Archive for December 16th, 2016

Le meurtrier présumé de trois militantes kurdes, abattues d’une balle dans la tête à Paris en 2013, est décédé samedi à l’hôpital, selon des sources judiciaires. Sa mort met fin à la tenue d’un procès qui était prévu du 23 janvier au 24 février 2017.

Son procès n’aura pas lieu. Le Turc Omer Güney, assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris en janvier 2013, est mort dans la matinée du samedi 17décembre dans un hôpital parisien, avant son jugement devant la cour d’assises, a appris l’AFP de source judiciaire.

Omer Güney est mort samedi matin à l’âge de 34 ans à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière. Atteint d’une grave maladie au cerveau, il était le seul suspect renvoyé devant la cour d’assises spéciale de Paris pour les “assassinats en relation avec une entreprise terroriste”.

Son décès a pour effet d’éteindre l’action publique à son encontre, mettant fin de fait à la tenue de son procès qui était prévu du 23 janvier au 24 février 2017.

Le 9 janvier 2013, en plein jour, trois activistes kurdes, dont Sakine Cansiz, l’une des fondatrices du PKK, avaient été froidement abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK), dans le Xe arrondissement de Paris.

Les familles des victimes privées de procès

Les avocats des parties civiles ont fait part dans un communiqué de la “colère des familles des victimes, privées d’un procès public qu’elles attendaient depuis près de quatre années. Familles, qui elles, espéraient en la justice française”.

Ils ont exprimé leur “consternation de voir qu’une fois de plus, la France n'[était] toujours pas capable de juger un crime politique commis sur le territoire français par des services secrets étrangers”, selon ce communiqué signé des avocats Sylvie Boitel, Antoine Comte, Virginie Dusen, Jan Fermon et Jean-Louis Malterre.

“Implication” des services secrets turcs

Les enquêteurs français avaient conclu à “l’implication” de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, selon une source proche du dossier.

Mais les investigations n’avaient pas permis d’établir si ces agents ont agi “avec l’aval de leur hiérarchie” ou “à l’insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix”, entamé à l’époque entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a ajouté la source.

>> À lire sur France 24 : “Assassinat de Kurdes à Paris : la thèse d’un crime d’État relancée”

Durant l’instruction, Omer Güney a nié les faits, malgré de nombreux éléments à charge : la vidéosurveillance l’a filmé entrant dans l’immeuble du CIK peu avant les crimes, l’ADN d’une des victimes a été retrouvée sur sa parka et sa sacoche contenait des traces de poudre.

L’accusé, ancien agent d’entretien à l’aéroport de Roissy, s’était rapproché fin 2011 d’associations kurdes en région parisienne. Décrit par ses proches comme un turc ultranationaliste, il avait infiltré cette mouvance “dans un but de surveillance et d’espionnage” avec pour mission “d’éliminer des cadres du PKK”, d’après la source proche du dossier.

Les services secrets turcs ont officiellement démenti en janvier 2014 tout rôle dans les assassinats.

Avec AFP

Première publication : 17/12/2016

La Haute Autorité de la primaire de la gauche a dévoilé la liste officielle des candidats. Sept candidats, quatre socialistes et trois membres de partis alliés s’affronteront à la primaire initiée par le PS pour la présidentielle de 2017.

Sept candidatures ont été validées samedi 17 décembre par la Haute autorité des primaires citoyennes. Sept candidats, quatre socialistes et trois membres d’autres partis vont être opposés lors de cette primaire initiée par le parti socialiste pour la présidentielle de 2017.

Les socialistes Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Manuel Valls seront candidats. Sylvia Pinel (PRG), Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate) et François de Rugy (Parti écologiste) participeront eux aussi à cette primaire des 22 et 29 janvier. Les candidatures des socialistes Gérard Filoche et Fabien Verdier n’ont en revanche pas été retenues. Ils n’ont finalement pas obtenu les parrainages nécessaires indique Thomas Clay, président de la Haute autorité.

• Qui pourra voter ?

Les organisateurs espèrent faire aussi bien, en terme de participation, que la primaire de 2011 qui avait rassemblé 2,6 millions d’électeurs au premier tour. Pour voter, ces derniers doivent être Français et inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre 2015.

Les personnes dont la majorité intervient entre le 1er janvier 2016 et le 22 avril 2017, veille du premier tour de l’élection présidentielle, pourront elles aussi voter en se préinscrivant sur Internet avant le 23 décembre.

En outre, les adhérents mineurs de plus de 16 ans et qui n’auront pas 18 ans le jour du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, et les adhérents étrangers des partis co-organisateurs de la primaire de la gauche seront eux aussi autorisés à prendre part au scrutin après préinscription sur Internet avant le 23 décembre.

Enfin, pour voter dans l’un des 7 400 bureaux de vote prévus à travers la France, les électeurs devront s’acquitter d’un euro par tour pour les frais d’organisation et signer une charte qui vaudra “engagement de reconnaissance dans les valeurs de la gauche et des écologistes”.

• Une campagne express

Les candidats n’auront, avant le premier tour, dimanche 22 janvier, que cinq semaines de campagne officielle, entrecoupées des fêtes de fin d’année, pour convaincre les électeurs.

Le PS versera 50 000 euros à chaque candidat pour financer sa campagne. Ils devront par ailleurs signer une “charte d’éthique” fixant les règles de conduite durant la campagne, qui implique notamment de s’engager à soutenir le vainqueur du scrutin.

Trois débats télévisés sont programmés : le premier se tiendra le jeudi 12 janvier, le deuxième le dimanche 15 janvier et le troisième le jeudi 19 janvier. Un débat entre les deux finalistes est également prévu le mercredi 25 janvier.

Première publication : 17/12/2016

Les pouvoirs publics se sont engagés vendredi à prendre le dossiers d’aide aux victimes du terrorisme à bras-le-corps. France 24 a suivi la mise en place du comité local à Paris, en présence de la secrétaire d’État d’aide aux victimes.

C’est un comité “sur-mesure”, vante Juliette Méadel, la secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée de l’Aide aux victimes. Vendredi 16 décembre 2016, la secrétaire d’État a présenté le “comité local de suivi des victimes (CLSV) d’actes de terrorismes de Paris” créé par la préfecture de Paris et d’Île-de-France en coordination avec de nombreux pouvoirs publics (Mairie de Paris, Procureur de la République, Préfet de police) et des associations. Leur but : suivre les dossiers “difficiles” des victimes de terrorisme. En clair, le CLSV a été créé pour centraliser tous les problèmes d’ordre médical, judiciaire, administratif ou financier rencontrés par les victimes.

“Accompagnement psychologique, certificats médicaux, accompagnement dans le retour à l’emploi, procédure judiciaire”, il permettra d’apporter des réponses plus rapidement à tous ceux qui en ont besoin, a aussi expliqué la secrétaire d’État. “Nous sommes aux côté des victimes pour leur éviter des démarches administratives trop lourdes”.

>> À lire sur France 24 : “Attentats du 13 novembre : une association pour rompre l’isolement”

La ministre a inauguré ce comité en présence de Jean-François Carenco, préfet de la région Île-de-France et de Paris, de Jean-Michel Hayat, président du tribunal de grande instance de Paris, de François Molins, procureur de la République de Paris, de Colombe Brossel, une représentante de la mairie de Paris, des associations de victimes (Fenvac, AFVT, 13-Novembre Fraternité et Liberté, Life for Paris), de représentants de la Caisse d’allocations familiales ou encore du Fonds de garantie des victimes du terrorisme.

“Ne pas ajouter de la douleur à la douleur”

“C’est la première fois qu’on met tous les acteurs du service public autour de la table à Paris et ça permet aux victimes d’avoir une entrée unique pour régler toutes les questions et tous les problèmes”, a déclaré la secrétaire d’État. Le CLSV propose ainsi de “simplifier la vie” des victimes pour ne “pas ajouter de la douleur à la douleur”. Idéalement, le comité se réunira tous les trois mois, mais cette fréquence s’adaptera en fonction du nombre de dossiers à traiter.

>> À lire sur France 24 : “Attentats du 13 novembre : les victimes oubliées de l’assaut de Saint-Denis”

Le CLSV de Paris, comme son nom l’indique, ne concerne que les habitants de la capitale et de sa région. La Ville a recensé 1 604 victimes au total depuis les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et du 13-Novembre : des victimes directes – blessées physiquement ou psychologiquement – et des victimes indirectes (proches de personnes décédées).

Dix comités locaux ont déjà été installés partout en France, depuis leur création par un décret du 3 août, peu après l’attentat de Nice le 14 juillet.

Première publication : 17/12/2016

Trois hommes suspectés d’avoir joué un rôle dans la fourniture d’armes à l’auteur de l’attentat du 14 juillet à Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, ont été mis en examen par un juge antiterroriste et placés en détention provisoire.

Trois hommes soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la fourniture d’armes à l’auteur de l’attentat du 14 juillet à Nice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, ont été mis en examen vendredi 16 décembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour l’un et de complicité d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour les deux autres.

Ces trois hommes, âgés de 24 ans, 31 ans et 36 ans, avaient été interpellés lundi à Nice en compagnie de sept autres personnes qui ont été depuis remises en liberté. Un autre homme arrêté à Nantes a également été relâché.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, avait foncé à bord d’un poids lourd dans la foule, massée sur la promenade des Anglais à Nice, pour le traditionnel feu d’artifice du 14 juillet, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400. Il avait ouvert le feu sur des policiers avant d’être abattu.

Dès les début des investigations, les enquêteurs se sont penchés sur les traces, téléphoniques notamment, laissées par le tueur, qui ont permis d’interpeller une première série de suspects.

Six mises en examen

Depuis, six personnes ont déjà été mises en examen dans cette enquête. Parmi eux, un couple d’Albanais, Artan Henaj et Enkeledja Zace, et un Franco-Tunisien de 21 ans, Ramzi Arefa, suspectés d’avoir fourni un pistolet au tueur, sans avoir forcément connaissance de son projet. Les trois hommes mis en examen vendredi sont liés à des degrés divers à ces suspects.

L’homme de 31 ans, né en Tunisie, est soupçonné d’avoir joué le rôle d’intermédiaire entre le couple d’Albanais et Ramzi Arefa, a indiqué une source proche de l’enquête. En garde à vue, Ramzi Arefa avait affirmé avoir été mis en contact avec Artan Henaj par l’intermédiaire de ce trentenaire.

L’homme de 24 ans, né en Albanie, et cousin d’Artan Henaj, est lui suspecté d’être impliqué dans une transaction liée à une kalachnikov.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 17/12/2016

L’interpellation de personnalités dans ce qui est présenté par Madrid et Paris comme une opération franco-espagnole contre l’organisation séparatiste basque ETA provoque un imbroglio.

Cinq personnes ont été arrêtées et des armes ainsi que des explosifs saisis vendredi 16 décembre à Louhossoa près de Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques lors d’une opération conjointe de la police française et de la Guardia Civil espagnole.

Parmi les cinq personnes interpellées figurent notamment le dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d’agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnan, coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, et une journaliste Béatrice Haran-Molle. Contrairement à de premières informations, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, l’avocat Michel Tubiana, n’a pas été arrêté.

L’opération policière, sur commission rogatoire du Parquet anti-terroriste à Paris, a été menée par des enquêteurs de la police judiciaire française, notamment de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), de la Brigade recherches et d’intervention (BRI) de Bayonne et des policiers de l’unité d’élite du Raid, assistés de policiers de la Guardia Civil espagnole.

Les cinq personnes ont été interpellées dans la grande maison, isolée. Au cours d’une perquisition, “une importante saisie d’armes, d’explosifs et de munitions” a été réalisée, indique le ministère français de l’Intérieur.

Pour les gouvernements français et espagnols, “l’interpellation de cinq individus en relation avec l’organisation terroriste ETA” est “un nouveau coup dur porté à ETA”, comme l’a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Bruno Le Roux, dans un communiqué, tout en se félicitant “d’une excellente coopération entre les services et avec les autorités espagnoles”.

📌 @BrunoLeRoux félicite l’intervention des policiers de Bordeaux qui ont interpellé 5 individus en relation ac l’organisation terroriste ETA pic.twitter.com/B9h9Y650LT

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 17 décembre 2016

Un appel à manifester

Toute autre est l’interprétation fournie dans les milieux nationalistes basques. Le site en ligne Mediabask, proche du quotidien basque espagnol Gara qui exprime parfois les positions d’ETA, publie ainsi une lettre que lui ont adressé Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin, affirmant qu’ils avaient décidé “d’enclencher le processus de désarmement de l’organisation armée et procéder à la destruction d’un premier stock d’armes”. Ce stock “correspond à environ 15 % de l’arsenal d’ETA”.

Tous trois justifient leur action par leur volonté de “contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque”. Plusieurs mouvements nationalistes considèrent que “les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes” et appellent à une riposte dans une manifestation prévue samedi à 16 heures à Bayonne.

Arrestations désarmement ETA. Une centaine de militants sont rassemblés depuis 22h @franceinfopic.twitter.com/VD16IE7gtS

— Bleu Pays Basque (@Bleu_Basque) 17 décembre 2016

Au nom de sa lutte pour l’indépendance du Pays Basque et de la Navarre, ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté) a mené une campagne d’attentats qui a causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises, les années 1980 ayant été les plus sanglantes.

En octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n’a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre. ETA réclame pour cela une négociation avec les États espagnol et français sur le sort de ses quelque 400 membres détenus dans ces deux pays, ce que Madrid et Paris refusent.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 17/12/2016