Archive for December 27th, 2016

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Le gendarme américain de la Bourse, la SEC, a accusé trois traders chinois d’avoir piraté des cabinets d’avocats américains afin d’obtenir des informations confidentielles qui leur ont permis de gagner quatre millions de dollars en Bourse.

La Security and exchange commission (SEC) a mis fin, mardi 27 décembre, à une juteuse affaire menée par trois traders et pirates informatiques chinois qui leur avait rapporté plus de quatre millions de dollars en moins de deux ans, d’après le département de la Justice américain.

Le gendarme américain de la Bourse a accusé Iat Hong, Bo Zheng, et Hung Chin de s’être introduit dans les serveurs d’au moins sept cabinets américains d’avocats pour voler des informations confidentielles sur des opérations financières en cours et en profiter en Bourse. C’est la première fois que la SEC accuse et demande l’extradition de ressortissants chinois dans une affaire de piratage et de délit d’initié.

Les trois suspects auraient volé des documents prouvant l’imminence du rachat d’une société par la multinationale informatique Intel, d’une fusion dans le secteur pharmaceutique ou encore de l’acquisition d’une société d’e-commerce par le géant américain des services postaux Pitney Bowes. À chaque fois, les traders achetaient des actions des sociétés peu avant l’annonce du mariage financier et pouvaient ensuite les revendre en dégageant un substantiel profit. Ils ont pu avoir accès à ses données en piratant les messageries électroniques des associés en charge des opération de fusion et acquisition dans ces cabinets qui travaillent avec le gratin de Wall Street.

Cent mille tentatives de piratage

Dans le cas d’Intel, en mars 2015, les trois cybercriminels ont gagné 1,4 million de dollars. Dans les deux mois qui ont précédé l’acquisition par Pitney Bowes de la société Borderfree, les trois suspects ont, à eux seuls, été responsables de 25 % de l’ensemble du volume des achats et ventes d’actions de Borderfree.

L’enquête de la SEC démontre à quel point ces ressortissants chinois étaient déterminés. Ainsi, entre août 2014 et septembre 2014, ils ont dérobé l’équivalent de 5,3 millions de pages de documentation sur les serveurs internes de l’un des cabinets d’avocats afin d’y dénicher des cibles potentielles pour leurs délits boursiers. Entre mars et septembre 2015, les suspects ont tenté de pirater plus de 100 000 fois les serveurs des différents cabinets d’avocats.

Les révélations sur cette affaire ont poussé le département américain de la Justice à ouvrir une procédure criminelle pour fraude informatique et délits d’initié contre les trois accusés. L’un d’entre eux, Iat Hong, a été arrêté à Macao, mardi 27 décembre, et les États-Unis ont envoyé une demande d’extradition aux autorités chinoises. Washington n’a pas précisé si les enquêteurs savaient où se trouvaient les deux autres auteurs présumés de ces cyberattaques.

Première publication : 28/12/2016

François Hollande a annoncé, mercredi, avoir accordé la grâce présidentielle totale à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent. Détenue près de Paris, elle a été libérée dans la soirée.

François Hollande a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, “une remise gracieuse du reliquat de sa peine d’emprisonnement”, qui “met fin immédiatement à sa détention”, a annoncé l’Élysée mercredi 26 décembre dans un communiqué.

Jacqueline Sauvage est sortie libre vers 18h30 de la prison de Réau (Seine-et-Marne), où elle était détenue pour le meurtre de son mari violent.

J’ai décidé d’accorder à Jacqueline Sauvage une remise gracieuse du reliquat de sa peine. Cette grâce met fin immédiatement à sa détention.

— François Hollande (@fhollande) 28 décembre 2016

“Le président de la République a estimé que la place de Mme Sauvage n’était plus aujourd’hui en prison, mais auprès de sa famille”, a ajouté le palais présidentiel.

L’avocate de Jacqueline Sauvage, Maitre Nathalie Tomasini, a fait par se sa vive émotion après avoir “porté ce dossier à bout de bras”. “Je suis tellement heureuse, c’est le résultat d’un an de travail acharné”, a-t-elle ajouté, confiant qu’elle était au courant de la décision mais ne pouvait pas s’exprimer car “tenue à un devoir de réserve”.

L’Élysée a précisé que le chef de l’État avait accordé sa grâce “après avis du ministre de la Justice”, saisi le 9 décembre après le rejet en appel de la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage.

Rappel : la grâce est une dispense d’exécuter la peine. Elle n’efface pas la condamnation, contrairement à l’amnistie. #Sauvage

— Mari de Mme Eolas ✏️ (@Maitre_Eolas) 28 décembre 2016

Ses filles “craignaient pour sa vie”

Dans une lettre adressée une semaine plus tôt au président, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disaient “désespérées” de ne pas avoir leur mère près d’elles, “inquiètes pour son état de santé” et “craignant pour sa vie”. Elles disaient aussi ne “plus” savoir “comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n’aboutissent pas”.

Devenue un symbole des victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage avait obtenu le 31 janvier, après une forte mobilisation, une grâce partielle du président Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant ainsi de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Hollande accusé d’agir contre l’indépendance de la justice

Cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel. La cour d’appel de Paris avait notamment estimé que la réflexion de Jacqueline Sauvage demeurait “pauvre et limitée puisqu’elle pein(ait) encore” à accéder à un “authentique sentiment de culpabilité”.

En octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l’avait été leur mère. Après le rejet de sa demande de libération conditionnelle, ses avocates avaient indiqué que Jacqueline Sauvage et sa famille renonçaient à se pourvoir en cassation.

La grâce totale accordée mercredi par François Hollande à Jacqueline Sauvage est un geste “très hypocrite”, par lequel il “piétine allègrement” sa promesse de respecter l’indépendance de la justice dans ce dossier, a réagi l’Union syndicale des magistrats.

“En accordant une grâce partielle (le 31 janvier), François Hollande avait mis en avant le respect des décisions de justice et l’indépendance des magistrats. Et quelques mois plus tard, on piétine allègrement ce que l’on avait dit”, a estimé Céline Parisot, secrétaire générale de l’USM.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/12/2016

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Facebook a déclenché son dispositif d’alerte “safety check” à Bangkok, après la publication d’un article sur une explosion dans la capitale thaïlandaise, qui remontait en réalité à 2015. Une affaire qui relance la polémique sur les “fake news”.

Facebook vient de nouveau de se prendre les pieds dans son problème récurrent de “fake news” (informations trompeuses). Cette fois-ci, le réseau social a activé par erreur son dispositif de “safety check” – qui permet aux utilisateurs de rassurer leurs amis en cas de catastrophe naturelle ou d’attentat – en Thaïlande peu après la publication d’un article sur une explosion à Bangkok, mardi 27 décembre. Pourtant, aucune bombe n’avait explosé dans la capitale thaïlandaise. Il a fallu plus d’une heure à Facebook pour désactiver le safety check.

L’alerte initiale envoyée par le réseau social était accompagnée, pour tout contexte, d’un article, intitulé “Thaïlande : une explosion secoue le cœur de Bangkok”, repris par plusieurs sites, dont le portail d’information MSN Asie de Microsoft. L’article original consistait en un simple lien qui renvoyait vers une vidéo de la BBC… mise en ligne le 17 août 2015 au sujet d’un attentat au sanctuaire hindouiste d’Erawan dans la capitale thaïlandaise.

The “source” of the @Facebook Safety Check for Bangkok: A fake news site that scrapped stuff from elsewhere…! pic.twitter.com/i6Q2k8XBxP

— Saksith Saiyasombut (@SaksithCNA) 27 décembre 2016

Balles de ping pong et pétards

Bangkokinformer.com, qui a publié cette fausse information, est un portail qui se contente de reprendre des informations glanées par ailleurs sur le Web. S’est-il trompé où s’agit-il d’une tentative de désinformation ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, il est en maintenance depuis l’incident.

Contacté par le site américain The Verge, Facebook nie s’être fait dupé par une “fake news”. Il affirme que son “safety check” s’est activé automatiquement après que “la communauté des utilisateurs et des sites tiers de confiance” ont fait circuler sur le réseau social des informations au sujet de “bombes” à Bangkok. En l’occurrence, il s’agirait d’un homme qui se tenait sur le toit d’une banque, non loin du bureau du Premier ministre, muni de balles de ping-pong chargées avec des pétards. Plusieurs publications locales ont relaté cet incident le 26 décembre faisant état de “pig pong bombs”. D’où la confusion ?

Pourtant la notification de l’activation du “safety check” renvoyait sur l’information trompeuse publiée par Bangkokinformer.com. La faute, en fait, en incomberait à l’algorithme de Facebook. Il choisit automatiquement les articles sur la base de plusieurs critères, dont la popularité, qui pourraient avoir un lien avec l’alerte. Avec plus de 500 partages, la “fake news” au sujet du vieil attentat a remporté la mise aux yeux de l’intelligence artificielle du réseau social.

Fausses news, vraies paniques ?

Un pataquès qui renvoie Facebook à ses deux principaux démons de 2016. Le réseau social a été accusé, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle américaine, de favoriser la propagation d’informations trompeuses au risque d’influencer les électeurs. Après avoir tenté de minimiser le phénomène, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a finalement accepté, le 15 décembre, de s’associer à plusieurs médias de références (ABCNews, l’agence AP ou le site FactCheck) pour traquer les fakes news.

Le réseau social a aussi été critiqué pour avoir remis l’essentiel de ses activités éditoriales entre les mains, pas si expertes, de son algorithme maison. Ce dernier a joué un rôle central dans la propagation des fausses nouvelles en échouant à plusieurs reprises à déceler les informations trompeuses et en les propulsant tout en haut du fil d’actualité d’utilisateurs de Facebook. Les critiques ont été d’autant plus acerbes, qu’une équipe de journalistes s’occupait de hiérarchiser l’information et qu’ils ont tous été licenciés en août 2016.

Le raté de Bangkok démontre que les deux problèmes actuels de Facebook – les insuffisances de son algorithme et les “fake news” – ont des conséquences sur l’ensemble de ses services. Le “safety check”, introduit en 2014, ne s’activait à l’origine qu’en cas de catastrophe naturelle. Son utilisation a été étendue lors des attentats de Paris en novembre 2015. La question qui se pose après la fausse alerte en Thaïlande est de savoir si des internautes mal intentionnés peuvent abuser de ce dispositif conçu pour prouver que Facebook peut jouer un rôle positif en temps de crise.

Première publication : 28/12/2016