Archive for December 12th, 2016

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a longuement égratigné le programme de François Fillon, mardi, dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, tout en défendant le bilan du quinquennat de François Hollande.

La campagne officielle de la primaire de la gauche n’est pas encore entamée mais Bernard Cazeneuve a déjà lancé la riposte de sa famille politique contre le projet porté par François Fillon, le candidat des Républicains. Dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, mardi 13 décembre, le tout nouveau Premier ministre s’est en effet appliqué à attaquer les points les plus critiqués du candidat de la droite : alliance avec la Russie en matière de politique étrangère, réforme de la sécurité sociale, non-augmentation des forces de police et de gendarmerie.

Fait peu commun, c’est en parlant de politique étrangère que Bernard Cazeneuve a démarré son discours. “Au moment où je vous parle, une tragédie humanitaire épouvantable frappe Alep“, a-t-il lancé aux députés, dénonçant d’”innombrables atrocités” commises par le régime syrien et son allié russe, pouvant constituer selon lui “des crimes contre l’humanité”. “Je dénonce l’horreur de ces massacres et j’affirme que ceux qui les ont perpétrés auront à rendre compte, devant la communauté internationale, des crimes dont ils sont les auteurs”, a-t-il ajouté. “Jamais nous n’accepterons, au nom d’un prétendu réalisme, de nous allier aujourd’hui avec les responsables du martyre d’Alep”, a-t-il enfin asséné, visant implicitement François Fillon, dont le rapprochement avec la Russie sur le dossier syrien est un point essentiel de la politique étrangère qu’il souhaite mener.

Au nom du Gouvernement de la France, je dénonce l’horreur des massacres à #Alep. Ceux qui les ont perpétrés auront à en rendre compte

— Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve) 13 décembre 2016

Passé ce préambule, et toujours avec le programme du candidat de la droite en tête, Bernard Cazeneuve a tenu à démontrer que le court laps de temps – cinq mois – qu’il allait passer à Matignon ne serait pas inutile. Il a notamment promis qu’il créerait “les conditions de l’apaisement” et qu’il ferait en sorte que “chaque jour compte pour poursuivre le redressement de la France”.

Et, à l’instar de la politique étrangère, son gouvernement s’échinera sur la scène intérieure à se démarquer du projet porté par François Fillon. “Quand certains, dans cet hémicycle, se situent dans une perspective de déremboursement des dépenses de santé, mon gouvernement, lui, agira inlassablement pour renforcer le droit de nos concitoyens à se faire soigner”, a-t-il déclaré.

>> France 24 : Primaire de la droite : François Fillon, le choix de la clarté

Ce sera en particulier le cas dans le domaine de la santé. Le Premier ministre a ainsi affirmé que de nouvelles mesures pour assurer l’accès aux soins dans les territoires et lutter contre les déserts médicaux seraient mises en place début 2017. Bernard Cazeneuve a aussi rappelé la généralisation, courant 2017, du tiers-payant et a assuré que les soins dentaires seraient mieux remboursés dès 2017.

Le tiers-payant s’imposera rapidement comme un immense progrès pour tous #directAN

— Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve) 13 décembre 2016

“Réformer sans abîmer, moderniser sans détruire”

“On peut réformer sans abîmer et on peut moderniser sans détruire”, a également averti le Premier ministre. “Proposer de supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires en quelques mois, c’est remettre tout simplement en cause la capacité de l’État à assumer ses missions les plus élémentaires”, a-t-il souligné, alors que François Fillon entend supprimer 500 000 postes de fonctionnaires entre 2017 et 2022.

L’ancien ministre de l’Intérieur a notamment souligné qu’il n’était pas possible de lutter efficacement contre le terrorisme et d’œuvrer pour la sécurité des Français sans renforcer la police et la gendarmerie. Quand le candidat de la droite dit ne pas vouloir augmenter les effectifs des forces de l’ordre, Bernard Cazeneuve a, lui, rappelé que 9 000 postes avaient été créés depuis 2012.

Heureuse de continuer avec @BCazeneuve le combat à gauche pour la justice sociale et la refondation de l’École de la République.#DirectANpic.twitter.com/e5mefECpYB

— Najat Belkacem (@najatvb) 13 décembre 2016

La lutte contre le chômage, enfin, et la protection des Français les plus démunis, a été le dernier axe de ce discours de politique générale. Rappelant que “le nombre de demandeurs d’emplois inscrits chez Pôle emploi a baissé de 101 700 depuis le début de l’année, le Premier ministre a estimé que la politique menée depuis 2012 “commence à porter ses fruits”.

“Cette évolution doit être amplifiée”, a-t-il ajouté, répétant que le plan de 500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs “serait prolongé pour au moins un semestre”. “L’État, les régions, les partenaires sociaux, j’en suis convaincu, seront au rendez-vous de cette mobilisation”, a-t-il expliqué.

Bernard Cazeneuve a rappelé le lancement de l’expérimentation “zéro chômeur de longue durée” dans 10 territoires début janvier et la généralisation à la même date de la “garantie jeunes”, parcours d’accompagnement vers la formation et l’emploi assorti d’une allocation de 460 euros.

Il a également cité le compte de prévention de la pénibilité, dont ont bénéficié “un demi-million de salariés” en 2016, et le compte personnel d’activité, qu’il a qualifié de “chantier immense” pour “une nouvelle protection adaptée à notre temps”.

Première publication : 13/12/2016

Accusée de négligence dans l’arbitrage de l’affaire Tapie, la patronne du FMI Christine Lagarde s’est défendue en admettant seulement avoir été peut-être “abusée”, pointant du doigt l’administration de Bercy et son ancien directeur de cabinet.

Elle a peut-être été “abusée” dans l’affaire Tapie, mais jamais “négligente” : l’ex-ministre et actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde s’est défendue pied à pied, lundi 12 décembre, face à la Cour de justice de la République (CJR).

“Ai-je été abusée ? Avons-nous été plusieurs à être abusés ? Si oui, par qui ? Nous le saurons peut-être un jour, moi je souhaite le savoir. Ai-je été négligente ? Non.” D’emblée, Christine Lagarde donne le ton.

Elle ne cite pas de noms, mais pas question pour l’ex-ministre de l’Économie de payer seule pour l’un des grands scandales financiers ayant eu lieu pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, celui de l’arbitrage Tapie.

“J’ai agi en conscience et en confiance avec pour seul objectif l’intérêt général”, explique la directrice générale du FMI, 60 ans, reconduite à son poste l’été dernier.

La Cour vient d’évacuer une demande de report du procès faite par sa défense, et l’ancienne ministre, qui a subi sans ciller les flashes des photographes pendant de longues minutes au début de l’audience, veut maintenant en découdre. Lorsque la présidente Martine Ract Madoux propose une pause, après deux heures d’interrogatoire serré, elle refuse.

Christine Lagarde se décrit en ministre préoccupée par les grandes questions “macro-économiques”, voyageant sans cesse, confrontée aux signes avant-coureurs de la crise financière, à la tête d’un ministère “gigantesque” – les Finances, l’Économie et l’Emploi.

Des réunions secrètes à l’Élysée selon Lagarde

Si “cette histoire d’arbitrage n’est pas une priorité” pour elle, l’avocate ayant exercé dans un prestigieux cabinet anglo-saxon trouve que “ça vaut la peine d’explorer” cette voie pour mettre fin au contentieux judiciaire avec Bernard Tapie, aussi tentaculaire – neuf procédures parallèles – que coûteux – 32 millions d’euros d’honoraires d’avocats par an pour l’État.

Pourquoi ne tient-elle pas compte des avis de l’Agence des participations de l’État, très hostile à tout arbitrage ? C’est qu’elle reçoit “8 000 à 9 000 notes par an” : c’est son équipe, qu’elle a pris “telle qu’elle était” en arrivant au ministère, qui fait le tri.

Christine Lagarde assure qu’à Bercy, ce paquebot au “code” particulier, avec ses hauts fonctionnaires parfois aussi puissants que les ministres, on ne lui dit pas tout. Par exemple, on lui aurait caché une nouvelle rédaction du compromis d’arbitrage, ouvrant la voie à la reconnaissance d’un “préjudice moral” de Bernard Tapie, formule qui fera scandale.

Elle dit n’avoir pas été informée non plus de certaines réunions se tenant à l’Élysée, en présence de son directeur de cabinet Stéphane Richard, lequel travaille “en symbiose” avec la présidence de la République.

Ce dernier, mais aussi Jean-François Rocchi et Bernard Scemama, chargés à l’époque de liquider une partie des actifs du Crédit Lyonnais, sont convoqués mercredi comme témoins.

Tous étaient sous l’autorité de Christine Lagarde. Tous sont mis en examen, avec d’autres, dont Bernard Tapie, dans le volet non-ministériel de l’enquête, toujours ouvert. Ces trois hommes pourraient donc témoigner sans prêter serment, pour ne pas nuire à leur propre défense. Le procès doit durer jusqu’au 20 décembre, la décision sera rendue dès la clôture des débats.

Avec AFP

Première publication : 13/12/2016

Le paquet de Nanterre a ouvert une enquête pour abus de faiblesse à la suite d’un mariage entre une employée municipale de Levallois-Perret et le propriétaire d’une parcelle convoitée par un promoteur proche de l’actuel maire Patrick Balkany.

Le parquet de Nanterre s’intéresse à un mariage organisé à la mairie de Levallois-Perret considéré comme suspect et vient d’ouvrir une enquête pour abus de faiblesse.

“Il y a des suspicions concernant ce mariage, qui nous ont conduit à ouvrir une enquête préliminaire en juin”, a indiqué à l’AFP le parquet de Nanterre, confirmant une information de France Info.

Des noces en petit comité

En juin 2014, un discret mariage avait été organisé entre une employée municipale de Levallois-Perret et le propriétaire d’une parcelle convoitée par un promoteur proche de la majorité municipale. Le marié, sexagénaire et veuf depuis deux ans, propriétaire d’un appartement situé dans cette commune des Hauts-de-Seine dirigée par Patrick Balkany (LR), refusait de vendre son bien.

Seules six personnes avaient assisté à la noce célébrée par Patrick Balkany, dont la première adjointe et épouse du maire, Isabelle Balkany, un conseiller municipal, et le mari d’une adjointe. Le jeune marié avait ensuite consenti à vendre sa parcelle.

Mais la belle histoire d’amour a brutalement pris fin comme l’explique le site de France Info : “Après la signature, le sexagénaire part vivre en Normandie. Le couple se sépare quelques mois plus tard. La famille du marié dénonce une manipulation et porte plainte pour abus de faiblesse. Tous les participants au mariage ont été entendus par la police judiciaire, dont Isabelle et Patrick Balkany. Tous contestent la théorie du mariage monté de toutes pièces”.

Contactée par France Info, la mariée réfute elle aussi cette accusation. Le couple Balkany est resté injoignable. Depuis 2013, Patrick Balkany est visé par plusieurs informations judiciaires notamment pour corruption passive, blanchiment de fraude fiscale, fraude fiscale et prise illégale d’intérêts. Son épouse a également été mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

Avec AFP

Première publication : 13/12/2016