Archive for December 13th, 2016

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L’Europe a décidé, mercredi, de suspendre le plan d’allègement de la dette grecque adopté il y a quelques jours seulement. Une décision qui fait suite aux mesures sociales proposées par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Alexis Tsipras voulait jouer au père Noël. Mais Bruxelles lui a rappelé, mercredi 14 décembre, qu’il n’avait pas les moyens de distribuer des cadeaux à ses concitoyens. Le fonds d’aide financière de la zone euro a, en effet, décidé de suspendre un plan d’allègement de la dette grecque que l’eurozone venait tout juste d’adopter.

Une décision qui intervient quelques jours après l’annonce du Premier ministre grec d’accorder un coup de pouce économique pour les retraités et les îles grecques concernées par un afflux massif de migrants.

Alexis Tsipras avait annoncé le versement d’une prime – en fait le rétablissement exceptionnel d’un treizième mois – pour les retraités les plus pauvres. Il souhaitait également suspendre la hausse de la TVA sur les îles égéennes qui accueillent le plus de migrants “le temps que dure la crise”. Le chef du gouvernement avait estimé que ces mesures n’étaient pas incompatibles avec l’accord sur l’allègement de la dette car le pays a atteint, en 2016, un excédent budgétaire primaire ( c’est-à-dire sans les intérêts dus liés à la dette, NDLR).

Père Fouettard

L’eurozone ne l’entend pas de cette oreille. Les actions du gouvernement grec “ne sont pas en ligne avec nos accords” selon “certains États membres”, a fait savoir Bruxelles. La conséquence est rude pour la Grèce dont la dette atteint environ 180 % du PIB. Les mesures d’allègement de la dette grecque, adoptées début décembre, prévoyaient de ne pas déclencher la hausse automatique en 2017 des taux d’intérêt sur les prêts contractés par la Grèce et aussi l’allongement des délais de remboursement. C’était la première fois que l’Union européenne décidait, de son propre chef, de récompenser Athènes pour ses efforts budgétaires (notamment l’adoption de la réforme des retraites).

L’UE n’exige cependant pas qu’Athènes fasse machine arrière immédiatement. Un porte-parole de Mécanisme européen de stabilité (MES) – qui applique le plan d’aide à la Grèce – a déclaré que “les institutions évaluent actuellement l’impact des décisions du gouvernement grec vis-à-vis des engagements et des objectifs liés au programme du MES”.

Première publication : 14/12/2016

François Fillon tente depuis plusieurs jours d’éteindre l’incendie suscité par son programme sur la Sécurité sociale. Après une tribune dans Le Figaro mardi, il a promis mercredi une concertation pour préciser son projet.

En proie aux critiques sur son projet pour la Sécurité sociale, François Fillon a annoncé, mercredi 14 décembre, lors d’une visite à l’hôpital Marie-Lannelongue au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), qu’il allait demander la réalisation d’un “audit des comptes sociaux” par des “experts indépendants” et a promis une “concertation” pour préciser son projet.

>> À voir : Fillon, le recul c’est maintenant ?

L’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait mis le feu aux poudres en expliquant dans son programme vouloir “focaliser” l’assurance universelle sur des affections graves ou de longue durée (ALD) et l’assurance privée sur le reste.

Acculé à s’expliquer sur son projet de réforme de l’Assurance maladie, y compris par son propre camp, François Fillon s’est livré ces derniers jours à un exercice d’équilibriste pour tenter d’éteindre l’incendie, assurant que la couverture des soins resterait “comme aujourd’hui”, tout en appelant à des réformes.

“Un projet en étroite concertation avec les professionnels de la santé”

Le candidat à l’Élysée a d’abord assuré, dans une tribune publiée mardi dans Le Figaro, ne pas vouloir “toucher à l’Assurance maladie” et “encore moins” souhaiter “la privatiser”. Et au lendemain des attaques du nouveau Premier ministre Bernard Cazeneuve lors de son discours de politique générale, François Fillon a promis, mercredi, d’organiser avec les parlementaires “une convention qui nous permettra de préciser le projet en étroite concertation avec les professionnels de la santé de tous les secteurs”.

>> À lire : Bernard Cazeneuve donne le départ de la riposte anti-Fillon

Le vainqueur de la primaire de la droite était accompagné, pour ce déplacement sur le thème de la santé, par Gérard Larcher, président du Sénat et président du Comité politique du parti Les Républicains, sa porte-parole santé, la généticienne Dominique Stoppa-Lyonnet, ainsi que Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains, et Philippe Juvin, tous deux médecins.

Dans son “projet pour la France”, François Fillon a prévu d’engager “dès le début de mandat un audit des finances publiques pour faire toute la lumière sur l’ampleur inédite de la dégradation des comptes publics dont les Français hériteront du gouvernement actuel et auquel nous devrons faire face”.

Avec AFP

Première publication : 14/12/2016

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Le président élu Donald Trump reçoit, mercredi, la plupart des dirigeants des géants américains de la tech… à l’exception notable de Jack Dorsey, le PDG de Twitter. Un réseau social qu’il affectionne pourtant particulièrement.

Larry Page, le PDG d’Alphabet (ex-Google), Satya Nadella, celui de Microsoft, Elon Musk, le dirigeant de Tesla et SpaceX ou encore Tim Cook, le patron d’Apple, ont tous rendez-vous avec le président élu Donald Trump, mercredi 14 décembre.

Le futur 45e locataire de la Maison Blanche a invité une douzaine de dirigeants des géants américains de la Silicon Valley – à l’exception notable de Jack Dorsey, le PDG de Twitter – pour discuter des enjeux technologiques. Un sommet à risque tant l’ambiance entre le président et le monde de la tech n’est pas au beau fixe.

Le soutien de la Silicon Valley à la candidate démocrate n’est un secret pour personne. Seul l’investisseur et co-fondateur d’eBay, Peter Thiel, avait ouvertement pris le parti du milliardaire républicain durant la campagne.

Le sujet qui fâche : l’immigration

Donald Trump, de son côté, ne s’était pas gêné pour prendre à partie certaines des figures les plus influentes de la techosphère américaine. Il avait assuré qu’il forcerait Tim Cook, le PDG d’Apple, à rapatrier la production des iPhone aux États-Unis. Le milliardaire avait également accusé Jeff Bezos, le patron d’Amazon, d’avoir acheté le Washington Post pour des raisons fiscales et afin de pouvoir pesé contre sa candidature.

La réunion de mercredi devrait donc être l’occasion d’aplanir les différents. Un thème risque pourtant d’électriser l’atmosphère à la Trump Tower : l’immigration. La plupart des patrons d’entreprise tech militent pour un assouplissement des lois sur l’immigration afin d’accueillir davantage de main d’œuvre étrangère dont ils affirment avoir un besoin vital. Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a même lancé un groupe de pression, Fwd.us, pour obtenir une réforme de la loi. Problème : Donald Trump a fait de la maîtrise des flux migratoires l’un de ses chevaux de bataille.

Dorsey vs Trump

Une voix ne pourra pas s’exprimer lors de ce sommet pour tenter de convaincre le nouveau président : celle de Jack Dorsey, le patron de Twitter. Il n’a pas été convié à ce sommet. Un choix étonnant, tant Donald Trump est passé maître ès-Twitter pour sa communication officielle. Pour certains, le compte officiel de l’homme d’affaires est même devenu la nouvelle salle de presse du président.

Difficile d’expliquer cette absence qui a eu un fort écho médiatique. Le PDG de Twitter avait jugé l’activisme de Donald Trump sur son réseau social “compliqué” lors d’un entretien accordé au site technologique Re/Code, le 7 décembre. “La partie compliquée, c’est de comprendre ce que ça implique d’avoir ainsi l’équivalent d’une ligne directe en temps réel sur la façon dont il pense”, a-t-il précisé.

Une phrase qui aurait irrité Donald Trump ? Re/Code avance une autre explication : Jack Dorsey a été le seul leader de la Silicon Valley a avoir publiquement dénoncé une proposition de campagne du nouveau président. La création d’un fichier des musulmans.

Première publication : 14/12/2016

Stéphane Richard, l’un des hommes-clés dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, a finalement décidé, mercredi, de faire usage de son droit au silence et de ne pas témoigner devant la Cour de justice de la République au procès de Christine Lagarde.

L’avocat de Stéphane Richard a annoncé, mercredi 14 décembre, que son client ne viendrait pas témoigner au procès de Christine Lagarde, mettant en avant la “contradiction” de son statut de témoin devant la Cour de justice de la République et de mis en examen dans l’enquête toujours en cours sur l’arbitrage Tapie.

Le PDG d’Orange était directeur de cabinet de Christine Lagarde en 2008 à l’époque de l’arbitrage Tapie, pour lequel l’ex-ministre des Finances est poursuivie pour des négligences présumées. “Sur mes conseils, alors qu’il voulait venir (…) il a souhaité que soit remise à la Cour une déclaration écrite”, a expliqué à la Cour son conseil, Me Jean-Etienne Giamarchi.

Mais après en avoir délibéré, la présidente de la Cour, qui a dit regretter que Stéphane Richard ait pris cette décision si tardivement, a fait savoir que son courrier ne serait pas accepté dans les débats. La CJR lui avait fait savoir avant l’audience qu’il pouvait être dispensé de prêter serment et avait le droit de se taire, afin de protéger ses droits de personne mise en examen.

Dans sa lettre, transmise à la presse, le PDG d’Orange estime toutefois qu’il lui est “impossible de se taire partiellement”. “La contradiction de mon statut de témoin – devant votre juridiction – avec celui de personne mise en cause (…) rendrait tout témoignage incomplet, donc équivoque”, écrit-il, appelant à ne pas interpréter son silence “comme une dérobade, ou pire encore un aveu de culpabilité” qu’il “conteste fermement”.

Accusé d’avoir dissimulé des éléments essentiels

Stéphane Richard se dit désormais “convainc(u) que des manœuvres inacceptables ont été mises en œuvre afin d’orienter de manière illégitime le travail du tribunal” arbitral, mais répète qu’à ses yeux, l’arbitrage constituait “une option raisonnable”, et qu’il a travaillé avec pour seul objectif l’intérêt général.

Le PDG d’Orange est soupçonné, dans le cadre de l’enquête principale sur l’arbitrage désormais entaché de soupçons de fraude, d’avoir dissimulé à Christine Lagarde des éléments essentiels du dossier, ce qu’il conteste. Il a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée et complicité de détournement de fonds publics.

Au premier jour de son procès, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui dit avoir toujours fait “confiance” à ses équipes, n’a pas exclu d’avoir été “abusée” dans ce dossier.

L’une des parlementaires de la CJR, juridiction hybride composée de sénateurs, députés et magistrats, a estimé mardi que ses déclarations donnaient “le sentiment profond [qu’elle] a été désinformée”. “Votre désinformation accable Stéphane Richard”, avait-elle ajouté.

Avec Reuters

Première publication : 14/12/2016

La contrôleure des prisons a publié mercredi des observations accablantes sur le centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne). Les conditions de vie des détenus “constituent un traitement inhumain ou dégradant”, peut-on lire dans son rapport.

Un établissement plein à craquer, envahi par les rats, où certains surveillants débordés ont développé des habitudes violentes : la contrôleure des prisons Adeline Hazan a publié mercredi des observations accablantes sur le centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne), caractéristiques d’une “cocotte-minute prête à exploser” selon les syndicats.

Plusieurs agents du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), organe dirigé par l’ex-élue socialiste Adeline Hazan, ont effectué une visite à la maison d’arrêt de Fresnes pendant deux semaines début octobre, pour adresser des recommandations au gouvernement.

Leur conclusion : les conditions de vie des détenus “constituent un traitement inhumain ou dégradant”, contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme. La rénovation de cet établissement construit à la fin du XIXe siècle s’impose désormais comme une “urgence”, indique le rapport.

Avec un taux d’occupation moyen qui frise les 200 % et un nombre de détenus – près de 3 000 – qui a bondi de 52 % en dix ans, Fresnes offre des “conditions d’hébergement indignes (…) très en-deçà des normes fixées par le Comité européen pour la prévention de la torture”, dénonce la contrôleure.

Prévenus et condamnés sont mélangés et plus de la moitié des détenus vivent à trois dans une cellule standard de 10m2, entassés dans des lits superposés.

“Si on était dans le privé, l’établissement aurait fermé depuis longtemps”, abonde Cédric Boyer, secrétaire local de FO Pénitentiaire. Pour lui, “Fresnes, c’est une cocotte-minute prête à exploser”.

“Usage banalisé de la force”

Le personnel en sous-effectif est composé d’environ “70 % de stagiaires” et un seul surveillant gère 120 détenus, selon le rapport. Dans ces conditions, le respect des droits fondamentaux est “structurellement impossible”, argue la contrôleure. Il règne dans la prison “un climat de tension permanente” et les surveillants ont développé “un usage banalisé de la force et des violences”.

Trois surveillants ont d’ailleurs été placés en garde à vue lundi, soupçonnés d’avoir fourni des téléphones portables et de la drogue à des détenus, moyennant finance. Côté syndicats, on souligne les “risques nouveaux” engendrés par l’accueil des détenus radicalisés, en rappelant que sont incarcérés à Fresnes des prisonniers de droit commun “particulièrement durs”.

Mais “l’anomalie la plus grave”, selon la contrôleure, reste “l’hygiène déplorable”. Les rats “évoluent en masse” dans les cours et aux abords des immeubles, attirés par les “amas d’ordures” au pied des bâtiments. Certains pénètrent même dans la détention.

>> À lire sur France 24 : “Prison : l’État français assigné pour la prolifération de rats et d’insectes à Fresnes”

En 2016, deux détenus de Fresnes ont contracté la leptospirose, maladie potentiellement mortelle transmise par les rats. Saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP), le tribunal administratif de Melun a ordonné début octobre à l’État d'”intensifier” la dératisation.

En réponse aux observations de la contrôleure, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a détaillé dans une lettre les travaux prévus pour 2017 afin de lutter contre les rats. L’État va consacrer plus de 900 000 euros notamment pour empêcher les jets de détritus en réparant les grillages aux fenêtres.

Le ministre a aussi souligné que le budget 2017 prévoyait de lancer la construction de trois maisons d’arrêt en Île-de-France pour désengorger les prisons.

Avec AFP

Première publication : 14/12/2016

Les députés ont approuvé la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet. La France connaîtra sa plus longue période de régime d’exception depuis la guerre d’Algérie.

Les députés français ont voté dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 décembre une cinquième prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet, au motif d’une menace terroriste aiguë en période électorale. Mais plusieurs ont toutefois appelé à préparer la sortie de ce régime d’exception

Adoptée par 288 voix contre 32, et cinq abstentions, elle devrait être votée conforme jeudi au Sénat afin d’éviter une interruption automatique de l’état d’urgence le 22 décembre, 15 jours après la démission du gouvernement Valls. La très grande partie de la majorité et de l’opposition ont voté pour. Seuls les députés Front de gauche, les écologistes contestataires et une poignée de députés Les Républicains (LR) ont voté contre.

La France connaîtra ainsi sa plus longue période d’état d’urgence ininterrompue – 20 mois – depuis la création de ce régime d’exception pendant la guerre d’Algérie. Durci par le Parlement depuis un an, le régime permet des assignations à résidence, perquisitions administratives, interdictions de cortèges, contrôles d’identité et fouilles de bagages et de véhicules, fermetures de lieux de réunion…

>> À voir sur France 24 : “État d’urgence en France : des assignés à résidence clament leur innocence”

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a souligné en préalable que “pèse aujourd’hui sur la France un risque terroriste d’un niveau extrêmement élevé”. Depuis la dernière prolongation votée peu après l’attentat de Nice, “nous avons déjoué pas moins de 13 attentats, impliquant une trentaine d’individus”, a-t-il plaidé.

Avec de multiples rassemblements publics, le successeur de Bernard Cazeneuve a fait valoir que “l’intense période électorale dans laquelle nous entrons accroît encore le risque de passage à l’acte des terroristes”.

En cette période, a jugé le nouveau président du groupe PS Olivier Faure, “si le pire advenait après une levée préalable de l’état d’urgence, il serait forcément instrumentalisé par l’extrême droite pour en appeler à un changement de régime”.

“Résignation”

La principale contestation est venue des députés Front de gauche, écologistes non inscrits ou ex-PS. L’écologiste Cécile Duflot a déploré “une forme de résignation et d’habitude à débattre de mesures exceptionnelles”, se demandant “quel gouvernement osera mettre fin à cet état d’urgence” et dans quelles “mains” il risque de tomber. “Ce régime doit rester un instrument d’urgence. Notre arsenal antiterroriste est largement suffisant”, a renchéri le député du Front de gauche André Chassaigne.

>> À lire sur France 24 : “Attentat déjoué en France : l’attaque était prévue ‘pour le 1er décembre'”

Ces députés s’appuient notamment sur l’avis du Conseil d’État qui, malgré son feu vert au projet de loi, a rappelé que “les menaces durables ou permanentes doivent être traitées, dans le cadre de l’État de droit, par les instruments permanents de la lutte contre le terrorisme, tels ceux issus des lois adoptées depuis deux ans”.

Ex-rapporteur de la commission d’enquête post-attentats de 2015, Sébastien Pietrasanta (PS) a exprimé ses réserves. “Lever l’état d’urgence n’est pas un désarmement de l’État face au terrorisme”, qui sera le “combat d’au moins une génération”, a-t-il lancé.

Avec AFP

Première publication : 14/12/2016