Archive for December 1st, 2016

Du légendaire “Au revoir” de Giscard au résigné “J’ai décidé de ne pas être candidat” de Hollande, France 24 propose un petit tour d’horizon des discours d’adieux d’hommes politiques français de premier plan ces 35 dernières années.

François Hollande, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy : les deux dernières semaines viennent de nous offrir trois discours d’adieux d’hommes politiques de premier plan. S’ils ont annoncé qu’ils quittaient le paysage politique national chacun avec leur propre style, les mêmes thèmes sont systématiquement revenus. Comme Jacques Chirac, Lionel Jospin, François Mitterrand ou Valéry Giscard d’Estaing avant eux, tous ont la fierté du travail accompli et affirment, avec gravité et émotion, n’avoir agi que pour le bien du pays et des Français.

François Hollande, 1er décembre 2016 :

En annonçant qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle de 2017, François Hollande devient le premier président en exercice de la Ve République à ne pas briguer de deuxième mandat. Devenu très impopulaire, même auprès des sympathisants de gauche, le chef de l’État explique son choix par sa volonté de ne pas diviser davantage sa famille politique.

>> À lire : “Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter”

“Comme socialiste, parce que c’est l’engagement de toute ma vie, je ne peux accepter, je ne peux me résoudre même à la dispersion de la gauche, à son éclatement, parce qu’elle priverait de tout espoir de l’emporter face au conservatisme et pire encore, face à l’extrémisme. Pour ma part, je ne suis animé que par l’intérêt supérieur du pays. […] Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement donc de mon mandat.”

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Alain Juppé, 27 novembre 2016 :

Défait largement par François Fillon au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé annonce qu’il va retourner s’occuper de Bordeaux, ville dont il est le maire. Son discours s’adresse en priorité à la jeunesse et s’apparente clairement à un passage de témoin.

“À vous de continuer. À vous jeunes Françaises et jeunes Français tout particulièrement à qui l’avenir appartient. Continuez sur le chemin que nous avons tracé durant cette campagne. […] J’ai donné 40 ans de ma vie au service de la France et cela m’a apporté de grands bonheurs et quelques peines. Ce soir encore, au risque de vous surprendre, je dirais que je suis heureux d’avoir parlé aux Français tout au long de cette magnifique campagne pour leur dire ce que je crois. La tâche qui vous attend est exaltante. Vous avez de la chance. Je vous souhaite bonne chance. Je souhaite par-dessus tout bonne chance à la France.”

Nicolas Sarkozy, 20 novembre 2016 :

Battu dès le premier tour de la primaire de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy livre un discours tout en émotion. Beaucoup de remerciements et de mots adressés à ceux qui l’ont côtoyé durant la campagne (journalistes, élus, militants) et des paroles touchantes pour sa famille.

“Je veux dire à mon épouse Carla et à mes enfants que j’ai bien le sentiment de leur avoir imposé beaucoup d’épreuves, parce que ce n’est pas facile de vivre aux côtés d’un homme qui suscite parfois tant de passions. Il est donc temps maintenant pour moi d’aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique.”

Nicolas Sarkozy, 6 mai 2012 :

Nicolas Sarkozy a la particularité d’avoir exprimé ses adieux à deux reprises. En 2012, déjà, il avait annoncé qu’il prenait du recul après sa défaite face à François Hollande au deuxième tour de l’élection présidentielle. Un discours digne dans lequel il appelait ses partisans à faire preuve de respect vis-à-vis du nouveau président de la République et dans lequel il disait tout le bonheur qu’il avait eu à diriger la France.

“Dans la vie d’un homme, présider aux destinées de la France, c’est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier, c’est un honneur immense. […] Une autre époque s’ouvre. Dans cette nouvelle époque, je resterai l’un des vôtres. Je partage vos idées, je partage vos convictions. Votre idéal, c’est l’idéal de toute ma vie, et vous pourrez compter sur moi pour les défendre, ces idées et ces convictions, mais ma place ne pourra plus être la même. Après 35 ans de mandats politiques, après 10 ans – ça fait 10 ans que chaque seconde je vis pour les responsabilités gouvernementales au plus haut niveau, depuis 10 ans ! –, après cinq ans à la tête de l’État, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent.”

Jacques Chirac, 7 mai 2007 :

Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, Jacques Chirac dit au revoir aux Français après 12 années passés à l’Élysée, appelant à l’unité de la nation et témoignant du lien qui l’unit au “peuple de France”.

“Ce soir, je veux vous dire le très grand honneur que j’ai eu à vous servir. Je veux vous dire la force du lien qui, du plus profond de mon cœur, m’unit à chacun d’entre vous. Ce lien, c’est celui du respect, c’est celui de l’admiration, c’est celui de l’affection, pour vous, pour le peuple de France. Et je veux vous dire à quel point j’ai confiance en vous, à quel point j’ai confiance en la France. Je sais que le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, aura à cœur de conduire notre pays plus avant sur les chemins de l’avenir et tous mes vœux l’accompagnent dans cette mission qui est la plus exigeante et la plus belle qui soit au service de notre Nation.” (allocution à partir de 3’30)

Lionel Jospin, 21 avril 2002 :

Incapable d’accéder au second tour de l’élection présidentielle de 2002, pour lequel se qualifie en revanche Jean-Marie Le Pen, Lionel Jospin, sous le choc, annonce son retrait de la vie politique, assumant la défaite mais accusant également au passage les multiples candidatures de gauche, coupables selon lui d’avoir provoqué une dispersion des voix.

“Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle qui vient de tomber est comme un coup de tonnerre. […] J’assume pleinement les responsabilités de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle.”

François Mitterrand, 31 décembre 1994 :

Pour ses derniers vœux aux Français, François Mitterrand, malade, sachant qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre, fait un long bilan de son action et exprime sa gratitude.

“L’an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses vœux. Là où je serai, je l’écouterai, le cœur plein de reconnaissance pour le peuple français qui m’aura si longtemps confié son destin et plein d’espoir en vous.”

Valéry Giscard d’Estaing, 19 mai 1981 :

Battu au second tour de l’élection présidentielle par François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing est contraint de quitter l’Élysée après un seul mandat. S’il fait preuve, dans son discours, de dignité, ce sont ses derniers mots, “au revoir”, et sa sortie du cadre de la caméra, laissant une chaise vide à l’image, qui ont marqué les Français. La scène est depuis devenue culte et a fait l’objet de nombreuses parodies.

“Vous m’avez donné en garde les biens les plus précieux de la collectivité nationale : la paix, la liberté et nos institutions. J’en ai été le gardien et à l’heure où je m’en vais, ils vous sont restitués intacts. […] Je viens ce soir vous dire très simplement au revoir. […] Et dans ces temps difficiles où le mal rode et frappe dans le monde, je souhaite que la Providence veille sur la France pour son bonheur, pour son bien et pour sa grandeur. Au revoir”

Première publication : 02/12/2016

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L’une des organisations cybercriminelles les plus sophistiquées vient d’être démantelé. Baptisée Avalanche, cette infrastructure pour pirates a coûté des centaines de millions d’euros à des victimes dans le monde entier.

Avalanche a été englouti par les autorités. Cet immense réseau cybercriminel, qui existait au moins depuis 2009, a extorqué plusieurs centaines de millions de dollars à des victimes – entreprises ou particuliers – dans 180 pays. Il a été démantelé par une action conjointe d’Europol, des autorités américaines et d’enquêteurs de 30 pays différents, a annoncé Europol, jeudi 1er décembre. Cinq personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’opération, point d’orgue d’une enquête longue de quatre ans.

“Avalanche est unique de par sa taille, sa longévité et son adaptation à l’évolution des pratiques cybercriminelles”, assure Loïc Guezo, expert en cybersécurité de la société japonaise de sécurité informatique Trend Micro, contacté par France 24. L’organisation contrôlait environ 800 000 ordinateurs dans le monde et disposait de 500 000 noms de domaines pour héberger ses serveurs.

Sous-traitant pour cybercriminels

Difficile de définir le champ d’activité précis de ce réseau criminel. Avalanche faisait un peu office de sous-traitant très efficace et menait aussi des cyberattaques pour son compte propre.

Cette organisation avait établi au fil du temps une gigantesque infrastructure permettant de mener toute sorte d’opérations malveillantes sur le Net. Elle maintenait un vaste botnet – les 800 000 ordinateurs que ces criminels pouvaient contrôler à distance –, disposait d’un riche catalogue d’une vingtaine de type de logiciels malveillants différents pouvoir mener à bien tous types de méfaits (vols d’identité, d’identifiants bancaires, spam) et avait aussi mis en place des techniques spécifiques pour être difficile à repérer par les autorités.

Les responsables d’Avalanche employaient même des mules pour blanchir l’argent volé via Internet. En contrepartie d’un pourcentage des cyber-larcins, ces derniers “ouvraient des comptes bancaires sur lesquels étaient virés les sommes volées en ligne puis blanchissaient l’argent avant de le remettre au bénéficiaire réel de l’opération”, souligne Loïc Guezo.



Un million de mails dangereux par semaine

Un réseau très structuré qui permettait aux cybercriminels de mener des opérations à une échelle quasi-industrielle. Avalanche envoyait environ un million de mails par semaine avec des pièces jointes dangereuses pour l’ordinateur du destinataire, affirme Europol. En Allemagne, une seule opération a permis de dérober six millions d’euros à des particuliers et des entreprises.

“L’existence d’une telle organisation démontre à quel point la cybercriminalité est aujourd’hui structurée”, souligne Loïc Guezo. Il est convaincu que si Avalanche est d’une rare sophistication, d’autres réseaux du même genre existent déjà. La place laissée vacante ne devrait pas le rester très longtemps. Car la création d’un réseau d’une telle ampleur prend certes du temps mais “est relativement simple à faire techniquement et peut rapporter très gros”, assure l’expert français.

L’exemple d’Avalanche démontre également que n’importe quel internaute peut “devenir involontairement le complice actif d’importantes activités criminelles”, souligne Loïc Guezo. Pour dissimuler leur trace, les pirates informatiques lancent leurs attaques à travers – voire depuis – des ordinateurs de personnes lambda contrôlés à distance.

Première publication : 02/12/2016

Quelques heures seulement après que le président Hollande a annoncé jeudi son intention de ne pas briguer de second mandat, le Premier ministre français était la cible d’attaques des candidats de la primaire de la gauche…

Haro sur Manuel Valls. À peine François Hollande avait-il annoncé jeudi 1er décembre son retrait de la course à la présidentielle que les premières balles des candidats à la primaire de la gauche ont fusé près des oreilles du Premier ministre.

C’est Benoît Hamon qui a ouvert le feu le premier. “On a maintenant probablement Manuel Valls qui sera candidat, il a lui théorisé les gauches irréconciliables. Il me semble qu’aujourd’hui il ne peut pas incarner l’avenir de la gauche et c’est pour ça que je serai candidat”, a déclaré l’ancien ministre de l’Éducation nationale à l’antenne de BFMTV.

“Un petit côté Iznogoud”

Arnaud Montebourg, premier candidat à avoir déposé ses parrainages jeudi, lui a très vite emboîté le pas : “j’ai déploré que le Premier ministre dise qu’il y a des gauches irréconciliables. Notre travail c’est précisément de nous conjuguer, de nous concilier, c’est exactement l’inverse”, lui a-t-il fait écho, en estimant par ailleurs que “face au candidat ultralibéral [François Fillon], il n’est pas possible d’avoir un candidat social-libéral”.

Plus cinglant, Pascal Cherki, député de Paris et soutien de Benoît Hamon, a pour sa part sorti l’artillerie lourde : “Manuel Valls a un petit côté Iznogoud”, a lancé le député frondeur, pour qui le premier ministre ne nourrit qu’une ambition : “être calife à la place du calife”.

Gérard Filoche, autre candidat à la primaire de la gauche, n’a pas non plus hésité à prendre le Premier ministre pour cible “Ni Valls ni Macron ne sont qualifiés pour reprendre la suite d’une politique qu’ils ont coïmposée et codirigée”, a-t-il fustigé.

Quand ?

Autant d’attaques qui pleuvent, alors que Manuel Valls n’a toujours pas annoncé sa candidature à la primaire de la gauche. Car il fait peu de doutes que le Premier ministre n’officialise sous peu ses ambitions présidentielles. Reste à savoir quand. Il est peu probable qu’un comité interministériel sur le handicap à Nancy auquel il doit se rendre vendredi fournisse le théâtre adéquat d’une annonce de candidature, de surcroît si peu de temps après le renoncement de François Hollande.

Samedi, le Premier ministre doit en principe s’exprimer devant la “Belle alliance populaire” en meeting à Paris à l’appel du PS. Mais une déclaration personnelle à cette occasion risque de voir la direction du PS s’attirer les foudres des candidats déclarés à la primaire, comme Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon.

Un bilan difficile à défendre

Avec la voie désormais libre pour une candidature, le Premier ministre devrait poursuivre son entreprise de rassemblement, entamée depuis plusieurs semaines. Souvent clivant dans son camp, Manuel Valls s’est efforcé d’arrondir les angles pour peaufiner son profil de présidentiable.

Mais, lesté du bilan du quinquennat de François Hollande, il hérite d’une position guère plus enviable, à en croire les sondages réalisés avant l’abandon de François Hollande : il est crédité de 9 % à 11 % seulement d’intentions de vote, selon de récents sondages. Lui aussi derrière son ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, et le candidat de la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Avec AFP

Première publication : 02/12/2016

Considéré comme le président le plus guerrier de la Ve République, François Hollande a enregistré, sur le terrain militaire, quelques succès. Mais il a également dû opérer plusieurs volte-face. Bilan de quatre ans et demi d’opérations militaires.

Serval au Mali en janvier 2013, Sangaris en Centrafrique en décembre de la même année, Chammal en Irak en septembre 2014 puis en Syrie en septembre 2015… Plus qu’aucun autre président de la Ve République, François Hollande a enchaîné les opérations militaires à un rythme effréné.

Une posture pour le moins inattendue venant d’un responsable politique qui n’avait jamais manifesté d’appétence particulière pour le monde de la guerre. “François Hollande a découvert à l’Élysée l’international et le monde militaire, commente Armelle Charrier, journaliste de France 24, spécialiste des questions internationales. Avant d’être élu président de la République, il était un homme politique qui avait eu des mandats en Corrèze, qui avait été premier secrétaire du Parti socialiste, mais qui n’avait pas eu de ministère et n’était pas connu pour aimer les voyages à l’étranger.”

Alors que le président français a annoncé renoncer à se porter candidat à sa propre succession, retour sur le bilan d’un “chef de guerre” qui a été contraint de le devenir.

• Mali

Devant la montée en puissance des jihadistes au Sahel, François Hollande engage en quelques heures, le 11 janvier 2013, l’armée française au Mali sous le nom de l’opération Serval. En moins de trois mois, les jihadistes sont mis en déroute et leur sanctuaire nord-malien anéanti. “Hollande qu’on accuse souvent de procrastination, d’hésitation a réagi vite et bien. L’opération est un succès militaire”, analyse auprès de l’AFP Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Régulièrement critiqué en France pour son indécision, l’intervention au Mali fait quelque temps oublier sa cote de popularité déjà alarmante. “Je vis la journée la plus importante de ma vie politique”, lâche-t-il le 2 février 2013 à Tombouctou, qui l’accueille en libérateur. À ce moment-là, rappelle Armelle Charrier, “il se rend compte que l’étranger et l’armée peuvent lui amener ce costume de chef de guerre, qu’il va aussi endosser parce que les choses sont compliquées pour lui en politique intérieure et que cela peut lui permettre de redorer son image et celle de la France.”

>> À voir sur France 24 : “Mali : la guerre est-elle en voie de se terminer ?”

Mais trois ans plus tard, l’image est plus trouble : l’armée française est toujours au Mali – l’opération antiterroriste, renommée Barkhane, a été élargie à cinq pays du Sahel – les accords de paix signés en 2015 peinent à se concrétiser et les jihadistes, à défaut d’avoir retrouvé leur force de frappe initiale, continuent de faire parler d’eux à chaque attaque contre les forces de l’ONU ou maliennes.

• Syrie

En août 2013, François Hollande s’apprête à “punir” le régime du président syrien Bachar al-Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple. Mais le dirigeant français doit se raviser après la volte-face à la dernière minute de son homologue et allié américain, Barack Obama, qui renonce à le suivre.

Sur le dossier syrien, François Hollande “veut penser que la démocratie existe dans ce pays et qu’il faut parvenir à la faire émerger. Ce qui implique qu’il faut combattre Bachar al-Assad. Mais la France se trouvera très vite esseulée, certains lui reprochant une position beaucoup trop rigoriste”, rappelle Armelle Charrier.

Paris est donc contraint d’opérer un virage. “Au mot d’ordre de la chute du régime, fil rouge de la politique étrangère française depuis le début du soulèvement anti-Assad, en 2011, succède une approche beaucoup plus attentiste, calquée sur l’attitude américaine, qui privilégie l’endiguement de la crise et la lutte contre le terrorisme jihadiste”, écrit Le Monde en octobre 2015.

>> À lire sur France 24 : “Alep : la France demande une réunion “immédiate” du Conseil de sécurité de l’ONU”

Menacée par l’organisation État islamique (EI) sur son territoire, la France entend désormais cibler les bastions du groupe jihadiste dans le nord de la Syrie. Fin septembre 2016, les avions français, alors engagés en Irak dans le cadre de la coalition internationale anti-jihadiste, frappent “des sanctuaires de Daech [autre nom de l’EI] où sont formés ceux qui s’en prennent à la France”, selon les termes employés alors par le Premier ministre Manuel Valls. En d’autres termes, Paris considère son intervention en Syrie comme de la “légitime défense”.

• Centrafrique

En décembre 2013, François Hollande ouvre un nouveau “front” en Centrafrique où les violences entre chrétiens et musulmans tournent au bain de sang. De décembre 2013 à octobre 2016, jusqu’à 2 500 soldats français s’interposeront entre les deux camps dans le cadre de l’opération Sangaris.

>> À voir sur France 24 : “Centrafrique : Sangaris terminée, mission inachevée ?”

Depuis la fin de l’intervention en octobre dernier, les exactions ont toutefois repris. Comme au Mali, “la situation n’est pas complètement rétablie, il y a encore des spasmes d’affrontement mais le pire a été évité”, relativise le directeur de l’Iris, Pascal Boniface.

• Irak

En septembre 2014, François Hollande engage, dans le cadre de l’opération Chammal, les forces militaires françaises en Irak. Au sein de la coalition internationale contre l’EI, les avions de chasse tricolores et le porte-avions “Charles-de-Gaulle” sont fortement mis à contribution.

Au 1er septembre 2016, le colonel Patrick Steiger, porte-parole de l’État-major des armées, annonce que la France a effectué du 5 juillet au 30 août “344 sorties” et mené “61 raids, dont dix avaient été planifiés à l’avance”. Depuis le début de l’opération, les Mirage et les Rafale français ont mené en Irak un millier de frappes. Ce qui fait de la France, selon Paris, la deuxième force de la coalition internationale, juste derrière les États-Unis.

À l’heure du bilan, l’engagement diplomatique et militaire de François Hollande pèse toutefois peu. Dans l’ouvrage “Les Guerres du Président” du journaliste David Revault D’Allones, François Hollande soulignait qu’une présidentielle se gagnait très rarement sur un bilan international. “Cela fait le statut présidentiel […], pas l’élection”, concédait-il dans le livre sorti en 2015.

Avec AFP

Première publication : 02/12/2016

Le 16 novembre, la vie de Sonia bascule. Celle qui a permis de localiser Abdelhamid Abaaoud après les attentats de Paris, se retrouve isolée de tous. Sortie de son silence, son témoignage a permis la reconnaissance de son statut de témoin.

Le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats de Paris, Sonia, qui héberge Hasna Aït Boulahcen dans son foyer, délivre des informations capitales à la police qui permettent l’arrestation d’Abdelhamid Abaaoud et empêchent une nouvelle série d’attaques terroristes d’être commise sur le sol français. Depuis, la mère de famille qui a tout quitté de son ancienne existence pour mettre sa vie et celle de ses proches à l’écart du danger, vit condamnée à l’exil. Rencontre avec Claire Andrieux, journaliste pour RMC, qui a recueilli son témoignage dans le livre “Témoin”, sorti le 3 novembre.

>> À lire sur France 24 : Attentats du 13 novembre : les victimes oubliées de l’assaut de Saint-Denis


Claire Andrieux, journaliste police justice de RMC et auteur du livre Témoin, (édition Robert Laffont). © Aude Mazoué

France 24 : Pourquoi et comment Sonia a-t-elle décidé de sortir de son silence ?

Claire Andrieux : Il faut revenir sur la chronologie des événements pour comprendre. Après avoir contacté la police pour donner les renseignements dont elle disposait sur Hasna Aït Boulahcen et son cousin Abdelhamid Abaaoud, Sonia se retrouve en garde à vue. D’abord logée à l’hôtel, elle est ensuite placée par les autorités dans un appartement à l’abri du danger, avec son compagnon et ses enfants, loin de son ancienne vie. Isolée, perdue, elle décide un soir de grand désespoir d’appeler la radio RMC.

Spécialisée dans les affaires de police et justice, je prends tout de suite son appel au sérieux et décide de la rencontrer. Sans attendre, nous convenons d’un rendez-vous à mi-chemin entre nous. Je découvre alors une femme d’une quarantaine d’années, squelettique, cernée par la fatigue et la peur. Les semaines d’isolement l’ont rendue paranoïaque. Il faut dire que ce qu’elle vient de vivre est inimaginable : en quelques semaines, elle a radicalement changé de vie, perdu ses amis, sa famille, son travail, son appartement, son quartier… Elle a aussi perdue Hasna, qu’elle considérait comme sa propre fille. Elle n’avait surtout personne à qui livrer son lourd secret. Elle est sortie de son silence parce qu’elle avait avant tout un grand besoin de parler.

>> À lire sur France 24 : Attentats du 13 novembre : la femme qui a dénoncé Abaaoud témoigne

Pourquoi la police ne l’a-t-elle pas davantage aidée ?

Les services de police n’ont jamais eu pareil cas auparavant. Et la loi ne prévoit rien pour les témoins en danger. En France, la justice ne permet qu’aux repentis de bénéficier d’un statut particulier qui prévoit un changement d’identité et d’une protection. Hors cadre, Sonia est vite délaissée des autorités. Dans les jours qui ont suivi sa garde à vue, la jeune femme a été prise en charge par le service interministériel d’assistance technique (SIAT). Mais le numéro d’urgence qu’on lui fournit pour répondre à ses questions sonne dans le vide.

Ce qui m’a le plus écœuré dans cette histoire, c’est de voir que les autorités, au plus haut niveau de l’État, ont publiquement menti en prétendant que la jeune femme bénéficiait d’une prise en charge psychologique et financière alors que Sonia vivait sans le sou, coupée de toute assistance psychologique.

Livre dérangeant.1 situation kafkaïenne. A acheter pour soutenir celle qui a évité de nouveaux attentats.INCROYABLE témoignage. pic.twitter.com/0hg6UiyVgs

— Lucien Eynard (@lyonnaisgourmet) 26 novembre 2016

Aujourd’hui, que devient Sonia ?

Depuis l’interview diffusée sur notre antenne le 4 février, elle bénéficie d’une prise en charge psychologique et perçoit une indemnité de 2 000 euros par mois, somme qu’elle gagnait avant les attentats.

Si Sonia a souhaité témoigner dans ce livre, c’est pour que les autorités prennent leur responsabilité et fassent en sorte qu’une loi puisse reconnaître son statut. L’affaire est en bonne voie puisque une nouvelle loi destinée à protéger les témoins a été votée. Son décret d’application devrait entrer en vigueur début décembre. Dès lors, elle pourra enfin changer d’identité et recommencer une nouvelle vie, changer de région, retrouver un travail, un appartement et des amis.

En attendant la reconnaissance de son statut, la mère de famille va mieux mais reste quand même nostalgique. Malgré toutes les souffrances, elle ne regrette en rien ce qu’elle a fait. Elle n’attend pas spécialement d’honneur. Juste refaire sa vie. Heureusement, car elle n’a pas reçu le moindre remerciement de François Hollande ni de Bernard Cazeneuve. Seul le procureur de la République François Mollins s’est fendu d’un merci lors de sa garde à vue via une visioconférence. Qu’importe, elle sait qu’elle n’a pas fait tout cela pour rien. Tous les services de police sont unanimes : son alerte à la police a permis d’épargner des vies. Ce qu’elle a fait est héroïque.


Première publication : 02/12/2016

Au lendemain du coup de tonnerre provoqué par le renoncement de François Hollande à briguer un second mandat, la presse française analyse la décision du chef de l’État français : tous mettent en avant son “courage” et sa “lucidité”.

La presse n’a pas manqué de commenter la décision historique de François Hollande, qui renonce à briguer un second mandat à l’Élysée. Un “geste de courage et de lucidité”, estime la presse vendredi 2 décembre, pour qui cette décision “rebat les cartes” à gauche, en vue de l’élection présidentielle de 2017.

Dans les mois qui viennent mon seul devoir sera de continuer à diriger l’État, mandat pour lequel vous m’avez élu en 2012

— François Hollande (@fhollande) 1 décembre 2016

“Respectable. Rares sont les hommes politiques suffisamment lucides pour s’écarter volontairement du pouvoir au nom d’un intérêt plus grand, d’une solidarité nécessaire”, relève Laurent Joffrin, dans Libération. “On retiendra l’élégance du geste”, ajoute-t-il.

Et le “courage”, souligne Guillaume Goubert, de La Croix. Pour lui, “en agissant ainsi, François Hollande rehausse la dignité de l’action publique” et “cela inspire le respect”.

“Le renoncement dans la dignité”

“François Hollande a fait preuve de lucidité, d’un courage. Le renoncement dans la dignité”, écrit Michel Urvoy, dans Ouest-France. “Il fait le sacrifice d’une ultime ambition présidentielle pour sortir avec dignité”, note Sébastien Lacroix, pour L’Union/L’Ardennais.

Hubert Coudurier, dans Le Télégramme, voit “un certain panache à ne pas s’accrocher au pouvoir jusqu’au bout au nom de l‘intérêt général“. Pour Jean-Claude Souléry, de la Dépêche du Midi, la décision “témoigne d’une lucidité, rare par les temps qui courent”. “Lucidité et courage” sont deux mots repris également par Jean Levallois, de la Presse de la Manche. Une “lucidité” qui “mérite le respect”, assure Bernard Maillard du Républicain Lorrain.

>> À lire sur France 24 : Non-candidature de Hollande : “Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter”

“Un triste épilogue d’un quinquennat nul et non avenu. Une fois encore, il ne décide rien : il s’incline. Il quitte la scène”, s’indigne pour sa part Alexis Brézet dans Le Figaro.

Une décision certes lucide mais forcée notamment par l’impopularité du chef de l’État qui allait “au-devant d’une humiliation électorale”, soulignent aussi les éditorialistes. Une décision enfin qui pour eux “rebat les cartes” à gauche, à moins de deux mois de la primaire.

“Le bal des prétendants est ouvert”

“Les cartes sont désormais rebattues”, annonce Daniel Muraz, du Courrier Picard. “Le bal des prétendants est ouvert”, ironise Jean-François Laville, de l’Est Eclair. Plus sérieusement, Michel Urvoy (Ouest-France) assure que “cette décision va avoir un impact considérable” à gauche.

Pour Nicolas Chapuis, dans Le Monde, ce choix “ouvre une grande période d’incertitude à gauche, où le Premier ministre Manuel Valls est pressenti pour prendre la relève”. Le Premier ministre “a gagné. Il a forcé François Hollande à admettre qu’une nouvelle candidature serait contraire à l’intérêt de la gauche”, analyse Cécile Cornudet, des Echos. Et dès lors, Manuel Valls endosse “aujourd’hui le costume du candidat de recours”, pour Hervé Favre, de La Voix du Nord.

Il “aura la lourde de mener la mission quasi-impossible du rassemblement du PS et de la gauche” rappelle Dominique Garraud, de la Charente Libre.

“François Hollande se sacrifie pour sauver la gauche. Saura-t-elle relever le défi de cet héritage ? Pas certain quand on recense tous les amateurs déjà alignés sur la grille de départ”, écrit en guise de conclusion Alain Dusart, de l’Est Républicain.

Avec AFP

Première publication : 02/12/2016