Archive for December 11th, 2016

Jugée insuffisante actuellement, la formation des imams a été au cœur de la troisième réunion de “l’instance de dialogue avec l’islam”. L’enjeu ? Contrer les “discours sectaires”.

Quelle formation pour les imams en France ? Moins d’une semaine après son arrivée au ministère de l’Intérieur, Bruno Le Roux a plongé, lundi 12 décembre, dans le grand bain à remous de “l’islam de France“.

La formation des imams, qui dépend pour l’instant beaucoup de l’étranger, a été présentée comme un enjeu stratégique par Bernard Cazeneuve, le nouveau Premier ministre, présent lors de cette réunion. Il entend ainsi contrer les “discours sectaires”, qui ont cours “dans certaines mosquées”, a-t-il déclaré lors de la troisième réunion de “l’instance de dialogue avec l’islam”, lancée en juin 2015.

Les participants à “l’instance de dialogue” représentent toutes les nuances de l’islam sunnite français – salafistes exceptés. Jean-Pierre Chevènement qui préside la toute nouvelle “Fondation de l’islam de France” destinée à lever des fonds pour financer des projets éducatifs et culturels était également présent. Pour mieux lutter contre la radicalisation violente, l’État a en effet souhaité dialoguer avec d’autres voix que celles du Conseil français du culte musulman (CFCM), même si la légitimité de l’institution n’est pas remise en cause.

Bientôt un label pour les imams

Pour former les imams, le gouvernement veut développer des cursus d’islamologie de haut niveau à côté de l’offre, insuffisante, des instituts français privés de théologie musulmane, et des diplômes universitaires de formation civile et civique désormais proposés par 14 universités.

Prochaine étape, qui peine à prendre forme : la mise sur pied d’une association cultuelle nationale pour financer, sans recourir à des fonds étrangers, des projets en matière religieuse, autour du statut des imams et aumôniers, la construction de mosquées ou la production d’un contre-discours face à la propagande jihadiste.

L'”instance de dialogue” va se pencher sur les ressources potentielles de cette association loi 1905, parmi lesquelles figure une “contribution volontaire” sur le halal, voire un prélèvement sur les billets du hajj, le grand pèlerinage à La Mecque.

Le président du CFCM, Anouar Kbibech, a, par ailleurs, promis de finaliser en décembre son projet de recommandation (“tazkiya” an arabe, a-t-il précisé) des imams. Les candidats à cette habilitation devront montrer patte blanche quant à leur niveau de formation théologique mais aussi civile et civique, et signer une “charte de l’imam” pour s’engager à respecter les “valeurs de tolérance, d’ouverture et de modération” qui sont celles de “l’islam du juste milieu”. La limite de ce label ? Son obtention ne sera pas obligatoire pour pouvoir prêcher.

Avec AFP

Première publication : 12/12/2016

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France 24 est partenaire de la première édition du prix de la start-up africaine de l’année organisée par Bonjour Idée. Continent en pleine croissance, terre du téléphone mobile, l’Afrique recèle de nombreuses pépites en matière d’innovation.

Lancée à Marrakech à l’occasion de la COP22, la première édition du prix de la start-up africaine 2017 bat son plein. Ce concours dédié à l’écosystème africain invite les start-up domiciliées en Afrique, celles fondées par au moins un membre de la diaspora africaine ainsi que les start-up internationales qui souhaitent s’installer en Afrique, à candidater jusqu’au 31 décembre 2016 sur le site : startup.info.

Près de 200 ont déjà déposé leur candidature. À la clé pour le vainqueur : un chèque de 10 000 euros. Cette première édition, dont France 24 est partenaire, vise à promouvoir le développement économique et social du continent africain grâce à des start-up innovantes et performantes.

FRANCE 24 partenaire du concours #StartupAfro

“Personne mieux que les Africains ne sait et ne saura ce dont les Africains ont besoin”, a souligné à France 24 Cina Lawson, ministre de l’Économie numérique du Togo. Des propos qui font écho à ceux tenus en avril à notre micro par Gilles Babinet, champion numérique de la France auprès de l’Union européenne. “Ce n’est pas la peine d’essayer de tropicaliser des produits européens. Ce qu’il faut, c’est repenser complètement l’offre, la proposition de valeur, en ayant à l’esprit les caractéristiques du marché et des usages africains.”

>> “Silicon Mountain” : la High Tech Africaine #LigneDirecte

Ainsi, le domaine de la FinTech, avec notamment le développement du paiement mobile, est largement plus développé dans certains pays africains qu’en Europe, mais il y a bien d’autres domaines dans lesquels les innovations africaines sont également très présentes comme la santé, l’environnement et l’énergie, sans oublier l’agriculture. Certaines de ces initiatives sont justement à retrouver sur Les Observateurs s’engagent.

France 24 a, par le passé, déjà récompensé une start-up africaine. Il s’agissait de mJangale, vainqueur du prix spécial Afrique de la start-up de l’année 2016. Cette start-up sénégalaise tente, via une application, de pallier l’insuffisance de soutien scolaire auprès des écoliers.

>> mJangale, une appli en soutien aux écoliers sénégalais

À noter que le public pourra lui aussi faire entendre sa voix, lors de ce concours, avec un prix du public doté de 2 000 euros. Les votes seront ouverts le 2 janvier 2017.

Le calendrier

  • Jusqu’au 31 décembre 2016 : appel à candidature et dépôt des dossiers en ligne
  • Du 2 au 15 Janvier 2017 : vote du public pour déterminer un Top 100 des start-up
  • Le 26 janvier 2017 : conférence et cérémonie de remise de prix à Casablanca, au Maroc.

Première publication : 12/12/2016

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Le procès luxembourgeois en appel des deux lanceurs d’alerte français dans le scandale LuxLeaks débute lundi. Ils avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour vol et violations du secret bancaire.

Les lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphaël Baquet, ainsi que le journaliste Edouard Perrin, sont de retour dans le box luxembourgeois des accusés, lundi 12 décembre. Cette fois, ils comparaissent en appel, alors que les soutiens à leur égard se multiplient ces derniers jours.

Les deux lanceurs d’alerte du scandale LuxLeaks (divulgation de secrets bancaires sur les arrangements fiscaux dans le Grand-Duché) avaient été condamnés à de la prison avec sursis et des amendes en première instance pour vol, violation du secret bancaire, accès frauduleux dans un système informatique et blanchiment de documents confidentiels.

Secret bancaire vs intérêt général ?

Antoine Deltour et Raphaël Baquet avaient fait appel de cette décision de justice. Le journaliste Edouard Perrin, qui avait récupéré les documents fiscaux auprès des lanceurs d’alerte avant de les utiliser dans deux émissions de “Cash investigation” de France 2, avait été acquitté mais comparaît malgré tout à la barre. Le ministère public luxembourgeois considère en effet que les faits qui lui sont reprochés sont liés à ceux des deux lanceurs d’alerte.

En première instance, Antoine Deltour et Raphaël Halet avaient dit avoir agi au nom de l’intérêt général et revendiqué le statut de lanceurs d’alerte, ce que le tribunal avait bien voulu entendre. “À la suite des révélations LuxLeaks, ils ont contribué à une plus grande transparence et équité fiscale. Les deux prévenus ont donc agi dans l’intérêt général et contre des pratiques d’optimisation fiscale moralement douteuses”, résume le jugement.

Mais si le tribunal a reconnu aux deux Français le statut de “lanceur d’alerte”, il a néanmoins constaté que celui-ci ne les protégeait pas, ni en droit national ni en droit européen.

Mobilisation européenne

La société civile s’est mobilisée, dimanche, et a annoncé reconduire le mouvement, lundi, en faveur de la reconnaissance en droit de l’action des lanceurs d’alerte.

En septembre, 108 eurodéputés, de différentes sensibilités politiques, avaient déjà apporté leur soutien aux “lanceurs d’alerte de LuxLeaks” par une lettre envoyée aux autorités européennes et luxembourgeoises.

Dans leur courrier, les représentants des citoyens européens constataient, comme le juge luxembourgeois l’avait fait valoir dans son délibéré du 29 juin, “le manque de protection accordée aux lanceurs d’alerte aussi bien au niveau national qu’européen”.

Les membres du Parlement européen entendent une nouvelle fois utiliser le procès LuxLeaks comme caisse de résonance pour inviter la Commission européenne et les États membres à formuler des propositions concrètes en faveur des lanceurs d’alerte.

L’affaire LuxLeaks regroupe les révélations contenues dans 548 rescrits fiscaux (arrangements fiscaux pour fixer par avance le taux d’imposition d’une société qui s’installe au Luxembourg) publiés le 5 novembre 2014 par le consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Ces documents sensibles ont lié l’administration luxembourgeoise à plus de 350 sociétés multinationales.

Le scandale avait poussé le gouvernement luxembourgeois de Xavier Bettel à battre en retraite sur l’échange transfrontalier de documentation fiscale et avait fragilisé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, fraîchement investi et auparavant Premier ministre du Luxembourg (janvier 1995-décembre 2013).

Les révélations de LuxLeaks ont par ailleurs accéléré l’adoption de normes favorisant une homogénéisation de l’imposition des firmes multinationales à travers les pays de l’OCDE.

Avec AFP

Première publication : 12/12/2016

Christine Lagarde, ancienne ministre et actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), est jugée à partir de lundi par la Cour de justice de la République sur son rôle dans l’arbitrage Tapie.

Elle risque jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Christine Lagarde, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), comparaît lundi à Paris devant la Cour de justice de la République (CJR), pour une “négligence” à l’origine d’un colossal détournement d’argent public quand elle était ministre de l’Économie.

Il s’agit précisément de l’affaire d’arbitrage intervenu dans le très vieux conflit entre l’ex-ministre et homme d’affaires Bernard Tapie et l’ancienne banque publique Crédit Lyonnais sur la revente en 1994 de l’équipementier sportif Adidas.

Le procès est prévu jusqu’au 20 décembre

“J’ai essayé de faire tout mon travail, le mieux possible dans la limite de tout ce que je savais”, a affirmé Christine Lagarde, 60 ans, dans un reportage diffusé dimanche soir sur France 2, en se disant “confiante et déterminée”.

“La négligence est un délit non intentionnel. Je pense qu’on est tous un peu négligent quelque part dans sa vie”, a ajouté celle qui sera le septième membre de gouvernement à comparaître devant la CJR, chargée depuis 1993 de juger les ministres pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

À 14 h s’ouvrira son procès devant cette juridiction d’exception, composée de trois juges de la Cour de cassation, six députés et six sénateurs. Il est prévu qu’il dure jusqu’au 20 décembre.

Reconduite haut la main l’été dernier comme directrice générale du FMI, elle a indiqué récemment qu’elle se mettrait “en congé” de l’institution le temps du procès, sans se prononcer sur les conséquences d’une éventuelle condamnation.

Ministre de l’Economie et des Finances entre 2007 et 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle est jugée au titre de l’article 432-16 du Code pénal qui vise toute personne dépositaire de l’autorité publique qui aurait, par sa “négligence”, permis un détournement de fonds publics.

Il est reproché à l’une des femmes les plus puissantes du monde d’avoir fait preuve dans cette affaire “d’une incurie et d’une précipitation critiquables” et d’avoir ainsi “privé l’État d’une chance d’éviter que ses fonds soient détournés”.

Les enquêteurs soupçonnent un “simulacre”

À l’automne 2007, elle a autorisé, avec “légèreté” selon les enquêteurs, le choix d’une procédure privée d’arbitrage dans l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais.

Puis en juillet 2008 elle a renoncé, un peu vite selon les magistrats instructeurs, à engager un recours contre la sentence arbitrale qui attribue à l’ancien patron de l’OM plus de 400 millions d’euros (avec les intérêts), pris sur les deniers publics.

Le recours à l’arbitrage se préparait cependant avant son arrivée à Bercy. Surtout, Christine Lagarde n’est pas intervenue dans le choix, très controversé, des arbitres.

L’arbitrage a été annulé en 2015 au civil. Au pénal, les enquêteurs soupçonnent un “simulacre” organisé au bénéfice de l’homme d’affaires, dont l’avocat avait des liens avec l’un des arbitres.

Bernard Tapie, qui se défend d’avoir floué le contribuable et conteste l’annulation de l’arbitrage, a affirmé dimanche au JDD que Christine Lagarde ne lui “a jamais fait de cadeau”. “En tant que ministre, elle a fait ce qu’elle avait à faire. Ni plus, ni moins”.

Avec AFP

Première publication : 12/12/2016