Archive for December 4th, 2016

Manuel Valls s’est officiellement lancé dans la bataille de la présidentielle de 2017. Mais pour représenter la gauche en mai, il devra passer par une primaire semée d’embûches.

Quatre jours après le renoncement du président François Hollande à briguer un second mandat, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, lundi 5 décembre, depuis la mairie d’Évry, sa candidature pour la primaire de la gauche en vue de la présidentielle.

Je quitterai mes fonctions dès demain car je veux, en pleine liberté, proposer aux Français un chemin. #Valls2017https://t.co/6LyTNRCqXS

— Manuel Valls (@manuelvalls) 5 décembre 2016

Depuis quelques semaines, le locataire de Matignon, tout en jouant la carte de la loyauté à l’égard du chef de l’État, ne dissimulait plus son envie de se jeter dans la bataille de 2017, qui s’annonce toutefois semée d’embûches.

Une candidature clivante plombée par le bilan de Hollande

Le Premier ministre, qui quittera ses fonctions dès mardi accumule en effet les handicaps. Polémique sur la question des Roms, utilisation du 49.3 pour la loi Macron et la loi Travail, débat sur la déchéance de nationalité et laïcité et soutien des arrêtés anti-burkini… Manuel Valls est accusé par ses détracteurs d’avoir dynamité sa majorité et divisé sa propre famille politique en braquant l’aile gauche du Parti socialiste. Or, dans l’optique de la primaire, Manuel Valls aura peu de temps pour rassembler au sein du PS, où il n’a jamais réussi à se forger une base majoritaire.

Monsieur 49 3. Il a fait 49 3 contre la majorité parlementaire contre le Parti socialiste contre la gauche, il veut le refaire contre tous

— Gerard Filoche (@gerardfiloche) 5 décembre 2016

Souvent comparé à Nicolas Sarkozy, en termes de volontarisme, d’ambition – il n’a jamais caché ses ambitions présidentielles, et d’aucuns l’accusent d’avoir trahi le président – et de tempérament, Manuel Valls est un homme politique clivant. Pour convaincre les électeurs de la primaire, l’éternel représentant de l’aile droite du PS devra donc policer son discours et adoucir son image, associée aux questions sécuritaires et aux passages en force.

Lors de la dernière primaire de la gauche, en 2011, ses positions jugées droitières lui ont valu d’essuyer un échec personnel cuisant, en ne récoltant que 5,63 % des voix au premier tour. Une déroute qui ne l’avait nullement empêché depuis à poursuivre son ascension sur l’échiquier politique français, après son ralliement à François Hollande.

Sans compter qu’il n’aura d’autre choix que de défendre le bilan social-libéral du très impopulaire François Hollande, auquel ses rivaux ne manqueront pas de l’associer. Il sera notamment épinglé sur l’absence de résultats économiques, sur l’échec de la lutte contre le chômage, priorité de son gouvernement, et la fulgurante montée en puissance du Front national depuis 2012.

Absence de poids lourds à gauche

Toujours est-il que Manuel Valls compte quelques atouts qui l’ont peut-être poussé à entrer en course, bien que les chances de voir la gauche conquérir l’Élysée en 2017 paraissent minces et qu’il aurait préféré attendre 2022.

Il sait par exemple qu’il n’existe pas pour l’instant de candidat déclaré de sa dimension, capable de l’affronter dans un premier temps, puis de se mesurer à François Fillon ou à Marine Le Pen. Faute d’une telle alternative, il sera tenté de mettre en avant son expérience et son sens de l’État, pour apparaître comme le plus qualifié pour sauver une gauche en lambeaux face à une droite revigorée par sa primaire et une extrême-droite en ordre de marche.

S’il ne peut se présenter comme l’héritier du chef de l’État, il incarne une gauche moderne et réformiste face à laquelle se dressent des candidats se revendiquant de la gauche du PS, et proches des frondeurs. Son profil peut entraîner le ralliement de certaines figures du PS, soucieuses de se replacer après le renoncement de François Hollande (les noms des ministres Jean-Yves le Drian, de Bernard Cazeneuve et de Michel Sapin sont cités avec instance dans la presse nationale).

Enfin, le Premier ministre, qui est resté cohérent en défendant une même ligne politique parfaitement identifiée par les électeurs, jouit d’une popularité certaine. À en croire les derniers sondages, même si cela est risqué ces derniers temps, il arrive en tête des favoris de la primaire devant Arnaud Montebourg.

Le 4 décembre, avant même l’annonce officielle de sa candidature, un sondage Ifop publié par le JDD, montrait qu’il avait recueilli les faveurs de 45% des sympathisants de gauche et de 61% des électeurs socialistes.

>> À lire : Non-candidature de Hollande – “Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter”

Première publication : 05/12/2016

Quatre jours après la décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat, Manuel Valls se prépare à annoncer sa candidature à la primaire de la gauche, en vue de la présidentielle, lundi à 18h30 depuis son fief d’Évry.

C’est la fin d’un faux suspense. Le Premier ministre, Manuel Valls, va déclarer sa candidature à l’élection présidentielle lundi 5 décembre, en fin d’après-midi, au terme d’une probable ultime journée comme Premier ministre de François Hollande, a annoncé son entourage lundi en début de matinée.

Quatre jours après le renoncement du chef de l’État à briguer un second mandat, le chef du gouvernement se prépare donc à endosser les habits de candidat à la primaire de la gauche. Il devrait s’exprimer depuis la mairie d’Évry, son fief électoral, a annoncé Matignon dans un communiqué.

>> À lire : Non-candidature de Hollande – “Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter”

Manuel Valls pourrait annoncer sa candidature

Pour l’entourage de Manuel Valls, sa démission ne fait guère de doute : “J’imagine mal, connaissant le Premier ministre, qu’il puisse considérer que, quand on a des responsabilités de très haut niveau, on puisse cumuler la casquette de candidat à l’élection présidentielle et celle de Premier ministre”.

Samedi, la rumeur de l’annonce d’une candidature de Manuel Valls sur le plateau d’une télévision dimanche à 20 h a couru dans la presse. Le service de presse du Premier ministre s’était néanmoins gardé de diffuser son agenda, comme habituellement. Sur celui de l’Élysée, diffusé dimanche soir, est toujours inscrit pour mercredi à 8 h 45 un entretien du président avec “M. Manuel Valls, Premier ministre”.

Parmi les noms circulant pour succéder à Manuel Valls, ceux des ministres Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé) ou Najat Vallaud-Belkacem (Éducation).

Avec AFP

Première publication : 05/12/2016