Archive for December 14th, 2016

L’écrivain d’origine russe Andreï Makine a été reçu, jeudi, à l’Académie française. La réception du nouvel “Immortel” a pris des airs de plaidoyer en faveur de la Russie.

Andreï Makine, écrivain français d’origine russe, a fait son entrée, jeudi 15 décembre, à l’Académie française. Cette journée coïncidait avec une réunion du Conseil européen à Bruxelles au cours duquel devait être abordée la question des sanctions européennes contre la Russie.

La réception du plus russe des écrivains français a été marquée par un plaidoyer en faveur d’un pays qui serait toujours présenté sous un aspect négatif. Andreï Makine a prononcé un discours durant lequel il a plaidé en faveur de “l’entente franco-russe” en retraçant les liens historiques, littéraires et spirituels entre les deux nations.

Reception de #andreiMakine à l’Académie Francaise, 3e Russe après Kessel et Troyat 1/2 pic.twitter.com/YG90JPtKjs

— P. Servan-Schreiber (@Psschreiber55) December 15, 2016

À rebours de la position officielle de la France qui dénonce depuis deux ans l’annexion de la Crimée et les atteintes de Moscou à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, il a évoqué l’”horrible tragédie ukrainienne” en condamnant “la guerre fratricide orchestrée (à Kiev) par les stratèges criminels de l’Otan et leurs inconscients supplétifs européens”.

“Stratégie du chaos au Moyen-Orient”

Dans son discours, Andreï Makine a également regretté que “les grandes puissances” occidentales “jouent avec le feu, en livrant des armes aux intégristes, en les poussant dans la stratégie du chaos, au Moyen-Orient”.

“Qui aurait, aujourd’hui, l’impudence de contester le martyre de tant de peuples, musulmans ou non, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial globalitaire ?”, a demandé celui qui succède à l’Académie à l’écrivaine algérienne Assia Djebar, morte en février 2015.

Makine : “Les Français admirent les américains, qui les méprisent, et méconnaissent les Russes, qui les admirent”

— P. Servan-Schreiber (@Psschreiber55) December 15, 2016

Interrogé par l’AFP à l’issue de la cérémonie sous la Coupole, Andreï Makine, vêtu de son habit vert dessiné par Giorgio Armani et épée à la main, a jugé “ridicules” les accusations contre la Russie à propos d’Alep : “Voilà une ville bombardée pendant quatre ans, les Russes arrivent et ce sont eux les responsables ! C’est ridicule”.

>> À lire : Hollande dénonce “l’obstruction systématique de la Russie”, après le veto à l’ONU

À propos des sanctions européennes contre la Russie, l’académicien, salué par une haie d’honneur de 15 gardes républicains, a estimé qu’en agissant ainsi “l’Europe se punit elle-même par bêtise”.

Avec l’entrée d’Andreï Makine à l’Académie française, l’institution créée par le cardinal de Richelieu en 1635 compte désormais 37 membres. Trois sièges restent à pourvoir.

Avec AFP

Première publication : 15/12/2016

Avec à peine cinq semaines de campagne entrecoupées par les fêtes de fin d’année, les neuf candidats à la primaire de la gauche ont déposé leur candidature.

Les candidats à la primaire de la gauche, dont le scrutin aura lieu les 22 et 29 janvier, ont déposé leur dossier de candidature.

Ils sont neuf à concourir : Gérard Filoche, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et Fabien Verdier pour le Parti socialiste (PS), Jean-Luc Bennahmias pour l’Union des Démocrates et Écologistes (UDE), Sylvia Pinel pour le Parti Radical de Gauche (PRG) et François de Rugy pour le Parti écologiste.


  • Quelles conditions pour être candidat ?

Pour voir sa candidature validée par la Haute Autorité des “primaires citoyennes de la Belle Alliance populaire” (le nom officiel de la primaire de la gauche), chaque candidat encarté au PS doit avoir le soutien de :

– 5 % des membres titulaires du Conseil national (soit 15 membres)

– ou de 5 % des parlementaires socialistes (19)

– ou de 5 % des conseillers régionaux et départementaux socialistes représentant au moins 4 régions et 10 départements (66)

– ou encore de 5 % des maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants représentant au moins 4 régions et 10 départements (10).

Les candidats investis par un parti affilié à la Belle Alliance populaire sont, eux, dispensés des parrainages.

Les candidats du PS doivent par ailleurs être à jour de leurs cotisations d’adhérent et d’élu. Instance indépendante, la Haute Autorité vérifiera toutes ces conditions.

Concernant les cotisations, plusieurs polémiques sont apparues ces derniers jours. Vincent Peillon a été épinglé par Le Canard Enchaîné pour avoir omis de verser quelque 20 000 euros de cotisations d’adhérent et d’élu. Son entourage a annoncé, mercredi, qu’il était désormais à jour, tout en contestant la somme. La presse a également affirmé qu’Arnaud Montebourg devait 80 000 euros d’arriérés de cotisations. Accusation que son équipe a “contestée formellement”, dénonçant des “malveillances vallsistes”.

Les candidatures validées seront annoncées officiellement samedi 17 décembre à la mi-journée, avant la publication, mardi 20 décembre, des professions de foi sur le site internet de la primaire.

  • Qui pourra voter ?

Les organisateurs espèrent faire aussi bien, en terme de participation, que la primaire de 2011 qui avait rassemblé 2,6 millions d’électeurs au premier tour. Pour voter, ces derniers doivent être Français et inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre 2015.

Les personnes dont la majorité intervient entre le 1er janvier 2016 et le 22 avril 2017, veille du premier tour de l’élection présidentielle, pourront elles aussi voter en se préinscrivant sur Internet avant le 23 décembre.

En outre, les adhérents mineurs de plus de 16 ans et qui n’auront pas 18 ans le jour du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, et les adhérents étrangers des partis co-organisateurs de la primaire de la gauche seront eux aussi autorisés à prendre part au scrutin après préinscription sur Internet avant le 23 décembre.

Enfin, pour voter dans l’un des 7 400 bureaux de vote prévus à travers la France, les électeurs devront s’acquitter d’un euro par tour pour les frais d’organisation et signer une charte qui vaudra “engagement de reconnaissance dans les valeurs de la Gauche et des écologistes”.

  • Une campagne express

Les candidats n’auront, avant le premier tour, dimanche 22 janvier, que cinq semaines de campagne officielle, entrecoupées des fêtes de fin d’année, pour convaincre les électeurs.

Le Parti socialiste versera 50 000 euros à chaque candidat pour financer sa campagne. Ils devront par ailleurs signer une “charte d’éthique” fixant les règles de conduite durant la campagne, qui implique notamment de s’engager à soutenir le vainqueur du scrutin.

Trois débats télévisés sont programmés : le premier se tiendra le jeudi 12 janvier, le deuxième le dimanche 15 janvier et le troisième le jeudi 19 janvier. Un débat entre les deux finalistes est également prévu le mercredi 25 janvier.

Première publication : 15/12/2016

À l’issue du procès de Christine Lagarde pour “négligence” dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, le parquet général s’est prononcé, jeudi, contre une condamnation de l’ex-ministre de l’Économie. Cette dernière encourt jusqu’à un an de prison.

Le parquet général de la Cour de justice de la République a estimé, jeudi 15 décembre, que les débats qui ont eu lieu dans le cadre du procès de Christine Lagarde n’ont pas conforté une accusation “bien faible, voire incantatoire” à son encontre.

La directrice du Fonds monétaire international est poursuivie pour des négligences présumées dans sa gestion du litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas, pour lequel elle a choisi la voie de l’arbitrage, qui a accordé 403 millions d’euros à Bernard Tapie en 2008.

“Ces débats riches et utiles n’ont apporté aucun fondement propre à modifier” l’analyse du parquet général, a déclaré le procureur Jean-Claude Marin. “Des questionnements, il en reste (…) des certitudes, je n’en discerne pas”, a-t-il ajouté, soulignant la particularité de ce procès pénal “sans accusation”. “Ces audiences n’ont pas conforté des accusations bien faibles, voire incantatoires.”

Poursuivie pour négligences présumées

“C’est à la frêle limite entre le politique et le judiciaire que vous aurez à vous prononcer”, a dit Jean-Claude Marin à la Cour de justice de la République (CJR), qui juge l’ex-ministre des Finances depuis le 12 décembre. “Encore faut-il que l’on puisse déterminer avec suffisamment de précisions les diligences que l’on attend d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions.”

>> À lire : Christine Lagarde se dit peut-être ‘abusée’ mais jamais ‘négligente’

La directrice générale du FMI est accusée d’avoir pris une décision “malvenue” allant à l’encontre “de l’avis répété” de l’Agence des participations de l’État et d’avoir renoncé de manière “précipitée” à exercer un recours contre la sentence.

Elle devrait être fixée sur son sort le 19 décembre. Elle encourt jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

Avec REUTERS

Première publication : 15/12/2016

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Le président élu Donald Trump a rencontré une douzaine de PDG de groupes tech américains pour tenter de les rassurer sur sa politique de soutien à ce secteur traditionnellement acquis aux démocrates.

“Vous êtes vraiment un groupe de gens formidables” ou “Vous pouvez m’appeler, moi ou mes collaborateurs, n’importe quand, je suis là pour vous aider”. Le président américain Donald Trump a caressé dans le sens du poil la douzaine de patron des géants américains de la technologie présents, mercredi 14 décembre, à la Trump Tower pour une réunion de 90 minutes.

Larry Page, le PDG de Google, Tim Cook, celui d’Apple, Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, ou encore Satya Nadella, le dirigeant de Microsoft ont dû apprécier ce changement de ton. Durant la campagne, le milliardaire devenu président avait souvent pris à partie certaines stars de la Silicon Valley. Il avait assuré qu’il forcerait Tim Cook, le PDG d’Apple, à rapatrier la production des iPhone aux États-Unis. Il avait également accusé Jeff Bezos, le patron d’Amazon, d’avoir acheté le Washington Post pour des raisons fiscales, mais aussi pour peser contre sa candidature.

Les patrons de Tesla et Uber rejoignent l’équipe de transition de Trump

Les discussions entre Donald Trump et la crème de la crème tech ont, d’après le New York Times, tourné autour de l’éducation à l’informatique, l’utilisation des données pour simplifier le travail administratif et aussi le très sensible sujet de l’immigration. Les géants du Web militent pour une réforme de la loi sur l’immigration pour ouvrir davantage le pays à une main d’œuvre étrangère, dont ils assurent avoir un besoin vital. Donald Trump, qui n’a jamais caché sa volonté de mieux maîtriser le flux migratoire, s’est montré conciliant, reconnaissant que le pays avait besoin “de gens intelligents et talentueux venus d’autres pays”.

Il a même proposé à Elon Musk et Travis Kalanick, le PDG d’Uber, de rejoindre le “forum stratégique” de réflexion économique de son équipe de transition. Une offre acceptée par les deux intéressés.

Mais à la Silicon Valley, la prestation de Donald Trump n’a pas convaincu tout le monde. Pour l’entrepreneur et investisseur Mark Suster, la réunion était tout simplement “ridicule”. Son principal reproche : la présence des quatre enfants du président à la table des discussions. “C’est-à-dire que 20 % des personnes présentes font partie de la famille du président. C’est la définition même du népotisme”, a-t-il assuré dans une chronique publiée sur le blog technologique Both sides of the table.

L’absence de Jack Dorsey, le PDG de Twitter, à cette rencontre a également agacé le monde américain de la tech. Donald Trump n’a, en effet, pas invité le patron du réseau social qu’il utilise le plus et qui a contribué à sa popularité politique. Un oubli que plusieurs sites américains, dont le blog politique The Hill et le site Politico, ont mis sur le compte d’un désir de vengeance du nouveau président à l’encontre du patron de Twitter. Donald Trump n’aurait pas digéré que le réseau social refuse que son équipe de campagne utilise un émoji de leur création symbolisant une Hillary Clinton corrompue.

L’entourage du président a rapidement démenti cette version de l’histoire, assurant qu’il “n’y avait tout simplement pas suffisamment de place à la table“.

Première publication : 15/12/2016

Interrogé par un juge antiterroriste, Ayoub el-Khazzani, le tireur présumé de l’attentat raté du Thalys en août 2015, a affirmé qu’il avait “une cible déterminée”. “Ce n’est pas un hasard s’il est monté en première classe”, a précisé son avocate.

Près de dix-huit mois après l’attentat raté contre un Thalys, en août 2015, Ayoub el-Khazzani a pour la première fois reconnu, mercredi 14 décembre, son implication dans l’attaque, mais a réfuté avoir voulu commettre un “massacre de masse”.

Entendu pendant plus de cinq heures devant un juge d’instruction antiterroriste, ce Marocain de 27 ans est revenu sur son parcours jusqu’à cette journée du 21 août 2015 lorsque, muni d’une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, il a ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée en France, dans le Pas-de-Calais.

>> À lire sur France 24 : “Ayoub El-Khazzani, petit délinquant ‘paumé’ attiré par l’islam radical”

Le tireur avait grièvement blessé un passager avant l’intervention de militaires américains en vacances qui l’avaient maîtrisé, mettant ainsi en échec un potentiel carnage, sept mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

“En tant que jihadiste”

“Maintenant il assume, il prend ses responsabilités. Il explique que c’est en tant que jihadiste qu’il est monté dans ce Thalys […], mais ce qu’il comptait faire savoir, c’est qu’il n’était pas là pour faire un massacre de masse et tuer n’importe qui […]. Pas du tout”, a déclaré à la presse son avocate Sarah Mauger-Poliak à l’issue de l’audition.

Selon elle, Ayoub el-Khazzani avait “une cible précise, déterminée”. “Ce n’est pas un hasard s’il est monté en première classe”, a-t-elle ajouté sans en dire plus. Après les dénégations puis le silence, le jeune Marocain entendait “revenir” sur ses premières déclarations en garde à vue, a justifié l’avocate.

>> À lire sur France 24 : “Qui est Mark Moogalian, le héros blessé du Thalys ?”

Mis en examen pour “tentatives d’assassinats à caractère terroriste”, Ayoub el-Khazzani avait à l’époque livré une version rocambolesque, expliquant avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys, avec des armes trouvées par hasard dans un parc de Bruxelles où il dormait avec des SDF. Convoqué depuis devant le juge, il gardait le silence. Son avocate demandait à ce qu’il soit réentendu.

Dans les pas d’Abaaoud

Dans son nouveau récit, El-Khazzani affirme ne pas avoir “agi seul”. “Il a retracé dans les grandes lignes son parcours de Syrie, de Turquie jusqu’en Europe. Avec [Abdelhamid] Abaaoud“, l’un des coordinateurs des attentats de Paris du 13-Novembre, a expliqué Me Sarah Mauger-Poliak.

El-Khazzani était signalé pour islamisme radical par les services de renseignements d’Espagne, où il a vécu plusieurs années. Il avait séjourné à Molenbeek-Saint-Jean, la commune bruxelloise d’où sont originaires plusieurs protagonistes de la cellule responsable des attentats de Paris et de Bruxelles, revendiqués par le groupe État islamique (EI).

>> À lire sur France 24 : “Hollande a décerné la Légion d’honneur aux ‘héros’ du Thalys”

Il y a quelques semaines, une note des services de renseignement hongrois, révélée par le Centre d’analyse du terrorisme (CAT), a précisé les liens entre le tireur du Thalys et Abdelhamid Abaaoud, déjà mis en lumière par les enquêteurs français.

“Ambivalent”

Selon cette note du TEK (services antiterroristes hongrois), dont a eu connaissance l’AFP, Abaaoud, de retour de Syrie, et El-Khazzani sont arrivés à Budapest le 1er août en se mêlant aux migrants et ont séjourné dans le même hôtel. Le 4 août, Abaaoud est parti pour l’Autriche en voiture, et lendemain, El-Khazzani, a pris la même direction, mais en train, selon la note.

El-Khazzani “se définit comme un jihadiste, il le revendique, pas avec fierté”, a affirmé son avocate, décrivant l’émotion et les larmes de son client au cours de l’audition. “Il a une position très compliquée et encore assez ambivalente”. Le juge doit le réentendre le 20 décembre.

Avec AFP

Première publication : 15/12/2016

Deux frères d’Adama Traoré, mort en juillet lors de son interpellation par les gendarmes, ont été condamné jeudi à des peines de prison ferme pour des violences commises en novembre à Beaumont-sur-Oise contre des policiers en marge de cette affaire.

Deux frères d’Adama Traoré, mort après son interpellation par les gendarmes en juillet à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), ont été condamnés jeudi à respectivement huit mois et trois mois de prison pour outrages, menaces et violences contre des policiers en marge de cette affaire, en novembre.

Dix mois de prison ferme avaient été requis contre Bagui Traoré, le grand frère d’Adama. Prenant en compte “le besoin de sérénité” de Beaumont-sur-Oise, théâtre d’épisodes de violence depuis le décès suspect d’Adama Traoré le 19 juillet, le tribunal correctionnel de Pontoise a également frappé Bagui Traoré, 25 ans, d’une interdiction de séjour de deux ans dans cette petite ville de grande banlieue parisienne où vit une grande partie du clan Traoré.

“Une honte pour la justice du Val-d’Oise”

Son jeune frère Ysoufou Traoré, 22 ans, jugé à ses côtés pour outrages et menaces de mort à l’encontre de deux agents de police, a été condamné à six mois de prison dont trois avec sursis, comme requis par le parquet, et est ressorti libre de l’audience.

“Une honte pour la justice du Val-d’Oise”, a dénoncé après le jugement leur sœur Assa, à la pointe du combat pour faire traduire en justice les gendarmes que la famille juge responsables de la mort d’Adama.

“Après une instruction minutieuse, le tribunal a entendu mes clients. Je souhaite que cette décision contribue à ramener la paix sociale”, s’est félicitée au contraire Me Caty Richard, l’avocate des huit policiers municipaux et gendarmes.

“Il n’y a pas de justice d’exception qui serait vengeresse : on applique la loi et la procédure pénale, quels que soient les victimes et les prévenus”, avait affirmé le procureur dans son réquisitoire, critiquant les tentatives de la défense pour “faire dévier l’objet de ce procès”.

Car “c’est Bagui Traoré qui s’acharne, ce n’est pas la société”, avait ajouté le procureur, rappelant que le prévenu avait douze condamnations à son actif, pour des vols avec violence et des extorsions.

>> À lire sur France 24 : “Mort d’Adama Traoré : l’affaire qui continue d’agiter la France”

Les faits reprochés remontent au 17 novembre. Ce soir-là, une cinquantaine de personnes, membres de la famille d’Adama Traoré et des soutiens, voulaient assister au conseil municipal pour protester contre une délibération visant à faire prendre en charge les frais de justice par la commune de Nathalie Groux, maire de la ville. L’édile est régulièrement mise en cause par la famille qui lui reproche son manque d’empathie et son parti pris dans cette affaire.

Le ton était monté, des insultes avaient fusé et des heurts avaient éclatés quand les soutiens s’étaient vus refuser l’accès à la salle du conseil au motif qu’il n’y avait plus de place. Une policière municipale avait fait usage de gaz lacrymogène malgré la présence de “poussettes” dans la foule massée devant l’Hôtel de ville.

Une enquête “bidon, pourrie, minable”

Une absence de perquisition, une interpellation plusieurs jours après les faits, des témoins clés que l’accusation n’a pas pris la peine de faire citer : pour Me Yassine Bouzrou, l’enquête conduite par le parquet de Pontoise est “bidon, pourrie, minable”.

Depuis le début de l’affaire, la famille Traoré accuse le parquet d’avoir voulu passer sous silence les véritables causes du décès d’Adama Traoré. “On n’a pas confiance en vous, c’est vrai”, a lancé Me Bouzrou au procureur.

Le jeune homme était mort dans les heures qui avaient suivi son interpellation par les gendarmes du Val-d’Oise, venus arrêter son frère Bagui. Une instruction est en cours à Paris, Me Bouzrou ayant obtenu le dépaysement de l’affaire.

“Ni l’un ni l’autre n’ont commis les faits qui leur sont reprochés”, a plaidé pour sa part Me Noémie Saidi-Cottier. “Ils savent que s’ils veulent que la justice soit faite, ils ont intérêt à se tenir à carreau”, a ajouté l’avocate, louant l’attitude “pacifique” de la famille.

Véhément et souvent maladroit dans sa défense, Bagui Traoré s’est posé en victime d’un “complot”. Au sujet de la policière municipale qu’il est accusé d’avoir frappé au visage, il a ainsi fanfaronné : “je lui aurais mis un coup, (…) elle aurait plus de tête”.

Plus tôt, dans ce procès tendu, Me Richard avait rendu hommage aux huit policiers municipaux et militaires assis sur le banc des parties civiles, impassibles.

“Ils sont victimes de ces faits et de l’importance qu’on leur donne, du contexte autour de ces faits”, avait estimé l’avocate, critiquant “l’instrumentalisation insupportable” de la mort d’Adama Traoré “pour faire de l’agitation”.

Avec AFP

Première publication : 15/12/2016

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Les données liées à plus d’un milliard de comptes de la messagerie Yahoo! ont fait l’objet d’un piratage en août 2013. L’origine de l’intrusion est inconnue. Cette nouvelle affaire risque de compromettre le rachat du groupe par Verizon.

Yahoo! a annoncé, mercredi 14 décembre, avoir identifié un nouveau piratage massif de ses systèmes, précisant que des données associées à plus d’un milliard de comptes de ses utilisateurs avaient été mis en péril en août 2013, ce qui en fait le plus important piratage informatique de l’Histoire.

“Les données piratées seraient des noms, des adresses ou des dates de naissance, explique Loic Pialat, correspondant à Los Angeles. Il n’y a pas de données bancaires, en revanche les informations personnelles se revendent à prix d’or sur le darknet. Les hackers ont aussi accès aux mots de passe.”

L’ampleur de ce piratage est deux fois plus importante que celui annoncé en septembre par Yahoo!, qui portait sur au moins 500 millions de comptes.

Le titre a perdu 2,5%

Le groupe, en passe de vendre ses activités internet à Verizon Communication pour 4,83 milliards de dollars (4,60 milliards d’euros), a précisé que ce nouvel incident était différent de celui dont il avait fait état il y a trois mois. Dans des échanges d’après-Bourse, le titre Yahoo! perdait 2,5%.

>> À lire sur France 24 : “Yahoo! reste flou sur les détails du vol massif de données”

Le groupe a dit qu’il alertait les utilisateurs potentiellement affectés, ajoutant qu’il avait pris des mesures pour sécuriser les comptes.

Verizon, qui avait déjà dit en octobre qu’il se réservait la possibilité de renoncer à son offre sur Yahoo! après le piratage de septembre, a déclaré : “Nous allons passer en revue l’impact de ce nouveau développement avant de tirer des conclusions définitives”.

Yahoo! a précisé n’avoir pas été en mesure d’identifier l’intrusion responsable du vol de données. Tout juste le groupe a-t-il affirmé que l’attaque avait été coordonnée par une puissance étrangère, sans toutefois donner de nom.

Avec Reuters

Première publication : 15/12/2016