Archive for January 1st, 2017

Intronisé, lundi, président du comité de soutien d’Arnaud Montebourg, l’humoriste Guy Bedos n’était pas au courant et préfère ne pas s’impliquer dans la campagne, révèle Le Figaro.

C’est ce qu’on appelle un raté. Le candidat à la primaire de la gaucheArnaud Montebourg présentait à la presse, lundi 2 janvier, son équipe de campagne. Parmi les nombreux noms présents, celui de Guy Bedos à la présidence du comité de soutien a surpris, et pas que les journalistes puisque le principal intéressé n’était pas au courant.

“Je ne veux pas être président du comité de soutien. Je ne veux pas de poste, je suis un artiste, a-t-il expliqué au Figaro. Je vais le soutenir, mais je veux rester indépendant. Je voterai pour lui, mais je ne veux pas avoir de rôle officiel dans la campagne.”

L’humoriste a reconnu en avoir “discuté” et “plaisanté” avec le candidat socialiste, mais affirme à l’AFP ne pas vouloir “de rôle officiel en politique”.

Premier point-presse de l’année.Pour certains c’est un début de campagne, pour moi c’est la dernière ligne droite. #Montebourg2017pic.twitter.com/P1GUygec42

— Arnaud Montebourg (@montebourg) 2 janvier 2017

Arnaud Montebourg a visiblement pris les blagues de son ami un peu trop au sérieux. Interrogé lundi matin sur la présence de Guy Bedos dans son organigramme, il avait répondu : “Guy Bedos a décidé de s’engager. Il est très fédérateur par son humour.”

Les deux hommes se connaissent bien. L’humoriste a d’ailleurs accompagné Arnaud Montebourg, début décembre, lors d’un voyage en Algérie.

Première publication : 02/01/2017

Le jihadiste français Nicolas Moreau a été condamné à dix ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il avait passé près d’un an et demi dans les rangs de l’organisation État islamique.

Ancien marin-pêcheur, délinquant multirécidiviste parti combattre pour l’État islamique en Syrie et en Irak, éphémère restaurateur à Raqqa, Nicolas Moreau a été condamné lundi 2 janvier à dix ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Il a refusé d’être extrait de prison pour entendre cette décision du tribunal correctionnel de Paris, conforme aux réquisitions. Il a assuré lors de l’audience avoir rompu avec les jihadistes du groupe État islamique, “une secte”, mais n’avoir fait que son “devoir de musulman” et jamais “porté préjudice à la France” en partant combattre en Syrie et en Irak dans les rangs de l’EI, entre janvier 2014 et juin 2016, date à laquelle il a été écroué en France après son arrestation en Turquie.

“Une dangerosité sociale extrême”

À l’audience du 14 décembre, le procureur avait estimé que Nicolas Moreau présentait une “dangerosité sociale extrême”, et averti qu’il risquait de revenir à son “engagement jihadiste” une fois remis en liberté.

Né en Corée du Sud, adopté à quatre ans par une famille française, Nicolas Moreau a sombré dans la délinquance après le divorce de ses parents adoptifs, se convertissant à l’islam en prison, où il passe cinq années, notamment pour des vols avec violences.

>> À lire sur France 24 : “Le parcours chaotique du premier Français accusé de jihad en Syrie”

Ce délinquant multirécidiviste est le frère de Flavien Moreau, premier jihadiste français condamné au retour de la Syrie, en novembre 2014. Mais si son cadet n’était resté que quelques semaines dans la zone irako-syrienne, Nicolas Moreau y a, lui, passé beaucoup plus de temps, ouvrant même pendant trois mois un restaurant à Raqa, fief de l’EI en Syrie.

Avec AFP

Première publication : 02/01/2017

François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT, est décédé lundi à l’âge de 60 ans. Son successeur à la tête de l’organisation, Laurent Berger, salue la disparition d’une “grande figure” du syndicalisme français.

Le syndicaliste François Chérèque est décédé, lundi 2 janvier, “à la suite d’une longue maladie”, ont annoncé un proche de la famille et son ancien syndicat, la CFDT.

Éternel révolté contre les injustices, aussi fougueux que chaleureux, François Chérèque a dirigé la CFDT de 2002 à 2012, avec le réformisme en boussole et un mental de combattant, qu’il mettra ensuite au service de grandes causes sociales sous la présidence Hollande.

CFDT, Terra Nova et l’Agence du Service Civique

Né le 1er juin 1956 à Nancy dans une famille de culture sociale-chrétienne, ce fils d’ouvrier métallurgiste est parvenu à se faire un prénom. Son père, Jacques Chérèque, fut ministre de Michel Rocard (1988-1991), après avoir été le numéro deux de la CFDT, au côté d’Edmond Maire.

Educateur spécialisé de formation, François Chérèque a dirigé le deuxième syndicat français entre 2002 et 2012 après avoir été à la tête de la Fédération Santé-Sociaux de cette confédération syndicale.

Après son départ de la direction de la CFDT, il a été inspecteur général des affaires sociales, président de l’Agence du Service Civique et président du conseil d’administration du think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste.

Il avait suspendu ses activités en septembre 2015 pour suivre un traitement de chimiothérapie et quitté ses fonctions à la tête du Haut commissaire à l’engagement civique en juin 2016 pour “raisons de santé”.

Celui qui se disait “réformiste mais impatient” – le titre de son livre publié en 2005 -, a été souvent critiqué pour sa “volonté de signer”. Même s’il a dit n’avoir “aucun regret”, l’accord passé avec le gouvernement Raffarin lors de la réforme des retraites en 2003 plongera la CFDT dans une crise de plusieurs années. Cette crise et les départs massifs de militants “l’ont beaucoup marqué. Il a compris que la confiance des militants est très importante. Il s’est mis à leur écoute”, soulignait en 2012 Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Ires.

Les hommages affluent

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a estimé lundi que le syndicalisme français perdait “une grande figure” avec le décès de son prédécesseur François Chérèque, qui a fait de la lutte syndicale “un engagement personnel”.

“La CFDT perd une grande figure, le syndicalisme français perd une grande figure qui a fait de la lutte syndicale un engagement personnel”, a-t-il dit à l’AFP, très ému.

Francois Chérèque est décédé. Mes pensées vont à sa famille, aux militants et ts ceux qui ont connu l’homme exceptionnel d’engagement… 1/2

— Laurent Berger (@CfdtBerger) 2 janvier 2017

… et d’humanité qu’il était. Le syndicalisme perd une grande figure, la CFDT un responsable déterminant et moi un ami très cher. 2/2

— Laurent Berger (@CfdtBerger) 2 janvier 2017

“J’espère que tout le monde reconnaîtra son engagement. Je ressens un grand sentiment d’injustice, car il est parti trop tôt”, a ajouté Laurent Berger, qui a succédé à François Chérèque à la tête de la centrale fin 2012.

“Au delà de nos désaccords, François était cordial, direct”, a relevé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

La classe politique française rend de manière quasi-unanime hommage au disparu. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin – avec qui il avait signé l’accord sur les retaites– a salué sur Twitter “un homme bien, un leader de parole et de conviction”.

J’apprends le décès de F. Chereque avec une profonde tristesse. C’était un homme bien, un leader de parole et de conviction.Memoire de 2003.

— Jean-Pierre Raffarin (@jpraffarin) 2 janvier 2017

Stéphane Le Foll, porte parole du gouvernement, a rendu hommage à “un homme sincère et profondément humaniste”. Myriam el Khomri (Travail) a salué son “exigence” et son “éthique au service des salariés”. Patrick Kanner (Ville), “très ému”, a souligné que le leader syndical “pensait que la force de la France résidait dans l’engagement de ses citoyens”.

François Chérèque était un homme sincère et profondément humaniste. 2/2

— Stéphane Le Foll (@SLeFoll) 2 janvier 2017

Parmi les candidats à la primaire de la gauche, Vincent Peillon a rendu hommage à “un homme d’exception, d’idées, de combats pour faire avancer notre société”, Benoît Hamon à un “grand syndicaliste, homme intelligent et généreux” et Manuel Valls “un grand syndicaliste, un homme de progrès, un ami”.

Avec AFP et Reuters.

Première publication : 02/01/2017

Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, doit comparaître lundi à Paris pour la constitution frauduleuse présumée de son patrimoine en France. Il s’agit du premier procès qui se tient dans le cadre de l’affaire des “biens mal acquis”.

C’est le premier procès en France dans l’affaire dite des “biens mal acquis”. À partir de ce lundi 2 janvier, Teodorin Obiang, le fils aîné du président de la Guinée-Équatoriale, doit être jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption.

Le procès, dont les dates avaient été fixées en octobre dernier, doit durer jusqu’au 12 janvier. Mais le prévenu devra demander le report des audiences. Selon l’un de ses avocats, Emmanuel Marsigny, les délais sont “beaucoup trop courts” et ne sont pas conformes à la loi, compte-tenu du fait que son client a déclaré son adresse à Malabo, la capitale équato-guinéenne.

Les avocats de Teodorin Obiang, qui devait être absent lundi, demandent “qu’il puisse bénéficier du temps raisonnable pour pouvoir organiser effectivement sa défense”, a déclaré à l’AFP Me Marsigny, qui envisage de faire citer plusieurs témoins, dont certains résident à l’étranger.

Hôtel particulier, voitures de course et de luxe, jets privés…

Ancien ministre de l’Agriculture et des Forêts, promu fin juin par son père Teodoro Obiang Nguema vice-président de Guinée équatoriale, le prévenu est accusé de s’être bâti frauduleusement un important patrimoine en France. Hôtel particulier, voitures de course et de luxe, costumes de marque par dizaine, jets privés… L’enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour l’ampleur des biens et de dépenses somptuaires qui restent très éloignées du quotidien de la Guinée-Équatoriale, petit pays pétrolier d’Afrique centrale dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

>> À lire sur France 24 : “Biens mal acquis : le fils du président de Guinée équatoriale renvoyé devant la justice française”

Teodorin Obiang, 47 ans, possède ainsi un immeuble estimé à 107 millions d’euros sur l’avenue Foch, dans l’un des quartiers les plus huppés de Paris. Il compte également plusieurs voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti). Quand il est à Paris, cet éternel célibataire au look savamment étudié dépense des mallettes entières de liquide chez les couturiers de l’avenue Montaigne. Dans ses appartements de l’avenue Foch où les robinets sont recouverts de feuilles d’or, le maître des lieux dispose d’un hammam, d’une salle de sport, d’une discothèque, d’un salon de coiffure, d’une salle de cinéma.

Au terme de l’instruction, les juges ont estimé que ce patrimoine en France avait pu être constitué grâce, notamment, au produit “des détournements de fonds publics” et de la corruption. Selon eux, entre 2004 et 2011, près de 110 millions d’euros provenant du Trésor public de Guinée-Équatoriale sont venus créditer le compte personnel de Teodorin Obiang.

Les enquêteurs estiment qu’il avait imposé une “taxe révolutionnaire” sur le bois, dont le paiement, au nom de la Somagui Forestal, devait lui être directement remis. Cette entreprise est chargée de l’exploitation du bois précieux qui représente avec le pétrole l’une des principales richesses du pays du golfe de Guinée. Contrôlée par Teodorin Obiang, elle assurait nombre de ses dépenses.

“Ingérence”

“Je rappelle qu’en Guinée Équatoriale, il a gagné son argent parfaitement légalement”, a indiqué sur RFI Emmanuel Marsigny, qui estime que le procès de son client “constitue une véritable ingérence dans les affaires d’un État étranger”.

Le prévenu a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l’époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale qui octroyait à ses yeux une immunité. Mais la Cour de cassation avait estimé que les faits reprochés avaient été commis à “des fins personnelles”, relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale. Récemment, il a, sans succès, demandé à la Cour internationale de Justice (CIJ) de suspendre les procédures en France contre lui.

“S’ouvre un procès inédit, sans précédent en Europe et bien au-delà”, s’est pour sa part félicité William Bourdon, avocat de Transparency International. “Le chapitre Obiang va se clôturer”, mais d’autres vont s’ouvrir.

La justice française enquête effectivement sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs autres dirigeants africains, celle de Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, du défunt chef d’État gabonais Omar Bongo ou encore du président centrafricain déchu François Bozizé.

Avec AFP

Première publication : 02/01/2017