Archive for December 9th, 2016

En meeting à Paris, le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron s’est posé en “candidat du travail”, samedi, tout en se démarquant de François Fillon en affirmant vouloir renforcer le bouclier social français.

Le hashtag #RévolutionEnMarche était écrit sur son pupitre, mais le grand soir attendra. Pour son premier meeting de campagne depuis l’annonce officielle de sa candidature à l’élection présidentielle, samedi 10 décembre, devant 12 000 partisans réunis au Parc des expositions à la Porte de Versailles, Emmanuel Macron a dévoilé quelques mesures économiques et sociales mais rien de franchement révolutionnaire.

Devant un public en majorité jeune et favorisé mais divers, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande s’est surtout évertué à mettre en avant ce qui, pour beaucoup, fait sa force : sa capacité à transcender le clivage gauche-droite en se présentant comme “le candidat du travail” qui souhaite renforcer le bouclier social.

Louise, 22 ans : “Emmanuel Macron prend le meilleur de ce qu’il y a à droite et à gauche” pic.twitter.com/Z4kX8gQZ1Q

— Romain Brunet (@romain2dc) 10 décembre 2016

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“C’est ce qui me séduit chez lui, note ainsi Louise, une étudiante en gestion de 22 ans. Il prend le meilleur de ce qu’il y a à droite et à gauche et évite de tomber dans des querelles partisanes.”

“Depuis des années on divise la société française en deux et tout le monde en a marre, moi le premier. C’est ce qui m’a fait adhérer à En Marche !”, ajoute Martial Candel, 44 ans, maire Saint-Crépin-de-Richemont en Dordogne.

Martial Candel, 44 ans, maire de Saint-Crépin-de-Richemont en Dordogne: “On divise la société française en deux et tout le monde en a marre” pic.twitter.com/HR06uMllcF

— Romain Brunet (@romain2dc) 10 décembre 2016

“Candidat du travail”

Sur le plan économique, rien de nouveau, Emmanuel Macron se démarque nettement de la plupart des candidats de gauche en assumant clairement une ligne libérale. “Il faut réconcilier le pays avec le goût du risque, le goût d’entreprendre et l’envie de créer”, a-t-il lancé sous les applaudissements du public.

Pour cela, il entend ainsi alléger encore un peu plus les charges des entreprises en les diminuant de six points, et dans le même esprit que la Loi travail El Khomri, renforcer le dialogue social au niveau de l’entreprise et de la branche plutôt qu’au niveau national.

>> À voir : Présidentielle française : deux gauches irréconciliables ?

En revanche, sur certains points clés, le jeune candidat de 38 ans prend soin de prendre ses distances avec le programme économique de François Fillon. Si les deux se rejoignent dans l’esprit avec une volonté commune de “libérer le travail” et les entrepreneurs, Emmanuel Macron ne va pas aussi loin que le candidat Les Républicains lorsqu’il s’agit de faire sauter des verrous.

Pour le leader du mouvement En Marche !, non seulement la durée légale du temps de travail doit rester fixée à 35 heures, mais il veut aussi faire en sorte que le travail soit mieux payé. Comment ? En supprimant les cotisations salariales sur la maladie et le chômage. “Je demande un effort net à deux catégories : les revenus du capital (…) et la moitié des retraités les plus aisés, pour leurs enfants et petits-enfants”, a-t-il affirmé, après avoir expliqué que sa mesure serait financée par l’augmentation de la CSG, sauf pour les retraités modestes et les bénéficiaires de l’assurance chômage.

“L’engagement qu’il n’y aura pas de laissés pour compte”

C’est là le deuxième point sur lequel Emmanuel Macron a insisté : “l’engagement clair, l’engagement qu’il n’y aura pas de laissés pour compte”. Vantant les mérites du bouclier social français qu’il compte renforcer, le candidat à l’élection présidentielle n’a ainsi pas manqué de s’attaquer au programme de François Fillon, promettant qu’avec lui, il n’y aurait aucun déremboursement des soins.

Emmanuel Macron souhaite par ailleurs créer un droit à la mobilité professionnelle, en permettant notamment aux indépendants, artisans, petits commerçants et aux salariés qui démissionnent de pouvoir bénéficier de l’assurance-chômage.

>> À lire : Le centre en mode centrifugeuse

Il compte enfin refonder le système de formation, estimant “qu’il faut faire plus pour ceux qui ont moins”. Ainsi, promet-il, les chômeurs et les travailleurs pauvres verront, en matière de formation, leurs droits renforcés.

“Ce n’est que le début de notre programme”, a fini par déclarer l’ancien ministre, au bout d’1 h 45 de discours, promettant bientôt d’autres propositions “sur l’éducation, l’Europe, l’environnement, la culture, la défense, la sécurité, l’agriculture”.

Son meeting aurait pu s’arrêter là et, d’ailleurs, de nombreuses personnes avaient déjà commencé à quitter la salle. Mais Emmanuel Macron a alors repris la parole pour offrir à son public un moment qui risque bien de devenir culte dans cette campagne présidentielle :

“Je ferai sans doute des erreurs, il faudra me pardonner. Nous aurons des désaccords, il faudra les surmonter. Mais ce projet, ensemble, nous allons le porter ! Moi, je le porterai dans la durée. Je le porterai jusqu’au bout !”, a-t-il dit, tapant du poing sur son pupitre, avant de s’époumoner, sa voix devenant presque inaudible : “Mais maintenant, votre responsabilité, c’est d’aller partout en France, pour le porter et pour gagner ! Ce que je veux, c’est que vous, partout, vous alliez le faire gagner ! Parce que c’est notre projet !” Puis de conclure, les bras levés au ciel tel un vainqueur du 100 mètres au Jeux olympiques et la voix enrouée : “Vive la République ! Vive la France !”

Première publication : 10/12/2016

En raison de la menace terroriste persistante en France, le gouvernement a proposé, samedi, de prolonger une nouvelle fois l’état d’urgence dans le pays jusqu’au 15 juillet. Le texte sera examiné à l’Assemblée nationale et au sénat, jeudi.

Le gouvernement français a proposé, samedi 12 décembre, de prolonger l’état d’urgence en vigueur depuis les attentats de novembre 2015 jusqu’au 15 juillet 2017 en raison de la persistance de la menace terroriste, a annoncé le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Le texte sera examiné, mardi 13 décembre, en séance à l’Assemblée nationale et au Sénat jeudi 15 décembre.

François Hollande a annoncé à la mi-novembre vouloir prolonger ce dispositif, instauré après les attentats du 13 novembre 2015, jusqu’à l’élection présidentielle d’avril-mai en raison de la menace sécuritaire. La démission du gouvernement de Manuel Valls le 6 décembre implique qu’il devient caduc dans les 15 jours qui suivent, ce qui oblige les autorités à anticiper sa prolongation.

L’état d’urgence, qui devait prendre fin à la mi-janvier, a déjà été prolongé quatre fois et est loin de faire l’unanimité en France. Ses détracteurs jugent cette mesure au mieux inefficace, au pire comme une atteinte aux droits fondamentaux.

Avec AFP

Première publication : 10/12/2016