Archive for December 21st, 2016

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Airbus a confirmé, jeudi, l’achat par l’Iran de 100 avions, dont plusieurs A350, dans le cadre de la réouverture des relations commerciales entre Téhéran et les pays occidentaux. Les livraisons démarreront début 2017.

L’Iran vient de finaliser une commande de 100 avions court et long-courriers avec le constructeur européen Airbus. Téhéran a acheté 46 exemplaires de la famille de court-courriers A320, 38 long-courriers de la famille A330 et 16 exemplaires de l’A350, le dernier long-courrier d’Airbus, précise le constructeur dans un communiqué. Aucun A380 n’a été acheté comme prévu initialement.

Les livraisons démarreront début 2017, ajoute Airbus.

We have sealed an historic order with #IranAir for 100 jets: 46 #A320 Family, 38 #A330 Family & 16 #A350 aircraft https://t.co/xQrX16UXhxpic.twitter.com/DL0EeS3BR0

— Airbus (@Airbus) 22 décembre 2016

Cette commande intervient dans le cadre de la réouverture des relations commerciales entre l’Iran et les pays occidentaux, près d’un an après la levée des sanctions liées à son programme d’enrichissement nucléaire.

En janvier 2016, lors de la venue du président iranien Hassan Rohani à Paris, Téhéran s’était engagé à commander 118 avions à Airbus pour un montant estimé à 22,8 milliards d’euros.

>> À lire : L’Iran passe commande de 118 Airbus pour 22,8 milliards d’euros… mais pas que

Concurrence de Boeing

Il y a environ deux semaines, c’est avec le constructeur américain Boeing que Iran Air avait signé un contrat pour l’achat de 80 appareils. Ce contrat de 16,6 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros) doit permettre le renouvellement de la flotte vieillissante d’Iran Air.

En septembre, Boeing et son concurrent européen Airbus avaient obtenu le feu vert des États-Unis pour vendre des avions neufs à l’Iran. Les deux constructeurs avaient pu entamer des négociations commerciales avec l’Iran, après l’accord sur le nucléaire de juillet 2015 avec les grandes puissances occidentales qui a allégé l’embargo économique contre l’Iran.

Avec AFP

Première publication : 22/12/2016

La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a inauguré, jeudi 22 décembre, à Tourouvre, en Normandie, la première route solaire au monde. Ce concept permet de produire de l’énergie sans exploiter les surfaces agricoles.

C’est une première mondiale. Le premier kilomètre d’une route solaire composée d’un revêtement photovoltaïque a été inaugurée, jeudi 22 décembre, dans la commune normande de Tourouvre, en présence de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal.

J’inaugure dans l’Orne la 1ère route solaire au monde : emplois, innovation technologique, #croissanceverte dans les territoires pic.twitter.com/U6jiT8GGlo

— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) 22 décembre 2016

Après le lancement des travaux en octobre, le premier kilomètre en fonctionnement de ce prototype a été raccordé au réseau électrique. Les 2 000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre vont désormais rouler pendant 1 km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée.

Éclairer une ville de 5 000 habitants

Ces 2 800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre.

La #RouteSolaire produit ! Les premiers kWh injectés sur le réseau. pic.twitter.com/KOr7bfxCJc

— Vianney Lecointre (@vianneylecointr) 22 décembre 2016

“Ce nouvel usage de l’énergie solaire permet de profiter des grandes surfaces d’infrastructures routières, déjà utilisées aussi bien par les transports, voitures, vélos, piétons, pour produire de l’électricité sans mobiliser de foncier supplémentaire”, s’est félicité le ministère dans un communiqué.

Un projet à l’échelle nationale

Confiante dans cette technologie, Mme Royal a annoncé un “plan de déploiement national des routes solaires”. Ce plan se traduira par le lancement d’un “appel d’offres innovation pour encourager le développement de technologies solaires”.

“Un plan d’expérimentation de route solaire sera mené par l’État sur le réseau routier national en 2017”. Cette “première étape d’un programme de déploiement sur les 4 années à venir” se concrétisera par des aménagements nouveaux, notamment en Bretagne et dans le grand port de Marseille.

Un projet qui intéresse aussi à l’étranger

“C’est un prototype qui commence à intéresser au niveau international”, a par ailleurs précisé la ministre, jointe par téléphone par l’AFP, relevant que les Chinois, les Africains, et notamment les Marocains, ont manifesté leur intérêt lors de la COP22 en novembre à Marrakech. “C’est une idée de génie, on utilise un espace qui sert à autre chose et qui ne va pas consommer des terres agricoles dans les pays très peuplés”, a-t-elle plaidé.

Cependant, ce projet est critiqué par certains experts qui parlent de gadget à la productivité faible et qui peut se dégrader rapidement.

Avec AFP

Première publication : 22/12/2016

La tribune du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, plaidant pour une revalorisation rapide du budget de la Défense a relancé le débat sur les moyens de l’armée française, quelques mois avant l’élection présidentielle.

L’armée française a tiré sa première salve dans la campagne présidentielle par la voix de son chef d’état-major, Pierre de Villiers, dans une tribune, publiée mercredi 21 décembre, plaidant pour une hausse significative du budget militaire. En bon tacticien, le haut-gradé a choisi le terrain opportun – un quotidien d’actualité économique, Les Échos – et le moment propice : les formations politiques se mettent en rang de bataille pour l’élection présidentielle de 2017.

À quatre mois du premier tour, le général Pierre de Villiers a donc engagé le combat budgétaire en demandant de porter l’enveloppe de la Défense de 1,77 % du PIB (32,7 milliards d’euros) actuellement à 2 % du PIB (41 milliards d’euros) d’ici 2020. Cette rallonge d’un peu plus de 8 milliards d’euros est nécessaire, selon le haut-gradé, pour permettre à l’armée de régénérer ses capacités de déploiement à l’étranger tout en maintenant la crédibilité de sa dissuasion nucléaire.

A lire sur @LesEchos, la tribune de Pierre de Villiers “Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre” : https://t.co/lI5OvfCcTcpic.twitter.com/BPtUg0B0zL

— Groupe DCI (@GroupeDCI) 22 décembre 2016

“Cet effort (…) ne pourra être ni allégé ni reporté, en dépit de la complexité de l’équation budgétaire étatique prévisionnelle”, écrit le général Pierre de Villiers. Pour faire passer la pilule auprès des décideurs économiques qui lisent Les Échos, le chef d’état-major des armées sort sa calculette et avance que chaque euro investi dans la défense “représente deux euros de retombées pour l’économie nationale avec des effets de levier extrêmement puissants en matière de recherche et de développement, d’aménagement du territoire, d’emploi, d’exportations et, in fine, de compétitivité”.

Le cri d’alerte du patron de la grande muette a agité le microcosme politico-militaire français jusqu’au sommet de l’État. Tout en concédant des “efforts supplémentaires” à faire, François Hollande a déclaré que l’armée avait aujourd’hui “les ressources nécessaires par rapport à [ses] objectifs”.

Bataille de calendrier

L’enjeu crucial, aux yeux des spécialistes des affaires militaires, est de sanctuariser au plus vite le budget de l’armée dans un contexte marqué par plusieurs opérations à l’étranger et un regain de menace terroriste sur le territoire national. C’est pourquoi le général Pierre de Villiers insiste sur la date de 2020 pour atteindre les 2 % de PIB consacrés à la défense, tandis que plusieurs candidats à l’élection présidentielle – tels François Fillon et Manuel Valls – ne s’engagent à atteindre cet objectif qu’en 2025.

“Comme toujours, les militaires pensent sur le temps long. Pour changer des équipements, il faut dix à vingt ans et aujourd’hui les équipements sont usés parce qu’ils sont anciens et qu’ils sont beaucoup utilisés en opération (…) [Pierre de Villiers] pense qu’il faut le dire haut et fort avant que la bataille politique ne s’engage vraiment”, explique le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission française en Centrafrique auprès de l’ONU, sur l’antenne de FRANCE 24.

L’armée française à bout de souffle? de @antoinehasday Analyses @ElieTenenbaum@IFRI_@Marsattaqueblog@Michel_Goyahttps://t.co/lMZ9adv5e6

— Ultima Ratio – Ifri (@UltimaRatio_) 21 décembre 2016

Vu le contexte actuel, il est difficile pour les candidats à la présidentielle de ne pas caresser l’armée dans le sens du poil.

Selon l’éditorialiste et directeur adjoint du Figaro Yves Thréard, la tribune ouverte de Pierre de Villiers vise ainsi à mettre sous pression François Fillon – dont il a été le chef de cabinet militaire à Matignon – pour obtenir que le candidat de la droite s’engage ouvertement à avancer la revalorisation du budget de l’armée.

Du côté de la gauche, l’ex-premier ministre Manuel Valls a pris un ton martial, mercredi sur Europe 1, pour donner raison au chef d’état-major des armées tout en glissant qu’il campait sur son calendrier initial de 2025.

Pour l’heure, seule Marine Le Pen est donc rentrée dans le rang en promettant une revalorisation immédiate du budget de la Défense, avec l’objectif de le porter à 3 % du PIB en 2022. Et, pour enfoncer le clou à quelques jours de Noël, la patronne du Front national a promis de commander un deuxième porte-avions si elle était élue présidente.

Huit milliards pour quoi faire ?

Le chef d’état-major des armées parle dans sa tribune du “prix de la paix” pour appuyer sa demande. Et si la Défense n’obtient pas sa rallonge de huit milliards d’euros d’ici 2020, c’est effectivement une véritable guerre budgétaire interne qui menacera l’institution militaire française, sommée d’arbitrer entre plusieurs programmes clefs concurrents.

Là aussi, le haut-gradé a tiré le premier en insistant dans sa tribune sur la sanctuarisation de l’arme nucléaire. Évoquant “l’indispensable crédibilité de la dissuasion nucléaire”, le général Pierre de Villiers souligne l’importance de la force de frappe française dans un contexte marqué par le retour militaire de la Russie et les incertitudes d’une présidence Trump aux États-Unis.

“Pour être soutenable, l’effort doit être lissé sur les quinze prochaines années ; il en va de la cohérence de notre défense au moment du retour des États puissances. Différer cette décision acterait, en réalité, un véritable renoncement”, affirme le chef d’état-major des armées.

Le débat de France 24: l’armée française a t-elle besoin d’une rallonge budgétaire?

Un “renoncement” qui est n’envisagé que par une petite minorité de parlementaires, mais qui pourrait prendre de l’ampleur si la menace terroriste actuelle continuait à prendre le pas sur les conflits interétatiques traditionnels.

“Je ne suis pas sûre que l’arme nucléaire soit la plus utile pour lutter contre le terrorisme, pour lutter face à certains enjeux de sécurité que nous avons aujourd’hui”, affirmait ainsi Leila Aïchi, sénatrice et vice-présidente de la commission des forces armées, dans l’émission le débat sur FRANCE 24. “Donner plus à l’arme nucléaire, c’est de l’argent en moins pour les soldats et pour le renouvellement du matériel dont nous avons besoin”, conclut la femme politique, qui en appelle au partage des dépenses militaires avec l’Union européenne.

Sans rallonge budgétaire, le financement de l’arme nucléaire va donc peser de plus en plus lourd sur le budget de la Défense.

“Si nous restons dans les limites actuelles, qu’est-ce qui sera sacrifié ? Le reste, c’est-à-dire qu’on aura peut-être du personnel mais on n’aura plus l’équipement nécessaire”, affirme ainsi le général Dominique Delort sur l’antenne de FRANCE 24.

Une telle disette budgétaire ne manquerait pas de relancer les critiques sur le ratio coût / efficacité de l’opération Chammal, lancée en 2014 en Irak et en Syrie contre l’organisation État islamique. Une intervention dont un ancien colonel de marine estimait en septembre 2016 qu’elle coûtait environ 1 million d’euros par combattant ennemi tué.

Première publication : 22/12/2016

Le Canard enchaîné a révélé mercredi que les services de renseignement américains s’intéressent aux liens financiers et politiques existant entre le Front national de Marine Le Pen et la Russie, qui pourrait chercher à influencer le scrutin.

Et si Moscou jouait un rôle dans l’élection présidentielle française en 2017 ? Les liens entre la France et la Russie font déjà l’objet d’un débat depuis que plusieurs candidats, François Fillon et Marine Le Pen en tête, ont prôné un rapprochement stratégique avec le président russe Vladimir Poutine. C’est désormais une éventuelle interférence de la Russie dans la campagne présidentielle des prochains mois qui attire l’attention, y compris aux États-Unis.

Le Canard enchaîné du 21 décembre révèle en effet que Mike Turner, un parlementaire américain membre du comité sur le renseignement de la Chambre des représentants, a écrit au patron du renseignement américain pour lui demander d’enquêter sur les liens entre le Front national et la Russie. Dans sa lettre, dont certains passages sont publiés par le journal hebdomadaire satirique, plusieurs éléments sont évoqués, dont le prêt de 9,8 millions de dollars qu’a reçu en 2014 le FN en provenance d’un établissement bancaire russe et la recherche auprès de banques russes du financement, à hauteur de 30 millions de dollars, de la campagne du FN pour la présidentielle et les législatives.

>> À voir : Le Front national, ami indéfectible de la Russie de Poutine

Si Marine Le Pen a affirmé au Lab d’Europe 1, mercredi, qu'”aucun prêt n’a été pour l’instant contracté”, la candidate du Front national à l’Élysée ne dément pas vouloir trouver des fonds en Russie, au contraire. “Il n’est un secret pour personne que nous cherchons dans le monde entier une banque susceptible de nous prêter pour la présidentielle puisqu’aucune banque française n’a répondu positivement à notre demande”, a-t-elle ajouté.

Les craintes de Mike Turner portent bien évidemment sur les contreparties que pourrait attendre la Russie en échange de son aide financière. Voir Marine Le Pen devenir présidente de la République favoriserait un rapprochement politique entre Paris et Moscou. La patronne du Front national a fait de l’alliance avec la Russie l’un de ses propositions principales en matière de politique étrangère. Et dans une interview au média pro-Kremlin RT News, en mai 2016, elle déclarait notamment qu’elle pourrait “reconnaître la Crimée comme russe” en cas d’élection.

Les partis politiques potentiellement visés par des cyberattaques électorales

Le sujet de l’interférence russe dans les élections est particulièrement sensible aux États-Unis. Mi-décembre, la CIA et le FBI ont affirmé que la Russie s’était immiscée dans le processus électoral américain pour aider Donald Trump à gagner en fournissant au site WikiLeaks des emails piratés sur les comptes de l’ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du parti démocrate. À la différence de l’ancienne secrétaire d’État, le futur président américain, Donald Trump, n’avait pas caché, durant la campagne, sa volonté de travailler étroitement avec Vladimir Poutine.

Or il semblerait que des actions similaires soient à craindre pour les candidats français à l’élection présidentielle. À l’image du patron des services secrets extérieurs allemands qui avait mis en garde en novembre, à moins d’un an des élections législatives outre-Rhin, contre une multiplication des piratages informatiques en provenance notamment de Russie, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), Guillaume Poupard, souligne que les cyberattaques ne se cantonnent plus au secteur économique. “Il y a des attaques numériques pour faire de la politique, dont le but est d’influencer” l’opinion, a-t-il déclaré, mercredi 21 décembre, lors d’un point presse.

>> À lire : Sur le piratage russe de la présidentielle américaine, “Obama a en réalité peu d’options”

Pour éviter un scénario à l’américaine, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), auquel l’Anssi est rattachée, a donc organisé un séminaire avec les partis politiques, fin octobre, pour les sensibiliser aux cyberattaques électorales.

“Nous avons mis en garde” les partis français, leur “avons expliqué quels sont les sujets de préoccupation pendant une campagne électorale et montré les bonnes pratiques”, a affirmé mercredi Louis Gautier, secrétaire général de la SGDSN.

Trois risques majeurs sont identifiés : la captation de données numériques comme les fichiers électoraux, les risques d’interférence dans le processus électoral et le “risque réputationnel”, comme dans le cas de la publication d’emails d’Hillary Clinton.

Tous les partis présents au Parlement ont été conviés à ce séminaire de la SGDSN. “Pour certains, c’était une piqûre de rappel, pour d’autres un éveil”, a expliqué Louis Gautier. Seul le Front national n’a pas jugé bon d’y assister.

Première publication : 22/12/2016

L’année 2016 aura été, une fois de plus en Europe, marquée par l’actualité sur la crise migratoire. De l’accord UE-Turquie jusqu’au démantèlement de la “jungle” de Calais, France 24 revient sur les événements marquants de ces 12 derniers mois.


© AFP

Janvier 2016 : Nouvel An à Cologne. Près de 1 200 femmes sont agressées dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2016. Tous les regards se tournent vers les réfugiés syriens, à tort. L’enquête a démontré, quelques semaines plus tard, que les agressions n’étaient pas le fait de migrants tout juste débarqués de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan mais principalement d’Algériens et de Marocains installés en Allemagne depuis au moins un an.


© AFP

Mars 2016 : La justice turque a condamné à quatre ans de prison les deux passeurs syriens qui avaient transporté le petit Aylan Kurdi, âgé de trois ans, et plusieurs dizaines d’autres migrants vers la Grèce, dans une embarcation de fortune. La photo du petit garçon, dont le corps a été retrouvé échoué sur une plage en Turquie en septembre 2015, avait fait le tour du monde et suscité une vague d’indignation planétaire, six mois plus tôt.


© Sarah Leduc

Mars 2016 : Accord Union européenne-Turquie. Ce pacte était censé endiguer la crise des migrants. La principale mesure du projet prévoit que tous les nouveaux migrants arrivant en Grèce à partir du 20 mars seront renvoyés vers la Turquie. Et pour chaque migrant syrien refoulé, les Européens accueilleront un Syrien d’un camp de réfugiés. C’est le principe du “un migrant renvoyé, un migrant accueilli”. En contrepartie de son implication, la Turquie obtient une relance de ses négociations d’adhésion à l’Union européenne.

>> Les Grecs face aux migrants : les poches vides, le cœur gros


© Mehdi Chebil

Mars 2016 : Face aux conditions insalubres dans lesquelles vivent des milliers de migrants entassés dans le bidonville du Basroch, à Grande-Synthe (Nord de la France), Médecins sans frontières annonce en début d’année la création du premier camp de réfugiés conforme aux normes internationales fixées par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) dans l’Hexagone. Ce campement, appelé La Linière, ouvre ses portes à quelques kilomètres de Calais. Sa capacité d’accueil est de 1 500 personnes. L’État français en a depuis repris le contrôle dans le but, à terme, de le fermer.

>> La boue au ventre ces milliers migrants pris au piège à Grande-Synthe


© Sarah Leduc

Avril 2016 : Suite à l’accord UE-Turquie, le centre d’enregistrement (“hot spot”) de Moria, sur l’île de Lesbos, en Grèce, devient un centre de rétention. Cet ancien camp militaire avait été utilisé pour la première fois en septembre 2013 comme camp d’enregistrement. Avant le mois d’avril, les réfugiés enregistrés y étaient accueillis le temps d’obtenir un laisser-passer leur permettant de continuer leur périple vers le continent. Près de 5 000 migrants y sont aujourd’hui enfermés.


© AFP

Mai 2016 :Évacuation du camp sauvage d’Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne où s’entassaient près de 8 500 migrants piégés après la fermeture de la frontière de la Macédoine, quelques mois auparavant. Au plus fort de sa capacité, ce campement insalubre comptait près de 15 000 personnes.


© AFP

Octobre 2016 : Démantèlement de la “jungle” de Calais par laquelle transitaient des milliers de réfugiés, dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni. Les quelques 7 000 migrants peuplant le campement ont été évacués en une semaine du bidonville le plus connu de France. Ils ont été répartis dans les différents centres d’accueil (CAO) mis en place dans l’ensemble des régions françaises.


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Novembre 2016 :Le premier camp de réfugiés à Paris ouvre ses portes. L’objectif : lutter contre les campements sauvages qui avaient essaimé dans plusieurs quartiers du nord de la capitale depuis un an. Il peut accueillir jusqu’à 400 personnes pour une durée de 5 à 10 jours. Situé dans l’ancienne gare Dubois, dans le 18e arrondissement, ce camp n’est pas destiné à se pérenniser. Il est une alternative face à la saturation des centres d’hébergement actuels : centres d’accueil et d’orientation (CAO), centres d’accueil pour les demandeurs d’asile (Cada). Un deuxième campement réservé aux femmes et aux enfants devait ouvrir à la fin de l’année à Ivry-sur-Seine, en proche banlieue parisienne.


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Décembre 2016 :Deux passeurs, un Tunisien et un Syrien, ont été condamnés par la justice italienne pour leur responsabilité dans le naufrage d’un chalutier en avril 2015. Le premier a écopé de 18 ans de prison ferme, le second de 5 ans. Près de 800 personnes étaient mortes noyées ce jour-là. Seules 28 personnes avaient survécu. Il s’agit de la “pire hécatombe jamais vue en Méditerranée”, a déclaré aux télévisions italiennes Carlotta Sami, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en Italie.

Première publication : 22/12/2016