Archive for January 8th, 2017

Médecins sans frontières a dénoncé, vendredi, les violences policières exercées contre les migrants, notamment dans le nord de la capitale. Selon l’ONG, les policiers n’hésiteraient pas à confisquer les couvertures, en plein hiver.

Dans un communiqué virulent, Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé, vendredi 6 janvier, la multiplication des violences policières contre les migrants, dans la capitale notamment, près du centre humanitaire de La Chapelle (18e arrondissement). “Les forces de l’ordre réveillent les migrants en pleine nuit et leur confisquent leurs couvertures. En une semaine de consultations ambulatoires, les équipes de Médecins sans frontières ont déjà dû prendre en charge huit personnes proches de l’hypothermie”, précise le communiqué.

#Paris : 8 #migrants proches de l’hypothermie pris en charge par #MSF. La #police doit cesser de les harceler @croisepattes@Anne_Hidalgo

— MSF France (@MSF_france) 7 janvier 2017

Beaucoup de migrants patientent jour et nuit devant l’entrée du centre de La Chapelle, qui affiche complet, dans l’espoir d’une place d’hébergement. Mais le centre parisien ne laisse passer qu’au compte-gouttes de nouveaux arrivants, ses 400 places en chambres chauffées étant toutes occupées. En plein hiver et avec des températures qui passent sous la barre de 0° C la nuit, dormir dehors peut avoir des conséquences dramatiques.

Pour remédier au problème, Emmaüs, le gestionnaire du centre d’accueil, a mis en place un nouveau mode de fonctionnement : l’association fixe désormais des rendez-vous nominatifs aux personnes qui patientent à l’extérieur. Elle espère ainsi inciter les migrants à ne pas rester dormir devant le centre, la nuit.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, s’est offusqué de la mise en cause des forces de l’ordre. “Je ne partage absolument pas la vision [de MSF]”, a-t-il déclaré. Le “travail” des policiers, “c’est de [le] faire, avec toute l’humanité qui est consubstantielle à [leur] responsabilité”, a-t-il insisté tout en reconnaissant que “[…] quelquefois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un”.

Les interventions de la police sont destinées à “éviter la reconstitution de campements”, expliquait également une source policière, la semaine dernière. Pour Corinne Torre, coordinatrice de programmes à MSF, les forces de l’ordre se livrent surtout à “une tentative dérisoire de soustraire cette population en détresse à la vue du public”.

>> À lire sur France 24 :Comment fonctionne le camp de réfugiés à La Chapelle ?

Le centre parisien “de premier accueil” pour migrants a ouvert le 10 novembre. Plus de 2 200 hommes seuls y ont été transité depuis, pour une durée de cinq à dix jours. L’État et la Ville de Paris ont promis 200 places supplémentaires. Le centre a été créé pour mettre fin au cycle, qui a vu s’enchaîner l’installation et le démantèlement d’une trentaine de campements dans le nord de la capitale depuis 2016.

La France des droits de l’homme s’effondre aujourd’hui aussi brutalement que la température extérieure #honte#inhumanitéhttps://t.co/HATiwhQLVA

— Eva Joly (@EvaJoly) 7 janvier 2017

Première publication : 09/01/2017

En janvier 2015, Clarissa Jean-Philippe était appelée sur un accident de la circulation à Montrouge, en région parisienne, où elle a été abattue par le terroriste Amédy Coulibaly. Deux ans après, la ville lui rend hommage.

La ville de Montrouge, au sud de Paris, a rendu hommage, lundi 9 janvier, à la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, tuée en janvier 2015 par le terroriste Amédy Coulibaly.

“C’est sans doute parce qu’elle portait un uniforme” que la policière de 26 ans, originaire de Martinique, “a été la cible d’un terroriste”, a déclaré le maire Etienne Lengereau (UDI) en préambule de cette courte cérémonie.

“A travers Clarissa Jean-Philippe, notre ordre public, l’ordre de notre République, ont été visés et ont été atteints”, a ajouté Etienne Lengereau. L’édile a également rendu hommage à deux collègues de la victime présents ce jour-là : l’un “grièvement blessé par le terroriste”, l’autre “qui l’a désarmé et qui l’a contraint à fuir”.

Le 8 janvier 2015, au lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo, perpétrée par les frères Kouachi (12 morts), la policière municipale, appelée sur un banal accident de la circulation, avait été tuée par Amédy Coulibaly en pleine rue. Les enquêteurs se demandent s’il ne visait pas initialement une école juive à proximité. Le 9 janvier, il exécutait quatre hommes lors d’une prise d’otages dans un supermarché juif de la porte de Vincennes, l’Hyper Cacher, avant d’être abattu dans l’assaut du Raid.

Gerbes de fleurs et minute de silence

Cérémonie d’hommage à #ClarissaJeanPhilippe à #Montrouge ce matin. Nous ne l’oublierons jamais #lafrancesesouvientpic.twitter.com/egZeJ4ApTD

— Ericka Bareigts (@ebareigts) 9 janvier 2017

Des gerbes de fleurs ont ensuite été déposées au pied d’une plaque à la mémoire de la policière, avant une sonnerie aux morts, une minute de silence et une Marseillaise, sous les yeux de sa famille, de ses anciens collègues, du ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, de la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts et de la secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes, Juliette Méadel. La mère de Clarissa Jean-Philippe “a fait le déplacement de la Martinique”, précise Karim Hakiki, envoyé spécial de France 24. Étaient également présents la maire de Paris, Anne Hidalgo, Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France (Crif), et de nombreux élus.

La famille de Clarissa Jean-Philippe s’est ensuite recueillie devant un mémorial improvisé à quelques mètres de là, où est notamment installé un portrait de la policière réalisé par l’artiste C215.

Avec AFP

Première publication : 09/01/2017

Quatre militants de l’association Roya Citoyenne ont été arrêtés, vendredi, dans la vallée de la Roya, alors qu’ils venaient en aide à des migrants venus d’Italie.

Nouvelles arrestations dans la vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes. Quatre membres du collectif Roya Citoyenne ont été interpellés, vendredi 6 janvier, en compagnie de plusieurs migrants, a annoncé leur avocate Maeva Binimelis, confirmant ainsi une information du quotidien Libération. Selon le quotidien, les militants auraient été arrêtés à la suite d’une dénonciation.

L’interpellation de Françoise Gogois, René Dahon, Gérard Bonnet et Dan Oudin a eu lieu vendredi vers 17 h. Ils ont été relâchés le lendemain après 24 heures de garde à vue. Poursuivis pour aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière, ils sont convoqués le 16 mai à 13 h 30 devant le tribunal correctionnel de Nice, a précisé le collectif dans un communiqué diffusé dimanche sur sa page Facebook. Tous encourent cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Écœurement sur Twitter

L’association Roya Citoyenne, qui prône la solidarité avec les migrants en provenance d’Italie entrant en France par les Alpes-Maritimes, assure que ces quatre “citoyens solidaires”, interpellés entre Breil-sur-Roya et Sospel, “cherchaient simplement à déplacer six jeunes réfugiés vers d’autres lieux d’hébergement avec des conditions d’accueil dignes et sécurisées”.

“Combien de temps, combien de souffrances ou même de morts, notamment pendant les froids de cet hiver, combien d’arrestations de citoyens solidaires faudra-t-il pour que les pouvoirs publics prennent les mesures nécessaires de protection de ces femmes, hommes et enfants ?” interroge le collectif.

Sur Twitter, de nombreux internautes ont fait part de leur écœurement. Certains font même un parallèle avec le régime de Vichy, comme cet élu de Seine-Saint-Denis, en région parisienne, Madjid Messaoudene.

Le retour de Vichy ?

Aide aux migrants : 4 nouvelles interpellations de militants dans la vallée de la Roya https://t.co/xWpw0TS7vk

— Madjid Messaoudene (@MadjidFalastine) 9 janvier 2017

Cette arrestation survient alors que, vendredi, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé un enseignant-chercheur de l’Université de Nice qui était poursuivi pour avoir aidé des migrants. Le parquet de Nice a par ailleurs fait appel de cette décision. Le jugement d’un autre militant de Roya Citoyenne, l’agriculteur Cédric Herrou, a quant à lui été mis en délibéré au 10 février. Huit mois de prison avec sursis ont été requis contre lui.

Avec AFP

Première publication : 09/01/2017

Seize personnes soupçonnées d’être impliquées dans le braquage de Kim Kardashian en octobre à Paris ont été interpellées en région parisienne et en province. La star américaine s’était fait voler une dizaine de millions d’euros de bijoux.

Seize personnes ont été interpellées, lundi 9 janvier, en région parisienne et en province dans le cadre de l’enquête sur le braquage de la star américaine Kim Kardashian à Paris en octobre, a appris l’AFP de sources policières, confirmant des informations de plusieurs médias français.

Selon la radio RTL, “les auteurs directs présumés de l’attaque” figurent parmi la quinzaine de personne interpellées en Seine-Saint-Denis, en Seine-Maritime et dans les Alpes-Maritimes. Europe 1 évoque quinze arrestations, qui auraient toutes eu lieu en région parisienne.

Les agresseurs de Kim Kardashian, qui s’étaient introduits de nuit dans l’hôtel particulier du VIIIe arrondissement où elle séjournait, avaient dérobé pour une dizaine de millions d’euros de bijoux. Ses agresseurs, le visage dissimulé par une cagoule et vêtus de blousons sur lesquels était écrit “Police”, étaient au moins cinq, avait-on alors dit, de source proche de l’enquête.

Plusieurs semaines d’investigations

Cette opération menée sous la direction de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris, simultanément en région parisienne et dans le sud de la France, est le fruit de plusieurs semaines d’investigations permises notamment par l’exploitation des traces ADN retrouvées sur le lieu du braquage, a détaillé une autre source.

“Une des traces a ‘matché’ avec un individu connu des services de police pour des faits de braquage et des affaires de droit commun, et considéré comme un voyou de grande envergure”, a expliqué cette source.

Les braqueurs, masqués et portant des blousons de police, avaient menacé avec une arme la star venue à Paris pour assister à la Fashion Week, avant de la ligoter, de la bâillonner, et de l’enfermer dans la salle de bain. Les voleurs, dont certains sont venus et repartis à vélo, ont emporté une bague d’une valeur de quatre millions d’euros et un coffret de bijoux pour un montant de cinq millions.

Des traces ADN avaient été retrouvées dans l’appartement. Dans leur fuite, les malfaiteurs ont également perdu un pendentif serti de diamants, d’une valeur estimée à environ 30 000 euros, appartenant à la jeune femme. Le bijou, ramassé par une passante dans la rue à proximité des lieux du vol quelques heures après le braquage, a été remis aux enquêteurs.

Sous le choc mais indemne, la vedette âgée de 36 ans avait quitté la France le matin-même, dès la fin de son audition par les enquêteurs de la BRD.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/01/2017