Archive for January 3rd, 2017

Les cas de grippe aviaire ne cessent de se multiplier depuis un mois. Un abattage de centaines de milliers de canards élevés à l’air libre dans 42 communes du Sud-Ouest va débuter dès jeudi dans l’espoir d’endiguer l’épizootie.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé, mercredi 4 janvier, un abattage massif de centaines de milliers de canards dans 42 communes du Sud-Ouest dans l’espoir d’endiguer la grippe aviaire.

La zone concernée située dans les départements du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées, comprend un million de palmipèdes “en parcours”, c’est-à-dire à l’air libre, exposés au passage des oiseaux sauvages qui transmettent le virus H5N8, a précisé le ministère.

[#Communiqué] #Influenza aviaire : évolution de la stratégie de lutte https://t.co/BbyqgJcp8Dpic.twitter.com/zur3VjJRkH

— MinAgri (@Min_Agriculture) 4 janvier 2017

“Une diffusion très large du virus”

“Nous sommes face à une diffusion très large du virus qui est très agressif et très rapide”, a indiqué à un haut responsable du ministère, selon lequel “plus de 300 000 oiseaux” ont déjà été abattus dans le Sud-Ouest, mais jusqu’à présent uniquement dans des élevages infectés.

Les abattages de prévention qui vont débuter jeudi et qui dureront jusqu’au 20 janvier ne concernent ni les gallinacées ni les canetons élevés en intérieur, ni les canards actuellement au gavage pour le foie gras. Ils excluent aussi les élevages qui assurent l’intégralité du cycle de production de la naissance à la conserve et respectent les règles de biosécurité.

Le coût des opérations de transport, d’abattage et d’équarrissage des centaines de milliers de canards, qui vont être abattus dans les semaines à venir, sera pris en charge par l’État, a précisé le ministère. De même, les pertes liées à l’arrêt de la production pourront être indemnisées dans des conditions qui seront arrêtées “lorsque la situation sera stabilisée”.

Depuis début décembre, 89 foyers ont été détectés, en particulier dans le Sud-ouest, entraînant de grandes difficulté pour la filière du foie gras.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 04/01/2017

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Donald Trump et la majorité républicaine au Congrès ont désigné la loi sur les soins abordables, surnommée Obamacare, comme leur ennemi numéro un. Le président sortant Barack Obama tente de la sauver lors d’un rare déplacement au Congrès, mercredi.

Sus à l’Obamacare. Dominé par les républicains, le Congrès américain, qui a repris ses travaux le 3 janvier, a mis la loi sur les soins abordables tout en haut de sa “kill list”. Le président élu, Donald Trump, a apporté un soutien tout en tweets, mercredi 4 janvier, à l’entreprise de déboulonnement de ce dispositif phare de la présidence de Barack Obama. Le milliardaire l’a qualifié de “désastre”, relayé par son vice-président Mike Pence, qui a affirmé que “nous sommes concentrés sur un objectif : abroger et remplacer l’Obamacare”.

Republicans must be careful in that the Dems own the failed ObamaCare disaster, with its poor coverage and massive premium increases……

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 4 janvier 2017

Barack Obama, sentant le danger, a entrepris un rare déplacement, mercredi, au Capitole (siège du Congrès) pour tenter de convaincre les élus de ne pas supprimer purement et simplement sa réforme, qui vise à étendre la couverture de l’assurance maladie au plus grand nombre et notamment aux plus démunis.

Démocrates groggy

Arraché en 2010 à l’issue d’un combat législatif acrimonieux, qui coûta cher aux démocrates, “l’Affordable Care Act” est une pièce centrale du bilan des deux mandats du 44e président américain.

À moins de trois semaines de l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, la priorité de Barack Obama est “de protéger les intérêts de 22 millions d’Américains, dont la couverture santé disparaîtrait” si les républicains supprimaient ce texte, affirme Josh Earnest, son porte-parole.

Les démocrates, encore groggy par la perte de la Maison Blanche doublée d’une sévère défaite dans les deux chambres, ont une marge de manœuvre très limitée pour défendre cette loi.

Ils s’accrochent cependant au fait que la suppression du texte pourrait susciter une vague de mécontentement à travers le pays et que leurs adversaires n’ont pas de véritable projet clé en main pour le remplacer.

Comment remplacer l’Obamacare ?

Malgré le risque politique, les républicains semblent décidés à tourner la page de l’Obamacare, à l’image de Paul Ryan, facilement réélu mardi à la présidence de la Chambre des représentants, qui a ébauché, début 2016, un système présenté comme “moins contraignant”.

Mais le fonctionnement du dispositif proposé par Paul Ryan reste entouré de flou. C’est tout le problème des républicains : trouver une alternative crédible. Certains ont suggéré d’en conserver quelques composantes, comme l’interdiction faite aux assureurs de refuser un patient en raison d’un profil jugé trop risqué.

Mais difficile d’en supprimer un pan sans faire s’écrouler tout l’édifice, tant son équilibre financier est fragile.

Une autre hypothèse évoquée et de voter la fin de cette loi mais de reporter de quelques années l’abrogation effective de ses principales composantes.

L’espoir des démocrates pourrait, en définitive, se résumer comme suit : offrir à Trump une victoire politique symbolique avec la suppression de cette loi honnie par le camp conservateur. Mais en conserver, de fait, et sous un autre nom, l’essentiel de l’architecture.

Avec Reuters

Première publication : 04/01/2017

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Donald Trump s’est posé en défenseur du “made in USA” après l’annulation par Ford de la construction d’une usine au Mexique. Mais loin d’obéir au président élu, le constructeur a profité du contexte pour abandonner un projet jugé peu rentable.

Donald Trump fait céder Ford”, dixit Le Figaro. “Trump fait plier Ford qui renonce à délocaliser au Mexique”, affirme de son côté L’Obs, quand le tabloïd américain New York Post évoque “l’effet Trump“. À lire les titres de la presse, mercredi 4 janvier, le nouveau président américain, Donald Trump, serait en bonne voie pour gagner son pari électoral du “made in America”. Les apparences sont certes flatteuses pour le prochain locataire de la Maison Blanche (il sera officiellement investi le 20 janvier).

Le constructeur automobile américain Ford a renoncé, mardi 3 janvier, à établir une nouvelle usine au Mexique pour y fabriquer une partie de ses petites voitures (comme la Ford Focus), actuellement conçues sur le sol nord-américain. Le projet allait coûter 1,6 milliard de dollars et le groupe a décidé d’allouer une partie de cette somme – 700 millions de dollars – au développement des véhicules électriques dans son usine du Michigan.

La faute aux crossovers

Donald Trump s’est rapidement attribué, sur Twitter, le mérite de cette volte-face industrielle. Mark Field, le PDG de Ford, a ajouté de l’eau au moulin présidentiel, citant un “meilleur environnement économique et industriel sous la présidence de Donald Trump”.

Ford était dans le collimateur de Donald Trump depuis novembre. Le président élu avait fait du groupe l’une de ses cibles favorites sur Twitter; affirmant œuvrer sans relâche pour que la production des voitures du constructeur reste aux États-Unis au lieu d’être délocalisée au Mexique. Ce travail de cyber-sape aurait-il finalement payé ?

La réalité est bien plus complexe et moins flatteuse pour Donald Trump. L’usine mexicaine que Ford comptait construire à San Luis Potosi était devenue un casse-tête pour le constructeur. Les véhicules qui devaient y être produits présentent de moins en moins d’intérêt économique. La demande pour les petites voitures est, en effet, en baisse aux États-Unis. “Les Américains leur préfèrent les crossovers [entre la berline et l’utilitaire, NDLR]”, souligne le Washington Post. La baisse du prix du pétrole – et donc de l’essence – a rendu ces grosses cylindrées financièrement plus intéressantes.

Trump offre une porte de sortie à Ford

L’une des premières victimes de cette tendance a été la Ford Focus, dont les ventes annuelles sont passées de 250 000 en 2011 à un peu plus de 150 000. Afin d’essayer de faire des économies, le constructeur a décidé en septembre 2016 de délocaliser sa construction à San Luis Potosi où la main d’œuvre est moins chère. Mais la tendance du marché est tenace : le choix de la délocalisation risquait de ne pas suffire. Mark Field l’a d’ailleurs reconnu, mardi 3 janvier, sur la chaîne CNBC. “La demande [pour la Ford Focus] n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions pour cette usine mexicaine”, a-t-il lâché.

Le groupe qui s’était engagé auprès du Mexique à bâtir l’usine ne savait plus comment se sortir de ce coûteux projet. Des sous-traitants mexicains avaient même commencé à engager du personnel pour anticiper les commandes à venir. Donald Trump a fourni à Ford une porte de sortie moins embarrassante que de lâcher simplement ses partenaires en rase campagne mexicaine. Le groupe “utilise la situation politique pour faire passer la pilule d’une décision économique qu’il pensait devoir prendre de toute façon”, assure au site économique Quartz James Rubenstein, spécialiste de l’industrie automobile à l’université Miami d’Oxford dans l’Ohio.

La décision de faire l’impasse sur la nouvelle usine au Mexique ne change rien au destin des Ford Focus. Elles seront malgré tout construites sur le sol mexicain dans l’usine Ford d’Hermosillo. Le Michigan ne récupère donc pas cette production. Un détail que Donald Trump a oublié de relever. Mais peut-être était-ce trop long de tout faire tenir en 140 caractères.

Première publication : 04/01/2017

Le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France ne commandera pas de sondages politiques durant la campagne présidentielle, a annoncé mardi son directeur des rédactions en affirmant avoir la volonté de “travailler différemment”.

Le directeur des rédactions du Parisien/Aujourd’hui en France, Stéphane Albouy, a annoncé, mardi 3 janvier, sur France Inter que le quotidien ne commanderait plus de sondages politiques, affirmant vouloir faire une “pause” pendant la campagne pour “se concentrer sur le journalisme de terrain”.

“C’est une réflexion qu’on a mené depuis quelques temps déjà, notamment après le Brexit et l’élection de Donald Trump“, explique-t-il à l’AFP, ajoutant que le journal ne commandait plus de sondages depuis plusieurs semaines déjà.

>> À lire : “Instituts de sondage, le grand raté”

“Ce n’est pas une question de défiance envers les sondeurs, mais une façon de travailler différemment que nous voulons tester pour la suite de la campagne”, poursuit-il. Il souhaite notamment éviter “ce côté course de petits chevaux, où on se focalise sur qui prend la première position [afin de] se concentrer sur le fond, sur les programmes”, même s’il ne s’interdit pas de commenter les sondages commandés par d’autres médias.

“Déployer ces journalistes sur le terrain, cela coûte plus cher que les sondages”

Consommateur de sondages, le titre y consacre “quelques dizaines de milliers d’euros par an”, selon Stéphane Albouy, qui insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas, avec cette “pause”, de réaliser des économies.

“On peut entendre les critiques qui nous sont faites, à nous, médias, d’être coupés d’une forme de réalité. Nous allons privilégier le terrain”, explique-t-il, rappelant que le journal s’appuie sur un réseau de 140 journalistes déployés en Île-de-France. “Déployer ces journalistes sur le terrain, cela coûte plus cher que les sondages, et nous oblige aussi à être plus exigeants”, estime-t-il.

Pour Roland Cayrol, ancien directeur du CSA, qui a participé à l’introduction des sondages dans Le Parisien à la fin des années 1980 en collaboration avec la direction de la rédaction, l’argument de Stéphane Albouy ne tient pas. “Nous avons précisément travaillé [avec le directeur des rédactions de l’époque] de manière à intégrer le sondage dans la production d’une rédaction, a-t-il déclaré mardi soir sur RTL. Il n’y a jamais eu de sondages électoraux dans Le Parisien qui ne soient appuyés par des reportages, des enquêtes, des interventions de lecteurs.”

Premier quotidien d’Île-de-France, et journal de référence dans de nombreuses rédactions nationales, Le Parisien/Aujourd’hui en France est diffusé à un peu plus de 341 000 exemplaires en France selon les derniers chiffres de l’ACPM (Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias) pour octobre.

Avec AFP

Première publication : 04/01/2017

Le candidat à la primaire de la gauche Arnaud Montebourg a présenté devant la presse, mercredi à Paris, un programme “pour une société du travail” chiffré à 24,4 milliards d’euros par an et prévoit de ponctionner les banques de 5 milliards d’euros.

Après la présentation de l’organigramme de son équipe de campagne, celle des chiffres. Bien décidé à occuper le terrain médiatique face à Manuel Valls, Arnaud Montebourg a présenté, mercredi 4 janvier, dans un café du Xe arrondissement de Paris, le chiffrage de son projet présidentiel. Au total, 24,4 milliards d’euros par an seront nécessaires pour mettre en scène son “scenario de redécollage financier”, qui se découpe en 25 propositions clés.

Pour financer ses mesures, il entend “ponctionner de 5 milliards d’euros par an les superprofits des banques qui se sont élevés à 29,2 milliards d’euros l’année dernière”. “Au regard de ce qu’elles ont coûté au contribuable lors de la crise, c’est une contribution modérée qui leur sera donc réclamée”, a-t-il tancé. Une annonce qui résonne comme une déclaration de guerre contre le système financier.

“Rendre le pouvoir d’achat aux Français modestes”

Celui qui se présente comme le candidat du pouvoir d’achat et de la fiche de paie entend également repenser le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) – lancé sous le quinquennat de François Hollande pour baisser les charges des entreprises – afin d’économiser 10 milliards d’euros par an. Une somme qui permettra de réformer le régime social des travailleurs indépendants (RSI), estimé à 2 milliards d’euros mais aussi de réduire les contributions sociales généralisées (CSG) pour les petits salaires (8 milliards d’euros). Il entend ainsi “rendre 1 000 euros par an de pouvoir d’achat aux Français modestes”, ce qui leur permettra, selon lui, d’avoir l’équivalent d’un 13e mois.

Opposé à la création d’un revenu universel voulu par d’autres candidats à la primaire, l’ancien ministre de l’Économie propose des programmes d’activité et de formation à destination notamment des chômeurs de longue durée. Il entend créer une mutuelle publique à 10 euros par mois financée par la Sécurité sociale pour les personnes, qui n’accèdent pas à la couverture complémentaire. Une proposition financée par des économies sur la Sécurité sociale, de même que celle visant à lutter contre les déserts médicaux.

Réduire le chômage à 6,1%

Soucieux de “rompre avec l’austérité” et d’organiser une relance keynésienne, “le candidat du travail et des salaires” table sur une croissance moyenne de 1,9 % du PIB par an entre 2017 et 2022, ce qui provoquera, selon lui, mécaniquement la baisse du chômage qu’il annonce à 6,1 % en 2022 au lieu de 9,7 % actuellement.

De même, “l’effet vertueux” du retour de la croissance doit permettre de ramener le déficit public de la France à 2,5 % du PIB, soit en dessous des 3 % imposés par les traités européens. Il est de ce point de vue plus ambitieux que Manuel Valls qui souhaite rester à 3 % et moins que Vincent Peillon qui évoque 1,5 %. Parallèlement, selon ses calculs, la dette sera ramenée en 2022 à 91,2 % du PIB contre 96,3 % à l’heure actuelle.


© AFP, France 24

Première publication : 04/01/2017

Absent des médias depuis plusieurs semaines, le candidat vainqueur de la primaire de la droite a une nouvelle fois tenté, mardi lors de sa rentrée politique, de rassurer les Français sur son projet de sécurité sociale.

La polémique va-t-elle se refermer pour de bon ? Attaqué depuis sa victoire à la primaire de la droite sur son projet de réforme de la sécurité sociale, François Fillon a une nouvelle fois tenté de rassurer les Français, mardi 3 janvier, lors de sa rentrée médiatique.

Interrogé sur le sujet au 20h de TF1, le candidat à l’élection présidentielle a d’abord répété qu’il avait été “caricaturé de manière scandaleuse” et qu’il “réformera la sécurité sociale” afin de “remettre de l’ordre”.

“Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité”, a-t-il ensuite souligné.

Je suis gaulliste et chrétien. Je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, de la solidarité. pic.twitter.com/vgvTznDgFE

— François Fillon (@FrancoisFillon) 3 janvier 2017

L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a toutefois reconnu avoir “été amené, compte tenu de l’excès de critiques, à préciser un point”, sans toutefois parler de recul. “Je vais mettre en œuvre le programme sur lequel je me suis engagé et personne ne m’en détournera”, a-t-il encore assuré.

Une affirmation qui contredit toutefois ce qu’avait déclaré un peu plus tôt dans la journée, son porte-parole, Thierry Solère, invité de Mardi Politique sur France 24. “Il n’y a pas à différencier les petits risques et les gros risques”, a-t-il dit, admettant que François Fillon avait “corrigé cette partie du projet”.

De fait, la mention disant vouloir “focaliser” l’assurance universelle sur des affections graves ou de longue durée (ALD) et l’assurance privée sur le reste, qui était présente sur son site de campagne tout au long de la primaire de la droite, a été retirée de son projet présidentiel courant décembre.

Parler de numérique pour faire oublier la santé

François Fillon s’était par ailleurs rendu dans la matinée dans un centre Emmaüs pour justifier sa volonté d’appliquer un programme qu’il qualifie lui-même de “radical” et, surtout, souligner l’importance à ses yeux de lutter contre la pauvreté en réduisant le chômage, d’une part, et en aidant les associations caritatives d’autre part.

“J’ai prévu dans mon programme une grande loi de programmation pluriannuelle pour assurer à toutes les structures comme Emmaüs des financements pérennes, des financements stables et des financements plus importants que ceux d’aujourd’hui parce que ces associations permettent de réduire la pauvreté. Et elles le font non pas en proposant de l’assistanat, mais en proposant une véritable démarche d’insertion”, a-t-il déclaré.

Il n’est pas certain que tous ces efforts lui permettent de mettre derrière lui cette polémique sur la sécurité sociale. Tous les candidats de la primaire de la gauche, tout comme Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron, ont désormais fait de la santé un thème majeur de la campagne.

En attendant les prochaines flèches, François Fillon repart en campagne en changeant de discussion. Il sera ainsi présent, jeudi 5 et vendredi 6 janvier, au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, aux États-Unis. Il s’adressera notamment aux entrepreneurs de la French Tech pour partager avec eux son ambition de faire de la France une “StartUp Nation”.

Première publication : 04/01/2017

Un agriculteur de la vallée de la Roya, Cédric Herrou, a comparu, mardi devant le tribunal de Nice pour avoir aidé bénévolement des migrants à franchir la frontière entre la France et l’Italie. Le procureur a requis huit mois de prison avec sursis.

Le réseau d’agriculteurs solidaires des migrants de la vallée de la Roya est de nouveau dans le collimateur de la justice. Cédric Herrou a comparu, mercredi 4 janvier, devant le tribunal de Nice pour avoir aidé à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulière. Le procureur a requis huit mois d’emprisonnement avec sursis, mise à l’épreuve et la confiscation de son véhicule, alors que la décision a été mise en délibéré au 10 février.

Face au tribunal, Cédric Herrou a revendiqué des actes “politiques” : “Je le fais parce qu’il y a des gens qui ont un problème, je le fais parce qu’il faut le faire. Il y a des gens qui sont morts sur l’autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un État qui a mis des frontières en place et qui n’en gère absolument pas les conséquences”.

Le procureur Jean-Michel Prêtre a pour sa part dénoncé l’usage de ce procès comme d’une “tribune politique”. “Nous sommes dans la situation d’un procès qui a été voulu, qui procède d’une stratégie générale de communication, de portage militant d’une cause et qui fait que la justice est saisie aujourd’hui de faits reconnus”, a-t-il estimé. “Ce n’est pas à la justice de décider de changer la loi, ce n’est pas à la justice de donner une leçon de diplomatie à tel ou tel pays”.

L’agriculteur de 37 ans, qui ne s’est jamais caché de ses activités et apparaît à visage découvert dans plusieurs reportages, risque 30 000 euros d’amendes et cinq ans de prison pour avoir conduit, en octobre 2016, des migrants sans-papiers originaires d’Afrique entre l’Italie et la France.

REPORTAGE. Un agriculteur au tribunal pour aide aux migrants : #franceinfo s’est rendu dans la vallée de la Roya https://t.co/OiGeWHJYHnpic.twitter.com/CJXMXbbXLE

— franceinfo (@franceinfo) 4 janvier 2017

Arrêté en août 2016 lors d’un contrôle policier, l’agriculteur n’avait pas été poursuivi à l’époque, car la justice avait reconnu que son aide était bénévole. C’est aujourd’hui l’aspect militant de sa démarche que lui reproche le tribunal.

“Il ne s’est rien passé de plus [depuis son arrestation en août] et Cédric avait déjà été blanchi. C’est là tout le problème juridique, en tant que citoyen, je ne comprends pas ce changement de la justice”, a réagi auprès de France 24 René Dahon, un habitant de la vallée de la Roya impliqué dans l’aide aux migrants.

Cédric Herrou est de fait devenu un symbole de la solidarité avec les migrants dont la renommée a dépassé la seule vallée de la Roya. Élu “Azuréen de l’année” lors d’un sondage du quotidien régional Nice Matin, l’agriculteur avait réagi en affirmant que le problème migratoire était “une lutte partagée par des milliers de personnes”.

“Les citoyens sont favorables à l’ouverture d’un centre d’accueil pour migrants dans le département, et ce n’est pas la volonté d’une poignée de militants d’extrême gauche”, avait alors confié Cédric Herrou à Nice Matin.

Un agriculteur au tribunal pour aide aux migrants : “Je préfère être enfermé et avoir la tête libre en prison” – Cédric Herrou à #franceinfopic.twitter.com/CqSnN9sJY2

— franceinfo (@franceinfo) 4 janvier 2017

Élan de solidarité avec les migrants

Cédric Herrou habite une ferme à Breil-sur-Roya, un village de 2 400 habitants qui est apparu sur le radar des routes migratoires lorsque les contrôles policiers ont largement fermé la route côtière et le train entre Vintimille en Italie et Nice. Le flux de migrants dans la région s’est un peu tari cet hiver du fait du froid glacial qui sévit dans la vallée de la Roya.

“Cela dit, la semaine dernière il y a encore eu un arrivage de 50 à 60 jeunes Érythréens. Comprenez que dans un village qui abrite deux-cents personnes, quand il y a cinquante personnes qui arrivent soudainement, c’est difficile… Le problème reste entier pour cette poche de la Roya”, explique René Dahon, qui estime qu’il y a actuellement une petite centaine de migrants hébergés chez l’habitant dans la vallée.

La vallée de la Roya est une région montagneuse parsemée de villages français et italiens. Pour de nombreux habitants, le sens de la solidarité envers des migrants désorientés, qui arrivent parfois à pied depuis l’Italie voisine, prévaut sur les politiques migratoires décidées à Paris.

Un journaliste du quotidien L’Humanité avait décrit en juin 2016 le fonctionnement du réseau d’aide aux migrants : “On offre le gîte et le couvert. On se fait discret. On appelle une ou deux personnes de son entourage pour expliquer la situation. Puis, quelques jours après, le téléphone sonne. Un ami organise une randonnée sur des sentiers que seuls les bergers et les natifs du coin connaissent.” “L’équipée solidaire monte vers des cols encore plus hauts dans la montagne. Une voiture attend de l’autre côté, dans une vallée voisine. On échange une dernière accolade avec les hôtes venus de l’autre rive de la Méditerranée”, écrivait alors le reporter du journal communiste.

Le procès de Cédric Herrou fait suite à celui de Pierre-Alain Mannoni, un professeur d’Université niçois qui a été jugé en novembre dernier pour avoir véhiculé trois Érythréennes dans la vallée de la Roya. Le verdict de Pierre-Alain Mannoni doit être rendu le vendredi 6 janvier.

En attendant, dans la vallée de la Roya, les résidents qui aident les migrants affirment qu’ils ne se laisseront pas intimider par le résultat de ces procès. Pour René Dehon, la sévérité de la justice aurait même l’effet inverse.

“Quand nous avons commencé ce travail avec les premiers migrants il y déjà deux ans, nous étions une petite poignée. Quand on a fait l’occupation forcée du centre de vacances désaffecté des Lucioles [en octobre 2016] pour mettre 60 personnes à l’abri, on était une cinquantaine”, rappelle le retraité de l’enseignement. “Et maintenant, s’il y avait un deuxième problème de cette ordre-là, c’est par centaines que l’on pourrait compter les aidants”.

Première publication : 04/01/2017

À 105 ans, le Français Robert Marchand n’a pas flanché. Le cycliste vétéran a parcouru 22,547 kilomètres en une heure, un nouveau record mondial.

Il n’y a pas d’âge pour enfourcher son vélo. Du haut de son 1,50 m, Robert Marchand a réussi un nouvel exploit. Ce Français âgé de 105 ans a parcouru 22,547 km en une heure, mercredi 4 janvier, un record qui doit encore être homologué par les instances internationales.

“Ça va bien”, a-t-il déclaré après plus de 90 tours de piste, entouré par une nuée de journalistes, se disant surpris d’être déjà arrivé. Sa performance, pour être homologuée par l’Union cycliste internationale (UCI), doit encore passer le cap des tests antidopage.

Sa tentative s’est déroulée au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, là même où il avait battu son propre record de l’heure il y a deux ans (26,927 km).

Il ne doute pas

Quel est son secret ? Il donne quelques astuces : “Toute ma vie j’ai fait du sport”, “beaucoup de fruits et légumes”, “pas trop de café”, “pas de cigarettes”, “très peu d’alcool”.

La physiologiste et professeure d’Université Véronique Billat, qui le suit depuis ses 100 ans, complète : “Sa surface corporelle est petite, mais il a un cœur qui pulse autant de sang à la minute que celui de quelqu’un de plus grand. Son corps est super irrigué”. Sa personnalité joue aussi : “Il a une forte détermination, il ne doute pas, il n’a pas peur de tenter des choses”.

Pour Gérard Mistler, président de L’Ardéchoise, Robert Marchand est un “bel exemple pour l’humanité”. “Cela aurait été dommage qu’il reste incognito dans son appartement de Mitry-Mory alors qu’il donne beaucoup de joie de vivre aux gens”. La commune de Seine-et-Marne, près des pistes de Roissy, est le point de chute de Robert Marchand, après une vie commencée le 26 novembre 1911 à Amiens, et marquée par les deux conflits mondiaux, la Guerre Froide et des années à bourlinguer au Venezuela et au Canada.

Aux visiteurs de son modeste studio, l’ancien pompier de Paris (entre autres) qui “commence à prendre de la bouteille” n’hésite pas à montrer les exercices d’assouplissement auxquels il se plie tous les matins. Ou à faire une démonstration sur son appareil d’entraînement, le même que les coureurs du Tour de France.

“Va moins vite !”, lance un copain cycliste, en haussant la voix pour se faire entendre.

Cette ouïe défaillante est l’un des rares maux dont souffre le centenaire, avec un peu de tension (son “seul cachet” quotidien) et des rhumatismes dans les mains qui le gênent pour tenir le guidon.

“Mais les jambes ça va bien”, dit-il en pédalant toujours. Des tests ont montré qu’il avait gagné en vélocité, mais perdu en puissance.

Sans se départir de son rire, il explique ressentir depuis peu une forme de “déchéance”. Il ne craint pas la mort, assure-t-il, seulement la paralysie.

En attendant, il roule.

Avec AFP

Première publication : 04/01/2017

Le procès de Teodorin Obiang dans l’affaire des “biens mal acquis” a été reporté au 19 juin. Le fils du président de Guinée équatoriale, et lui-même vice-président, est accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable.

Le tribunal correctionnel de Paris a accepté, mercredi 4 janvier, de reporter le procès de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et lui-même vice-président de son pays, accusé de s’être de manière frauduleuse bâti en France un patrimoine considérable.

Le premier procès dans l’affaire des “biens mal acquis” se tiendra finalement du 19 juin au 6 juillet, a décidé le tribunal correctionnel de Paris, accédant à la demande de report de la défense qui n’avait bénéficié que d’un délai de huit semaines pour préparer l’audience. Neuf audiences sont prévues devant la 32e chambre du tribunal.

Interrogé sur la présence du prévenu au futur procès, l’un de ses avocats, Emmanuel Marsigny, a expliqué qu’il ne disposait pas de l’agenda officiel du vice-président équato-guinéen, absent lundi à l’ouverture des débats qui devaient initialement se tenir jusqu’au 12 janvier.

“Manœuvre dilatoire”

Ancien ministre de l’Agriculture et des Forêts, promu fin juin vice-président par son père Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le prévenu est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre quelque 50 millions d’euros, mais conteste les infractions qui lui sont reprochées.

>> À lire sur France 24 : “Biens mal acquis : que reproche-t-on à Teodorin Obiang ?”

Le parquet national financier, comme l’avocat de l’association Transparency International, William Bourdon, ont fait part de leur opposition, voyant dans cette demande un nouvelle “manœuvre dilatoire”. Et ce, dans une procédure où Teodorin Obiang a multiplié les voies de recours, principalement pour soutenir, jusqu’à la Cour de cassation, qu’il serait protégé par une immunité diplomatique. En vain.

Une procédure internationale en cours

Mais c’est une autre question que la présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis, avait mis en exergue lundi. Elle s’interrogeait sur les conséquences d’une procédure encore en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye (Pays-Bas).

Saisie par la Guinée équatoriale, qui conteste les poursuites françaises contre son vice-président, la CIJ a rendu le 7 décembre une ordonnance à l’issue de laquelle la France doit assurer, pour l’instant, l’inviolabilité d’un luxueux immeuble saisi par la justice française. Malabo présente cet immeuble dans l’un des quartiers les plus huppés de Paris comme locaux diplomatiques.

L’ordonnance de la CIJ empêcherait l’exécution d’une éventuelle mesure de confiscation, dans l’attente d’une décision sur le fond du dossier. Néanmoins, le tribunal a finalement décidé de ne pas attendre la décision sur le fond de la Cour internationale de justice.

Un luxe hors du commun

Cet immeuble de l’avenue Foch, qui appartenait à Teodorin Obiang, a illustré les dépenses fastueuses du vice-président de ce petit pays pétrolier d’Afrique centrale. Un luxe hors du commun, un train de vie bien éloigné du quotidien de son pays du Golfe de Guinée, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Dans ces appartements, les robinets sont recouverts de feuilles d’or, le maître des lieux dispose d’un hammam, d’une salle de sport, d’une discothèque, d’un salon de coiffure, d’une salle de cinéma. Plusieurs voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti) ont également été saisies et vendues aux enchères.

Quand il est à Paris, Teodorin Obiang, éternel célibataire au look savamment étudié (lunettes noires, cheveux gominés, barbe taillée), dépense des mallettes entières de liquide chez les couturiers de l’avenue Montaigne. Au terme de l’instruction, les juges ont estimé que son patrimoine, évalué à plus d’une centaine de millions d’euros, ne peut avoir été financé par ses seuls revenus officiels, mais est issu de “détournements de fonds publics”, de la corruption.

Avec AFP

Première publication : 04/01/2017