Procès Lagarde : mis en cause, Stéphane Richard ne viendra pas témoigner

Procès Lagarde : mis en cause, Stéphane Richard ne viendra pas témoigner

Stéphane Richard, l’un des hommes-clés dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, a finalement décidé, mercredi, de faire usage de son droit au silence et de ne pas témoigner devant la Cour de justice de la République au procès de Christine Lagarde.

L’avocat de Stéphane Richard a annoncé, mercredi 14 décembre, que son client ne viendrait pas témoigner au procès de Christine Lagarde, mettant en avant la “contradiction” de son statut de témoin devant la Cour de justice de la République et de mis en examen dans l’enquête toujours en cours sur l’arbitrage Tapie.

Le PDG d’Orange était directeur de cabinet de Christine Lagarde en 2008 à l’époque de l’arbitrage Tapie, pour lequel l’ex-ministre des Finances est poursuivie pour des négligences présumées. “Sur mes conseils, alors qu’il voulait venir (…) il a souhaité que soit remise à la Cour une déclaration écrite”, a expliqué à la Cour son conseil, Me Jean-Etienne Giamarchi.

Mais après en avoir délibéré, la présidente de la Cour, qui a dit regretter que Stéphane Richard ait pris cette décision si tardivement, a fait savoir que son courrier ne serait pas accepté dans les débats. La CJR lui avait fait savoir avant l’audience qu’il pouvait être dispensé de prêter serment et avait le droit de se taire, afin de protéger ses droits de personne mise en examen.

Dans sa lettre, transmise à la presse, le PDG d’Orange estime toutefois qu’il lui est “impossible de se taire partiellement”. “La contradiction de mon statut de témoin – devant votre juridiction – avec celui de personne mise en cause (…) rendrait tout témoignage incomplet, donc équivoque”, écrit-il, appelant à ne pas interpréter son silence “comme une dérobade, ou pire encore un aveu de culpabilité” qu’il “conteste fermement”.

Accusé d’avoir dissimulé des éléments essentiels

Stéphane Richard se dit désormais “convainc(u) que des manœuvres inacceptables ont été mises en œuvre afin d’orienter de manière illégitime le travail du tribunal” arbitral, mais répète qu’à ses yeux, l’arbitrage constituait “une option raisonnable”, et qu’il a travaillé avec pour seul objectif l’intérêt général.

Le PDG d’Orange est soupçonné, dans le cadre de l’enquête principale sur l’arbitrage désormais entaché de soupçons de fraude, d’avoir dissimulé à Christine Lagarde des éléments essentiels du dossier, ce qu’il conteste. Il a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée et complicité de détournement de fonds publics.

Au premier jour de son procès, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui dit avoir toujours fait “confiance” à ses équipes, n’a pas exclu d’avoir été “abusée” dans ce dossier.

L’une des parlementaires de la CJR, juridiction hybride composée de sénateurs, députés et magistrats, a estimé mardi que ses déclarations donnaient “le sentiment profond [qu’elle] a été désinformée”. “Votre désinformation accable Stéphane Richard”, avait-elle ajouté.

Avec Reuters

Première publication : 14/12/2016

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