Archive for December 20th, 2016

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L’agence de cyber-sécurité américaine White Ops a révélé l’existence de Methbot, une vaste opération d’escroquerie publicitaire, permettant à des hackers russes de gagner plus de 3 millions de dollars par jour. Explications.

White Ops tire la sonnette d’alarme. La firme de cyber-sécurité américaine spécialisée dans la fraude publicitaire a dévoilé, mardi 20 décembre, l’existence d’un vaste système d’escroquerie monté par des hackers russes. En créant de faux sites, alimentés par un faux trafic, le réseau Methbot génèrerait jusqu’à cinq millions de dollars par jour.

“Nous n’avons jamais vu ça”, affirme Michael Tiffany, le cofondateur et PDG de White Ops. “Methbot élève la fraude publicitaire à un tout nouveau niveau de sophistication et d’échelle.”

Une opération minutieuse

Comme l’explique le New York Times, l’opération Methbot – nommée ainsi en référence à la drogue meth dans son code – a utilisé des centaines de serveurs disséminés aux États-Unis et aux Pays-Bas pour générer un trafic fictif. Elle a ainsi pris le contrôle de plus de 500 000 millions d’adresses IP auxquelles les opérateurs ont attribué différents fournisseurs Internet pour brouiller les pistes.

À chacune de ces adresses IP, les hackers ont également attribué des bots, des programmes conçus pour imiter les habitudes de navigation d’un humain, qui avaient pour directive de charger des pages Web et des vidéos rémunérées par des publicités payées au prix fort par des annonceurs. “Les bots vont lancer et arrêter une vidéo, comme le ferait n’importe quelle personne, ils vont aussi bouger la souris et cliquer”, explique Michael Tifffany dans le journal américain.


© White Ops

Le Wall Street Journal rapporte que, pour gagner de l’argent grâce à cette armée de faux internautes, les opérateurs russes ont piégé des annonceurs en se faisant passer pour 6 000 sites de premier plan : des médias tels que CNN et Fox News, des réseaux sociaux comme Facebook ou encore des sites de marques comme Pokémon.

“Il faut comprendre que le marché de la pub sur Internet est en phase d’automatisation. Aujourd’hui, on est dans de la publicité programmatique, la plupart des opérations sont dématérialisées, déshumanisées”, explique à France 24 Yann Le Roux, le directeur général d’Integral Ads Science France, un institut qui quantifie et protège de la fraude les acteurs du marché publicitaire. “Plus ce marché s’automatise, plus il se complexifie et peu d’opérateurs en possèdent une compréhension de bout en bout. Paradoxalement, cela laisse de la place à des malins pour se glisser dans des interstices du système.”

“Ces malins vont se déclarer – faussement d’ailleurs – comme éditeurs en affirmant vouloir vendre de la pub. On fait cette déclaration sur les plateformes programmatiques mais dans la plupart des cas, il n’existe aucune vérification des déclarations. On peut se décrire comme France 24 et déclarer une toute autre URL. Dans le jargon, on appelle ça ‘l’URL spoofing’.”


© White Ops

En se donnant la peine d’imiter des sites qualitatifs, les hackers russes ont bénéficié de tarifs plus élevés du secteur de la publicité : 13 dollars pour 1 000 vues sur une vidéo. Au total, White Ops a estimé le jackpot perçu par les opérateurs à 180 millions de dollars (172 millions d’euros), depuis que l’entreprise a repéré l’opération en septembre 2015.

Cette fraude représente un énorme manque à gagner pour les publicitaires. L’argent investi en publicité n’a aucune retombée car ce ne sont pas des humains qui y sont exposés. Les robots n’ont en effet que peu de chances d’être pris de fièvre acheteuse à la vue d’une réclame. Enfin, pour parfaire la manœuvre et ne pas éveiller les soupçons, les escrocs renvoyaient aux annonceurs des chiffres vraisemblables.

White Ops explique avoir repéré cette arnaque dès septembre 2015 et l’a depuis surveillée de près. Les montants détournés par Methbot ayant commencé à prendre des proportions énormes depuis octobre, l’entreprise américaine a pris la décision de rendre mardi ses travaux publics pour combattre efficacement l’opération. Elle a ainsi décidé de publier une liste complète des fausses adresses et des domaines concernés pour que les réseaux publicitaires et d’autres entreprises de détection de fraudes puissent agir en conséquence.

Un risque majeur pour l’industrie

Selon un rapport de l’Association of National Advertisers, la fraude publicitaire mondiale aura coûté 7,2 milliards de dollars aux annonceurs en 2016. Ces experts américains estiment qu’entre 10 % et 30 % des publicités en ligne sont sujettes à des pratiques frauduleuses.

Cette situation a conduit l’IAS à produire un livre blanc sur le sujet à destination de toutes les parties prenantes de l’industrie. En France, elle estime que 6,1 % des impressions qu’elle mesure, c’est-à-dire une page chargée, proviendraient de fraudes.

Ce secteur bien particulier de la cybercriminalité profite de l’explosion des revenus de la publicité en ligne. En effet, depuis cette année, les chiffres d’affaires de celle-ci dépassent ceux de la télévision sur les marchés matures, si on en croit le seizième rapport de l’Observatoire de l’e-pub SRI

Même si les entreprises de sécurité ne communiquent pas systématiquement leurs trouvailles pour éviter de donner une longueur d’avance aux fraudeurs, ce genre de fraudes publicitaires est régulièrement détecté. En mai 2016, l’IAS avait communiqué sur Poweliks, un bot qui avait infecté environ 200 000 machines et aurait été capable de générer 300 000 dollars par jours. En octobre dernier, elle livrait ses conclusions sur Avereen, un bot similaire.

Méconnue, la fraude publicitaire n’en reste pas moins lucrative et est en plein boom. Pour Yann Le Roux, “c’est un business colossal pour plusieurs raisons : la taille très importante du gâteau du marché publicitaire sur Internet qui est en pleine croissance. Les fraudeurs suivent l’argent. La deuxième motivation, c’est le ratio bénéfices/risques qui est favorable puisque le risque est nul. […] Et même quand il y a une loi, il y a jamais eu de procès.”

Première publication : 21/12/2016

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a présenté mercredi en Conseil des ministres un projet de loi visant à assouplir les règles de la légitime défense. Une mesure réclamée depuis longtemps par les syndicats de police.

C’est une revendication défendue de longue date par les syndicats de police et les policiers sur le terrain : la réforme de la légitime défense. Après les manifestations de cet automne, consécutives l’agression au cocktail Molotov de quatre agents de police le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon (Essonne), la polémique avait été relancée. Ce projet de loi annoncé fin novembre par le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve, a été présenté en Conseil des ministres mercredi 21 décembre par son successeur Bruno Le Roux.

Reconnaître la particularité du métier

Le texte vise à aligner le régime des policiers sur celui des gendarmes. Jusqu’ici, les forces de l’ordre étaient soumises aux mêmes règles qu’un citoyen lambda. Alors que les gendarmes, par leur statut de militaire, peuvent faire feu sans sommation pour se protéger.

Interrogé par le quotidien Le Figaro, Frédéric Lagache, du syndicat de police majoritaire Alliance, estime qu’il “est anormal que les policiers soient soumis aux mêmes règles qu’un simple citoyen alors qu’ils sont formés à l’usage de leur arme et se trouvent confrontés tous les jours à la violence de la rue”.

Si le projet de loi est adopté par le Parlement début janvier, les policiers auront l’autorisation de tirer, après sommation, dans quatre situations déterminées : face à la menace des personnes armées, s’il s’agit de la seule solution pour défendre un terrain, un poste ou des personnes, si c’est la seule solution pour stopper une personne qui menace des vies, et lorsqu’ils ne peuvent arrêter autrement un véhicule en fuite. Le texte sera néanmoins conditionné au respect des principes d’ “absolue nécessité” et de “stricte proportionnalité” comme l’exige la Convention européenne des droits de l’Homme.

Dans un communiqué publié le 20 décembre, le syndicat des cadres de la sécurité intérieure salue le texte et rappelle qu’il mène ce “combat (depuis) plus de 15 ans (…), pour que le pragmatiste et la raison l’emportent sur les conservatismes”.

Le projet de loi prévoit également un élargissement des conditions d’identification par le seul numéro de matricule dans les procédures pénales. Il s’agit de préserver l’anonymat des enquêteurs, autre revendication des syndicats policiers et des manifestants. En outre, il permettra de faire passer les peines pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique de six mois à un an de prison et de 7 500 à 15 000 euros d’amende. Ces peines seront même portées à deux ans et 30 000 euros d’amende dès lors que les faits sont commis en réunion. Elles seront ainsi alignées sur celles qui sont encourues en cas d’outrage à magistrat.

Un projet de loi critiqué

Avec ce nouveau projet de loi, certains dénoncent un “permis de tuer” accordé aux policiers alors que d’autres font état d’une réforme inutile. Jean-Claude Delage, du syndicat Alliance, se défend à l’AFP : “On veut que demain nos collègues aient l’esprit clair à ce sujet, sans pour autant leur donner le permis de tuer”.

De son côté, Maître Eolas, avocat très suivi sur les réseaux sociaux, explique sur son blog qu’en “tout état de cause, s’il y a mort d’homme, une instruction judicaire mené par un juge d’instruction est inévitable (…), et il y aura discussion sur les circonstances exactes de l’usage de la force pour savoir si cet usage était nécessaire (…)”. Selon l’avocat, en plus d’être inutile, cette mesure est pernicieuse. “Voter une telle disposition envoie un mauvais message” insiste-t-il. “Celui qu’on leur fait une confiance aveugle, et qu’ils sont les seuls juges de la violence à employer. C’est inacceptable dans une société démocratique et un État de droit” poursuit Maître Eolas.

Avec AFP

Première publication : 21/12/2016

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Volkswagen a conclu un accord avec les autorités américaines sur un plan d’indemnisation des quelque 80 000 voitures diesel toujours concernées par le scandale des moteurs truqués aux États-Unis, a annoncé, mardi, le juge en charge du dossier.

Volkswagen a conclu un accord aux États-Unis pour racheter ou réparer environ 80 000 véhicules diesel des marques VW, Porsche et Audi équipés de moteurs 3,0 litres dépassant les seuils autorisés de pollution, a annoncé, mardi 20 décembre, un juge fédéral américain à San Francisco.

Ce dernier, Charles Breyer, a aussi déclaré que l’équipementier allemand Robert Bosch était parvenu à un accord de principe pour mettre fin aux poursuites civiles engagées par des propriétaires de véhicules diesel aux États-Unis.

C’est le deuxième accord signé par Volkswagen aux États-Unis après celui, conclu en juin, à plus de 15 milliards de dollars, portant sur 475 000 véhicules diesel 2,0 litres concernés par la manipulation des tests sur leurs émissions polluantes aux États-Unis.

Un accord sur les véhicules électriques avec la Californie

Charles Breyer a précisé que les propriétaires de véhicules diesel 3,0 litres recevraient une “indemnité importante” pour la réparation de leur voiture mais que certaines questions restaient à régler.

Le département américain de la Justice a annoncé, de son côté, que le constructeur allemand avait accepté de verser 225 millions de dollars supplémentaires à un fonds de lutte contre les émissions excessives des moteurs diesel. Par ailleurs, la Californie a affirmé que Volkswagen s’était engagé à vendre en moyenne 5 000 véhicules électriques par an dans cet État d’ici 2020.

Une porte-parole de Volkswagen, Jeannine Ginivan, a déclaré que cet ensemble d’accords constituait “une étape importante de plus dans nos efforts pour rectifier la situation pour nos clients”.

Avec Reuters

Première publication : 21/12/2016

De la mort de David Bowie au renoncement de François Hollande en passant par le Brexit et l’élection de Donald Trump, 2016 fut l’année des surprises et des rebondissements. Retour en 16 unes sur une actualité que personne n’avait prédit.

Qui, au début de l’année, aurait parié sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, sur la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, sur l’attribution d’un Nobel à Bob Dylan ou sur le renoncement de François Hollande ? Personne ou presque. Pas les médias en tous cas dont on fustige aujourd’hui l’incapacité à anticiper les grands bouleversements du monde.

Déconnectée la presse ? Déstabilisée sûrement. À défaut de les avoir prédits, les journaux ont accompagné les événements marquants de cette année écoulée pleine de surprises, de contre-pieds et de contre-temps. Retour sur les 16 unes de la presse française et internationale qui ont fait 2016.

• David Bowie rejoint les étoiles – 10 janvier


© The Guardian

La nouvelle tombe brutalement le 10 janvier sur le site officiel de l’artiste : “David Bowie est décédé paisiblement aujourd’hui entouré par sa famille après une courageuse bataille de 18 mois contre le cancer”. Pour célébrer son 69e anniversaire, la légende du rock venait tout juste de sortir un album studio appelé “Blackstar”. La sienne, d’étoile, brillera toujours. L’homme aux 1 001 visages laisse derrière lui une œuvre magistrale qui a traversé les périodes les plus fastes du rock’n roll.

>> Revoir notre revue de presse : “L’homme-étoile”


Comme un mauvais sort jeté sur 2016, l’année écoulée aura vu s’éteindre plusieurs monstres sacrés de la musique anglo-saxonne. Le 21 avril, le vénéré Prince est retrouvé mort dans ses studios d’enregistrement du Minnesota. Compositeur et multi-intrumentiste aussi exigeant qu’exigé, “His Purple Majesty” avait, à 57 ans, une quarantaine d’albums à son actif. Plus de six mois après, le 7 novembre, Leonard Cohen tire sa révérence à l’âge de 82 ans. À l’instar de David Bowie, le chanteur et poète canadien avait sorti, quelques jours plus tôt, un dernier album,”You Want it Darker”.

>> Revoir nos revues de presse : “La mort d’un Prince” et “Adieu au poète de Montréal”

• Attentats de Bruxelles – 22 mars


Quatre jours après l’arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos des attentats du 13 novembre à Paris, la capitale belge est frappée par trois attaques-suicides à la bombe : deux à l’aéroport de Bruxelles et une troisième dans un métro se dirigeant vers la station Maelbeek, dans le quartier européen. Bilan : 32 morts. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier jamais commis en Belgique. L’enquête révèlera que c’est la même cellule du groupe État islamique (EI) qui a préparé et commis les attentats de Paris et ceux de Bruxelles.

>> Revoir notre revue de presse : “Tenir bon”

• Mort de Mohamed Ali – 3 juin


Il volait comme un papillon et piquait comme une abeille. Après avoir lutté durant plus de 30 ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali succombe d’une pneumonie à l’âge de 74 ans. À l’annonce de son décès, sportifs, célébrités et responsables politiques du monde entier rendent hommage au plus grand des boxeurs américains. Plus qu’un athlète, “The Greatest” était une icône. Sa personnalité, sa verve, ses engagements politiques et religieux lui avait offert une notoriété au-delà des rings. Un homme qui a “secoué le monde” et “s’est battu pour ce qui était juste”, selon les termes de Barack Obama.

>> Revoir notre revue de presse : “Il était un roi”

• Le parcours des Bleus à l’Euro-2016


Un seul but d’Eder et ce sont les rêves de tout un pays qui s’effondrent. Au terme d’une finale assez terne, le Portugal a remporté, le 10 juillet, l’Euro-2016 de football face à des Bleus séduisants (1-0). Mais le public français retiendra surtout de la compétition la victoire des hommes de Didier Deschamps en demi-finale contre l’Allemagne, la bête noire de l’équipe de France (2-0). “L’extase”, titrait alors le journal L’Équipe. C’était peu de le dire.

>> Revoir notre revue de presse : “Plus bleue la vie !”

• Le Royaume-Uni divorce de l’Europe – 23 juin


Avis de tempête sur l’Europe. Au terme d’une âpre campagne entre les pro et les anti-Brexit, les Britanniques se prononcent, par voie référendaire, en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Première conséquence directe du vote, l’eurosceptique Theresa May remplace David Cameron à Downing Street. Chef de file du camp pro-Brexit, le bouillonnant Boris Johnson, qui a refusé la tête du gouvernement, prend le ministère des Affaires étrangères.

Premier gros choc politique de 2016, la victoire du “out” ouvre en tous cas une période d’incertitude pour le Vieux Continent, de plus en plus affaibli sur la scène internationale. D’autant que les négociations en vue du départ définitif de Londres devraient prendre du temps…

>> Revoir notre revue de presse : “En fait, on ne voulait pas vraiment dire ‘partir'”

• Attentats de Nice – 14 juillet


Huit mois après les attentats qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis, la France est de nouveau la cible du terrorisme islamiste. Lors des festivités du 14-Juillet à Nice, un poids lourd fonce sur la promenade des Anglais, où des milliers de personnes sont venues assister au traditionnel feu d’artifices. L’attaque, revendiquée deux jours après par l’EI, fait 86 morts et 434 blessés. L’image des corps jonchant le bord de mer niçois fait le tour du monde.

L’enquête démontrera que l’auteur du massacre n’était pas un “loup solitaire” mais avait bénéficié de complicités. Sur le plan politique, responsables locaux et gouvernement se rejettent la responsabilité des dysfonctionnements sécuritaires. À moins d’un an de la présidentielle, la menace terroriste, la place de l’islam dans la société et la question de l’identité s’imposent dans le débat public français.

>> Revoir notre revue de presse : “L’hommage aux victimes de Nice”

• Coup d’État raté en Turquie – 15 juillet


Dans la nuit du 15 au 16 juillet, un groupe des Forces armées turques tente, à Ankara et Istanbul, de faire chuter le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. Sur la chaîne CNN Türk, qui le contacte par téléphone, ce dernier mobilise ses partisans, qui parviennent à faire échouer le putsch. Le président turc accuse l’opposant Fethullah Gülen, exilé aux États-Unis, d’être derrière la tentative de coup d’État. S’ensuit une vague d’arrestations dans les rangs de l’armée mais aussi au sein des médias et de l’ensemble des institutions publiques. Avec cette purge de masse, le président assoit définitivement son autorité sur le pays. Pour les médias internationaux, Recep Tayyip Erdogan n’est ni plus ni moins que le nouveau sultan turc.

>> Revoir notre revue de presse : “Erdogan sauvé par ses partisans…. et ses opposants”

• La polémique burkini – août


À la suite de l’attentat de Nice, responsables politiques et médias s’emparent du débat sur la place de l’islam dans la société française. En pleine vacances estivales, plusieurs municipalités prennent des arrêtés pour interdire le port des vêtements religieux à la plage. La cible : le burkini. Fin août, les photos des policiers obligeant une femme à retirer son voile sur la plage de Nice provoquent consternation et indignation de la presse anglo-saxonne, qui voit de plus en plus “la laïcité à la française” comme un moyen de stigmatiser, sinon d’humilier, la minorité musulmane de France.

>> Revoir notre revue de presse : “Le débat sur le burkini ? Une pantalonnade”

• Troisième triplé olympique d’Usain Bolt – 14-19 août


Usain Bolt, roi de Rio. Après les JO de Pékin et de Londres, l’homme le plus rapide du monde décroche au Brésil son troisième triplé olympique (100m, 200m et 4x100m). Du jamais vu sur la piste. Pour l’occasion, le journal français L’Équipe célèbre la performance en se rebaptisant “L’Éclair”, surnom du sprinter jamaïcain.

>> Revoir notre revue de presse : “On veut de l’or !”

• Dilma Roussef destituée – 31 août


Deux ans après les premières révélations du scandale Petrobras, plusieurs personnalités proches de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, se voient reprocher d’être impliqués dans cette retentissante affaire de corruption. Au premier rang desquels son prédécesseur Lula da Silva, accusé de corruption et de blanchiment d’argent. Par ricochet, la présidente finit par être citée dans le scandale.

Après plusieurs mois de débats, de votes et d’esclandres parlementaires, le Sénat acte la destitution de la chef d’État. Le vice-président Michel Tremer, qui n’est pas étranger à la procédure d’impeachment, lui succède. Lui-même éclaboussé par le scandale, cet ancien avocat doit assurer l’intérim jusqu’au 1er janvier 2019. Mais son impopularité et les soupçons de corruption qui pèse également sur sa personne accentuent encore davantage la crise politique qui agite le pays.

>> Revoir notre revue de presse : “Adeus, Dilma”

• Bob Dylan, un Nobel de littérature controversé – 13 octobre


Comme pour se mettre au diapason d’une année pleine de surprises, l’Académie suédoise crée l’événement en décernant, contre toute attente, son prix Nobel de littérature à Bob Dylan. Jamais un musicien n’avait encore reçu cette récompense. Son attribution déclenche en tous cas une mini-bataille d’Hernani, certains critiques jugeant que la musique folk n’appartient pas au domaine littéraire.

Cultivant son image d’artiste tête-de-mule, le lauréat met plusieurs jours avant d’appeler l’Académie. Et annonce qu’il n’ira pas chercher son Nobel à Stockholm. Représenté par son amie Patti Smith le jour de la cérémonie, il se dit incrédule de se retrouver parmi d’aussi illustres récipiendaires que Rudyard Kipling, Ernest Hemingway ou encore Albert Camus.

>> Revoir notre revue de presse : “Dylan, un Nobel aux multiples facettes”

• L’élection de Donald Trump – 8 novembre


Ils étaient peu à avoir prédit sa victoire. Le 8 novembre, Donald Trump remporte la présidentielle américaine face à Hillary Clinton. L’élection d’un milliardaire novice en politique à la tête de la première puissance provoque un choc dans le monde entier. Pour beaucoup, elle témoigne de la défiance de plus en plus importante qu’une partie du peuple porte à l’égard des élites.

Après huit ans de présidence Obama, le succès remporté par le discours populiste – aux accents sexistes et islamophobes – du magnat de l’immobilier marque un tournant dans l’histoire des États-Unis. Et bien au-delà, tant l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est perçue comme le premier grand bouleversement de l’ordre mondial post-11-Septembre.

>> Revoir notre revue de presse : “Trump, le saut dans l’inconnu”

• Mort de Fidel Castro – 25 novembre


Il a survécu à un débarquement et à des centaines de tentatives d’assassinats ourdies par la CIA. Il a tenu tête à 11 présidents américains et à 48 années d’embargo. Décédé le 25 novembre, Fidel Castro a régné durant 50 ans sur la vie cubaine. Porté aux nues par les uns, honni par les autres, le Lider Maximo aura, pendant son règne, révélé les contradictions de l’idéologie communiste. Ainsi que celles de son ennemi américain.

Fidel Castro s’était retiré du pouvoir en 2008 mais c’est sa mort qui marque l’entrée de l’île dans une nouvelle ère. Reste à savoir ce que Donald Trump, futur locataire de la Maison Blanche, fera de l’impulsion donnée par Barack Obama en direction du rapprochement américano-cubain.

>> Revoir notre revue de presse : “La ‘castritude’ selon Ségolène Royal”

• La défaite de Sarkozy, la surprise Fillon – 20 et 27 novembre




Pour la première primaire de son histoire, la droite française a, elle aussi, déjoué tous les pronostics. Alors que les commentateurs l’annoncent en finale, Nicolas Sarkozy est éliminé dès le premier tour. Grand favori, Alain Juppé finit deuxième loin derrière François Fillon, dont la popularité avait échappé aux sondeurs. Au second tour, le duel des ex-Premiers ministres tourne à l’avantage de François Fillon, qui remporte l’investiture avec 66,5 % des voix.

Soutenu, en partie, par le mouvement anti-mariage gay la Manif pour tous, celui qui portera les couleurs du parti Les Républicains pour la présidentielle de mai 2017 incarne une droite libérale et conservatrice. Un positionnement politique qui lui vaut d’être grimé en Margaret Thatcher par le quotidien de gauche Libération. “J’aimerais bien laisser dans l’histoire une trace aussi forte que celle de madame Thatcher”, a plusieurs fois déclaré l’intéressé.

>> Revoir notre revue de presse : “François Thatcher”

• François Hollande renonce – 1er décembre


Acte de courage ou aveu d’échec ? Impopulaire et lâché par les siens, François Hollande annonce, le 1er décembre, qu’il ne briguera pas un second mandat à la tête de l’État français. La décision prend tout le monde de court. D’autant qu’aucun président de la Ve République n’avait jusqu’alors renoncé à se porter candidat à sa propre succession. Avec l’éviction de Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite, le retrait annoncé de François Hollande signe la fin d’une génération de personnalités ayant rythmé des décennies de vie politique française.

La renonciation du chef de l’État rebat, en outre, les cartes de la primaire de la gauche. Après avoir laissé entendre qu’il se jetterait dans la bataille quelle que soit la décision de François Hollande, son Premier ministre Manuel Valls officialise son entrée en course quelques jours plus tard. Au total, neuf candidats se disputeront l’investiture socialiste le 22 janvier prochain.

>> Revoir notre revue de presse : “Au revoir”

• La bataille d’Alep octobre-décembre


Engagée depuis mars 2013, la bataille d’Alep trouve son épilogue fin décembre avec la reconquête de la ville par le pouvoir syrien, appuyé par l’aviation russe et le Hezbollah libanais. Célébrée par Bachar al-Assad, la reprise de l’ancienne capitale économique du pays symbolise le désengagement des Américains sur le front syrien et l’incapacité des Européens à œuvrer dans la région. Un vide que Moscou s’est fait fort de combler en mettant le régime de Damas sous sa tutelle militaire.

Sur le terrain, le manque d’engagement de la communauté internationale se traduit par une situation humanitaire dramatique. Accusés d’avoir intentionnellement visé les populations civiles et les hôpitaux, l’armée et la Russie sont parvenus à imposer leur loi, faisant d’Alep le théâtre de guerre le plus sanglant du conflit. Bien qu’il soit impossible de dresser un décompte des victimes, on estime le nombre de morts à Alep à plusieurs milliers.

>> Revoir notre revue de presse : “Alep, autopsie, d’un échec”

Première publication : 21/12/2016