, le chômage reste massif, avec 3,48 millions de chômeurs inscrits sur les listes de Pôle emploi en métropole, soit 556 000 de plus qu’au début de son quinquennat. Il touche 9,7 % de la population active.

Le président, qui vantait en 2013 sa “boîte à outils” anti-chômage, a pourtant fait feu de tout bois : baisse du coût du travail grâce au Pacte de responsabilité, contrats aidés, primes aux très petites entreprises (TPE), réforme du code du travail avec la très contestée loi El Khomri.

  • Économie

Bien loin des prévisions de départ, la croissance est restée terne : 0,4 % en 2013, 0,6 % en 2014, 1,2 % en 2015 et sans doute 1,3 % en 2016. À son arrivée au pouvoir, François Hollande s’est attaché à assainir les finances publiques, en augmentant massivement les impôts payés par les entreprises et les ménages aisés. Son objectif était de ramener dès 2013 le déficit sous la barre des 3 % exigés par Bruxelles. Finalement, ce n’est qu’en 2017 qu’il devrait être inférieur à 3 % selon les prévisions de la Commission européenne.

Conscient de la nécessité de relancer l’activité, le gouvernement a décidé fin 2013 de modifier sa stratégie, avec des baisses d’impôt pour les ménages modestes mais aussi 41 milliards d’euros d’allègements de charges pour les entreprises. Cette “politique de l’offre”, incarnée par le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, a permis un redressement progressif de l’économie, en rétablissant les marges des entreprises. Mais cela reste fragile.

  • Travail

Deux grandes lois marquent le quinquennat. En 2013, la loi sur la sécurisation de l’emploi – découlant d’un accord signé par le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC), mais refusé par la CGT et FO vise à renforcer l’arsenal de mesures anti-chômage en accordant une flexibilité accrue à l’entreprise sur de nombreux sujets en échange de nouveaux droits pour les salariés.

Imposée aux forceps par le recours au 49.3 à l’Assemblée et après 13 journées de manifestations dans toute la France de mars à septembre 2016, la loi travail prévoit de faire primer les accords d’entreprises sur les accords de branche en matière de temps de travail. La loi comporte de nombreux autres aspects, de la remise à plat des motifs de licenciement économique à la création du compte personnel d’activité, au référendum d’entreprise ou au droit à la déconnexion.

  • Retraite

Dès le début du quinquennat, conformément à l’une de ses promesses de campagne, François Hollande a ramené l’âge de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans et affichant une carrière complète. En 2013, une nouvelle réforme des retraites du gouvernement Ayrault allonge progressivement la durée de cotisation à 43 ans (contre 41,5) et crée le compte pénibilité.

Le chef de l’État peut se targuer d’avoir réduit le déficit du régime général de la Sécurité sociale de plus de moitié par rapport à 2012. Pour la première fois depuis 12 ans, la branche retraite affiche un léger excédent, essentiellement dû à la réforme de 2010.

  • Santé

Mesure phare de la loi santé, la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) vise à enrayer le renoncement aux soins pour raisons financières. En vertu d’une décision du Conseil constitutionnel, il reviendra au médecin d’appliquer ou non le tiers payant pour la partie mutuelle.

Problème : le dispositif est pour l’heure rejeté par la profession.

  • Éducation

La promesse de créer 60 000 postes dans l’Éducation après 80 000 suppressions sous Nicolas Sarkozy est tenue, sur le papier, avec leur inscription aux budgets successifs. Sur le terrain, certains postes ne sont pas systématiquement pourvus par des titulaires, faute de lauréats suffisants aux concours.

La réforme des rythmes scolaires en primaire (rentrées 2013 et 2014) et la réforme du collège (rentrée 2016), sont entrées en vigueur malgré de fortes oppositions.

La formation initiale des enseignants, supprimée sous la droite, a été rétablie. Les nouveaux programmes scolaires du CP à la 3ème sont entrés en vigueur à la rentrée 2016, avec un an de retard, remplaçant ceux de 2008, très critiqués.

  • Le mariage pour tous

Pourfendue par la droite au Parlement et par la Manif pour tous dans la rue, la loi Taubira du 17 mai 2013 “ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe” restera comme la grande réforme sociétale de François Hollande.

Adoptée à l’issue de 136 heures de bataille parlementaire, la loi portée par la garde des Sceaux Christiane Taubira a ouvert de nouveaux droits pour le mariage, l’adoption et la succession aux couples de gays ou de lesbiennes. La procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) restent interdites.

  • Renforcement des moyens et de législation antiterroriste

Face à une vague d’attentats jihadistes sans précédent, le gouvernement a décidé un renforcement inédit de l’arsenal législatif et des moyens de lutte, illustré par l’état d’urgence décrété au soir des attentats parisiens du 13 novembre et renouvelé après l’attaque du 14 juillet à Nice.

Quatre lois antiterroristes, une consacrée au renseignement, une autre à la surveillance des communications internationales permettent de poursuivre quelqu’un parti en Syrie, même s’il n’a commis aucun acte répréhensible en France, d’interdire de sortie du territoire, de perquisitionner de nuit, d’assigner à résidence ou encore de réprimer la consultation de sites internet jihadistes – en dépit de critiques sur les atteintes aux libertés.

Les moyens ont été musclés avec 15 300 postes créés en cinq ans.

  • Environnement

Seule candidate pour accueillir la COP21, la France a réussi son pari diplomatique de mettre d’accord 195 pays sur un texte négocié depuis des années pour juguler le dérèglement du climat.

Au plan national, la loi sur la transition énergétique a défini des objectifs ambitieux pour les énergies renouvelables, les économies d’énergie, une dépendance réduite au nucléaire et aux fossiles (charbon, gaz, pétrole), le traitement des déchets.

Mais le chemin pour atteindre ces objectifs est parfois flou. La promesse de fermer la centrale nucléaire vieillissante de Fessenheim n’aura pas été tenue et le fossé entre pro et anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est encore creusé.

  • Cumul des mandats

Avec le durcissement en février 2014 de la législation limitant le cumul des mandats, François Hollande a tenu l’une de ses promesses de campagne. A partir de 2017, il sera impossible d’exercer simultanément des fonctions exécutives locales avec un mandat de député, de sénateur ou de député européen. Les premières élections à se dérouler selon ces nouvelles modalités seront les législatives de juin 2017, puis les sénatoriales de septembre 2017 et les européennes de 2019.

Avec AFP

Première publication : 01/12/2016

François Hollande a annoncé jeudi qu’il renonçait à briguer un second mandat pour “éviter la dispersion de la gauche”. Cinq ans après le début de son mandat, le “président normal” est devenu le président le plus impopulaire de la Ve République.

Il se rêvait en “président normal”, proche du peuple à la manière scandinave. Mais presque cinq ans plus tard, le réveil est brutal : François Hollande apparaît à la fois incompris, indéchiffrable et impopulaire. À tel point qu’il a renoncé, jeudi 1er décembre, à briguer un second mandat, une première dans l’histoire de la Ve République.

Comme ils sont loin ces “Comment ça va toi ?” joviaux, lancés à mille figures connues et complices dans sa ville de Tulle, son fief électoral corrézien qui l’a vu grandir et l’a fait roi.

Entre-temps, il y eut le désamour, les quolibets, les sifflets, la colère, le mépris puis, le pire de tout sans doute, l’indifférence. Le “Monsieur 3 %” de la primaire de la gauche en 2011 est devenu le “Monsieur 4 %” d’opinions favorables en 2016. Paradoxe des paradoxes, François Hollande qui se voulait l’exact contraire de Nicolas Sarkozy, l’a surpassé dans l’impopularité.

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Plus qu’aucun autre président sous la Ve République, il aura connu l’usure du pouvoir, la solitude aussi qui fera émerger l’un de ses traits de caractères les plus inattendus. Réputé pudique, avare de confidences sur sa vie privée, concédant ne pas appartenir au “monde de l’exubérance et de l’affect”, le chef de l’État a éprouvé un besoin irrépressible de se confier aux journalistes, pour le meilleur et surtout le pire. “Je suis le spectre de l’Élysée”, plaisante-t-il dans “Un président ne devrait pas dire ça…”, au risque de conforter cette touche crépusculaire qui s’attache immanquablement aux fins de règne.

Le théoricien de la synthèse lâché de toutes parts

Ce livre de confidences manque de faire vaciller le couple exécutif qu’il forme avec Manuel Valls. Il aura révélé l’isolement d’un président de 62 ans, dont l’horizon amical semble se réduire à la promotion Voltaire de l’ENA. Dans ce vivier, François Hollande puise les secrétaires généraux de l’Élysée, Pierre-René Lemas puis Jean-Pierre Jouyet, et sa directrice de cabinet Sylvie Hubac. Le fidèle Michel Sapin en est issu aussi. Pour le reste, le président se reconnaît si peu d’amis, l’avocat Jean-Pierre Mignard, Julien Dray… C’est un “sociopathe”, osera même Emmanuel Macron, aux dires du Canard Enchaîné.

Premier secrétaire du Parti socialiste, il naviguait entre les courants contraires du parti comme un poisson-pilote, champion de la synthèse dont il s’était fait le théoricien. Mais au pouvoir, les reproches pleuvent, drus comme la pluie qui accompagne fidèlement ses premiers pas à l’Élysée : il ne sait pas trancher, il n’a pas d’autorité… Ils culmineront avec son jugement de Salomon dans l’affaire Leonarda, adolescente roumaine expulsée dans des conditions controversées et dont il autorisera le retour en France, mais sans ses parents. En liant sa candidature à l’inversion de la courbe du chômage, il se liera aussi les mains.

On le croyait fin stratège, mais il n’était que tacticien, disent ses contempteurs. À quelques mois de la fin de son mandat, l’union de la gauche n’est qu’un champ de ruines sur lequel prolifèrent les mauvaises herbes de la division et des ambitions personnelles.

Dans l’adversité, le président offre pourtant aux Français un visage lisse, inaltérable. Sa cravate est presque domestiquée. Il a repris les kilos perdus pendant la campagne de 2012 sous la férule de sa compagne d’alors, même s’il se prive de fromage à la table de l’Élysée. Tout juste s’abstient-il de ces mots d’esprit qui lui ont aussi valu le sobriquet de “Monsieur petites blagues”. Car depuis les attentats jihadistes de Charlie Hebdo, du Bataclan ou de Nice, la légèreté a fait place à la gravité. “La mort habite la fonction présidentielle”, dira-t-il, présidentialisé dans son rôle de père de la Nation, garant de son unité.

François Hollande, le chef de guerre

François Hollande se révèlera aussi en chef de guerre, endossant sans sourciller les habits gaulliens de chef des armées. Sa main ne tremble pas quand il faut envoyer des troupes au Mali, en Centrafrique ou les avions de combat français bombarder les positions de l’organisation État islamique en Irak et en Syrie.

Mais comment s’est-il construit ? Né le 12 août 1954 à Rouen dans une “famille où l’on a toujours parlé politique”, il évolue entre la figure paternelle, médecin ORL d’une droite dure, pro-Algérie française, et une mère, assistante sociale à “l’âme généreuse”. Étudiant, il franchit avec aisance les étapes de la méritocratie française : HEC puis l’ENA dont il sort dans la botte (les quinze premiers) en 1980. C’est alors la rencontre avec Ségolène Royal, la mère de leurs quatre enfants. Une longue union rompue officiellement en 2007.

Première rupture suivie d’une autre, plus retentissante encore, d’avec Valérie Trierweiler, officialisée par un communiqué à l’AFP quelques semaines après qu’un paparazzo a surpris le président à deux pas de l’Élysée, enfourchant un scooter, le visage dissimulé par un casque noir, au pied de l’immeuble de la rue du Cirque où il retrouvait clandestinement l’actrice Julie Gayet.

AFP

Première publication : 01/12/2016

Le président français François Hollande a annoncé jeudi soir qu’il renonçait à briguer un deuxième mandat. Son Premier ministre Manuel Valls, qui pourrait participer à la primaire de la gauche, a salué le “choix d’un homme d’État”.

Coup de théâtre dans le paysage politique français : le président en exercice François Hollande a annoncé, jeudi 1er décembre, qu’il renonçait à briguer un second mandat, une première dans l’histoire de la Ve République.

“Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle”, a annoncé, visiblement ému, François Hollande lors d’une allocution prononcée depuis l’Élysée.

Dans une déclaration en direct d’une douzaine de minutes, le président a d’abord dressé le bilan de son quinquennat, marqué notamment par une impopularité record, un chômage persistant, la réforme du mariage pour tous ou encore la menace jihadiste. Il a ensuite concédé “un seul regret” : avoir “proposé la déchéance de nationalité”.

Après cette annonce, Manuel Valls devrait rapidement se déclarer candidat, via la primaire organisée par le Parti socialiste (les 22 et 29 janvier). Le week-end dernier, le Premier ministre avait singulièrement mis la pression sur le président en n’excluant pas, dans les colonnes du Journal du dimanche, de se présenter contre lui dans le cadre de cette primaire, avant de calmer le jeu lundi. Il a salué jeudi soir “le choix d’un homme d’État”. “Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection.”

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Première publication : 01/12/2016

Après de vifs débats entre la droite et la gauche à l’Assemblée nationale, jeudi, les députés ont voté en faveur de la pénalisation des sites Internet diffusant des “informations biaisées” sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

L’Assemblée nationale a adopté jeudi 1er décembre, en première lecture, la proposition de loi socialiste visant à pénaliser les sites de “désinformation” sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Le texte a reçu le soutien de l’ensemble de la gauche et d’une majorité de centristes.

Il prévoit d’étendre le délit d’entrave à tout moyen, notamment au numérique. Il a été voté, à main levée, après cinq heures et demie d’âpres débats et quelques retouches. Il sera examiné par le Sénat le 7 décembre, en procédure accélérée, en vue d’un vote définitif du Parlement d’ici à la fin février et l’aboutissement de la session, écourtée pour cause d’année électorale.

>> À voir sur France 24 : IVG, ces sites que le gouvernement veut interdire

Créé par une loi de 1993, le délit d’entrave à l’IVG sanctionne le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une IVG en perturbant l’accès aux établissements ou en exerçant des menaces sur le personnel ou les femmes concernées. Les peines peuvent aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

“Droit des femmes à disposer de leur corps”

Les débats au Palais-Bourbon ont montré un net clivage gauche-droite sur la question, avec une forte mobilisation de députés Les Républicains (LR) membres de l’Entente parlementaire pour la famille, déjà en pointe au début du quinquennat contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.

La quasi-totalité des 76 amendements déposés sur le texte étaient portés par ces élus LR et par l’extrême droite, au nom de la “liberté d’expression” pour les premiers, de la lutte contre “la culture de mort” pour les seconds.

La ministre aux Droits des femmes Laurence Rossignol a, elle, déclaré vouloir “consolider le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps”, martelant que “la liberté d’opinion n’est pas le droit au mensonge” sur ces “plateformes d’apparence neutre et objective” qui cherchent en fait à “culpabiliser les femmes et les décourager d’avoir recours à l’avortement”.

Avec AFP

Première publication : 01/12/2016

Alors que s’ouvre jeudi le dépôt des candidatures pour les primaires de la gauche, François Hollande ne s’est toujours pas déclaré. Candidat ou pas ? Primaire ou pas ? “Il n’a pas de choix heureux”, juge le politologue Dominique Reynié.

Qu’attend donc François Hollande pour se déclarer candidat ? L’attentisme du président cristallise toutes les attentions. Le suspense devient insoutenable chez les socialistes. Le dépôt des candidatures pour les “primaires citoyennes de l’unité” a débuté jeudi 1er décembre, le président sortant a jusqu’au 15 décembre, minuit, pour se manifester.

“Le chef de l’État prend son temps, il réfléchit beaucoup car il se trouve dans une situation très compliquée, commente Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la fondation pour l’innovation politique. Parmi tous les choix qui s’offrent à lui, il essaie d’opter pour la décision la moins coûteuse.”

En coulisses, les hollandistes s’accordent à dire que le président souhaite ardemment briguer un second mandat, comme l’ont d’ailleurs fait tous les présidents sortants depuis le début de la Ve République. “Ne pas y aller serait pour lui un aveu d’échec”, commente de son côté la directrice d’études chez BVA Opinion, Christelle Craplet. Deux indicateurs lui sont aujourd’hui favorables. D’abord les bons chiffres de l’emploi du mois d’octobre confortent la tendance d’une lente inversion de la courbe du chômage sur l’année 2016. Ils permettent au chef de l’État, qui en avait fait une condition à une nouvelle candidature, de défendre son bilan. Ensuite, la désignation à la primaire de la droite de François Fillon, positionné franchement à droite, laisse du terrain pour un rassemblement de la gauche.

Bousculé dans les débats

Le président devrait donc vraisemblablement emprunter le chemin des primaires du 22 et 29 janvier, même s’il semble toutefois très périlleux en raison de sa forte impopularité – 83 % d’opinion défavorable en octobre dernier. Pour cela, il va devoir sortir de sa fonction de chef d’État pour se retrouver en position de candidat afin de descendre dans l’arène et débattre. “Il va être bousculé sur son bilan par ses adversaires qui sont, pour certains, des anciens ministres [Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, NDLR], note Dominique Reynié. S’il y va, il est mort et il le sait”. Les études d’opinion le donnent perdant au second tour face à Arnaud Montebourg, ajoute Christelle Craplet.

Pour éviter le scénario d’une défaite cuisante, le premier cercle de François Hollande laisse entendre, depuis plusieurs jours, qu’il pourrait se présenter directement à la présidentielle. Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée, ou encore Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, ont infusé l’idée que la primaire, sous sa forme actuelle, ne “permet pas le rassemblement” ou encore “ne sert à rien”.

De son côté, la journaliste Maryse Burgot, détachée à l’Élysée, explique dans un tweet : “L’entourage de [François] Hollande nous rappelle que le président n’a jamais dit lui même formellement qu’il participerait à la #Primaire…” L’avocat Jean-Pierre Mignard, l’un des proches du chef de l’État, est encore plus formel : “Le président de la République sortant ne peut pas aller devant la primaire”.

Éviter la primaire ou la fin du PS

Dans ce cas, François Hollande serait alors en lice pour la présidentielle de 2017. Son nom viendrait alors s’ajouter à la multitude de candidats déjà déclarés à gauche pour le premier tour, sans compter celui désigné par la primaire de la gauche. Ce passage en force “sonnerait le glas du dernier espoir de qualifier la gauche au second tour”, a averti de son côté Benoît Hamon, autre candidat PS et ancien ministre de l’Éducation. “C’est le suicide politique assuré de la gauche”, confirme Dominique Reynié.

Mais si le président socialiste décide d’outrepasser la primaire, “il risque surtout un procès pour ne pas se plier à l’exercice démocratique” entériné par les statuts de son propre parti, ajoute Dominique Reynié. Cette idée, qualifiée de ’49-3 élyséen’ par Arnaud Montebourg […] serait la fin, la destruction finale, du parti socialiste et du parti de Jean Jaurès”, a-t-il dénoncé.

Cela impliquerait également pour le président-candidat de mobiliser tout un appareil de campagne. Or, “le Parti socialiste soutiendra le candidat désigné lors de cette primaire et non François Hollande”, argue Dominique Reynié.

L’hôte de l’Élysée “n’a pas de choix heureux”, conclut le politologue Dominique Reynié. Lequel sera le moins coûteux ? Réponse le 10 décembre, selon Didier Guillaume, invité de l’émission “L’Épreuve de vérité” de Public Sénat, le 22 novembre.

Première publication : 01/12/2016

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L’agence spatiale russe a perdu le contact avec un vaisseau-cargo, censé ravitailler la Station spatiale internationale, peu après son décollage.

Le contact n’a duré que 386 secondes. Un vaisseau-cargo russe a disparu des radars russes un peu plus de 6 min 30 après son décollage depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.

Ce vol inhabité est censé apporter plus de 2,5 tonnes de ravitaillement à l’équipage de la Station spatiale internationale (ISS). Le vaisseau transporte du carburant, de la nourriture et de l’équipement. Il était censé arriver à destination samedi 4 décembre à 16h43 GMT.

Un précédent en 2015

Le rendez-vous semble compromis. L’agence spatiale russe cherche à établir la raison de cette perte de contact. “Une anomalie semble s’être produite à la troisième étape de l’opération [de lancement du vaisseau-cargo, NDLR]”, précise la Nasa sur son blog.

Russians are investigating inconsistent telemetry data from their cargo ship, which launched at 9:51am ET. Updates: https://t.co/5S8thLTejJhttps://t.co/mBb2wFAG4v

— NASA (@NASA) 1 décembre 2016

Pour la Russie, c’est un sérieux revers qui va raviver des mauvais souvenirs. En avril 2015, un vaisseau du même type avait été perdu et le pays avait suspendu tous ses vols spatiaux pendant près de trois mois.

L’incident ne devrait, en revanche, pas nuire à l’équipage de l’ISS, dont le Français Thomas Pesquet fait partie. La Nasa assure que leur niveau de ravitaillement est “bon”.

Première publication : 01/12/2016

Les candidats à la primaire de la gauche ont 15 jours, à partir de jeudi, pour déposer officiellement leur dossier avec le nombre de parrainages requis. La principale inconnue porte sur la participation de François Hollande et de Manuel Valls.

Arnaud Montebourg ne s’est pas fait attendre en déposant officiellement son dossier, jeudi 1er décembre, jour de l’ouverture du dépôt des candidatures à la primaire de la gauche organisée par le Parti socialiste. L’ancien ministre de l’Économie a profité de l’occasion pour donner une conférence de presse à Paris, durant laquelle il a appelé la gauche à se rassembler dans le cadre de la primaire.

Les postulants ont jusqu’au 15 décembre pour prouver qu’ils ont reçu le soutien de 15 membres du Conseil national du PS, ou de 19 parlementaires, ou de 66 conseillers régionaux ou départementaux représentant au moins quatre régions et 10 départements, ou 10 maires de villes de plus de 10 000 habitants.

>> À lire : Une pétition réclame la candidature de Taubira

Autre candidat déclaré, Benoît Hamon a annoncé il y a deux semaines avoir réuni les 19 parlementaires nécessaires, avant d’obtenir aussi le ralliement de Laurence Dumont, vice-présidente de l’Assemblée nationale, la semaine dernière.

La sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, assure aussi avoir ses “signatures”. Elle sera “a priori” candidate, a-t-elle déclaré à l’AFP, même si elle continue à “lancer un appel à des convergences pour l’aile gauche” du PS.

Déjà neuf candidats déclarés

L’ancien inspecteur du travail Gérard Filoche, de son côté, se “bagarre” pour réunir les parrainages : “J’ai pour l’instant un parlementaire, trois maires, 35 conseillers régionaux ou départementaux, 10 membres du Conseil national”, égrène-t-il auprès de l’AFP.

Au moins deux autres membres du Conseil national du PS – Fabien Verdier et Louis-Mohamed Seye – vont tenter aussi leur chance.

Hors du PS, le député François de Rugy, président du Parti écologiste, et Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate et co-président de l’Union des Démocrates et Écologistes (UDE), participeront à ces “primaires citoyennes”. Pierre Larrouturou, investi par les militants de Nouvelle Donne, a également déclaré sa candidature jeudi matin, ce qui porte à neuf le nombre de candidats déclarés.

>> À voir : Présidentielle 2017, quel candidat pour la gauche ?

Mais la principale incertitude tourne encore et toujours autour d’une éventuelle déclaration de François Hollande et de Manuel Valls.

Les candidatures seront examinées et validées officiellement le 17 décembre par la Haute Autorité des primaires citoyennes. Les professions de foi de chaque postulant seront consultables à partir du 20 décembre. Un mois plus tard, le 20 janvier, la campagne sera terminée, à deux jours du premier tour, le 22, tandis que le deuxième tour est programmé pour le 29 janvier.

Avec AFP

Première publication : 01/12/2016

Une pétition qui a recueilli plus de 60 000 signatures plaide pour la candidature de Christiane Taubira à la primaire de la gauche. Pour de nombreux sympathisants socialistes, l’ancienne garde des Sceaux est la seule à pouvoir rassembler la gauche.

“À l’aide ! C’est toute la Gauche qui vous réclame, Madame Taubira !” C’est un cri d’alarme, une bouée lancée dans les eaux troubles de la gauche française par un citoyen qui redoute le naufrage prochain de la présidentielle. Frans Torreele, à l’initiative de la pétition lancée sur le site change.org, interpelle l’ancienne garde des Sceaux pour s’engager dans la primaire de la gauche qui aura lieu les 22 et 29 janvier prochains. “Face à la déception des années Hollande et au spectre des populismes de la droite et ses extrêmes, qui mieux que vous pourrait incarner cette Gauche de combat, cette Gauche d’idées, cette Gauche qui rassemble ?”, s’interroge l’internaute.

“À gauche, (…) il y a un peu de monde”

Son appel au secours n’est pas passé inaperçu puisque plus de 65 000 personnes ont apporté leur soutien. Mais l’objectif de la pétition, fixé à 75 000 signatures, suffira-t-il à inciter la Guyanaise à s’engager dans la bataille politique ? Rien à ce jour ne permet de le dire. Ou de l’infirmer.

L’électron libre de la gauche n’a pas dévoilé ses intentions concernant une éventuelle candidature. Invitée sur le plateau du Quotidien de Yann Barthès le 12 septembre dernier, elle n’a rien laissé paraître de ses intentions. “Je ne suis pas l’auteur de la confusion actuelle, avait-elle seulement déclaré. Ma position est liée justement à cette confusion-là. Je vois bien qu’à gauche (…) il y a un peu de monde.”

“Il ne s’agit pas de nos destins individuels, de nos intérêts partisans, il s’agit du pays, pour éviter son implosion” #BondID

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 26 novembre 2016

Ce n’est pourtant pas la première fois que Christiane Taubira est sollicitée pour se jeter dans la bataille de la primaire. Après la publication du livre de confidences sur François Hollande et sa dégringolade dans les sondages, plusieurs élus socialistes avaient demandé à la rencontrer pour l’inciter à revenir aux affaires, révélait Libération en octobre dernier. Claude Bartolone fait notamment partie de ces élus qui lui ont déjà assuré de son soutien dans l’hypothèse où elle serait candidate.

L’humoriste Christophe Alévêque, dans l’émission Quoditien, avait publiquement pris position en faveur d’une candidature de l’ancienne garde des Sceaux. “Christiane Taubira est notre seule chance. Elle est la seule personnalité à pouvoir faire un lien entre toutes les gauches, elle est la seule à pouvoir incarner et à insuffler une dynamique”, soulignait alors l’humoriste. “Elle est la seule qui par son parcours, son identité et ses combats, peut rassembler un pays qui se cherche, doute et tend à se retourner contre lui-même. Elle incarne les valeurs que nous défendons.”

“Il n’y a plus de places pour les égos, pour les fidélités dépassées. Il n’y a place que pour le dépassement de nous” #BondID

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 26 novembre 2016

La condition Manuel Valls

Discrète dans les médias, cette passionée de poésie n’a pas pour autant délaissé la chose politique. Christiane Taubira s’est rendue le week-end du 26 et 27 novembre dernier au “carrefour des gauches” à Bondy, aux côtés de Martine Aubry, Claude Bartolone et Anne Hidalgo pour tenter de trouver d’éventuelles solutions à une défaite électorale annoncée.

Depuis qu’elle a quitté le gouvernement, elle a toujours assuré qu’elle ne se présenterait pas face à François Hollande. Mais une candidature de Manuel Valls pourrait changer la donne.

Première publication : 01/12/2016

Avec peut-être trois candidats à l’élection présidentielle qui voudront recueillir sur leur nom les voix du centre, la famille centriste pourrait bien se retrouver écartelée en 2017, alors même que son espace politique n’a jamais semblé aussi grand.

Bientôt un candidat de plus pour le centre ? Après Emmanuel Macron, qui lorgne sur les électeurs centristes, et François Fillon, qui souhaite rassembler le centre derrière lui, François Bayrou a fait un pas de plus, mercredi 30 novembre, vers une quatrième candidature à l’élection présidentielle.

“Je n’exclus rien, je ne ferme aucune porte”, a-t-il indiqué dans le 20 heures de France 2, au sujet d’une éventuelle candidature, ajoutant vouloir “bâtir un programme présidentiel” en organisant à partir de cette semaine “des rencontres publiques”.

J’ai passé ma vie à me battre pour que cette partie de la France, qui n’a ni l’avoir, ni l’aisance, ni le pouvoir, soit entendue. #JT20hpic.twitter.com/fWrPAVonbR

— François Bayrou (@bayrou) 30 novembre 2016

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Comme il l’avait déjà fait auparavant, François Bayrou a vivement critiqué le projet “dangereux pour l’alternance” proposé par François Fillon. “Il y a une idéologie politique qui court sur toute la planète, celle de l’accroissement continuel des inégalités”, a-t-il affirmé, fustigeant notamment un programme qui “annonce que le travail va être payé moins”, en référence à l’allongement du temps de travail voulu par le candidat de la droite, pour les fonctionnaires comme pour les salariés du privé.

Le troisième homme de la présidentielle de 2007 ira-t-il au bout de sa démarche ou bien cherche-t-il à se mettre en position de force pour négocier son ralliement à François Fillon ? Impossible de le savoir pour le moment. Ses déclarations, en revanche, ajoutent clairement à la cacophonie qui règne au sein de la grande et morcelée famille centriste.

Les centristes de l’UDI entre dispersion et petits calculs

“C’est assez paradoxal toutes ces divisions, car avec la candidature de François Fillon à droite et son positionnement, nous sommes justement à un moment où s’ouvre un espace pour que nos idées puissent exister dans la future majorité”, regrette Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et vice-président de l’UDI, contacté par France 24.

Et si elle a soutenu Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) s’est, depuis sa création en 2012, toujours alliée avec la droite. C’est donc en toute logique que son président, Jean-Christophe Lagarde, a rencontré mercredi matin François Fillon pour entamer des discussions en vue d’un accord sur un projet commun. “François Fillon m’a réitéré son souhait de pouvoir rassembler le centre derrière sa candidature, a déclaré le député de Seine-Saint-Denis à Reuters. Je lui ai indiqué qu’il fallait qu’on prévoie une méthode de travail pour pouvoir regarder le projet, le préciser, l’amplifier sur certains sujets.”

Pourtant des dissenssions se font déjà jour, au sujet notamment de la proposition de loi PS sur le délit d’entrave à l’IVG, discutée jeudi 1er décembre à l’Assemblée, puisque les députés Les Républicains ont annoncé qui’ils s’y s’opposeraient, tandis que le chef de file de l’UDI Philippe Vigier a annoncé un soutien “majoritaire” de son groupe.

>> À lire : François Fillon, le choix de la clarté

Derrière la bataille des idées se joue également la question des investitures pour les élections législatives de juin 2017 et, éventuellement, de postes ministériels au sein du futur gouvernement en cas de victoire de François Fillon en mai 2017. L’enjeu, pour l’UDI, est d’obtenir au minimum un groupe parlementaire en ayant une quinzaine de députés à l’Assemblée nationale.

Sauf que chez les centristes, rien n’est simple. Hervé Morin et Maurice Leroy, deux figures de l’UDI, ont fait part mardi de leur intention de créer une nouvelle force politique du centre et comptent bien négocier en parallèle une alliance avec François Fillon. À ces querelles de personnes s’ajoutent les défections de 130 jeunes UDI – des élus, cadres et militants – qui ont annoncé dans une tribune, lundi 28 novembre, qu’ils soutenaient la candidature d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron troisième homme de la présidentielle ?

Des ralliements toujours bons à prendre pour celui qui pouvait déjà compter sur le soutien du député européen UDI Jean Arthuis et qui se positionne sur la ligne du “ni de gauche, ni de droite”.

“Le problème, c’est que l’ambiguïté du ni droite ni gauche ne peut pas fonctionner avec notre système, nos institutions, estime Yves Jégo. Tous ceux qui ont essayé se sont heurtés à la logique de camp : quel que soit le véhicule, quel que soit le moteur, si vous avez une route trop étroite, ça ne passe pas.”

>> À voir : Emmanuel Macron : candidat anti-système ?

Le fondateur d’En marche espère bien démontrer le contraire et a donc besoin d’attirer vers lui des personnes de tous horizons. Il a d’ailleurs tendu la main, au soir du deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, à François Bayrou. “J’appelle François Bayrou, s’il n’est pas à l’aise avec le programme de François Fillon, à nous rejoindre parce qu’il y a beaucoup de convergences”, a-t-il affirmé sur BFM TV.

Si le président du MoDem n’a pas jugé utile de lui répondre, ses sympathisants, en revanche, pourraient, tout comme les jeunes UDI, être tentés par Emmanuel Macron. D’autant qu’un tout récent sondage Kantar Sofres-OnePoint, publié mercredi dans Le Figaro, sur RTL et LCI, fait de lui, avec des intentions de vote comprises entre 13 % et 17,5 % selon les différents cas de figure (candidature Hollande ou Valls ou Montebourg pour la gauche, candidature ou non de Bayrou), le troisième homme de la présidentielle de 2017.

À un peu moins de cinq mois du premier tour de la présidentielle, ces sondages ressemblent fort à une équation qui comporte encore beaucoup trop d’inconnues.

Première publication : 01/12/2016