Archive for January 2nd, 2017

En faisant de la culture et de l’éducation deux thèmes majeurs de sa campagne, Manuel Valls entend se replacer au cœur de la gauche et faire oublier son image de Premier ministre autoritaire obnubilé par les questions sécuritaires.

Le signal avait été donné début décembre lorsqu’il avait annoncé vouloir supprimer le 49-3. Avec la présentation de son programme présidentiel, mardi 3 janvier, Manuel Valls enfonce le clou : c’est bien un candidat de gauche, souhaitant mettre l’accent sur la culture et l’éducation, qui se présente à la primaire de la gauche, prévue les 22 et 29 janvier.

Exit, par conséquent, les propositions iconoclastes du candidat Valls de la primaire de 2011 qui souhaitait déverrouiller les 35 heures ou supprimer l’impôt sur la fortune (ISF). Fustigeant le programme très à droite de François Fillon qu’il qualifie de “vaste purge”, Manuel Valls se présente aujourd’hui en défenseur de ce qui, selon lui, fait l’identité française : sa culture.

>> À lire : Primaire de la gauche, mode d’emploi

“Je veux renforcer tout ce qui rend notre nation plus puissante, plus solide, plus solidaire, tout ce qui donne le sentiment de participer à une aventure collective, a-t-il affirmé à la Maison de la Chimie. Cela passe par un engagement de tous les instants en faveur de la politique culturelle : cinéma, théâtre, musique, danse, arts plastiques, arts numériques, arts de la rue, création pour le jeune public. La culture est avant tout l’ouverture et la rencontre et c’est se confronter à l’inconnu, apprendre à se connaître, à comprendre les autres.”

Manuel Valls a également vanté les mérites des artistes, ces “observateurs attentifs des errements de notre société”. “La culture n’est pas un supplément d’âme. Ce n’est pas une politique que l’on finance quand toutes les autres ont été financées. Non, la culture c’est ce qui donne de la force, de l’optimisme, de la profondeur et donc de la vision à un pays”, a-t-il ajouté.

Le pari de la culture

Né d’un père artiste-peintre et marié à une violoniste, le candidat socialiste ne peut être taxé d’opportunisme. C’est notamment lui, qui, en tant que Premier ministre, a fait le choix d’augmenter le budget du ministère de la Culture, allant à l’encontre des décisions prises par son prédécesseur à Matignon Jean-Marc Ayrault. De même, Manuel Valls s’est illustré dans la crise des intermittents, en 2014, en débloquant une enveloppe de 40 millions d’euros pour sauver les festivals d’été, puis en 2016 pour sauvegarder leur régime.

Mais il va de soi que le choix de mettre l’accent sur un tel sujet n’a pas été fait sans calcul. Difficile, en effet, de trouver un marqueur symbolisant mieux la gauche. Comme Manuel Valls l’a lui-même souligné, “c’est un sujet qui a été totalement absent de la primaire de la droite”. Et de façon assez surprenante, peu de candidats à la primaire de la gauche l’ont évoqué.

Manuel Valls s’empare ainsi d’un sujet délaissé et qui parle depuis toujours à l’électorat des “primaires citoyennes”. En annonçant de surcroît vouloir “relancer une politique de grands travaux culturels, notamment dans nos régions”, il rappelle les grandes heures du binôme François Mitterrand-Jack Lang.

La France devra démultiplier l’effort éducatif, pour se hisser parmi les premières nations éducatives du monde. #Valls2017pic.twitter.com/srBS2SgKCd

— Manuel Valls (@manuelvalls) 3 janvier 2017

Autre pilier fondamental des préoccupations de l’électorat de gauche : l’éducation. L’ancien maire d’Évry promet ainsi de bâtir un service public d’accueil de la petite enfance, de revaloriser le salaire des enseignants et d’investir un milliard d’euros par an dans les universités françaises.

“Dans les cinq prochaines années, la France, après tout ce qui a été engagé depuis 2012, devra démultiplier l’effort éducatif pour se hisser parmi les premières nations éducatives du monde, ou peut-être même la première, a-t-il lancé mardi matin. Nous devons investir pour notre éducation, frapper beaucoup plus fort contre les inégalités scolaires et surtout la reproduction sociale qui mine une partie de notre société.”

Valls, un candidat “totalement libéré”

Cette stratégie de la “gauchisation” fonctionnera-t-elle ? Ses concurrents à la primaire, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon en tête, ne manqueront pas de souligner les incohérences du candidat Valls. Certes, ce dernier a augmenté le budget de la culture et été très actif en faveur des intermittents, mais les Français se souviennent davantage d’un Premier ministre en pointe sur les questions sécuritaires et sur une politique économique de l’offre favorable aux chefs d’entreprise, passant en force sur la loi Macron et la Loi travail, que d’un chef de gouvernement ayant fait de la culture et de l’éducation ses sujets prioritaires.

>> À voir : Primaire de la gauche, qui sont les candidats ?

De la capacité de Manuel Valls à faire oublier son image de politique à la droite du Parti socialiste et à convaincre de sa sincérité dépend donc sans doute, en partie, le résultat de la primaire. S’il continuera durant cette campagne “à faire du Valls” sur la sécurité et l’économie, comme l’a confié son directeur de campagne, Didier Guillaume, lui assure que cela ne l’empêche pas d’être “profondément ancré à gauche”.

“Ce que je dis sur la laïcité, sur la manière dont nous devons vivre ensemble, sur l’égalité entre les femmes et les hommes, sur la culture, je le dis depuis des années, s’est-il ainsi défendu. Dans les fonctions qui ont été les miennes par le passé, forcément qu’on appuie sur tel ou tel sujet mais là je suis, d’une certaine manière, totalement libéré. […] Quand on fait de l’éducation la priorité, c’est qu’on est profondément à gauche. Quand on fait de la culture une priorité, c’est qu’on est profondément à gauche. Quand on soutient les entreprises, la compétitivité pour qu’elles retrouvent leur marge de manœuvre pour qu’elles recréent de l’emploi, on est profondément à gauche.”

Première publication : 03/01/2017

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La Banque centrale marocaine a annoncé, lundi, avoir accordé des agréments à cinq banques islamiques. Le royaume chérifien doit émettre les premiers titres financiers islamiques, appelés sukuks, avant mi-2017.

Bientôt des crédits halal et des comptes conformes à la charia au Maroc : la banque centrale et le ministère de l’Économie et des Finances du royaume ont autorisé la création de cinq banques islamiques, dites “participatives”. Trois autres établissements conventionnels seront également autorisés à “offrir à leur clientèle des produits bancaires participatifs”, a annoncé lundi 2 janvier Bank Al-Maghrib, la banque centrale marocaine.

La législation a également été modifiée pour permettre au Conseil supérieur des oulémas, instance officielle qui vise à appuyer la politique religieuse musulmane du Maroc, à accueillir un “Comité charia pour la finance participative”, a expliqué Bank Al-Maghrib. Ce comité sera la “seule instance habilitée à émettre des fatwas sur la conformité des produits de la finance participative aux préceptes de l’islam du juste milieu”, ajoute le communiqué.

La banque centrale n’a pas dévoilé la date de lancement de ces banques halal dans le royaume, mais selon le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, le Maroc doit émettre les premiers titres financiers islamiques, appelés sukuks, avant mi-2017.

Communiqué du CEC relatif à l’agrément pour l’exercice de l’activité bancaire participative https://t.co/csxNe4BU9k

— Bank Al-Maghrib (@BankAlMaghrib) 2 janvier 2017

“Ces nouveaux instruments financiers devraient contribuer au développement de la banque participative, en lui permettant en fonction des besoins soit de placer ses liquidités, soit de mobiliser des ressources pour financer son activité”, avait expliqué mi-décembre Mohamed Boussaid.

Un secteur à fort potentiel

Les principaux groupes bancaires marocains avaient déposé des demandes d’agrément pour lancer des filiales “participatives”, souvent en s’associant avec des banques islamiques des pays du Golfe.

Un engouement qui s’explique par le potentiel du secteur : selon la société américaine de notation financière Standard & Poor’s, citée par Usine Nouvelle, la finance islamique pourrait représenter entre 10 et 20 % du système bancaire du Maroc.

Selon une récente enquête réalisée par Reuters, l’Institut islamique de recherche et de formation rattaché à la Banque islamique de développement (BID) et le cabinet conseil Zawya, 98 % des Marocains sont intéressés par les produits bancaires islamiques. Ils sont 43 % à affirmer qu’ils ouvriront des comptes bancaires auprès des établissements islamiques même si les produits bancaires halal s’avéraient plus chers que les services bancaires traditionnels.

Le lancement des banques participatives a été retardé à plusieurs reprises, en raison de la complexité du processus d’adaptation du dispositif règlementaire. L’arrivée de ces nouveaux acteurs devrait en tous cas se traduire par l’ouverture de 150 à 200 agences, selon l’hebdomadaire La Vie Éco.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2017

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Le bitcoin vaut, en ce début d’année, 1 017,96 dollars, un niveau que la crypto-monnaie n’avait pas atteint depuis trois ans. Ce record s’explique autant par sa popularité en Chine que par une défiance envers la monnaie officielle dans certains pays.


© Studio France 24

Et le grand gagnant de ce début d’année 2017 est… le bitcoin. La célèbre monnaie dématérialisée sur Internet n’avait pas connu santé plus éclatante depuis trois ans. Un bitcoin vaut, mardi 3 janvier, 1 017,96 dollars. L’an dernier à la même époque, un bitcoin s’échangeait contre seulement 452 dollars.

La raison de la bonne santé retrouvée de cette crypto-monnaie, qui permet de transférer anonymement de l’argent sans passer par un intermédiaire comme une banque, est d’abord à chercher en Chine. Trois bourses chinoises d’échange de bitcoins ont accaparé, sur les six derniers mois de 2016, plus de 90 % de l’ensemble des transactions mondiales de cette monnaie électronique décentralisée. “Le bitcoin est perçu contre un instrument de protection contre l’érosion de la valeur de la devise chinoise”, explique le quotidien Les Echos. Plus le yuan baisse (-7 % en un an) par rapport au dollar, plus les Chinois se tournent vers le bitcoin.

Chine, Inde, Venezuela et Zimbabwe

Mais Pékin et ses hordes d’adorateurs du bitcoin n’expliquent pas à eux seuls la spectaculaire hausse de la crypto-monnaie. Les habitants d’autres pays – comme le Venezuela, l’Inde et le Zimbabwe – se sont aussi davantage tournés vers elle. Quel est le point commun entre ces trois États ? Une monnaie officielle en pleine tourmente. En Inde, la décision du Premier ministre Narendra Modi de retirer de la circulation les grosses coupures (500 et 1 000 roupies) avait provoqué un vent de panique en novembre. Conséquence : la demande de bitcoins avait grimpé en flèche dans le pays, rapporte la chaîne américaine CNBC.

Au Venezuela, l‘inflation galopante a également profité à cette monnaie 2.0. “Un grand nombre de personnes ont perdu confiance dans le bolivar et accepte dorénavant d’être payé en bitcoins”, affirme Rodrigo Souza, le PDG de Surbitcoin, le principal site d’échange de bitcoins au Venezuela, interrogé par le quotidien britannique The Guardian. La décision du président Nicolas Maduro de retirer de la circulation les billets de 100 bolivars – prise mi-décembre, mais qui n’a pas encore été appliquée – a renforcé la conviction des Vénézuéliens du fait qu’il fallait trouver une alternative pour mettre leurs économies à l’abri. “Le dollar américain est encore la principale valeur refuge, mais le bitcoin gagne en popularité”, conclut le site économique américain Forbes.

Au Zimbabwe, un pays qui traverse une grave crise de liquidités, des économistes militent même pour que le bitcoin devienne un moyen de paiement officiel.

Première publication : 03/01/2017

À une heure d’intervalle, les deux anciens ministres socialistes et candidats à la Primaire de la gauche ont présenté les grandes lignes de leur programme mardi 3 janvier.

Manuel Valls et Vincent Peillon ont dévoilé mardi 3 janvier leur programme en vue de la primaire de la gauche, convergeant sur la nécessité de raviver l’Europe et se démarquant sur quelques propositions comme la création d’un matelas budgétaire ou d’un bouclier fiscal pour les plus modestes.

L’ancien Premier ministre et l’ex-ministre de l’Éducation espèrent tout deux remporter l’investiture socialiste pour porter leur programme lors de l’élection présidentielle.

Valls veut être davantage que le candidat du bilan

Proposer pour ne pas être le candidat du bilan, avec un “droit d’inventer” plutôt qu’un délicat “droit d’inventaire” à la Lionel Jospin : le “projet” de Manuel Valls insiste sur les propositions européennes et se pose en garant d'”une République forte et d’une France juste”, son nouveau slogan.

La République forte, celle qui tient ses promesses, c’est le chemin vers une France plus juste. #Valls2017pic.twitter.com/6ofiHEH1QU

— Manuel Valls (@manuelvalls) 3 janvier 2017

Se faisant l’adversaire du “déclinisme” à la française et du sentiment d’impuissance qui traverse selon lui la société, l’ex-Premier ministre veut que les Français “reprennent la main”.

Cela passe par plusieurs chantiers au niveau européen : une “conférence de refondation” de l’Union européenne actant une “pause” dans l’élargissement et un non définitif à l’entrée de la Turquie. Mais aussi un salaire minimum dans chaque pays européen correspondant à au moins 60 % du salaire médian, un niveau maximum mais surtout minimum d’impôt sur les sociétés au sein des 27 pour éviter le dumping fiscal, une taxe sur les produits importés qui ne respectent pas les obligations sociales ou environnementales, ou encore le fait de taxer les géants du numérique là où est réalisé leur chiffre d’affaires.

Autre message à Bruxelles : s’il l’emporte, Manuel Valls compte respecter la règle des 3 % de déficit public, mais il n’est pas question pour lui de viser l’équilibre budgétaire à la fin du quinquennat.

>> À lire sur France 24 : “Primaire de la gauche : atouts et handicaps du candidat Manuel Valls”

Le candidat le justifie par ses priorités fixées : la défense (objectif de 2 % du PIB en 2025), la sécurité (création d’au moins 1 000 postes de forces de l’ordre par an, 2,5 milliards d’investissement en matériel), la justice (10 000 nouvelles places de prison), l’éducation (hausse du salaire des enseignants), la recherche (1 milliard pour les universités) et le financement d’un “revenu décent” porté à environ 800 euros par mois pour les plus modestes.

Manuel Valls revendique aussi des propositions novatrices: un matelas budgétaire de 15 milliards d’euros sur le quinquennat en cas de coup dur, un service civique obligatoire de six mois pouvant valoir dispense de diplôme pour certains concours, un prêt d’État à taux zéro et à remboursement différé pour les entrepreneurs, ou encore la division par deux en cinq ans de l’écart salarial homme-femme.

Les explications de Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF- Centre de recherches politiques de Sciences Po.

Vincent Peillon, “un New Deal européen”

Pas de rupture consommée avec le quinquennat écoulé pour Vincent Peillon, mais un fort accent européen pour s’en détacher : son programme reflète la position principale à gauche, revendiquée par l’ancien ministre de l’Éducation.

Symbole contesté des années Hollande, la loi Travail ne serait ainsi pas abrogée par M. Peillon, mais tout de même fortement amendée en revenant sur l’inversion de la hiérarchie des normes, essence de la mesure qui a enflammé le printemps 2016.

Le député européen, qui reconnaît les “progrès” enregistrés ces dernières années, développe quelques propositions sur la fiscalité (un plafonnement de la taxe d’habitation pour les plus modestes), les entreprises (aides à l’export, à la formation, maintien conditionné du CICE), les institutions (élection des députés à la proportionnelle intégrale), la sécurité (budget de la Défense porté à 2 % du PIB, de la Justice augmenté de 5 % tous les ans) ou encore les “solidarités” (service public à la petite enfance, service public des maisons de retraite).

Il tend aussi la main aux écologistes en promettant une “interdiction” du diesel à l’horizon 2025 et en érigeant la “transition énergétique” comme axe prioritaire des investissements.

Mais le pivot de sa politique est la place accordée à une “stratégie européenne offensive et affirmée”, plaidant pour “un New Deal européen” impulsé par la relance du “moteur franco-allemand”. Au volet économique, Vincent Peillon prévoit la création d’un “budget de la zone euro pour soutenir l’activité et l’emploi” ou encore un plan d’investissement européen de “1 000 milliards d’euros”.

Je propose une stratégie de finances publiques claire et un budget de la zone euro capable de soutenir l’activité et l’emploi #peillon2017pic.twitter.com/2qxcu4gPND

— Vincent Peillon (@Vincent_Peillon) 3 janvier 2017

Et sur la crise migratoire, l’Europe ouvrira un “corridor humanitaire” et assumera “l’accueil des réfugiés”. La création d’un “fonds européen de défense et de sécurité” permettrait aussi de mutualiser certains coûts tout en augmentant le poids diplomatique de l’UE.

Les deux hommes auront l’occasion de confronter leurs programmes respectifs avec ceux des cinq autres candidats à la primaire de gauche lors du premier débat télévisé qui aura lieu jeudi 12 janvier.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2017

Quatre supporters de Chelsea comparaissent, mardi, devant la justice française pour leur implication dans un incident raciste lors duquel un homme noir avait été bousculé et empêché de monter dans une rame de métro parisien.

“Nous sommes racistes, nous sommes racistes ! Et c’est comme ça !”. Les beuglements des supporters de foot anglais, à l’élocution avinée, sont parfaitement audibles sur la vidéo amateur qui a fait le tour du web. Une vidéo qui constitue la preuve principale du procès pour violence volontaire à caractère raciste qui s’ouvre ce mardi 3 janvier à Paris.

Les faits remontent au mois de février 2015, en marge d’un match de Ligue des champions entre le PSG et Chelsea, à Paris. Un groupe de supporters du club anglais avait alors empêché Souleymane Sylla de monter dans une rame du métro parisien. Sur les images vidéo, on voit l’homme s’y prendre à plusieurs reprises pour monter dans le train. À chaque fois il est bousculé par les supporters de Chelsea, qui entonnent fièrement leur couplet sur le racisme dans la langue de Shakespeare.

“Je m’en souviens comme si c’était hier”, témoigne Souleymane Sylla dans un enregistrement diffusé mardi par Europe 1. “J’ai été poussé plus de trois fois, et c’est après qu’ils m’ont fait comprendre que je n’avais pas le droit d’entrer dans cette rame parce que j’étais noir”, rapporte le Franco-mauritanien.

Quatre supporters de Chelsea répondront donc de leurs actes devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les prévenus, qui ont toujours nié les faits, risquent des peines de prison avec sursis et de fortes amendes.

Trois à cinq ans d’interdiction de stade en Angleterre

L’affaire avait également fait grand bruit en Angleterre, où trois des supporters de Chelsea ont été condamnés à des interdictions de stade de trois à cinq ans à la suite de cet incident raciste. Le Britannique le plus visible sur la vidéo, Richard Barklie, s’était alors défendu en affirmant qu’il n’avait fait que repousser une personne qui essayait de rentrer “de manière agressive” dans une rame de métro déjà bondée.

Une version mise à mal par le fait que le chant raciste peut être entendu peu après les bousculades. Deux associations contre le racisme, SOS racisme et la Licra, se sont également portées parties civiles.

“Depuis que cette histoire est arrivée, j’ai tout fait pour oublier, j’ai même pris des médicaments. Mais tout le temps ça me revient”, a déclaré Souleymane Sylla sur l’antenne d’Europe 1.

“Non seulement je suis humilié, mais la plupart des personnes de couleur noire se sentent humiliés. Je veux que ces gens soient condamnés, que justice soit faite, pas plus”.

Première publication : 03/01/2017

Quatre supporters de Chelsea comparaissent, mardi, devant la justice française pour leur implication dans un incident raciste lors duquel un homme noir avait été bousculé et empêché de monter dans une rame de métro parisien.

“Nous sommes racistes, nous sommes racistes ! Et c’est comme ça !”. Les beuglements des supporters de foot anglais, à l’élocution avinée, sont parfaitement audibles sur la vidéo amateur qui a fait le tour du web. Une vidéo qui constitue la preuve principale du procès pour violence volontaire à caractère raciste qui s’ouvre ce mardi 3 janvier à Paris.

Les faits remontent au mois de février 2015, en marge d’un match de Ligue des champions entre le PSG et Chelsea, à Paris. Un groupe de supporters du club anglais avait alors empêché Souleymane Sylla de monter dans une rame du métro parisien. Sur les images vidéo, on voit l’homme s’y prendre à plusieurs reprises pour monter dans le train. À chaque fois il est bousculé par les supporters de Chelsea, qui entonnent fièrement leur couplet sur le racisme dans la langue de Shakespeare.

“Je m’en souviens comme si c’était hier”, témoigne Souleymane Sylla dans un enregistrement diffusé mardi par Europe 1. “J’ai été poussé plus de trois fois, et c’est après qu’ils m’ont fait comprendre que je n’avais pas le droit d’entrer dans cette rame parce que j’étais noir”, rapporte le Franco-mauritanien.

Quatre supporters de Chelsea répondront donc de leurs actes devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les prévenus, qui ont toujours nié les faits, risquent des peines de prison avec sursis et de fortes amendes.

Trois à cinq ans d’interdiction de stade en Angleterre

L’affaire avait également fait grand bruit en Angleterre, où trois des supporters de Chelsea ont été condamnés à des interdictions de stade de trois à cinq ans à la suite de cet incident raciste. Le Britannique le plus visible sur la vidéo, Richard Barklie, s’était alors défendu en affirmant qu’il n’avait fait que repousser une personne qui essayait de rentrer “de manière agressive” dans une rame de métro déjà bondée.

Une version mise à mal par le fait que le chant raciste peut être entendu peu après les bousculades. Deux associations contre le racisme, SOS racisme et la Licra, se sont également portées parties civiles.

“Depuis que cette histoire est arrivée, j’ai tout fait pour oublier, j’ai même pris des médicaments. Mais tout le temps ça me revient”, a déclaré Souleymane Sylla sur l’antenne d’Europe 1.

“Non seulement je suis humilié, mais la plupart des personnes de couleur noire se sentent humiliés. Je veux que ces gens soient condamnés, que justice soit faite, pas plus”.

Première publication : 03/01/2017